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Innovations. Une enquête philosophique
Ménissier Thierry
HERMANN
19,10 €
Épuisé
EAN :9791037006172
Se substituant à ce qu'on appelait autrefois le progrès, la notion d'innovation s'est imposée dans tous les secteurs de l'activité humaine. On a pris l'habitude de qualifier d'innovante toute forme de changement qui semble susceptible d'améliorer quelque chose à l'activité humaine, sans pour autant penser philosophiquement la signification de ce changement. Tandis que l'économie industrielle dopée par la technologie a réalisé la prophétie émise par l'économiste Schumpeter, la notion d'innovation a elle-même évolué, devenant protéiforme. En enrôlant massivement les méthodes pour innover, actuellement se multiplient les tiers-lieux destinés à opérer ce changement. Mais progrès et innovation ne sont pas synonymes, et à bien des égards celle-ci dément les promesses affichées par celui-là. Aujourd'hui, les crises qui se produisent sur la toile de fond des transitions en cours conduisent à repenser le rôle dévolu à l'innovation, et invitent à décider si elle peut accompagner le monde qui vient. La difficulté est que ce qui la rend spécifique et intéressante, sa "sauvagerie" même, la rend peu aisée à dépasser. Cet ouvrage éclaire les questions qu'elle soulève, en les traitant sur les plans épistémologique et pratique.
Adoptant des formes variées, l'intelligence artificielle se déploie de manière massive et transforme les activités sociales et humaines. Ce déploiement impose une logique particulière qui repose sur certains termes formant un langage, que cet ouvrage entend examiner afin d'élucider la transformation algorithmique à travers le langage qui la justifie. Ce langage est abordé de manière à en permettre la réflexivité : ce "vocabulaire critique" vise la reconstitution du jugement critique à l'ère des bouleversements technologiques, sociaux et politiques induits par le déploiement de l'IA. Sont ici réunies des contributions originales sous un format court, classées par entrées alphabétiques. Chacune des entrées informe d'abord de la réalité scientifique, technique, organisationnelle et sociale des aspects de l'IA considérés, puis en fournit une critique argumentée et, enfin, met en exergue quelques références ; celles-ci constituent le reflet de l'immense littérature déjà disponible en IA ou sur l'IA. Cette approche lexicale, présentée de manière plurielle, permet en définitive d'apercevoir ce qui n'est jamais présenté de manière explicite : le projet de l'algorithmisation des sociétés contemporaines.
Résumé : Machiavel est l'héritier d'une grande tradition politique : celle de l'historiographie antique, différente sinon concurrente de la philosophie. Ce livre entend montrer qu'il est impossible de saisir la tentative machiavélienne sans la restituer dans cette tradition. Dans le même temps, toutefois, le Secrétaire florentin prétend avoir découvert des " modes et ordres nouveaux ". Comment concilier cette affirmation et la revendication de classicisme ? D'abord, une enquête approfondie sur les enjeux de l'historiographie antique montre que celle-ci est travaillée par une tension entre l'idée d'une continuité des temps et celle de l'innovation politique, au point de receler une conscience philosophique du temps historique. Ensuite, si Machiavel déprécie les Modernes et renoue avec certains motifs fondamentaux des Anciens, c'est pour en proposer une rénovation profonde, qui s'entend à plusieurs niveaux. La conception machiavélienne des relations entre le geste politique et l'histoire est ainsi d'une fécondité philosophique rarement aperçue. Une historiographie de la politique très originale en est le premier fruit ; le second est une représentation de l'histoire du monde permettant l'établissement d'un diagnostic sans appel sur la décadence des m?urs modernes. C'est de là que découle la tentative de déterminer une norme de comportement politique radicalement nouvelle sous le nom de " vertu ", et de réévaluer à cette aune le cours de l'histoire. On ne saisit bien les enjeux de cette pensée qu'en la référant à sa " philosophie de l'histoire " ; or cela n'est possible qu'en l'arrachant à un contextualisme historique à la fois rigide et naïf, qui, loin d'en reconnaître la vraie portée, la désamorce et la rend inoffensive. Ce livre invite à comprendre l'audace fondamentale de la pensée de Machiavel, en assumant notamment sa puissance de rupture en matière morale.
