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La corruption de la République
Mény Yves
FAYARD
35,90 €
Épuisé
EAN :9782213029320
Qu'est-ce que la corruption, sinon un échange plus ou moins clandestin qui permet d'obtenir des avantages que l'application des règles en vigueur n'aurait pas permis d'avoir ? Elle procure des passe-droits grâce aux faveurs accodées par le bénéficiaire de l'avantage. La corruption, en France, opère dans un climat qui lui est fortement favorable. Dans un univers de règles générales et impersonnelles, une grande partie des énergies des citoyens et des médiateurs que sont les élus politiques est consacrée à obtenir de l'Administration des exceptions, des arrangements. Pour éviter que la machine bureaucratique ne se bloque, il faut multiplier dérogations et exceptions. Le pantouflage de hauts fonctionnaires _ qui n'est pas d'hier mais prend de nos jours une ampleur inquiétante _ et le cumul des mandats _ une pratique systématique devenue une "seconde nature" _ n'ouvrent pas seulement la porte aux abus, mais encore constituent une tentation structurelle permanente. Sans que ces habitudes constituent généralement des "affaires" où les individus seraient moralement coupables, elles créent en tout cas la conviction que toute règle est négociable et traduisent l'ignorance du conflit d'intérêt. Un autre facteur est également propice à l'indulgence, voire à la complaisance dont bénéfice la corruption : le cynisme avec lequel les Français considèrent le pouvoir, qu'il soit politique ou administratif. Au discours des élites, pour qui la corruption est marginale _ ou alors se justifie au nom du moindre mal _ s'oppose le sentiment populaire, selon lequel la corruption est si générale que tous les détenteurs de pouvoir sont plus ou moins compromis. Pourtant, cette opinion pessimiste ne débouche pas sur une mobilisation, mais plutôt sur une attitude passive et désabusée. Les Français sont en quelque sorte mithridatisés par des pratiques dans lesquelles le passe-droit politique ou amical prépare la voie à la corruption pure et simple... Toutefois, l'ampleur prise à tous les niveaux de l'Etat par la corruption rampante suscite aujourd'hui une réaction de rejet dangereuse pour la classe politique, et périlleuse pour la démocratie elle-même. Plus que d'une réforme de l'Etat, la France a besoin de changer ses moeurs politiques. Yves Mény est professeur de science politique à l'Institut d'études politiques de Paris.
La démocratie est un livre ouvert dont toutes les pages ne sont pas écrites. Les démocraties se sont inventées, modifiées, adaptées et on est loin d'avoir épuisé les ressources de l'imagination et de l'expérimentation. S'il y a une révolution à faire, c'est bien là." Imparfaite par essence, la démocratie suscite critiques et désillusions. Cet état de crise, de remise en cause, permanente est son talon d'Achille, et aussi sa grandeur. Aujourd'hui, rien ne semble pouvoir endiguer la vague populiste qui déferle sur le monde. Partout, l'idéal de liberté, d'égalité et de fraternité recule, tandis que les peuples cèdent à la tentation de l'homme fort. Sommes-nous pour autant à la veille d'un effondrement démocratique ? Au regard des changements économiques et politiques en cours dans des pays comme l'Italie, les Etats-Unis, le Royaume Uni et la France, l'auteur fait plutôt le pari que les démocraties sauront se réinventer. Comme elles ont toujours su le faire depuis deux siècles, en incorporant des éléments exogènes tels que l'Etat de droit, le libéralisme politique ou l'Etat providence.
Mény Yves ; Mekki Mustapha ; Pinault Michel ; Béch
Sommaire Yves Mény : De la confusion des intérêts au conflit d'intérêts Nicolas Molfessis : La lutte contre les conflits d'intérêts : essor de la transparence ou règne de la méfiance ? Michel Pinault : Conflits d'intérêts et déontologie de la vie publique : La prise de conscience et ses limites Denys de Béchillon : Le couple, source de conflits d'intérêts Michel-Pierre Prat et Cyril Janvier : Les Elus Dominique Gerbaud : Journalisme et conflits d'intérêts Sege Guinchard : La gestion des conflits d'intérêts du juge (y compris au tribunal de commerce.) Daniel Tricot : Professions libérales juridiques et conflits Véronique Magnier : Les entreprises, laboratoires des modes de lutte contre les conflits d'intérêts ? Didier Houssin : Indépendance et expertise : santé publique et prévention des conflits d'intérêts Didier rebut : Le délit de prise illégale d'intérêt suffit-il à punir les conflits ?
La vie, la mort, le sexe : ces trois thèmes n'ont cessé de hanter l'homme, cet étrange animal pensant. Peu de civilisations anciennes cependant ont développé, comme l'ont fait les Grecs 500 ans avant notre ère, des réflexions et des pratiques sociales aussi voisines des nôtres encore aujourd'hui. Ils ont été plus loin que quiconque dans l'élaboration d'une pensée qui s'interroge sur la place et le rôle de l'homme au sein de l'univers. Certes, les dieux sont omniprésents. Mais ce sont des humains divinisés qui ne différent guère des mortels que par leur privilège de l'immortalité. Les Grecs ont anticipé comme personne nos questionnements, nos angoisses, nos passions, nos interrogations, nos rapports avec la vie, la nature, le temps, l'amour, la mort. Nous divergeons parfois, nous convergeons souvent, mais le plus fascinant est le dialogue qui ne cesse de s'établir avec eux depuis 2500 ans.
