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Les rythmes du politique. Démocratie et capitalisme mondialisé
Michon Pascal
AMSTERDAM
17,30 €
Épuisé
EAN :9782350960012
La mutation du capitalisme qui vient d'avoir lieu nous oblige à repenser de fond en comble la question de la démocratie. Nous vivons le paradoxe d'un monde plus fluide, plus ouvert, plus libre, mais aussi plus divisé, plus inégalitaire, plus féroce qu'il ne l'a jamais été. Or, la plupart des paradigmes théoriques et critiques dont nous disposons ne rendent pas compte de cette double réalité. Pour comprendre ce monde, il faut s'adosser à l'idée que le politique s'inscrit directement dans les corps, le langage et le social, qu'il en détermine les rythmes. On voit alors que les nouveaux modes de domination ne passent plus par des effets systémiques, ni par des disciplines, mais s'expriment plutôt à travers des techniques rythmiques fluides, qui affaiblissent les forces contestataires, diluent les résistances et démultiplient les formes de vie tout en les vidant de leur puissance d'agir et d'exister. . . Pascal Michon est agrégé et docteur en histoire, ancien élève de l'Ecole normale supérieure de Saint-Cloud. Il a été Directeur de programme au Collège international de philosophie. Il est notamment l'auteur de Rythmes, pouvoir, mondialisation (PUF, 2005) et de Eléments d'une histoire du sujet (Kimé, 2000).
Ce volume, consacré à la personnalité de Louise de Savoie, mère de François Ier et de Marguerite de Navarre, traite des aspects politiques, religieux et culturels de sa vie. Les études réunies éclairent son parcours, de la Savoie jusqu'à la cour de France, mettent en évidence son rôle comme mère du roi et comme régente et témoigne de ses liens étroits avec les arts.
La figure de l'individu, qui a dominé la philosophie et les sciences sociales au cours des trois dernières décennies, semble à bout de souffle. Partout, singuliers et collectifs cherchent à dépasser la simple adaptation au monde fluide imposé par le capitalisme mondialisé et à redevenir les agents de leur propre vie. Au nord comme au sud, un immense désir de subjectivation est en train de gagner nos sociétés. Pourtant, la figure du sujet reste confuse. Longtemps identifiée à une entité naturelle, hors de l'histoire, elle pâtit aujourd'hui également des représentations, tout aussi néfastes, qui concluent de l'historicité radicale du sujet à sa relativité éthique et politique, voire à son inexistence. Ce livre reprend, à la racine, la réflexion sur les relations entre sujet et histoire, en y réintroduisant une tradition oubliée, sinon refoulée par la philosophie: celle qui commence avec Humboldt, se poursuit chez Saussure, Benveniste et Meschonnic. En définissant le langage comme activité et comme mise en circulation de puissances poétiques, cette tradition fournit les bases d'une nouvelle anthropologie historique du sujet.
Résumé : Le rythme a été l'un des modèles formels les plus discutés par les sciences sociales et par la philosophie entre les années 1890 et les années 1940, période pendant laquelle il a servi à penser l'organisation d'un monde en perpétuelle métamorphose. Il a subi ensuite une éclipse au profit des notions de structure et de système, qui l'ont fait disparaître de la conscience scientifique. À travers une étude minutieuse de textes allant de la sociologie et de l'anthropologie à la théorie des médias et à la poétique en passant par la psychanalyse et la psychologie sociale, Pascal Michon reconstitue la généalogie complexe de cette notion et montre en quoi elle nous est à nouveau nécessaire pour penser les nouvelles formes d'individuation et de pouvoir qui viennent de surgir avec la mondialisation. Quel que soit l'étage à partir duquel il est observé - individu, famille, groupes intermédiaires, publics, entreprises, États-nations ou encore Empire -, notre monde est en effet présenté, dans les multiples descriptions réticulaires qu'il suscite, comme un lieu où les individus psychiques et collectifs apparaissent comme autant de remous fugaces dans les grands brassages permanents du marché et de l'information. Or, cette fluidité n'est pas totale d'une part, il existe encore dans cet océan un certain nombre de rocs relativement stables qu'il serait bien téméraire de négliger ; de nombreuses résistances se font jour, qui épaississent et ralentissent les courants qui le parcourent. De l'autre - et c'est là un point capital -, ces constellations, ces réseaux et ces flux se meuvent suivant des rythmes descriptibles dans lesquels se cachent aujourd'hui les nouvelles formes de pouvoir. Ce sont ces rythmes qu'il nous faut comprendre, décrire et critiquer, si nous voulons avoir prise sur le monde et l'Empire fluides.
