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L'été 14
Messimy Adolphe ; Le Naour Jean-Yves ; Robinne Chr
FAYARD
22,10 €
Épuisé
EAN :9782213727332
1er août 1914. La mobilisation générale est décrétée. Adolphe Messimy est ministre de la Guerre depuis le mois de juin. Jusqu'à sa démission forcée le 26 août, à la veille de la bataille de la Marne, il se trouve au coeur des premières grandes manoeuvres militaires. Dans ses Mémoires, écrits en tension et avec souffle, il nous plonge dans la conflagration de la Grande Guerre. On y découvre un ministre énergique qui nous fait entrer dans le secret des délibérations du Conseil des ministres. On y retrouve les assurances mêlées d'inquiétudes au début des opérations, puis la peur, la rivalité entre les dirigeants, les frictions avec le commandement militaire de Joffre, une atmosphère de tension qui confine à l'écrasement sinon à la panique à partir du 24 août, quand le pays est envahi et que le spectre de la défaite se profile... Au-delà des règlements de comptes, des débats et des polémiques, ce témoignage capital, devenu introuvable depuis sa première parution en 1937, nous fait vivre un temps où l'histoire peut basculer, où la France peut disparaître. Ce texte bénéficie de l'éclairage de deux historiens : il est introduit et annoté par Jean-Yves Le Naour, et suivi d'une postface de Christophe Robinne.
Résumé : C'était une ville étrange qui, pareille à une créature préhistorique, paraissait avoir surgi brusquement dans la vallée par une nuit d'hiver pour escalader avec peine le flanc de la montagne. Tout, dans cette ville, était ancien et de pierre, depuis les rues et les fontaines jusqu'aux toits des grandes maisons séculaires, couverts de plaques de pierre grise semblables à de gigantesques écailles. On avait de la peine à croire que sous cette puissante carapace subsistait et se reproduisait la chair tendre de la vie. Oui, c'était une ville tout ce qu'il y avait d'étrange. Quand on marchait dans la rue, on pouvait par endroits, en étendant un peu le bras, accrocher son chapeau à la pointe d'un minaret. Bien des choses y étaient singulières et beaucoup semblaient appartenir au royaume des songes. Préservant à grand mal la vie humaine dans ses membres et sous sa carapace de pierre, elle ne lui en causait pas moins bien des peines, des écorchures et des plaies, mais quoi de plus naturel, puisque c'était une ville de pierre et que son contact était rugueux et glacial. Non, ce n'était pas facile d'être enfant dans cette ville-là.
Josy Eisenberg est rabbin et anime "A bible ouverte" et "La source de vie" sur France 2. Il a notamment publié Le Judaïsme pour les nuls (First, 2009). Adin Steinsaltz, rabbin et mathématicien, a reçu le prix Israël pour son commentaire des deux Talmuds.
Abromont Claude ; Montalembert Eugène de ; Fourque
Extrêment complet et passionnant, un guide à conseiller à tous les musiciens, qu'il soit étudiant, professionnel ou simplement mélomane." --Piano, le Magazine
Le nouveau monde de l'oncle Henry La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d'histoire et de diplomatie d'Henry Kissinger détruit cette illusion: l'Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d'action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu'illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d'équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en "délicatesse". Cette révision déchirante concerne d'abord le rêve américain de sécurité collective: incarné pendant près d'un siècle par Woodrow Wilson, l'architecte de la paix de Versailles, il se nourrit de grands principes (l'autodétermination), de volonté de coopération, de partage des valeurs (américaines) et du respect du droit international. Cette doctrine prenait le contre-pied d'une conception européenne qui avait dominé les affaires internationales pendant près de trois siècles avant de s'effondrer. Richelieu, Metternich et Bismarck avaient inventé les concepts d'Etat-nation et de souveraineté, dans un équilibre où chacun, toujours prêt au conflit, se déterminait selon son intérêt national et sa marge de manoeuvre. Or la doctrine wilsonienne n'est plus pertinente, et le nouvel ordre "ressemblera davantage aux systèmes étatiques des xviiie et xixe siècles qu'aux schémas rigides de la guerre froide". Il comprendra cinq ou six grandes puissances - les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe (si elle est unie) et peut-être l'Inde -, entre lesquelles s'établira un jeu mouvant. Et l'ancien conseiller des princes conclut sa grande fresque en suggérant à Bill Clinton de s'intéresser "au style de Bismarck". Les solutions les plus inventives, affirme-t-il, consisteront à "construire des structures mixtes, en chevauchement", fondées sur des principes, des préoccupations de sécurité, ou des intérêts économiques communs. Mais le rodage de ce système, dit-il, "prendra sans doute plusieurs décennies"... --Vincent Giret--
Résumé : Photographe de métier, Jacques Moreau a 27 ans lorsqu'il est mobilisé. De 1914 à 1918, il parcourt le front et immortalise avec un sens du détail et un humanisme remarquables la vie quotidienne des soldats dans les tranchées et celle des femmes à l'arrière comme dans les usines, les batailles de la Somme, du Chemin des Dames, de Verdun, la visite de Poincaré au front, les mutineries, l'armistice, la fin des combats, les villes et les villages détruits. Ses plus de 1 500 plaques photographiques, étonnantes, insolites ou bouleversantes sont autant de documents permettant de mieux comprendre et d'appréhender différemment la Grande Guerre. Introduit et commenté par l'historien Max Gallo, ce livre, sobre et élégant, rassemble plus de 600 photographies du fond Moreau, classées par années et par thèmes (la mobilisation, la ration du soldat, les infirmières, les femmes à l'arrière, les gueules cassées, Verdun), rendant ainsi hommage à ces hommes que la Grande Guerre a changé à jamais, à tous ceux qui y laissèrent la vie et à ces femmes, discrètes héroïnes, restées à l'arrière.
