Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
L'ASSISE DU THEATRE. Pour une étude du spectateur
Mervant-Roux Marie-Madeleine
CNRS EDITIONS
39,50 €
Épuisé
EAN :9782271056078
Qu'est-ce que le spectateur pour les gens de théâtre ? "Le premier partenaire de l'acteur" (Max Reinhardt), "le quatrième créateur" (V. Meyerhold), "le troisième bonhomme" (J. Vilar), "un protagoniste, le protagoniste" (G. Strehler)... Ces formules doivent-elles être prises au pied de la lettre ? L'assistance aurait-elle dans la présentation dramatique une réelle puissance d'intervention ? Si oui, quelle puissance ? Et par quel mode d'intervention ? Confrontant approches anthropologique, historique et esthétique, cet ouvrage propose des éléments de réponse à des questions qui touchent au c?ur de l'art public qu'est toujours le théâtre. Il complète ainsi, grâce à une démarche volontairement inversée où l'hémisphère obscur est mis au premier plan, les recherches exposées dans la série Les Voies de la création théâtrale, prioritairement dédiée au théâtre des créateurs. A travers des études de terrain effectuées entre 1986 et 1994 dans une vingtaine de salles, toutes classiquement organisées et frontalement disposées, pendant les représentations d'Elvire-Jouvet 40 (monté par B. Jaques), d'Hamlet (P. Chéreau), d'Iphigénie à Aulis (A. Mnouchkine) et d'autres spectacles signés A. Françon, J. Lassalle, J. Lavelli, T. Kantor, B. Sobel, F. Tanguy... ou créés par des amateurs, on voit se dessiner le pôle spectateur dans son lien mouvant à la scène. Il est un "rideau de visages", une "plaque sensible", le grand "résonateur" de l'action dramatique. On découvre la géographie cachée du theatron : trois grandes zones rendent cet espace structurellement multidimensionnel, une forte dissymétrie dynamise son équilibre. On suit in vivo l'exercice de ce qui est bien une fonction herméneutique, permanente, quasi muette, immédiatement efficace : le "regard spectateur" s'entend. Par l'observation attentive des représentations, par l'analyse des enregistrements sonores, par l'étude des silences et des très simples bruits des salles s'éclaire, se vérifie, s'affirme ce que disent les comédiens et les plus grands praticiens: le public a sa part dans la grâce du théâtre, dans sa force esthétique elle-même. Il est la chair de l'émotion.
Résumé : Libertés d'écoute est un livre-somme, non seulement par la diversité des textes proposés, qui couvrent un champ très large, du théâtre au cinéma et de la radio à la musique, mais aussi par la profondeur temporelle de leur écriture. C'est une vie pour le son que cet ouvrage nous invite à découvrir. Grande figure de l'enregistrement et la composition sonores, Daniel Deshays rassemble ici une multiplicité d'expériences, de projets, d'analyses et d'essais qui dessine les linéaments de cet art encore largement impensé, l'art du son en tant qu'il est enregistré, composé, projeté, diffusé, associé à l'image ou à la scène, au texte ou au corps parlant. On se rend compte en le lisant que le son traverse tous les arts sans rien perdre de sa spécificité. Où qu'il soit, il est toujours ce qu'il faut écouter. Ce livre est aussi cela : une propédeutique à l'écoute, qu'elle soit quotidienne ou appareillée, théâtre ou cinématographique, radiophonique ou électroacoustique.
Brun Catherine ; Guérin Jean-Yves ; Mervant-Roux M
La réflexion sur les disciplines et leur histoire s'est développée dans les vingt dernières années. Les enjeux sont cognitifs, épistémologiques et politiques. Les études théâtrales, officiellement reconnues en France à la fin des années 1950, à l'université et au CNRS, ont mis du temps à revenir sur la façon dont elles s'étaient définies, intellectuellement et institutionnellement. Comme l'indique le pluriel Genèses, le processus a été long, pluri et interdisciplinaire, sinueux et discontinu, souvent romanesque, engageant de très nombreux acteurs de la vie sociale : universitaires et chercheurs, praticiens du théâtre, étudiants de toutes sortes, responsables administratifs.
