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Rob Rombout. La mise en scène du réel
Mélon Marc-Emmanuel
YELLOW NOW
24,00 €
Épuisé
EAN :9782873404802
Etant entendu que tout film de fiction a sa part documentaire et tout film documentaire sa part de fiction, il reste, pour sortir le débat de la confusion qu'il suscite, à examiner les multiples modalités de cet échange. Le cinéma de Rob Rombout, qui ne s'inscrit pleinement dans aucune des deux catégories mais se situe dans l'intervalle très large qui les sépare, se prête particulièrement à cet examen. Pour ce cinéaste vivant à Bruxelles mais voyageant et travaillant sur tous les continents depuis trente ans, réaliser un film ne consiste ni à construire un univers né de son imagination ni à capter une réalité quelconque derrière laquelle il s'effacerait, mais à rassembler des fragments épars de réalité à la façon d'un pêcheur rapportant dans son filet des poissons de toutes espèces, et à les disposer à sa guise sur l'étal de son film. Chaque film de Rob Rombout est un voyage sur une distance qui peut être longue (parfois aux antipodes), au cours duquel le cinéaste multiplie les rencontres avec des gens qui racontent leur histoire. Certains expriment avec fierté le bonheur d'avoir vécu la vie qu'ils voulaient, tandis que d'autres témoignent des difficultés rencontrées à vouloir échapper aux contraintes de l'existence, qu'elles soient matérielles, sociales, raciales, affectives ou culturelles. Tous ont fini par accepter leur sort. Ces microrécits de vie qui questionnent la thématique récurrente du destin et de la liberté s'inscrivent dans un dispositif établi a priori par le cinéaste pour nouer des liens entre tous ces fragments. Il y a le film "corde à linge" qui tend un fil entre deux pôles et y accroche les récits divers de quelques voyageurs ; le film "dentelle" qui entrelace ses mailles entre plusieurs personnages qui ne se connaissent pas ; le film "étoile" dont chaque branche est associée à un point central auquel le film revient à intervalles réguliers ; le film "constellation" qui, sur un territoire parfois aussi vaste qu'un continent, dessine une figure imaginaire entre des lieux choisis arbitrairement, qui n'ont d'autres rapports entre eux que le fait de s'appeler "Amsterdam" . D'une intention artistique aussi affirmée qui intègre des fragments de réel dans des architectures savamment construites naissent des films "de style documentaire" (comme le disait Walker Evans à propos de son travail photographique) répondant toujours à une exigence artistique qui prime sur les réalités filmées autant que sur le discours que le cinéaste leur porte. Pour Rob Rombout, faire du cinéma revient toujours à faire oeuvre. Le livre adopte une structure aussi diversifiée que le cinéma de Rob Rombout. Un premier texte envisage globalement les enjeux esthétiques de l'oeuvre. Suivent ensuite les analyses approfondies d'une dizaine de films majeurs, illustrées de photogrammes et de photos de repérage et complétées par des interventions du cinéaste qui, interrogé par Guy Jungblut, détaille une multitude d'aspects de son travail en termes de production, de méthodes et de choix stylistiques. L'ouvrage est, par ailleurs, émaillé de codes QR qui donnent accès à des extraits de films.
Ce livre est né de la volonté de décliner une piste parue dans Le Livre et ses espaces, qui envisageait le livre dans sa mise en scène spatiale, réelle et métaphorique, que ce soit à travers lespace du livre ses dimensions, lespace dans le livre la typologie de la page, ou lespace hors du livre la bibliothèque par exemple. Dans LEsthétique du livre par contre, cest le livre comme lieu dexpériences sensibles qui est traité. Mais que lon ne sy méprenne pas; cest plus la question de la perception du livre comme objet, industriel ou non, que ses liens éventuels avec la création artistique qui nous intéresse. Et plutôt que den rester à la simple analyse du beau livre avec les deux sous-entendus qui laccompagnent: le beau livre serait le livre dartiste ou le livre dart, et lesthétique du livre laffaire exclusive des bibliophiles, nous avons préféré partir des perceptions suscitées par lobjet livre pour creuser ses dimensions esthétiques et les impressions quil engendre.
«Je me souviens d'un certain Melon Laurent, qui était parfois plus bavard que ma concierge... Je me souviens d'avoir relu Esope et Victor Hugo, mis en images par un certain Laurent Melon... Je me souviens qu'au début je n'aimais pas sa barbouille, mais maintenant, je la regarde autrement... Je me souviens d'une grande gueule, tout fou, tout flamme, au hasard des rencontres... Je me souviens de la dernière rencontre, en novembre 2013, à la librairie Publico, la vitrine déguisée en barricade et à l'arrière, les cartouches de nos potes vignerons... Pour une fois, ce lascar a troqué le pinceau pour la plume, ça donne un petit festival d'odeurs, de refrains, de saveurs oubliées façon Georges Perec. Le môme Melon n'a rien oublié de son enfance et de sa jeunesse. Pour les plus jeunes, c'est le Tour de France des émotions, ça tient de l'inventaire à la Prévert et du catalogue Manufrance, ça sent la cour de récré et le bistrot canaille. Mélangeant tendresse et rock, ce vieux bougre nous en ferait écraser une furtive ! A déguster avec un bon coup de rouge d'Anjou.»