Résumé : Officier de marine, voyageur assoiffé d'exotisme, écrivain, voici sans doute ce qui vient à l'esprit lorsqu'on évoque Pierre Loti. Et pourtant. Cet ouvrage propose de découvrir une tout autre facette de l'académicien épris de mer et d'Orient, celle d'un témoin de son temps, qui a voulu vivre la Première Guerre mondiale au plus près. Admis à la retraite depuis 1910, il réclame en effet d'être mobilisé. Il obtient alors d'être nommé officier de liaison ? un titre qui lui permet, sinon de combattre, d'approcher la ligne de front et de pouvoir rendre compte de ce qu'il voit. Quatre ans durant, ses missions évolueront, mais pas son énergie, ni sa détermination. Il noircit des centaines de pages, dont seront tirés trois ouvrages ? La Hyène enragée (1916), Quelques aspects du vertige mondial (1917) et L'Horreur allemande (1918) ?, augmentés de quelques textes. Ces articles méconnus regroupés dans Reportages de guerre témoignent de son ultime aventure, vécue sur le sol français.
Résumé : Le bombardement de la cathédrale de Reims par les Allemands en septembre 1914 a été, à tous égards, un grand événement qui a marqué les débats de la guerre : pour les Français, c'est le signe de la barbarie allemande et de la déchristianisation germanique, un crime de guerre contre la ville du sacre des rois, le symbole de Jeanne d'Arc. L'incendie est la vraie déclaration de guerre de la Kultur à l'allemande contre la civilisation à la française. Mais il y a beaucoup plus : cet incendie est le point d'orgue d'une grande polémique sur l'invention du gothique qui court en France depuis le XIXe siècle et dont les enjeux sont l'identité des deux pays. Une polémique qu'illustrent en particulier Huysmans dans son roman La Cathédrale, Emile Mâle, surtout, qui voit dans cette exaltation du gothique l'âme de la nation et du Renouveau catholique, Proust lui-même avec "La mort des cathédrales", Rodin et Maurice Barrès. A quoi les Allemands avaient opposé la cathédrale de Cologne, symbole de la germanité et du Reich de Guillaume II, et l'identification du gothique à la race germanique. En dépit de la fracture qui semblait ouverte à jamais entre la France deux fois envahie et l'Allemagne deux fois vaincue en ce XXe siècle, Reims et sa cathédrale ont fini par devenir, avec la rencontre de Charles de Gaulle et de Konrad Adenauer en 1962, le lieu par excellence de la réconciliation et de l'unification de l'Europe.
Présentation de l'éditeur Le 28 juin 1914, dans Sarajevo écrasée de soleil, un certain Gavrilo Princip se réfugie à l'ombre d'un auvent pour guetter le cortège officiel de l'archiduc François-Ferdinand... Cinq semaines plus tard, le monde plonge dans une guerre qui entraînera la chute de trois empires, emportera des millions d'hommes et détruira une civilisation. Pourquoi l'Europe, apparemment prospère et rationnelle, était-elle devenue si vulnérable à l'impact d'un unique attentat perpétré à sa périphérie ? Quels formidables jeux d'alliances géopolitiques toujours fluctuantes et d'intérêts nationaux contradictoires se mêlaient-ils ? Quelles craintes ancestrales, quelles mythologies nationales animaient les opinions publiques et influencèrent les décisions des diplomates ? C'est ce que raconte cette fresque magistrale. Multipliant les points de vue et faisant dialoguer avec brio études classiques et sources inédites (en anglais, allemand, français, bulgare, serbe et russe), Christopher Clark replace les Balkans au coeur de la crise la plus complexe de l'histoire moderne et en décrit minutieusement les rouages. Plus clairement que jamais, il montre que rien n'était écrit d'avance : l'Europe portait en elle les germes d'autres avenirs, sans doute moins terribles. Mais de crise en crise, les personnages qui la gouvernaient, hantés par leurs songes et aveugles à la réalité des horreurs qu'ils allaient déchaîner, marchèrent vers le danger comme des somnambules. --Ce texte fait référence à l'édition Broché .