Sur le modèle des pulp américains, et comme un clin d'oeil à Dashiell Hammett, Cinis in cinerein, dès 1936, est un véritable chef-d'oeuvre du genre : un récit fantastique extraordinaire, étrange et cauchemardesque. Au sortir d'une nuit festive, Gambara et Debrenne, deux étudiants en médecine, errent dans le jardin de l'Observatoire, à Paris, et découvrent le corps inanimé d'une jeûne femme. La curiosité et le hasard les transforment en de hardis enquêteurs ; ils arpentent les couloirs de la faculté de médecine et de la morgue, interrogent médecins légistes et psychologues. Un cadavre est une mine d'informations ! Rapidement, des événements surnaturels égarent leurs intuitions. Les deux acolytes se lancent alors dans une course folle à travers la France, à la poursuite d'un gourou adepte de spiritisme et de sorcellerie.
Résumé : Quelque part, au large du Chili, vit une peuplade aux moeurs étranges. Des hommes oubliés ?? Des mutants ?? Des bêtes ?? Des crétins ? ! Une expédition scientifique, dirigée par le Pr Baber, se donne pour mission de les étudier. Mais - est-ce le climat ou la contagion ?? - les observateurs se crétinisent à leur tour... Valcrétin est le dernier roman écrit par Régis Messac, terminé en mars 1943, peu avant sa déportation sans retour. C'est le roman messacquien par excellence ? : noir, acide et satirique. Après Quinzinzinzili, ce tant attendu Valcrétin donne la mesure d'un auteur en avance sur son temps, précurseur d'une dystopie à la française. Ecrivain protéiforme, auteur notamment d'une série de quatre romans policiers, Régis Messac (1893-1945) reste traumatisé par l'absurdité meurtrière de la Première Guerre mondiale ainsi que par la lâcheté et la démission de ses contemporains face à l'Occupation.
Cette nouvelle édition augmentée de Je suis vivant propose des poèmes de jeunesse de Pasolini, écrits entre 1945 et 1947. Son écriture est d'une étonnante maturité, d'une élégante simplicité et ferveur, qui parfois laissent place à une tonalité plus sombre, à une conscience de la solitude et de la perte, du temps qui ne reviendra pas. Je n'ai qu'un seul nom, je suis vivant dans mon passé, dans l'enveloppe des ciels, des champs, si fragiles qu'un souffle les transforme...
D'où vient le roman policier, et comment le définir? C'est à ce phénomène sociologique et aux raisons qui le déterminent que répond la magistrale thèse de doctorat ès lettres que Régis Messac a soutenue en 1929. Loin de restreindre son étude au XIXe siècle, qui voit l'avènement du genre, Régis Messac remonte à la plus haute Antiquité pour y trouver ses racines historiques et philologiques. Fidèle à la formation qu'il a reçue, comme à la méthode des détectives qui lui sont chers, l'auteur procède du proche au lointain, du connu à l'inconnu, du présent au passé, en suivant la piste, véritable voyage dans le temps. La thèse de Messac, si moderne par le choix de son objet comme par sa conception, est en même temps profondément classique, au meilleur sens du terme. D'une culture foisonnante, le livre évoque avec le même enthousiasme la Bible et le Talmud, les sources du récit voltairien ou les dernières livraisons de Nick Carter. Messac a le don de raconter les histoires sans jamais les déflorer: son exposé fourmille de détails et d'exemples curieux, comme ceux de l'action que peuvent exercer des forces collectives et anonymes sur l'oeuvre littéraire. "Le postulat du"Detective Novel", écrit Claude Amoz dans sa préface, démontre avec fermeté que ce genre littéraire entretient un lien quasiment ontologique avec la pensée scientifique". Si les romans dits de détection ne trouvent leur essor qu'à une époque où l'on croit en la science et au progrès, Messac s'élève contre l'usage abusif du concept de déduction cher à Poe et à Conan Doyle. Mais plus encore qu'un procédé inductif, l'auteur préfère y voir "des raisonnements fondés sur l'observation d'un fait particulier conduisant à un autre fait particulier". Ce livre est tout sauf rébarbatif, l'érudition et l'analyse emportent l'adhésion; il doit son principal intérêt à l'extrême rigueur de sa méthode et à l'immense richesse de bibliographie; il se dévore aussi facilement que les romans policier dont il fait l'autopsie.
Tyler City, à la frontière entre les Etats-Unis et le Canada, au temps de la prohibition... Espérance Cohélet est un représentant de commerce malchanceux et son incompréhension de l'anglais n'est pas étrangère à ses déconvenues professionnelles. Après une énième journée infructueuse, il trébuche sur le cadavre abandonné d'un vagabond. Suspect numéro un, coupable idéal ? Sa liberté tient désormais à son talent inattendu de détective. Avec La Taupe d'or, Régis Messac confirme son art des intrigues malicieuses à rebondissements et offre une sévère critique dé la corruption et des moeurs américaines.
Dans le tourbillon de la gare Saint-Lazare, des voyageurs sont témoins d'une mort étrange. Un commissaire et un étudiant en droit partagent leurs talents et, de déductions ingénieuses en courses folles dans Paris et sa banlieue, traquent une suspecte hypnotique.
Résumé : "Dans les derniers jours de sa vie et jusqu'à sa dernière heure, ne pouvant plus s'occuper dans son laboratoire, le marquis de Germandre prenait plaisir à proposer de puériles énigmes à ses médecins et à ses valets. Il n'était plus, le vieux sphinx, mais il avait emporté avec lui la plus terrible de ses énigmes, celle de sa succession. Il conviait tous ses parents à la cérémonie de ses funérailles dans le caveau de famille et à la réunion immédiate dans la grand'salle des audiences, où l'on devait donner lecture de son testament et savoir enfin qui hériterait d'un million en immeubles et de sommes considérables placées chez divers banquiers ou enfouies dans des cachettes mystérieuses". Chronique familiale, mystérieuse et espiègle de George Sand (1804-1876). Paru en 1861, ce roman conte les péripéties que provoquent les dernières volontés du marquis de Germandre, au coeur de la campagne bourbonnaise. Postface de Christophe Mercier : "Un roman rêvé"
Résumé : C'est dans une autre vie que j'ai grandi sans mourir et ce n'était pas simple couteaux battes chaînes les poings serrés les têtes dures la fatalité des coups Ce long poème initiatique est un cri de rage contre la misère, l'injustice et le racisme, écrit dans un style navigant entre hip hop, grime et punk. Le héros en est Julius White, un gangster londonien tout droit sorti de la série Peaky Blinders. Jean-Claude Pirotte, né à Namur en 1939 et décédé en 2014, est un poète important - il est l'auteur d'une soixantaine d'ouvrages - qui connut un destin hors-norme. Avocat, accusé d'avoir aidé un de ses clients dans une tentative d'évasion, il fut condamné à dix-huit mois de prison. Protestant de son innocence, il s'exila en France et entama une cavale de cinq années. On peut penser que tout ceci n'est pas pour rien dans la singularité troublante de cette oeuvre soi-disant traduite de l'anglais par Ange Vincent, hétéronyme de Jean-Claude Pirotte.