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Les justices de l'au-delà. Les représentations de l'enfer en France et en Italie (XIIe-XVe siècle)
Baschet Jérôme
ECOLE ROME
24,99 €
Épuisé
EAN :9782728310463
Le déploiement désordonné de la cruauté infernale semble rétif à toute mesure et à toute chronologie. Il s'agit pourtant, dans cet ouvrage, d'historiciser les conceptions et les représentations de l'enfer. Le livre montre que l'importance des représentations infernales ne cesse de s'accentuer au cours de la période étudiée. On ne bascule pas dans le "christianisme de la peur", car l'enfer s'inscrit toujours dans une séquence et le faire peur n'est que le point de départ d'un faire agir. L'image de l'enfer invite à se libérer de la faute qu'elle fait voir, grâce aux moyens de salut offerts par l'Eglise. L'analyse de plusieurs centaines d'oeuvres permet de situer au Camposanto de Pise, dans les fresques de Buonamico Buffalmacco, l'épicentre d'une mutation décisive. S'impose alors un compartimentage des lieux infernaux et une logique pénale prenant pour base principale le septénaire des péchés capitaux. C'est le signe d'une recherche accrue d'efficacité, en rapport étroit avec la pratique de la confession. Dès lors, la figuration de l'enfer est à la fois une incitation à avouer ses fautes et une préparation à l'examen de conscience dont elle anticipe la forme.
L'image médiévale n'est pas, comme le veut l'idée commune, la "Bible des illettrés'! Critiquant les ?uvres fondatrices d'Émile Mâle et d'Erwin Panofsky, Jérôme Baschet reconsidère le concept d'iconographie: il écarte toute dissociation entre le fond et la forme et prône la plus extrême attention aux procédés plastiques par lesquels la pensée figurative dote de sens les images. À l'heure où l'usage des bases de données en ligne est en passe de modifier notre rapport aux ?uvres, le rappel de leur matérialité est loin d'être inutile car les images médiévales ne peuvent être analysées sans prendre en compte la fonction des objets dont elles sont le décor et les usages sociaux auxquels ceux-ci sont associés. L'ouvrage permet d'aborder les ?uvres visuelles de l'Occident médiéval à travers des exemples méconnus - reliefs romans de Souillac, abbaye de Saint-Savin ou portail de Bourg-Argentai -, de comprendre la"cohérence"d'une ?uvre, d'analyser la structure d'ensemble indispensable pour une iconographie renouvelée. Loin des caractères stéréotypés que l'on prêtait à l'art médiéval, il fait enfin apparaître une extraordinaire inventivité des images. Biographie: Jérôme Baschet est maître de conférences à l'École des hautes études en sciences sociales; il appartient au Groupe d'anthropologie historique de l'Occident médiéval. Il enseigne également à l'Universidad Autonoma de Chiapas, à San Cristobal de Las Casas au Mexique"
S?appuyant sur l?expérience zapatiste ? une ?utopie réelle? qui s?apprête à fêter ses 20 ans ?, ce livre invite à rouvrir le futur et à engager résolument une réflexion sur ce que pourrait être un monde libéré de la tyrannie capitaliste. S?il est indispensable d?analyser les dynamiques à l??uvre dans l?actuelle société de la marchandise, il s?agit surtout d?explorer trois dimensions d?une possible organisation post-capitaliste:
Sombre repoussoir des Lumières et de la modernité, le Moyen Age peine à se défaire de sa mauvaise réputation. Pourtant, au coeur de ce millénaire se loge une singulière période d'essor et d'élan créateur, déterminante pour la destinée du monde européen. Réputé anarchique, le système féodal repose en fait sur une organisation sociale efficace. L'Eglise, colonne vertébrale de la société, assure la cohésion des entités locales tout en conférant à la chrétienté une prétention à l'universalité. Les manières de percevoir et de vivre le temps, l'espace, l'au-delà, l'âme et le corps révèlent les paradoxes d'une civilisation exceptionnellement féconde. Ainsi, le féodalisme, traditionnellement considéré comme l'âge de la stagnation et de l'obscurantisme, pourrait bien être l'un des ressorts oubliés de la dynamique par laquelle l'Occident a imposé sa domination à l'Amérique d'abord, puis à l'ensemble de la planète. Porté par une thèse originale, La Civilisation féodale s'est imposé dès sa première parution comme une somme incontournable sur l'histoire médiévale.
