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Piero della Francesca. Une conversion du regard
Mercier Franck
EHESS
28,01 €
Épuisé
EAN :9782713228599
Oeuvre singulière dont l'interprétation est toujours ouverte, la Flagellation du Christ de Piero della Francesca est une peinture mystérieuse et fascinante. Si l'oeil contemporain se laisse volontiers séduire par l'absolue perfection de sa perspective centrale, il peine à comprendre son sujet réel. Menée comme une enquête, cette étude progresse depuis l'intérieur du tableau, au plus près de ses formes, de ses couleurs, mais aussi et peut-être surtout de sa savante géométrie conçue par un peintre mathématicien qui pense et utilise la perspective comme une "science" de la mesure capable d'aider l'homme à atteindre l'infinité divine. Sous cet angle, on ne doit plus considérer le chef-d'oeuvre de la Flagellation du Christ isolément, mais en relation avec d'autres peintures du maître de Borgo Sansepolcro (le Baptême du Christ de Londres, les deux Saint Jérôme de Berlin et de Venise, la Vierge de Senigallia d'Urbino). La question de la présence du peintre dans son oeuvre, y compris à travers son portrait, celle de son rapport au temps et au salut, celle de l'usage conscient et précurseur de la "divine proportion" sont quelques-unes des étapes de ce livre que l'on peut lire aussi comme une invitation à renouveler notre vision de l'un des plus grands peintres du XVe siècle italien.
Résumé : ALORS QUE LE CENTRE POMPIDOU LUI CONSACRERA UNE RETROSPECTIVE EN MARS 2023, IMMERGEZ-VOUS DANS LE CINEMA DE JOANNA HOGG, FIGURE MAJEURE DU CINEMA INDEPENDANT ANGLO-SAXON, MECONNUE EN FRANCE JUSQU'A LA SORTIE DE SON DIPTYQUE THE SOUVENIR. POUR LA PREMIERE FOIS EN FRANCE, L'ENSEMBLE DE SON OUVRE SE DEVOILE DANS UN LIVRE INEDIT. Auteur d'une oeuvre aussi personnelle que singulière, Joanna Hogg a été révélée tardivement au public français grâce au diptyque The Souvenir sorti en salles début 2022. Pourtant, la réalisatrice anglaise a déjà signé quatre autres longs métrages, dont son dernier opus, The Eternal Daughter, présenté à la Mostra de Venise cette année. Une oeuvre passionnante dont la singularité méritait qu'on lui consacre ce livre qui s'appuie essentiellement sur des documents visuels esquissant, en creux, un portrait de l'artiste.
La résurgence de la notion de guerre civile pour qualifier des réalités très hétérogènes allant des guerres internes, souvent à dimension internationale, aux situations de conflits politiques, sociaux et culturels, suscite des interrogations sur sa pertinence. Ce numéro de Monde commun a pour ambition d'aller au-delà des catégorisations, qu'elles relèvent des sciences sociales ou du droit international. Il propose de revisiter l'actualité des guerres contemporaines, de l'Afghanistan au Yémen, en passant par la Syrie, l'Ethiopie et la Birmanie, en retraçant les lignes de force, les dynamiques et les représentations vernaculaires de ces conflits hors du cadre géopolitique par lequel ils sont souvent perçus, tout en tissant des parallèles entre les guerres de l'ex-Yougoslavie et celle d'Ukraine. Il nous plonge aussi dans les réalités contrastées des Etats-Unis et de la Colombie où des antagonismes politiques, sociétaux et raciaux, attisent les braises de conflits jamais vraiment éteints.
Les Souks, porte de la ville". C'est bien là le propos de ce livre : pénétrer dans Sanaa, comme autrefois le voyageur, par Bâb al-Yaman, la porte sud de la cité, la seule qui n'ait pas été détruite après la Révolution de 1962. Depuis, la ville s'est développée au-delà de ses remparts, et dépassera bientôt le million d'habitants. Cette voie d'accès peut donc sembler bien étroite et ne conduire qu'à une borne témoin, celle d'une société citadine qui serait à présent confinée dans la cité intra-muros ou noyée dans la masse démographique des émigrants. Ce serait oublier que le souk, en tant que système, ne peut se réduire à quelques arpents de terrain bien délimités mais qu'il figure, par bien des aspects, un mode d'échange et un mode de relation sociale qui irriguent la société tout entière... Ce livre vise donc plusieurs objectifs : déterminer la place et le statut de la société citadine, en isoler ses formes d'expression sociales, culturelles et politiques, rendre compte de l'organisation socioprofessionnelle des souks tout en tentant de retracer certaines évolutions de la société yéménite.
Résumé : Beyrouth et Aden ont été ravagées par des conflits internes et externes : la première dans les guerres qui s'y sont succédé entre 1975 et 1990, la seconde dans la lutte fratricide de 1986, puis dans l'affrontement entre le Nord et le Sud du Yémen en 1994. Leur destin, radicalement transformé par la violence politique et communautaire, illustre de manière exemplaire le statut de la ville dans l'Orient arabe comme espace disputé. Les territoires urbains peuvent se changer en véritables champs de bataille ou faire l'objet de guerres plus silencieuses entre modes de vie concurrents, ce qui contribue dans les deux cas à reconfigurer les lieux et les centralités. Alliant coups de sonde historiques, réflexions théoriques et expériences du quotidien, Franck Mermier propose de reconsidérer la notion d'urbanité en la saisissant à travers les expressions culturelles de la ville. A l'urbain générique il substitue le citadin avec ses ancrages historiques et sociologiques différenciés. Ce faisant, il retrace à travers des lieux et des moments emblématiques son propre itinéraire d'anthropologue.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.