Résumé : La formule " théâtre amateur " date d'un demi-siècle à peine. On disait autrefois " théâtre d'amateurs ", en une expression plus heureuse puisqu'elle ne crée pas d'effet de symétrie avec " théâtre professionnel " et que l'amateurisme ne se définit nullement comme un non-professionnalisme. Le théâtre amateur en France - comme dans le reste de l'Europe - constitue un rameau original du jeu théâtral primitif, une pousse atypique de fiction. Fondé sur trois traditions distinctes - le théâtre à thème religieux, le théâtre scolaire, le théâtre de société -, il a pour principale caractéristique l'absence de rupture radicale avec la vie sociale. A la différence de la scène professionnelle, fondamentalement transgressive, il s'organise selon une sorte de décalage interne par rapport à son contexte, d'où naît sa propre poétique, qui mérite considération. Réalisé par un groupe de chercheurs, d'universitaires et de praticiens amateurs, cet ouvrage est le premier à explorer ce monde : des études de terrain rendent compte de sa diversité; le répertoire, le jeu, le traitement de la scène, les temps et les espaces de représentation sont décrits et analysés; des témoignages font entendre les voix, les styles de ces troupes, de ces cercles et compagnies. L'ensemble vient enrichir la réflexion contemporaine sur la notion d'amateurisme, réflexion aujourd'hui très active dans d'autres domaines artistiques. Au théâtre, le dilettantisme est toujours collectif et ne peut être analysé en termes socio-individuels. Les documents les plus sensibles et sans doute les plus exacts, nous les devons à des artistes (romanciers, cinéastes, auteurs dramatiques, metteurs en scène professionnels) qui ont pris pour objet le théâtre d'amateurs, aimant en lui un autre amour du jeu, un flirt avec le risque, un rapport fascinant de l'art et du non-art.
Résumé : Le théâtre est un lieu d'écoute, un lieu acoustique et phonique, il n'a jamais cessé de l'être. Pourtant, sa théorisation récente l'a longtemps ignoré en ne s'attachant qu'à la scène visuelle ou charnelle ou à l'oeuvre dramatique écrite. Une telle surdité n'a rien d'exceptionnel : l'oubli de la dimension sonore a touché l'ensemble des sciences humaines et sociales. On a nommé "tournant acoustique" la restauration de l'importance du son par tout un mouvement interdisciplinaire qui a montré que la période contemporaine n'est pas et n'a pas été plus visuelle qu'auditive, ce qu'a longtemps masqué la prolifération des images et de leurs analyses. Inscrit dans ce mouvement critique, le présent ouvrage réunit 35 collaborateurs de 8 pays différents. Théoriciens ou praticiens du son et de la voix, spécialistes de théâtre, d'architecture, d'acoustique, de création sonore, historiens et analystes des techniques, des médias et de la culture, livrent ici un ouvrage total, ouvert à tous ceux qui, selon la formule de Jonathan Sterne, ont développé une "imagination sonique".
L'annexion de la Crimée par la Russie, son intervention en Syrie, l'affaire Skripal ont propulsé Moscou sur le devant de la scène. Elles ont aussi contribué à bouleverser le système international et le rôle que la Russie joue en son sein. L'annexion de la Crimée par la Russie, son intervention en Syrie, l'affaire Skripal ont propulsé Moscou sur le devant de la scène. Elles ont aussi contribué à bouleverser le système international et le rôle que la Russie joue en son sein. Du fait de sa politique, la Russie a perdu l'Ukraine et fragmenté l'espace postsoviétique qu'elle considère comme sa sphère d'influence, elle s'est aliénée une bonne partie de l'Occident, elle s'est engagée dans un incertain virage vers l'Asie, etc. Près de vingt ans après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, ces événements relancent les interrogations sur les objectifs poursuivis par la Russie. Quels sont les facteurs qui déterminent ses actions extérieures ? Quelle est sa capacité à se remettre des bouleversements qu'elle a connus depuis 1991 ? Cet ouvrage se penche sur ces questions en accordant une attention particulière aux perceptions et aux représentations. Il explore la vision que la Russie a de l'étranger en la confrontant à la réalité de la place qu'elle tient sur la scène internationale ainsi qu'aux regards portés sur elle par le monde extérieur. En croisant ces différents regards, il a pour but de contribuer à la compréhension de la trajectoire russe.
