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Faire l'idiot / La politique de Deleuze
Mengue Philippe
GERMINA
10,90 €
Épuisé
EAN :9782917285411
Extrait de l'introductionCe titre pourrait apparaître comme une provocation; il n'en est rien. La politique deleuzienne a pour objectif la libération des possibilités de vie qui restent emprisonnées par une organisation sociale déterminée. Et pour échapper aux puissances de contrôle et de répression, Deleuze, selon nous, dirait qu'il conviendrait de faire l'idiot. L'idée, à première vue paraît elle-même idiote. On ne peut être que surpris, pour le moins, par cette conception que, selon nous, il propose. Certes, pour résister il faut un sujet, et comme celui-ci ne peut plus être le peuple ou le prolétariat, il faut faire appel à une nouvelle forme de subjectivité qu'on va inventer, construire. Mais pourquoi cette subjectivité aurait-elle la figure générale de l'idiot? Et en quoi serait-elle résistance aux puissances établies?Je vais montrer que rien ne peut mieux caractériser la politique deleuzienne que d'en faire une politique de l'idiot, à condition de comprendre quel est le problème fondamental de la politique deleuzienne et ce qu'il faut entendre par «idiot».Tout d'abord, on ne sera pas étonné de découvrir que ce thème est présent partout dans l'oeuvre de Deleuze, même si, explicitement, il n'apparaît que dans certains passages déterminés. Tout d'abord, l'idiot est un personnage littéraire. Il est en effet, comme on le verra, celui qui trace, de Chrétien de Troyes à Beckett, ce que j'appellerai la ligne romanesque. On se reportera à Mille plateaux: même s'il n'est pas dit explicitement que c'est lui qui ouvre et conduit cette ligne romanesque, il est bien certain qu'on a affaire à un personnage de ce type (MP, pp. 212-213, par exemple).Mais l'idiot ne se contente pas d'être un personnage littéraire. Il est haussé au plan de la pensée absolue où il fait fonction de personnage conceptuel. Et, en tant que tel, il est alors chargé de donner une image de la pensée, soit de ce qu'est penser. Le chapitre 3 de Qu'est-ce que la philosophie?, concernant le personnage conceptuel, donne comme premier exemple de personnage de cette sorte, l'idiot en tant que c'est lui qui, derrière Descartes, formule le cogito. Il y a beaucoup d'autres personnages conceptuels - chargés d'inventer l'une des deux ailes de la philosophie, à savoir le plan d'immanence comme ce qui trace l'image de la pensée - et Deleuze montre qu'il y a toujours en toute philosophie un personnage déterminé, doué de traits spécifiques, souvent venu de la littérature, qui est chargé de tracer le plan d'immanence et de poser ce qu'est penser. Mais il s'avère que, concernant la philosophie propre à Deleuze, qui nous occupe présentement, le personnage par excellence qui aide à figurer l'image de la pensée est du style de l'idiot. Dans un cours à Vincennes, Deleuze ne déclare-t-il pas que «philosopher, c'est faire l'idiot»?On mesure donc l'importance considérable que détient le personnage de l'idiot dans la philosophie de Deleuze.
Disloqué et échoué dans un coin de campagne provençale, où il trouve accueil, Pierre Duval, ancien commissaire renommé d'exposition internationale d'art contemporain, entreprend de " se refaire " après son effondrement. A travers ses courses dans la nature et le tortueux cheminement mental de son journal, le personnage sera peu à peu conduit à une étrange forme de sérénité qui ne se dissociera jamais du sentiment de la profonde désolation où il est plongé. La contemplation de la beauté de la nature va constituer son point de départ et sa planche de salut. Le récit retrace l'errance de Pierre Duval, sa découverte des villages et des paysages, la rencontre aussi du visage de Lucile et, avec elle, l'amour et le désir féminin. Ses enthousiasmes et ses déceptions, en particulier celle concernant l'écologie et la politique de notre temps, l'acheminent vers un sourire qui fleurit du sentiment même de la beauté. Les temps de craquements qui sont les nôtres aujourd'hui ne conduisent pas automatiquement au repli sur une " sagesse " amère faite de renoncement à l'égard des affaires humaines mais ouvrent au contraire à une mélancolie positive, tournée vers l'avenir, qui n'oubliant rien des affres du présent jette néanmoins une lueur féconde en avant de nous.