Résumé : Le manque de temps est l'une des pathologies de l'homme moderne. Elle s'aggrave sans cesse dans notre monde soumis à la tyrannie de l'urgence, saturé d'écrans chronométriques et exigeant toujours plus d'efficacité, de rapidité, de calculs et d'anticipations à court terme. Quant à notre rapport au temps historique, au passé et au futur, il a été entièrement bouleversé au cours des dernières décennies. Alors que dominaient jadis la foi dans le progrès et la certitude d'un avenir meilleur, nous vivons désormais le règne sans partage du présent perpétuel. Dans une langue à la fois lumineuse et érudite, cet essai intense s'efforce, en s'appuyant notamment sur l'expérience rebelle des zapatistes du Chiapas, d'identifier des modalités émergentes du rapport au temps et à l'histoire - ce dont découlent aussi quelques propositions visant à arracher le savoir historique à l'étouffement présentiste. Sans en revenir au futur de la modernité, connu d'avance et garanti par les lois de l'histoire, il s'agit - et c'est un enjeu politique majeur de notre époque - de rouvrir le futur, de faire place au désir de ce qui n'est pas encore, sans l'enfermer dans aucune forme de planification. Jérôme Baschet nous invite ainsi à repenser la temporalité révolutionnaire, loin des schémas convenus d'un Grand Soir toujours remis à plus tard ou d'un enfermement dans le pur instant de l'action immédiate. Il s'agit au contraire de poser les bases qui permettent de tenir ensemble incandescence du maintenant et souci de l'à-venir, agir présent et anticipation stratégique, sens de l'urgence et nécessité de la préparation.
En combinant une histoire sociale de la région à une anthropologie historique du christianisme moderne, cet ouvrage constitue une introduction à l'histoire des chrétiens du Proche-Orient à partir du XVIIe siècle. Il offre des clés pour saisir leur situation concrète et légale dans l'islam et dans le régime politique ottoman. Il met en lumière la proximité structurelle des chrétiens avec leur entourage musulman, mais il démontre aussi la nécessité d'une réflexion sur l'organisation interne des Eglises et des communautés. L'ouvrage porte également sur les conditions de la rencontre et de l'interaction entre les chrétiens locaux et le catholicisme moderne. Terre Sainte, Croisade et Réforme de l'Eglise forment le cadre idéologique et spirituel dans lequel se déploie l'activité missionnaire sur le terrain, selon des méthodes qui s'apparentent à celles des missions en direction des catholiques européens, et s'adaptent mieux aux dissidents de l'islam qu'aux sunnites. A travers le développement de l'enseignement et de l'alphabétisation, ou la constitution de confréries, émerge progressivement un catholicisme oriental, différencié de l'orthodoxie et de l'islam, et caractérisé par une mentalité dévote, une mort "christianisée", un nouveau culte des saints, une pratique matrimoniale transformée.
Le livre de Charles de La Roncière, de nouveau rendu disponible avec une préface de l'auteur, envisage, à travers l'exemple de Florence, l'ensemble de l'économie médiévale. Les bases matérielles de la vie du peuple florentin sont étudiées, de la défaite politique des Magnats jusqu'au tumulte des Ciompi. Son analyse des prix croisée avec la reconstitution des salaires réels permet de reconstituer les budgets individuels et familiaux : une famille nombreuse augmente le risque d'indigence des salariés lors des crises frumentaires. Il nous donne ainsi accès aux conditions de vie marquées par les disettes et la Peste Noire, l'emprise urbaine sur les exploitations rurales, les guerres et l'augmentation de la fiscalité. La politique annonaire et l'évolution démographique sont au coeur de l'analyse sur la formation des prix et salaires. Monument de l'histoire économique sérielle mobilisant la finesse de l'analyse sociale, cet ouvrage ne cesse d'inspirer les médiévistes.
Ce n'est pas seulement pour rendre témoignage à un moment particulière-ment fécond de l'histoire de la ville que ce livre est rendu a nouveau disponible. Avec des outils nouveaux, de nouveaux concepts (fonctions urbaines, réseaux, etc.), il a jeté un regard renouvelé sur la ville de Rome, 1'llrbs, qui n'est plus une collection monumentale mais un "espace urbain". Par la collaboration entre spécialistes de l'architecture et de l'urbanisme (Pierre Gros) et historiens des institutions et des idées politiques (Claude Aicolet) ce livre a contribué à ouvrir des perspectives nouvelles, après les nombreux chantiers archéologiques postérieurs, il en inspire toujours. Le cadre de la ville de Rome n'est pas un décor dont il s'agirait de préciser les contours afin de comprendre la vie des hommes, mais l'expression d'une géographie urbaine, d'un urbanisme, considérés dans leur dynamisme politique, économique et religieux.
L'ambition de ce livre a été de faire entrer dans le territoire de l'historien cette terra incognita qu'a longtemps constitué la sainteté médiévale. L'auteur a étudié le processus qui a conduit l'Eglise romaine, entre la fin du XIIe et le début du XVe siècle, à promouvoir des modèles de perfection à travers les procès de canonisation qui sont apparus et se sont développés à cette époque. L'enjeu était de taille, car la sainteté était la valeur suprême dans la chrétienté médiévale et les pouvoirs attribués aux saints étaient considérables. Ce livre, qui a suscité depuis sa publication de nombreuses recherches, met en lumière les efforts déployés par la papauté médiévale pour étendre le contrôle de l'Eglise à tous les aspects de la vie religieuse des fidèles, y compris le choix de leurs protecteurs célestes.