Résumé : Début 2016, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf ressort en Allemagne dans une édition scientifique. Dans le même temps, l'éditeur historique de la traduction française annonce son intention de republier l'ouvrage dûment accompagné d'un appareil critique. Comment expliquer la postérité de ce pensum dont les divagations racistes et complotistes apparaissaient déjà comme telles à l'époque ? La réponse à la question ne serait-elle pas à chercher dans la forme plutôt que dans le fond de cet ouvrage ? En plus d'être le manifeste du national-socialisme, Mein Kampf ne serait-il pas en effet l'archétype d'un genre littéraire bien particulier, celui adopté par des leaders amenés à devenir autocrates, et mêlant propagande, manipulation et autobiographie ? En s'immergeant dans le livre, Albrecht Koschorke fait ressortir les procédés visant à rendre irréfutables les propos avancés, attire l'attention sur la construction de l'ouvrage, les transitions des expériences personnelles aux stigmatisations globalisantes, les changements de registres d'écriture, désintrique les niveaux de lecture et éclaire les divers publics visés. Une approche originale qui, dans la perspective de la prise du pouvoir, s'intéresse moins à la "doctrine" postulée de Mein Kampf qu'à sa "poétique" conjuguant autoritarisme et inconsistance intellectuelle.
Quelles sont les différences entre la Bible juive et la Bible chrétienne ? Entre les Bibles orthodoxe, catholique, protestante ? Qui les a fixées ? Comment ont-elles été diffusées ? Aucun livre n'aura été plus copié, imprimé, traduit, commenté, débattu, loué et honni, aucun livre surtout n'aura eu autant d'influence sur nos croyances mais aussi sur nos modèles de pensée, sur notre langage et notre culture que la Bible. De la traduction de saint Jérôme à l'étude des rouleaux de la mer Morte, c'est la véritable histoire du livre que raconte ici, avec une science et un brio inégalés, Jaroslav Pelikan. Un ouvrage indispensable pour découvrir ou redécouvrir la Bible avec intelligence.
C'est que du bonheur ", s'exclame-t-on désormais communément à tout propos ! Mais qu'est-ce que le bonheur ? Un désir, une aspiration ? Une disposition d'esprit, une aptitude que chacun posséderait à des degrés différents, l'humanité se divisant entre optimistes et pessimistes ? Notre époque, pourtant lourde d'angoisses en l'avenir, semble en effet obsédée par le bonheur. Elle paraît faire de la capacité à être heureux une injonction, un ordre politiquement correct : multiplication de guides et de manuels, créations de clubs et de think tank (" Fabrique Spinoza ", " ligue de l'optimisme "), mise en place de travaux de recherche sur le thème (chaire de sciences du bonheur, Nobel d'économie décerné à Angus Deaton pour ses travaux sur bonheur et croissance). Ce dictionnaire est donc né d'un étonnement sur la place paradoxale prise par une notion fuyante dès que l'on tente de la fixer historiquement et psychologiquement. Il se veut donc critique. Croisant des points de vue multiples à travers 230 entrées et 92 auteurs, de la philosophie à la littérature, des arts à la sociologie, de l'économie à la psychologie et à la psychanalyse, des neurosciences à l'histoire, etc. , il est à la fois instrument de connaissances et invitation à réfléchir sur le contemporain. L'enjeu de ce dictionnaire réside surtout dans la volonté de questionner les nouveaux clichés sur le bonheur.