L'utopie, en ces moments de crise économique et civilisationnelle, devrait-elle redevenir une démarche nécessaire au politique et au philosophe ? " Cet essai envisage cette question à partir de l'entreprise soustractive qu'opère Gilles Deleuze sur cette notion. Deleuze soutient une position originale qui, sans annuler complètement le concept d'utopie (il est solidaire de la critique nietzschéenne et spinosiste de cette notion), permet d'en construire un sens nouveau. A travers son questionnement sur la philosophie, sur le cinéma, l'oeuvre de Foucault, la littérature, Deleuze ne cesse d'invoquer l'idée d'un peuple absent et à venir : comment comprendre cette référence constante de Deleuze ? Cette problématique, discrètement au centre de son oeuvre, nous renvoie à son ontologie du virtuel et du temps. D'une façon générale, cet essai veut montrer que l'utopie, revue par Deleuze, ouvre un questionnement nécessaire " concernant les problèmes fondamentaux de la philosophie de notre temps ". Ce petit essai a pour hase des cours donnés à l'Université Populaire d'Avignon en 2008.
Proust et Joyce sont lus par Deleuze. Mais Joyce l'est aussi par Lacan: quels sont les principes mutuels de leur lecture? Qu'est-ce qui réellement les oppose? Pour tous les deux, il y a un point, point de fuite, qui est à l'origine de l'oeuvre littéraire, fuite du sens, non-sens. Gilles Deleuze, avec sa théorie des "lignes de fuite" est certainement le philosophe contemporain le plus à même pour nous aider à penser ce point et la littérature. Mais, il est montré que la compagnie de Jacques Lacan s'avère indispensable. A travers les oeuvres de Proust (réminiscences) et de Joyce (épiphanies) qui servent, avec la lecture que Deleuze en donne, d'appui et de départ, le concept de point de fuite, comme point littéraire, se trouve peu à peu construit, dans l'horizon de l'idée que la littérature est "production" de réel. En quoi la "ligne de fuite" deleuzienne a-t-elle néanmoins besoin d'être re-élaborée dans son rapport à ce qui "fuit"? Qu'en est-il de ce Réel que chacun invoque? Et du littéral dont chacun se réclame? Le réel est à comprendre et par le littoral qui le cerne et le littéral qui le suit.
Dans cette longue lettre à Benoît Peeters, Jean-Pierre Faye revient sur les péripéties de la fondation du Collège international de philosophie, sous l?égide de Jean-Pierre Chevènement alors ministre de la recherche, dans les années 1981-1982. Il laisse entendre quel rôle ambigu ? et relativement peu élégant - a joué Derrida dans cette affaire de fondation. Mais la lettre pousse plus loin. Ces circonstances relatives à la création du Collège international de philosophie ne sont qu?un cadre narratif. Il s?agit en fait de questionner l?origine des fameux concepts derridiens de " déconstruction " et de " logocentrisme ". En ce qui concerne " déconstruction ", qui traduit l?usage du mot " Abbau " chez Heidegger, Jean-Pierre Faye en montre le contexte inquiétant : la pensée féroce de la " race " sous le Reich nazi. Quant au " logocentrisme ", le nom et l?idée d?un combat à mener contre les prétentions de la raison (" logos ") naissent dans les feuilles d?un certain Ludwig Klages, psychiatre désigné par Goering lui-même comme " Reichsführer der Psychotherapie ". Führer de la psychothérapie ?
