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Davaï !
Miesseroff Lola
LIBERTALIA
10,00 €
Épuisé
EAN :9782377292554
Si on ne naît pas femme libre, on peut le devenir, mais c'est beaucoup plus facile quand on nous a tracé le chemin". Des rives de la majestueuse Néva baignant Saint-Pétersbourg à la modeste Huveaune qui se faufile jusqu'à la côte marseillaise, en passant par Riga, Berlin et Paris, Lola Miesseroff suit le cours de sa lignée maternelle du XIXe siècle à nos jours. Des femmes qui ont bataillé contre le régime tsariste, vécu les trois révolutions russes, dû fuir le bolchevisme, connu les grèves du Front populaire, la guerre, Mai 68, triché avec l'état civil et la loi, pratiqué e le nudisme révolutionnaire e et milité pour la liberté d'aimer, de procréer et de mourir à sa guise. Une lignée d'insoumises russes, juives et apatrides mais d'abord citoyennes du monde, tour à tour frondeuses, révolutionnaires, résistantes, féministes, amantes libres, épouses courageuses, cheffes de tribu généreuses et altruistes mais aussi de sacrées emmerdeuses. Après avoir fait parler les francs-tireurs des années 68 dans son Voyage en outre-gauche (Libertalia, 2018) et donné ses a recettes de liberté e dans Fille à pédés (Libertalia, 2019), Lola Miesseroff nous livre à présent les clés de son seul héritage : l'indépendance et le combat obstiné pour l'émancipation de toutes et de tous.
De 1968 en France, on ne retient en général que des clichés chocs ou chics : les barricades au Quartier latin, les voitures qui brillent, la pénurie d'essence, les soixante-huitards baba cool et ceux qui ont depuis "fait carrière". On oublie que Mai 68 n'a été que le point culminant d'un mouvement de révolte des ouvriers et des jeunes qui a débuté bien avant et s'est prolongé largement au-delà, que ce mouvement a été très actif loin de la capitale et que les étudiants n'en ont été que la composante la plus visible, tout comme les groupuscules maoïstes et trotskistes. L'auteure propose une autre vision, celle de la mouvance hétérogène qu'elle appelle "l'archipel outre-gauche", allant des anarchistes indépendants à l'ultragauche en passant par les situationnistes, dans un récit choral fait de vécu et de théorisation, d'anecdotes et de réflexion, d'espérances et de désespérance, sans oublier une bonne pincée d'humour et même un peu de sex, drugs, free jazz and rock'n'roll.
Nous avons toujours combattu, nous n'allons pas nous laisser vaincre sans lutter jusqu'au bout." Vent debout contre la guerre que la société fait à la vieillesse, Lola Miesseroff soutient que le vieil âge peut aussi être un bel âge de la vie. Délivrée des contraintes du travail, de l'opinion et du regard des autres, la vieille génération a enfin la liberté de s'offrir d'autres plaisirs et de nouvelles aventures en rejetant les diktats supposés garantir sa bonne conduite. L'autrice propose de lutter ensemble contre les formes spécifiques de la misère, de l'exploitation et de l'oppression qu'ont à subir les "anciens et les anciennes", tout en restant partie prenante des autres combats collectifs. Elle en appelle à la solidarité entre les générations, en particulier pour conquérir l'ultime liberté, celle de choisir librement sa fin de vie.
Crise d'identité, perte de repères : la vie s'effondre en soi et autour de soi. Comment émerger du vide quand la douleur de l'absence le creuse ? Vers quel rivage porter son regard dans une nuit où tout se dérobe ? La magie des mots, que l'on aligne, que l'on prononce et qui prennent vie force les dédales de la mémoire, compare souvenir et réalités. En racontant, on reconstruit le passé qui vient de sombrer, en y confrontant le présent on s'invente un futur ; on tente d'ouvrir à nouveau les yeux sur une rive et puis sur l'autre. Dans ce récit, faits réels et imaginaires se mêlent, comme s'interpénètrent souffrance et joie de vivre, présent et passé, ici et ailleurs. Les personnages qui peuplent toutes ces histoires sont riches de mille visages, qui reflètent les territoires traversés. Ils ont jeté l'ancre pour étendre leurs racines de part et d'autre de la Méditerranée, à gauche et à droite de la Seine, dans les "pays" entre Océan et rives intérieures.
Lola Miesseroff n'avait que 18 ans en 1966 lorsqu'elle s'entendit asséner ce qui devint une évidence : elle aimait vraiment beaucoup se lier d'amitié avec les hommes qui préfèrent les hommes et ceux-ci le lui rendaient bien. Une enfance dégenrée, une éducation naturiste et libertaire, un milieu familial socialement en marge l'avaient sans doute bien préparée à ce destin un peu particulier. Des années 1950 à nos jours en passant par Mai 68, de Marseille à Paris via San Francisco, des boîtes de nuit au mariage homogenré en passant par le Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR), c'est son aventure picaresque et bigarrée qu'elle conte dans ce récit de vie où l'on rencontre des femmes et des hommes singuliers, homo, hétéro et bisexuels, folles et garçonnes, travestis et transgenres.
Defoe Daniel ; Sickart Tôma ; Villeneuve Guillaume
Dans cet extrait de L'Histoire générale des plus fameux pyrates, Daniel Defoe (1660-1731), auteur du célébrissime Robinson Crusoé, relate les aventures du capitaine Misson, "l'homme le plus doux dans ses manières qui eût jamais sabordé un navire ou tranché une gorge", et de son complice, l'hérétique Carracioli, qui, las de courir les mers, décident de s'installer à Madagascar pour y fonder une république égalitaire, tout en continuant à piller les navires passant à leur portée. La propriété est abolie, les ressources mises en commun ; les distinctions de classe, de sexe et de race disparaissent. Le rêve sera cependant de courte durée.
Le capital nous invite sans cesse à lui rappeler à quel point nous l'aimons : "reviens capital, donne-moi du travail, fais couler l'argent dans nos vies ! "Voilà ce qui constitue la base des politiques traditionnelles à gauche : se battre pour le droit au travail. Mais le défi est de mettre la crise à l'envers, casser cet éternel retour à la soumission et dire au capital : nous refusons de devenir des robots à ton service. Il est maintenant temps pour toi de te retirer parce que nous avons autre chose à faire de nos vies. Nous voulons créer un monde qui a un sens." Dans ce petit livre, John Holloway démontre en un raisonnement limpide en quoi l'argent est une forme de lien social bien spécifique, conditionnant toute activité humaine, tendant nécessairement à la souffrance et à la destruction. Sans jargon, il rend évidentes les implications sociales du capitalisme (expansion du capital, rôle de l'Etat et crise de la dette) et engage la construction d'une "nouvelle grammaire" de la révolte.