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La sagesse du Bibliothécaire
Melot Michel
EDITIONS DU 81
12,20 €
Épuisé
EAN :9782915543032
Le bibliothécaire aime les livres comme le marin aime la mer. Il n'est pas nécessairement bon nageur mais il sait naviguer. L'océan du savoir qui grise tous les savants, rend modeste le bibliothécaire. La bibliothèque est ce lieu indispensable où le savoir décante. Regardez comme cet océan furieux se calme dans la bibliothèque! Le bibliothécaire sait lire les livres sans les ouvrir. Son regard transperceles couvertures. Il visite la page de titre, l'auteur, les éditeurs, va directement au colophon, relève la date, le format,le nombre de pages, s'attarde sur la table des matières, vérifie s'il y a des index. Il évalue enfin sa robustesse et la qualité de son papier, celle de sa mise en page et de son impression.Tout est dit. Si les auteurs savaient cela, ils feraient de faux livres uniquement pour les bibliothèques.
Résumé : L'abbaye de Fontevraud est exceptionnelle à plusieurs titres. Fondée par un homme, elle a accueilli essentiellement des femmes. Réunissant au départ moines et moniales de toutes conditions, aristocrates et misérables, elle a mis en péril l'ordre social. Plus grande cité monastique d'Europe au XVIIIe, elle a été transformée en prison après la Révolution. Comment expliquer le destin si singulier de ce lieu, inscrit aujourd'hui au Patrimoine mondial de l'Unesco ? En 1101, quand Robert d'Arbrissel, seul roturier parmi les fondateurs d'Ordres au XIIe ? siècle, décide de créer Fontevraud, il y organise une vie de pauvreté, de pénitence et de prière, et demande aux femmes de le gouverner. C'est donc à une abbesse, et non à un abbé, que l'on doit la règle du monastère et le contrôle du recrutement des frères. Fontevraud devient une abbaye puissante, en raison de son rapport avec Aliénor d'Aquitaine, reine de France puis d'Angleterre, son mari Henri II Plantagenêt et son fils Richard Coeur de Lion. Tous trois y reposent, dans leurs majestueux gisants. Gardant la cicatrice de la guerre de Cent Ans, elle suivit ensuite l'ascension des Bourbons. Ce livre raconte, sur près de huit siècles, l'histoire de ce monde sans extérieur dont l'organisation figure le temps qui s'y écoule heure après heure, jour après jour, mais aussi de ces hommes et ces femmes qui l'occupent et le font vivre.
Jadis, on comptait sept merveilles du monde. Aujourd'hui,l'Unesco en recense des milliers. D'où vient un tel essor? Ons'est longtemps fait une idée assez claire des objets àconserver. Puis l'idéologie du tout-mémoire s'est ajoutée auxpossibilités virtuelles d'une conservation intégrale pour fairedu patrimoine ce que Pierre Nora a appelé "un problèmeglobal de société et de civilisation". L'Inventaire général desmonuments et des richesses artistiques de la France, créé àl'initiative d'André Malraux et d'André Chastel en 1964, avécu quarante ans. En 2004, l'Etat en a confié la charge à sesvingt-six régions. Il a été rebaptisé pour l'occasion Inventairegénéral du patrimoine culturel. Derrière le changement denom, une véritable métamorphose s'est opérée. A cette date,avaient été enregistrés, outre 8 000 statues de la Vierge Marieet plusieurs milliers de maisons, de manoirs et de chapelles,500 hôpitaux, 400 aéroports, 180 phares, 7 raffineries depétrole et 4 centrales nucléaires, sans compter 40 000monuments "classés". Depuis lors, l'inflation des objetsretenus n'a pas cessé. Michel Melot, ancien directeur del'Inventaire, se demande si, au-delà de ce besoin desanctification laïque des biens culturels, ne se cachent pas,finalement, l'idée d'une mobilité salutaire des valeursculturelles et celle, chère à Malraux, d'un Inventaire généralouvert, à même de remettre en question les valeurs les plusconvenues.
