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Dante injurieux. Poésie comique et politique à Florence au XIIIe siècle
Milani Giuliano ; Mileschi Christophe
ECOLE ROME
18,00 €
Épuisé
EAN :9782728316175
Derrière les insultes, l'émergence de la pensée politique du jeune Dante. Bien avant de composer la Divine Comédie, Dante Alighieri a échangé une série de sonnets injurieux avec un certain Forese Donati, rejeton d'une illustre famille florentine. Dans cette joute poétique, les deux hommes s'insultent en s'accusant des maux les plus infamants (impuissance, usure, lâcheté, gloutonnerie, etc.). Si bien que ces vers ont longtemps été perçus comme une curiosité, voire une erreur de jeunesse, dans l'oeuvre du poète. En proposant une nouvelle datation pour ces sonnets, cet ouvrage en livre une tout autre interprétation. Replacés dans le contexte du conflit qui opposa à Florence le gouvernement populaire à des nobles réfractaires - les magnats -, ils se révèlent être une source historique précieuse. Derrière les injures personnelles se dessine également le premier engagement politique de Dante, qui ne cessera de le hanter tout au long de son parcours. Nouvelle traduction des sonnets par Christophe Mileschi.
Résumé : " Une enquête a été faite contre [... ] Dante Alighieri, du sestiere de Saint Pierre majeur [... ] pour établir s'il a commis des " barateries " , des injustes extorsions et des gagnes illicites en argent ou en nature " Cante Gabrielli da Gubbio, podestat de Florence, 27 janvier 1302. " Je tiens pour un honneur l'exil qui m'est donné : car [... ] tomber avec les bons reste digne de louange. " Dante Alighieri, Tre donne, vers 1302-1308. Ecrire une biographie de Dante est un défi auquel se sont confrontés nombre de chercheurs. Tandis que les archives se taisent le plus souvent sur la vie du Florentin ou sont d'interprétation délicate, son oeuvre contient tant de passages personnels qu'elle pourrait aisément se lire comme une autobiographie. Mais naïve serait la démarche qui prendrait Dante pour un témoin fidèle de sa vie. Dans une enquête conduite à quatre mains, où documents et oeuvre littéraire se font écho, Elisa Brilli et Giuliano Milani renouent les fils de ce destin singulier. Celui d'un homme aux prises avec les bouleversements politiques de son temps, à la charnière des xiiie et xive siècles, et dont les expériences, horizons et réactions changent en fonction des contextes qu'il traverse (municipal, seigneurial, impérial, courtisan) ; celui d'un homme qui tenta à plusieurs reprises de façonner sa vie par l'écriture, inventant une forme de récit de soi, aux contenus toujours changeants, entre mémoire individuelle et universelle. Là est sans doute la contribution essentielle de Dante à la culture occidentale. Elisa Brilli est professeure de littérature italienne médiévale à l'université de Toronto depuis 2015. Ses recherches portent sur Dante et l'histoire culturelle médiévale. Elle a notamment publié Firenze e il profeta. Dante fra Teologia e Politica (Rome, 2012), dirigé le " Forum " sur les études biographiques de Dante (dans Dante Studies, 136 en 2018) et fondé avec J. Steinberg et W. Robins le International Seminar on Critical Approaches to Dante. Giuliano Milani est professeur d'histoire médiévale à l'université Gustave Eiffel. Il s'intéresse à l'histoire politique et institutionnelle des communes italiennes. Il est notamment l'auteur de L'homme à la bourse au cou (Rennes, 2019) ; il a dirigé avec A. Montefusco Dante attraverso i documenti (Florence-Berlin, 2016-2020) et il a édité avec T. De Robertis, L. Regnicoli et S. Zamponi leCodice diplomatico dantesco (Rome, 2016), la collection des documents sur la vie de Dante et de la famille Alighieri.