Bâtonner (verbe) : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Pratique ordinaire, le bâtonnage résume à lui seul ce que le productivisme fait aux médias. C'est ce que montre le livre de Sophie Eustache, fruit d'une longue enquête, en nous immergeant dans les rédactions, web notamment. Mises en concurrence, celles-ci sont sommées de produire des contenus par les patrons de presse. Pendant que les sommités du journalisme pontifient, les ouvriers spécialisés de l'information, rivés à leur desk, travaillent à la chaîne. Dépossédés de leur savoir-faire par une organisation du travail taylorisée, leurs cadences s'accélèrent, leurs gestes s'automatisent. L'information, paramétrée par les algorithmes, est usinée en série dans les open spaces. Et dans cette course à la productivité, la fusion du néolibéralisme et du numérique détériore les conditions de travail et le travail lui-même. Dès lors, comment se fait-il que les travailleurs de l'information continuent de consentir à ce qu'ils font ? Si Bâtonner décrit la transformation des pratiques professionnelles, il interroge aussi les mécanismes de l'aliénation. Déqualifiée et disqualifiée, la profession proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours prompte à "checker" et "décoder" les fake news des autres, elle en oublie souvent que, réduit à une marchandise, le journalisme n'est pas l'ami du peuple, mais un vice qui corrompt la langue, la pensée et, avec elles, la possibilité de la démocratie.
Le procès de Nuremberg (1945-1946) est devenu un symbole, celui d'un grand événement de justice internationale qui a permis d'affirmer que l'idéologie nazie ne devait pas rester impunie et relevait d'une nouvelle incrimination : le crime contre l'humanité. Cet ouvrage, qui place la focale sur la France, vient combler un important vide historiographique. La contribution française rappelle en effet que la justice internationale résulte d'un long travail de tractations politico-juridiques entre les Alliés, commencé dès 1941, et dans lequel les Français de Londres ont joué un rôle central. A Nuremberg, la délégation française dissone avec la logique américaine du procès. Elle s'inscrit dans une tradition humaniste remontant aux Lumières, critique certains choix juridiques et fait venir des résistants à la barre, quand les Anglo-Saxons ne jurent -ou presque- que par les documents écrits. Ainsi, Marie-Claude Vaillant-Couturier impressionne en évoquant les camps de concentration et la destruction des Juifs. Le procès de Nuremberg a été en partie emporté par la guerre froide et la décolonisation. Mais la contribution française reste une invitation à réfléchir sur la nécessité d'engagements clairs de la part de protagonistes décidés, si l'on veut faire advenir une justice internationale fondatrice d'humanité.
Brève histoire du néolibéralisme retrace un processus de redistribution des richesses, une "accumulation par dépossession". La financiarisation, l'extension de la concurrence, les privatisations et les politiques fiscales des États redirigent les richesses du bas vers le haut de la hiérarchie sociale. Les néolibéraux se moquent de l'enrichissement collectif. Ils lui préfèrent celui de quelques-uns, dont ils font partie. Plaider en faveur d'un "socialisme libéral" n'a aucun sens. Le néolibéralisme n'est pas une pensée du bien commun. Et pourtant, c'est de cette conception de l'action publique que nous sommes aujourd'hui à la fois héritiers et prisonniers. Le néolibéralisme s'est transformé en institutions. Ces dernières ont produit des dispositifs d'intervention publique, construits sur la durée, qui façonnent des manières d'agir et de penser. À commencer par cette quasi-règle de nos sociétés contemporaines, selon laquelle le marché serait le meilleur outil de satisfaction des besoins humains. Formulée de la sorte, la proposition étonne peut-être. Elle est pourtant le principal pilier de l'édifice. Celui que David Harvey nous invite, en priorité, à abattre.
A partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.