Elisabeth Badinter est une philosophe controversée, dont les prises de positions provoquent souvent des polémiques. Très influencée par Simone de Beauvoir, elle a consacré d'importantes études historiques au 18e siècle français et au Siècle des Lumières, faisant renaître des figures féminines trop méconnues: Madame d'Epinay, qui eut avec Rousseau une amitié plutôt orageuse, Madame du Châtelet, qui fut la maîtresse de Voltaire. Elle fait revivre l'oeuvre philosophique et littéraire de ces grandes femmes, trop souvent éclipsée par les grands hommes qui ont croisé leur vie. Mais c'est surtout sur la question du féminisme qu'Elisabeth Badinter s'est fait connaître du grand public. Paradoxalement, après avoir été vilipendée comme "archéo-féministe" (en particulier après L'Amour en plus, 1980) elle s'est vue aussi dénoncée (après son essai Fausse route) comme antiféministe. Dans Fausse route, 2003, elle s'oppose à une dérive de certains mouvements féministes qui ont promu une victimisation de la femme et exalté la différence hommes/femmes. Dans son dernier livre, Le conflit, La femme et la mère, (2010, Flammarion), elle dénonce une régression continue de la condition féminine depuis les années 80, constatant que la maternité tend de plus en plus à définir unilatéralement et "naturellement" la femme. Elle défend, aux côtés de son mari Robert Badinter, un humanisme rationaliste qui met l'accent sur la ressemblance entre les hommes et les femmes (particulièrement dans L'un est l'autre, 1986) et, généralement, sur la ressemblance entre tous les êtres humains. Elle s'oppose donc aussi à la montée du différentialisme culturel et du communautarisme religieux.
Résumé : Jean-Pierre Faye analyse la conférence méconnue de Carl Schmitt : " Economie saine dans un Etat fort ", tenue le 23 novembre 1932 devant les membres de " L?Union au Long Nom " (ou " Union pour la conservation des intérêts économiques communs en Rhénanie et Westphalie "). Schmitt y énonce la nécessité pour l?Allemagne d?un " Etat total ", équivalent allemand à ses yeux de " l?État totalitaire " de l?Italie fasciste. Cette prise de parole aura un effet décisif : trente-cinq représentants de la finance et de l?industrie allemandes, auditeurs de la conférence, adresseront une pétition à Hindenburg, président du Reich. Ils l?inciteront à appeler le " chef du grand mouvement " au poste de chancelier du Reich. Ce " mouvement " est le déjà criminel NSDAP : le Parti national-socialiste ouvrier allemand, le parti " nazi ". Le 30 janvier 33, Hitler sera chancelier. En neuf semaines, la conférence de Schmitt aura eu pour effet d?abattre tous les obstacles à l?avènement du Troisième Reich. La formule de " l?Etat total " a donc su transmettre aux temps et aux langages une charge à l?énergie insoupçonnée, porteuse des plus grands crimes. Ainsi est révélée la responsabilité centrale de Schmitt dans la mise en place du nazisme. Ce juriste, qui étrangement apparaît pour beaucoup aujourd?hui comme un penseur politique de référence, n?a d?abord avancé qu?une seule carte d?un jeu mortifère. Mais c?était une carte maîtresse, elle était dangereusement efficace pour faire passer le pire dans l?Histoire. Il était intéressant de lire en parallèle les " Journaux " de Schmitt et de mesurer l?attention portée par le juriste aux événements, dans les semaines qui précèdent et suivent l?arrivée d?Hitler à la chancellerie du Reich. Ce qui frappe est cependant la banalité quotidienne qui transparaît dans ces notes. Si ce n?est, peut-être, qu?un mot va lui paraître acquérir un poids nouveau : " Jude ", " juif ". C?est son propre rôle, dans le nazisme, à lui Carl Schmitt, qu?il va découvrir par là?
Résumé : La philosophie de Jean-Luc Marion est phénoménologique. À ce titre, elle décrit et interroge les manifestations phénoménales qui tissent notre condition. Mais le point de vue suivi est radical : il pousse philosophie et phénoménologie au c?ur de la manifestation des choses, au lieu de leur déconcertante donation. Les phénomènes se donnent sans se soumettre au sujet qui les reçoit et sous la forme d?un don sans limite. Ainsi de l?événement, de l?idole, de l?icône et de la chair, phénomènes exemplaires de la donation, telle que la pense Marion. Il n?est pas étonnant dès lors que cette phénoménologie se confronte à une certaine théologie. En mettant au jour le caractère conceptuel et idolâtrique du Dieu de la métaphysique, Marion nous aide à penser un Dieu d?amour totalement délié du problème de l?être. L?amour en effet est don et donation purs. Il se donne antérieurement à l?être, voire en son absence. Sur le chemin de cette philosophie, nous croisons les objets techniques, la peinture, l?invisibilité, le don, la caresse, la confession, la prière? À chaque fois, il s?agit de décrire ce qui nous dépasse et par conséquent nous appelle.