Je peux traverser un paysage et être sensible à ses charmes. Je peux jouir de la clémence de l'air, de la fraîcheur des prairies, de la diversité et de la gaieté des coloris, du parfum des fleurs. Mais ma disposition d'esprit peut alors connaître un changement soudain. Dès lors je vois le paysage avec un regard d'artiste - je commence à en former un tableau. Je suis maintenant entré dans un nouvel univers - l'univers non plus des choses vivantes, mais des " formes vivantes ". " Lieu par excellence de la contemplation, le paysage naturel - comme en témoignent les phrases suggestives de Cassirer - devient aussi une catégorie esthétique. Il est à l'horizon de la recherche menée dans cet ouvrage qui constitue un guide circonstancié pour l'expérience esthétique du paysage. Il porte l'attention sur une sensibilité qui, issue de la période préromantique, est aussi un des traits saillants de la spiritualité contemporaine. Raffaele Milani fait défiler les diverses théories et poétiques du paysage, non pas de façon abstraite mais in vivo, dans une confrontation constante avec la tradition philosophique, poétique et littéraire, artistique et architecturale.
L'établissement de la domination romaine sur le monde grec ne relève pas seulement de l'histoire politique et militaire, mais aussi d'une histoire culturelle qui conduira à la mise en place d'un véritable empire bilingue. Centré sur la période allant de 200 à 85 av J-C, cet ouvrage aborde les thèmes suivants : la liberté des Grecs dans la propagande romaine et l'écho qu'il rencontra ; la réflexion sur la conquête et l'empire de Rome menée par les historiens et les philosophes grecs ; le contenu des messages que les Grecs adressèrent tant aux Romains qu'à leurs compatriotes ; la signification politique et proprement culturelle du philhellénisme de certains aristocrates romains.
Le déploiement désordonné de la cruauté infernale semble rétif à toute mesure et à toute chronologie. Il s'agit pourtant, dans cet ouvrage, d'historiciser les conceptions et les représentations de l'enfer. Le livre montre que l'importance des représentations infernales ne cesse de s'accentuer au cours de la période étudiée. On ne bascule pas dans le "christianisme de la peur", car l'enfer s'inscrit toujours dans une séquence et le faire peur n'est que le point de départ d'un faire agir. L'image de l'enfer invite à se libérer de la faute qu'elle fait voir, grâce aux moyens de salut offerts par l'Eglise. L'analyse de plusieurs centaines d'oeuvres permet de situer au Camposanto de Pise, dans les fresques de Buonamico Buffalmacco, l'épicentre d'une mutation décisive. S'impose alors un compartimentage des lieux infernaux et une logique pénale prenant pour base principale le septénaire des péchés capitaux. C'est le signe d'une recherche accrue d'efficacité, en rapport étroit avec la pratique de la confession. Dès lors, la figuration de l'enfer est à la fois une incitation à avouer ses fautes et une préparation à l'examen de conscience dont elle anticipe la forme.
L'ambition de ce livre a été de faire entrer dans le territoire de l'historien cette terra incognita qu'a longtemps constitué la sainteté médiévale. L'auteur a étudié le processus qui a conduit l'Eglise romaine, entre la fin du XIIe et le début du XVe siècle, à promouvoir des modèles de perfection à travers les procès de canonisation qui sont apparus et se sont développés à cette époque. L'enjeu était de taille, car la sainteté était la valeur suprême dans la chrétienté médiévale et les pouvoirs attribués aux saints étaient considérables. Ce livre, qui a suscité depuis sa publication de nombreuses recherches, met en lumière les efforts déployés par la papauté médiévale pour étendre le contrôle de l'Eglise à tous les aspects de la vie religieuse des fidèles, y compris le choix de leurs protecteurs célestes.
Cette thèse, parue en 1973, porte sur la mise au jour des structures du système agraire de la région du Latium médiéval. L'historien dégage la révolution castrale de l'"incastellamento", correspondant au passage d'un habitat dispersé à un habitat concentré en "castra", villages fortifiés. Le développement de ce nouveau système entraînera l'édification d'autres structures économiques et agraires.