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Cuba, Haïti et l'interventionnisme américain. Un poids, deux mesures
Menéndez Mario
CNRS EDITIONS
20,00 €
Épuisé
EAN :9782271063625
L'histoire de Cuba et d'Haïti depuis la fin du XVIIIe siècle permet à Mario Menéndez d'explorer la nature des relations entre les Etats-Unis et la région caraïbe. Trois grandes périodes historiques se détachent. D'abord celle des acquisitions territoriales et de la doctrine de Monroe au XIXe siècle, qui voit une longue période d'occupation ou de protectorat. Cette phase est marquée par une politique expansionniste liée au besoin américain de sécuriser les frontières et les intérêts économiques. Puis dans les années 1930, la politique dite du " bon voisinage" instaurée par Roosevelt vise à atténuer une influence omniprésente, alors que les flux migratoires s'intensifient dans la région, tout comme l'importance de la lutte anticommuniste. Enfin, on assiste à la création d'une politique américaine d'immigration et d'accueil des réfugiés après 1946, qui prendra son essor localement avec la révolution cubaine en 1959 et les crises gouvernementales haïtiennes à partir de 1980, suscitant une migration de masse des populations. Le contrôle des frontières et la lutte contre l'immigration clandestine sont aujourd'hui au centre de la politique migratoire américaine. Mais Cubains et Haïtiens ne sont pas traités sur un même pied d'égalité. L'accueil des uns et le refoulement systématique des autres fait même émerger un facteur racial largement sous-estimé. L'application des droits internationaux et le développement de l'aide économique sont deux préalables pour mettre fin à l'inéluctable déplacement des populations dans cette zone caribéenne toujours à la recherche d'une stabilité politique et sociale.
Depuis plusieurs décennies émerge une véritable alternative au système actuel, un nouveau projet de société humaniste et écologiste qui considère que le désir fondamental de l'être humain est de vivre heureux et non de s'enrichir. De ce fait, les institutions politiques, les acteurs économiques, la société dans son ensemble devraient se mettre au service du bonheur collectif et non du capital. Cette nouvelle tendance, que nous appelons "happytalisme", se manifeste concrètement à travers des démarches telles que la production agricole biologique, le commerce équitable, les énergies renouvelables, les banques éthiques, l'économie circulaire, les monnaies locales. Elle s'exprime dans des mouvements internationaux comme le slow, le localisme, la décroissance, la simplicité volontaire ou encore l'agriculture urbaine. Sur le plan individuel, le happytalisme est lié à l'essor du développement personnel, des ateliers du bien-être, des médecines douces, des pédagogies alternatives et de la culture feel good... Or cet ensemble d'initiatives, et bien d'autres, participent du même dessein : faire évoluer notre société sans la bouleverser radicalement, substituer à la notion de "produit intérieur brut" celle de "bonheur national brut"... Ce nouveau modèle de société deviendra-t-il dominant ? Saura-t-il faire face à l'insatisfaction générée par nos systèmes économiques qui accentuent les inégalités et la concentration du pouvoir et sont incapables de répondre aux désirs de bonheur de la majorité ? Tel est le pari de ce courant qui nous apporte l'espoir de vivre enfin en harmonie.
La revue annuelle de la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs de Saint-Nazaire (meet) rassemble dans chacun de ses numéros deux littératures éloignées dans l'espace. Elle paraît à l'occasion du colloque littéraire international meeting, le troisième week-end de novembre, clans lequel ces deux littératures sont mises à l'honneur. Chaque texte est publié en langue originale, et accompagné d'une traduction française.
Résumé : La fin d'un couple à travers la mort de leur fils, le récit de l'enfance imaginée de Jésus et le voyage d'une femme vers une île sont les trois fragments d'une histoire qui conduit au même étonnement : le fait aussi merveilleux qu'énigmatique que toujours, d'une manière ou d'une autre, la vie s'ouvre un chemin. Enfants dans le temps gravite autour de l'amour comme prodige et comme catastrophe, mais il interroge aussi le pouvoir de la littérature d'exorciser la douleur et de nous faire retrouver, non ce que nous avons perdu, mais nous-même ; au point de sauver notre dignité et notre sagesse quand toutes les lumières se sont éteintes. Ricardo Menéndez Salmon nous offre ici un de ses livres les plus surprenants, une affirmation de la vie annoncée avec un souffle épique autant qu'intime, dans une forme qui cisèle les détails et dévoile une vérité profonde : l'art est la seule activité humaine qui nous enseigne que la vie est plus importante que l'art lui-même.
Résumé : Elevée aux Etats-Unis, une jeune femme d'origine cubaine a cherché dix ans durant à percer le mystère de sa naissance. Avant de l'abandonner, sa mère ne lui a laissé pour tout héritage que quelques vers de Neruda... Alors qu'elle s'apprête à renoncer, elle reçoit un mystérieux colis contenant des lettres et des photographies. Confrontés à l'amour fou qui a précipité la vie de sa mère, elle reconstitue peu à peu le portrait d'une époque portée par tous ses désirs, toutes les fractures. Et un secret jusque là inavouable. Méditation tour à tour lyrique, violente, érotique et obsédante, la prose poétique et sensuelle d'Ana Menendez fait revivre le Cuba des années 50-60 mais aussi le destin d'une femme engagée dans une passion amoureuse et un combat désespéré.