L'idée d'empire, dont l'emploi semble aujourd'hui connaître un retour en force, a été utilisée pour désigner des contextes historiques très différents, et afin d'élucider des logiques politiques extrêmement variées. Le présent volume réunit les contributions de philosophes, d'historiens, de politistes et de juristes dans le double but de la clarifier et d'évaluer sa pertinence. Politique, l'idée d'empire paraît nécessairement se fonder sur la domination ; cependant, qu'est-ce qu'une politique d'empire ? Et tout empire est-il nécessairement impérialiste ? Si, du point de vue historiographique, la notion d'empire semble constituer un outil approprié pour penser certaines configurations et certains moments de civilisation, pourrait-on penser l'histoire du monde sans y faire référence ? Parce que sur le plan des relations internationales, elle désigne une unité qui coordonne des nations éventuellement antagonistes, la notion d'empire ne semble pas compatible avec les exigences démocratiques modernes. Mais juridiquement parlant, la souveraineté impériale du pays dominant est-elle définitivement négatrice des souverainetés nationales et des libertés de ceux qui lui sont soumis ? Ou bien, justement parce qu'elle fournit une unité à cette irréductible diversité, est-il possible de justifier certaines formes d'empire ? Enfin, de notables élaborations philosophiques ont, grâce à l'idée d'empire, lié la réflexion sur la civilisation, la prescription d'une spiritualité et la représentation du monde comme unité. Une telle conception de l'empire offre-t-elle une alternative à celle qui l'envisage en fonction de la seule puissance ? L'idée moderne d'universalité des Droits de l'homme est-elle cohérente ou contradictoire avec un tel modèle ? En examinant de nombreuses expériences impériales de référence, et en analysant les arguments qui furent régulièrement déployés en faveur ou en défaveur de l'empire, ce volume espère apporter des éléments de réponse à ces questions.
Pourquoi le nom de Nicolas Machiavel a-t-il servi à forger le nom d'une attitude mentale connue et pratiquée bien avant lui : le " machiavélisme ", c'est-à-dire une façon cynique de se conduire visant la prise du pouvoir à tout prix ? Qu'est-ce qui, dans la pensée du Florentin, rend possible une telle disposition ? Et comment, dans l'histoire européenne, s'est propagée cette manière d'envisager la politique ? Cet ouvrage, en proposant un examen original du système intellectuel machiavélien, répond à ces questions de manière nuancée : si le machiavélisme est effectivement imputable à Machiavel, il ne consiste pas en une volonté perverse de faire le mal, mais se trouve déterminé par une vision du monde cohérente et tragique, sans équivalent dans la tradition culturelle occidentale. En brossant un vaste panorama de la réception des thèses du Secrétaire florentin, Thierry Ménissier examine également la manière dont les idées machiavéliennes ont profondément travaillé l'histoire des idées politiques européennes depuis le XVIe siècle, à la manière d'un héritage contrarié. Son livre nous fait ainsi prendre conscience de l'actualité du machiavélisme qui hante la politique occidentale.
Résumé : " Une peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. " Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.
Malgré des avancées politiques et juridiques en faveur de l'égalité, la progression et la rétention des femmes dans les secteurs traditionnellement masculins demeurent inégales. Comment expliquer les écarts de progression de carrière des femmes dans ces milieux ? Dans les trajectoires de carrière, quels sont les enjeux qui peuvent expliquer la progression ou non des femmes ? Quelles sont les pratiques organisationnelles porteuses de changement ? Ce livre présente les résultats d'une recherche multidisciplinaire réalisée sur le terrain auprès d'organisations de divers secteurs. Dépassant l'étude des trajectoires individuelles, cette recherche permet de découvrir les dimensions contextuelles et culturelles des organisations qui influencent les parcours de carrière des femmes et la rétention en emploi. Loin de présenter une recette miracle ou un modèle unique pour corriger les situations inégalitaires au travail, la démarche proposée repose sur un processus dynamique et transformatif visant à répertorier au sein des organisations et de leur écosystème les éléments favorables à une meilleure inclusion des femmes dans différentes professions.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.