Conteur est celui qui crée un monde. Qu'il soit épique, sacré, animalier. Fable signifie d'abord histoire, qu'il s'agisse de la Bible, d'Homère, de la Fontaine, et bien avant lui, de l'objet de ce livre, d'Esope; il est donc chronologiquement un des premiers conteurs et le premier fabuliste dont le nom soit venu jusqu'à nous. Esope, c'est le"du temps ou les bêtes parlaient"cher à Perrault, mais deux mille cinq cents ans avant notre ère. On sait que la formule a été reprise depuis. Raison de plus pour en saluer ici le précurseur. Esope, c'est un bestiaire aux personnages tour à tour innocents, rusés, tout puissants, qui va refléter la société humaine jusqu'au Moyen Age et au Roman de Renart, jusqu'à ce que la Fable en tant que poème l'emporte sur les isopets, de Clément Marot à Jean Anouilh. Un monde cruel, politique, ou le plus rusé triomphe, ou il ne fait pas bon être innocent. Par là, elle est intemporelle. Au même titre qu'Homère eut sept villes qui se disputaient sa naissance, Esope nous est parvenu au travers d'un brouillard fabuleux. C'est que comme Homère avec l'Illiade et L'Odyssée, Esope a laissé des Fables qui sont aussi un livre source. C'est pourquoi nous avons entrepris cette anthologie à l'usage de l'honnête homme. Il y trouvera un peu de ce qu'il connaît, et ne sera peut-être pas mécontent de trouver, de temps en temps, quelques textes qu'il connaît moins. Ce parti pris de vulgarisation, comme les moyens dont nous disposions, nous amenait logiquement à sacrifier le texte grec. En fait, parfois latin du fait de la perte des originaux! Que le lecteur nous excuse, mais nous ne sommes pas, hélas, les éditions Guillaume Budé pour pouvoir tenter une intégrale bilingue d'Escope. Les esprits sourcilleux pourront toujours se reporter, s'il la trouvent, à l'édition Chambry. Enfin, ils nous a paru amusant, procédant comme Montaigne"par sauts et gambades", de saluer ici ou là tel ou tel poète ésopisant, de Gabriel de Faerne à Jean de La Fontaine. Ce sont là breves et rares escales dans un itinéraire baroque, mais fidèle à son titre. Et maintenant, ami lecteur feuillette cet étrange monstre, laisse toi égarer dans ce taillis d'illustrations et de textes, et laisse-toi prendre par la magie du verbe et des images. Si la sélection t'apparaît étrange, songe qu'elle est l'?uvre de l'illustrateur, et qu'à ce titre, elle vaut peut être autant et plus qu'une autre, plus académique et moins variée. Plus savante mais aussi plus... ennuyeuse. Mais je t'importunerai pas plus longtemps."Nun est legendum". Maintenant, c'est le temps de lire. Et de juger sur pièces".
e volume réunit quatre études tirées de publications destinées à l'origine à accompagner les enseignants qui emmènent leurs élèves au cinéma. Les films analysés sont: Mon voisin Totoro, Porco Rosso, Le voyage de Chihiro et Ponyo sur la falaise. Pour chacun, un résumé, une bibliographie, une image-ricochet, un déroulant retraçant le film, l'analyse d'une séquence et des promenades pédagogiques.
Cet ouvrage résolument composite, comme son titre le suggère, s'inscrit dans la suite d'un autre recueil, Twist dans le studio de Velasquez, publié en 1998. Les textes regroupés ici (préfaces, articles, poèmes, récits, embryons de fictions, chansons, entretiens, échanges de mails), ou plus exactement étirés en chapelet, pour une grande majorité de circonstance ou de commande, sont présentés sans retouches (aux corrections d'usage près) par ordre alphabétique. Certains diront peut-être à propos de quelques-uns d'entre eux qu'il s'agit de fonds de tiroir. Absolument ! Et pourquoi le nier ? Je ne cherche pas le moins du monde, en effet, à hiérarchiser ce que j'écris. Par ailleurs, les plus anciens de ces textes ont, de fait, été retrouvés presque par hasard, comme lorsque, ouvrant une malle remplie de vieux papiers, on y découvre des bouts de soi-même oubliés. Leur provenance est indiquée en fin de volume.
Dans un paysage proche et lointain chacun est seul à vouloir construire sans relâche une existence qui soit sienne. Les pierres sont à l'image de notre résolution. Les bêtes ont dans les yeux le reflet de l'homme exploité. Du minéral, du végétal, de l'animal monte, en ces temps de désarroi, un appel à la solidarité avec tout ce qui nous fait vivre et vit en nous.