L'ingénierie politique a connu un succès foudroyant après les Révolutions américaine et française, et a évolué de pair avec le développement du constitutionnalisme. Pour la première fois, des "modèles" se substituaient aux utopies et étaient proposés à la réflexion, à la critique et à l'action des gouvernés et des gouvernants. Cet engouement, déjà amorcé au XVIIIème siècle avec la célébration - quelque peu mythifiée - de la constitution anglaise, ne cessera de s'amplifier au XlXème siècle. En effet, de nouvelles nations émergent et le mimétisme institutionnel gagne du terrain, notamment dans le champ administratif. Au XXème siècle enfin, la technologie de l'import-export institutionnel, de l'imitation plus ou moins servile de référents idéal-typiques, devient quasi-caricaturale avec l'effondrement des empires (austro-hongrois, ottoman) d'abord, l'émergence de superpuissances ensuite, la décolonisation enfin. Ces greffes, plus ou moins artificielles dans des systèmes étrangers, suscitent parfois des réactions de rejet dont témoignent de nombreuses faillites dans les pays du tiers-monde. Mais les cas de réussite ne manquent pas, pour peu qu'une habile politique d'adaptation et d'ajustement ait été conçue par les promoteurs de ces réformes. C'est à une réflexion sur ces technologies, sur les stratégies qui les ont portées, sur les élites qui les ont promues, qu'invitent les contributions de ce volume dans une double dimension temporelle - du XVIIIème à nos jours - et spatiale, de l'Amérique du nord et du sud à l'Est européen, des pays colonisateurs aux pays colonisés.
Résumé : Il est grand temps de ne plus opposer les traitements conventionnels aux traitements à base de plantes, mais trouver la bonne harmonie entre les deux. Faire confiance au pouvoir thérapeutique de la nature vous permet de réduire l'option médicaments, dont les limites sont reconnues aujourd'hui. Si nos ancêtres, du paléo au XIXe siècle, choisissaient les plantes à partir d'un savoir empirique, les dernières analyses scientifiques ouvrent de nouvelles perspectives fascinantes pour soigner vos troubles ou vos maladies. Véritable guide pratique de la décroissance médicamenteuse, ce livre vous donne toutes les clés pour utiliser les plantes de manière rationnelle pour vous soigner et vous nourrir.
En 2014, la victoire électorale des nationalistes hindous, remportée en grande part grâce au populisme de leur leader, Narendra Modi, a fait basculer l'Inde dans la démocratie ethnique. Les tenants du sécularisme, des militants politiques aux universitaires en passant par les organisations non gouvernementales, ont été mis au pas. Cibles traditionnelles des nationalistes hindous, les membres des minorités religieuses - les chrétiens et les musulmans en particulier - ont été relégués au rang de citoyens de seconde zone. Non seulement leur mise à l'écart au sein des institutions indiennes - y compris les assemblées élues - est sans précédent, mais ils sont victimes de violences et d'une police culturelle visant tant leurs pratiques religieuses que leurs activités économiques. Cette transformation de la scène politique indienne s'explique par le pouvoir que le mouvement nationaliste hindou, fondé dans les années 1920, a acquis au fil du temps - au plan électoral comme sur le terrain, à travers l'infiltration systématique de l'appareil d'Etat et un dense réseau de militants actifs sur les réseaux sociaux. En retraçant la montée en puissance de Narendra Modi dans son Etat du Gujarat dès les années 2000, puis à l'échelle du pays, Christophe Jaffrelot livre une analyse saisissante de l'essor du national-populisme au sein de la plus grande démocratie du monde.
Résumé : Il s'appelle Sainte-Marie-du-Mont, village posé au bord de la Manche, à la base de la presqu'île du Cotentin. C'est le personnage de ce livre. La plage est commode. En l'an 900, le Viking Vieul Aux Epaules y jeta ses drakkars. Dix siècles plus tard, l'Américain Eisenhower lança sur elle ses barges ; depuis, on la nomme Utah Beach. Juché sur la colline, le bourg essuie depuis toujours les tempêtes magistrales : guerre de Cent Ans, guerres de religion, révolutions, occupations... Il n'est pratiquement pas d'événement majeur qui n'ait laissé sa trace sur ce coin de bocage enclavé dans ses haies, de sorte que la chronique communale ne cesse de renvoyer à l'histoire de France. Mais aujourd'hui comme hier, les gens d'ici vivent à leur pas, car l'Histoire est peu de chose, au bout du compte, auprès des histoires qui tissent la trame des jours ordinaires.
Résumé : C'était une ville étrange qui, pareille à une créature préhistorique, paraissait avoir surgi brusquement dans la vallée par une nuit d'hiver pour escalader avec peine le flanc de la montagne. Tout, dans cette ville, était ancien et de pierre, depuis les rues et les fontaines jusqu'aux toits des grandes maisons séculaires, couverts de plaques de pierre grise semblables à de gigantesques écailles. On avait de la peine à croire que sous cette puissante carapace subsistait et se reproduisait la chair tendre de la vie. Oui, c'était une ville tout ce qu'il y avait d'étrange. Quand on marchait dans la rue, on pouvait par endroits, en étendant un peu le bras, accrocher son chapeau à la pointe d'un minaret. Bien des choses y étaient singulières et beaucoup semblaient appartenir au royaume des songes. Préservant à grand mal la vie humaine dans ses membres et sous sa carapace de pierre, elle ne lui en causait pas moins bien des peines, des écorchures et des plaies, mais quoi de plus naturel, puisque c'était une ville de pierre et que son contact était rugueux et glacial. Non, ce n'était pas facile d'être enfant dans cette ville-là.