Résumé : Début 2016, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf ressort en Allemagne dans une édition scientifique. Dans le même temps, l'éditeur historique de la traduction française annonce son intention de republier l'ouvrage dûment accompagné d'un appareil critique. Comment expliquer la postérité de ce pensum dont les divagations racistes et complotistes apparaissaient déjà comme telles à l'époque ? La réponse à la question ne serait-elle pas à chercher dans la forme plutôt que dans le fond de cet ouvrage ? En plus d'être le manifeste du national-socialisme, Mein Kampf ne serait-il pas en effet l'archétype d'un genre littéraire bien particulier, celui adopté par des leaders amenés à devenir autocrates, et mêlant propagande, manipulation et autobiographie ? En s'immergeant dans le livre, Albrecht Koschorke fait ressortir les procédés visant à rendre irréfutables les propos avancés, attire l'attention sur la construction de l'ouvrage, les transitions des expériences personnelles aux stigmatisations globalisantes, les changements de registres d'écriture, désintrique les niveaux de lecture et éclaire les divers publics visés. Une approche originale qui, dans la perspective de la prise du pouvoir, s'intéresse moins à la "doctrine" postulée de Mein Kampf qu'à sa "poétique" conjuguant autoritarisme et inconsistance intellectuelle.
Charles Darwin, Lord William Kelvin, Linus Pauling, Fred Hoyle, Albert Einstein : cinq scientifiques hors du commun qui ont accompli des découvertes scientifiques considérables. Mais également cinq hommes qui se sont aussi, souvent en même temps, parfois lourdement, fourvoyés sur certains sujets. Charles Darwin n'a pas bien évalué les effets de " dilution " dans la transmission des caractères génétiques ; Lord Kelvin a largement sous-évalué l'âge de la Terre ; Linus Pauling s'est fait " coiffer au poteau " dans la découverte de la structure de l'ADN par Jim Watson et Francis Crick ; Fred Hoyle fut un partisan irréductible de la théorie de l'Univers stationnaire ; enfin, Einstein créa une constante cosmologique pour une mauvaise raison. Il ne s'agit pas d'énumérer les erreurs de ces grands hommes, mais bien plutôt de constater et d'analyser les conséquences bénéfiques de ces errements : la théorie de l'évolution de Darwin fonde la génétique moderne ; Kelvin enseigne à ses successeurs comment utiliser la thermodynamique en astronomie et en géologie ; Linus Pauling introduit superbement les considérations chimiques en biologie ; Fred Hoyle démontre les bienfaits et les limites des approches scientifiques qui se démarquent des théories " à la mode " et, curieusement, au lieu d'être une erreur, l'introduction de la constante cosmologique par Einstein s'avère extraordinairement bénéfique. C'est à une véritable enquête policière, qui dévoile de nombreux aspects jusque-là ignorés de l'histoire des sciences, que s'est consacré l'astrophysicien Mario Livio, qui expose ici de façon originale et vivante les chemins parfois tortueux empruntés par la recherche scientifique.
En bref A l'heure où les islams se déchirent, et où les frontières d'Orient volent en éclat, une plongée dans l'histoire de la Question d'Orient. Le livre Depuis le XVIIIe siècle et jusqu'à aujourd'hui, la zone qui s'étend des Balkans à l'Afghanistan cristallise des tensions aussi bien internationales que propres à l'"Orient". Ce sont ces tensions que Jacques Frémeaux analyse dans cette synthèse innovante, en les replaçant dans le temps long. De la volonté de contrôle de la route des Indes à la convoitise des hydrocarbures qu'elle recèle, cette région n'a en effet cessé de faire l'objet d'affrontements entre les grandes puissances. Ce vaste espace a ainsi constitué, depuis l'entrée des flottes de la tsarine Catherine II en Méditerranée (1770), un champ disputé par la Russie et l'Angleterre, avant de se retrouver, après 1945, au cour du conflit opposant la Russie et les Etats-Unis. Mais, d'ouest en est, ce sont surtout des peuples qui se succèdent, qui se cherchent et se déchirent entre les séductions de la modernité et le refus que lui oppose la tradition. L'"Orient", qui s'affirme toujours plus comme exclusivement musulman, devient alors un objet de fascination et de peur pour un "Occident" dominateur et manipulateur. Après le temps des empires (ottoman, persan et moghol des Indes) est venu celui des Etats-nations, souvent nés dans la douleur. Mais aucun changement n'a mis fin au "grand jeu" géopolitique, jalonné d'épisodes majeurs, de l'occupation de l'Egypte par Bonaparte à la dernière guerre du Golfe, et dont de nouveaux chapitres s'écrivent sous nos yeux. Auteur Jacques Frémeaux, professeur à l'université Paris-Sorbonne (Paris-IV) est membre de l'Institut universitaire de France et de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer. Il a notamment publié, parmi une vingtaine de titres, De quoi fut fait l'Empire. Les guerres coloniales au XIXe siècle (CNRS Editions, coll. Biblis, 2014) et La conquête de l'Algérie (2016). Arguments - Programme de l'agrégation en histoire contemporaine. - Clés pour décrypter les crises du Moyen Orient.
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.