Michel Melot, spécialiste de l'histoire de la caricature, a déjà publié de nombreux articles sur Daumier dans des revues françaises et étrangères. Né en 1943, chartiste, il a été conservateur au département des estampes et de la photographie à la Bibliothèque nationale qu'il a dirigé avant d'être directeur de la Bibliothèque publique d'information du Centre Pompidou puis président du Conseil supérieur des bibliothèques, et chargé de l'Inventaire général du patrimoine au ministère de la culture. Il est l'auteur de romans, et de plusieurs ouvrages d'histoire de l'art qui font aujourd'hui référence.
La Vestale de Venise nous entraîne dans le tourbillon du carnaval de la Venise déclinante du XVIIIe siècle, où le comte Flavio Foscarini, aidé de son jeune ami le poète Gasparo Gozzi, va mener l'enquête sur une succession de meurtres dont les victimes sont toutes des hommes influents de la cité. Au fil des meurtres et de l'enquête, nous découvrons les multiples visages de cette Venise qui brille encore de mille feux, aux m?urs raffinés et aux palais luxueux mais dont la structure sociale commence à vaciller. À travers un mélange de personnages de fictions et d'autres ayant réellement existé, l'auteur décrit une Venise tenue par les hommes, domination dont certaines femmes au caractère bien trempé chercheront à s'affranchir, ce qui ne sera pas sans conséquence sur l'intrigue. Écrite dans un style riche très descriptif, cette intrigue policière marie habilement l'histoire de la Sérénissime avec la modernité d'un sujet particulièrement actuel, la place de la femme dans notre société.
Dans le jardin de mon enfance nous devions enfumer, pulvériser, brûler la nature rebelle, désastreusement inventive. Dans leur délire créatif les firmes de l'industrie chimique avaient mis au point un bazooka à poudre. Qui n'a jamais bazooké de sa vie ignore les dangers de la machine. Grimpé sur une échelle, j'actionnais le piston à hauteur de visage. Le poison pénétra dans le sang. Evanouissement, coma léger, étendu je méditais sur l'efficacité de produits capables de détruire en même temps le jardin et le jardinier. Chaque espèce déclarée nuisible génère des trésors d'inventions meurtrières. Le jardinier baigne dans une paranoïa activement entretenue par les vendeurs de poisons. Tout ce qui ne procède pas de son "projet" doit être effacé du paysage. Les animaux gênent. Lorsque j'ai pu acquérir un terrain la question s'est posée : est-il possible en ce lieu, suffisamment abandonné pour accueillir une sauvagine, de combiner un jardin à la nature elle-même ? Etablir un territoire de partage ? J'avais décidé qu'une part du jardin reviendrait aux animaux habitués à s'en nourrir. Cela revenait à céder également une part d'espace. Sans le vouloir à ce point, le désirant tout de même, de façon lente et imprécise j'ai fait un jardin pour les animaux.
Et si la pratique d'un métier était aussi un parcours initiatique, un chemin vers la connaissance de soi et du monde ? La sagesse du chirurgien est faite de modération, de prudence, mais aussi parfois de rapidité. Elle ne s'acquiert qu'avec le temps et l'expérience. Elle est plus singulière et peut être moins naturelle quand il s'agit de la conduite managériale d'un groupe de chirurgiens et de para médicaux. La juste répartition des tâches, les précautions prises pour ne favoriser aucun, la reconnaissance des mérites des uns et les mesures correctrices à apporter à d'autres, font du statut de manager dans un service de chirurgie un métier à part entière. Il demande une écoute et des qualités particulières pour mettre là où il "fera" le mieux, celui qui y sera le plus heureux. On peut imaginer que la réflexion qui y préside soit très proche de celle de l'artiste pour la construction d'une oeuvre d'art, surtout si l'on se réfère à la phrase du peintre nabi Maurice Denis : "Se rappeler qu'un tableau, avant d'être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées".
Résumé : Le froid de la rivière agrippe ses genoux. Elle distingue à présent l'arche du pont qui enjambe des nappes de brume glacée et le peigne qui retenait ses cheveux a glissé, il s'est perdu quelque part en route, elle traversera ainsi, la tignasse dénouée d'une folle, d'une amoureuse. Sa robe s'accroche à un taillis d'acacias. L'ubac tente une dernière fois de la retenir mais il n'a plus aucune chance d'y parvenir car le pont est là, il a tenu. Elle y pause un instant dans le passage étroit qui s'arc-boute entre les deux rives. C'est le seul lien, il a été construit il y a bien longtemps, avant la haine.