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Chez les anarchistes
Meckert Jean ; Lhomeau Franck
JOSEPH K
12,00 €
Épuisé
EAN :9782910686826
Lorsque paraît son premier reportage, en janvier 1946, Jean Meckert a déjà publié Les Coups, L'Homme au marteau et La Lucarne chez Gallimard où il fait figure de jeune auteur prometteur. Ses reportages, pour la première fois réunis en recueil, mettent à la une d'Essor les conditions matérielles des "humbles" , désenchantés par les lendemains de la Libération en laquelle ils avaient mis tous leurs espoirs. Brutalement ramenés à la réalité des restrictions, du marché noir et de la misère, ils sont confrontés aux "puissants du moment" , profiteurs de guerre, affameurs, politiques ou fonctionnaires. Dans le style brut qui est la marque de ses romans, eux-mêmes inspirés d'une réalité vivante et autobiographique, Jean Meckert recueille témoignages et confidences, ou brosse les portraits ironiques des révolutionnaires de tous ordres. Les nouvelles et autres textes qui complètent ce recueil, où l'on retrouve ces "âhumbles" que rien n'épargne, sont écrites d'une même encre noire.
Les Editions Joëlle Losfeld poursuivent, avec La tragédie de Lurs, la publication des inédits et des introuvables de Jean Meckert, alias Jean Amila. En 1952, Meckert est envoyé à Lurs par le journal France Dimanche pour couvrir ce qui deviendra un des faits divers les plus retentissants du siècle : l'affaire Dominici. Deux ans plus tard, Meckert revient sur cette expérience et examine le rôle tenu par les médias dans le développement de l'affaire. Entre faits bruts et récit à scandale, il tente d'analyser le travail de journaliste et livre son propre point de vue sur des faits qui, cinquante ans plus tard, continuent de susciter des commentaires et d'alimenter des fictions.
«C'est l'histoire toute simple d'un gars qui fait le man?uvre dans des petits ateliers de mécanique.» Première édition en 1942.4e de couverture : «C'est l'histoire toute simple d'un gars qui fait le man?uvre dans des petits ateliers de mécanique.Félix tente d'expliquer en phrases saines et drues son désarroi d'être incompris et de mal comprendre. Que ce soit dans ses discussions avec ses patrons, avec les cousins ou avec sa femme, Paulette, Félix souffre toujours de savoir mal s'exprimer. Il lui arrive même d'entrer en conflit, dans l'esprit de sa femme, avec de superbes mots de roman-feuilleton, et de perdre la bataille.Alors, il bat sa femme, au bout du désespoir. Tout comme on est contraint de faire la révolution lorsque les mots, les échanges et finalement l'existence ont perdu tout leur sens profond pour sombrer dans la vulgarité des idées trop couramment reçues et trop rarement ressenties.»Jean Meckert.
Temps Noir publie un important dossier consacré au roman policier sous l'Occupation. Michel Chlastacz propose une étude générale sur l'édition des livres et fascicules policiers des années 1940-1944 qui, malgré les difficultés du moment, n'a jamais cessé d'alimenter les kiosques et les librairies. Hervé Bismuth mène une réflexion sur l'évolution du discours "masculin" dans la série des aventures de San-Antonio. Benoît Tadié, spécialiste du roman noir américain, s'entretient avec Richard Layman, l'auteur de la biographie de référence sur Dashiell Hammett. Patrice Allain nous fait découvrir un Louis Chavance inédit. Associé aux plus grands noms du cinéma français, on ignore souvent qu'il dirigea aussi durant les années de guerre une collection de romans policiers pour l'éditeur Georges Ventillard et qu'il écrivit une petite dizaine d'ouvrages sous les pseudonymes de John Irving et de Jack River, permettant à Léo Malet de publier sa première oeuvre noire.
Le film noir français 1946-1960 face aux bouleversements de la France d'après-guerre Des Portes de la nuit (1946) à Touchez pas au grisbi (1954) en passant par La Môme vert-de-gris (1953), le film noir français d' après-guerre frappe par sa diversité, sa richesse et son originalité. Diversité des films et des récits : le pessimisme du "réalisme noir" contraste avec l'atmosphère ludique de la "série noire" parodique, elle-même très éloignée de l'univers interlope du "milieu" parisien dépeint dans le film de gangsters... Richesse des talents et des thèmes abordés : du tandem Carné/Prévert à Jacques Becker et Michel Audiard, via des stars comme Simone Signoret, Eddie Constantine ou Jean Gabin, le genre fait appel à des personnalités singulières pour explorer les anxiétés d'une France en mutation, marquée par la Seconde Guerre mondiale et confrontée à l'entrée dans la société de consommation. Singularité artistique et culturelle : loin d'être une simple copie du film noir américain, comme on l'a trop souvent suggéré, le film noir français constitue l'expression nationale d'une forme transnationale, et se distingue à ce titre de Hollywood. Pour évaluer la cohérence de ce genre instable, interroger ses enjeux identitaires et saisir les spécificités hexagonales du "noir", cet ouvrage propose, pour la première fois dans le champ académique, une analyse globale du film noir en France de 1946 à 1960. Mêlant l'analyse des représentations et la contextualisation historique, Thomas Pillard s'intéresse aux différentes facettes du genre et interroge leurs significations : que nous apprennent les films noirs français sur les bouleversements de la France d'après-guerre ?
Movies livre la somme des scénarios des films de Gainsbourg (dont l'inédit "Colle Girl" ou encore "Black-out" jamais réalisé). Le plus surprenant est que ces textes correspondent assez peu à l'idée que l'on pouvait s'en faire par les films seuls : ils offrent en effet une réelle autonomie de l'écriture. Esquisses, reprises, différents jets ici préservés, donnent alors — chez un Gainsbourg écrivain de l'image — la vaste matière d'authentiques créations littéraires.
Concernant ma modeste rubrique cinématographique, de nombreux lecteurs m'écrivent. Le dépouillement de ce courrier me tient lieu chaque matin de douche écossaise. Quel dommage, en vérité, que l'on ne puisse plaire à tout le monde ! Enfin... renonçant à faire, pour ou contre moi, l'unanimité, j'évolue tant bien que mal entre les envois de fleurs et les plus agressifs torpillages. On a beau s'y faire, il n'empêche que les fervents du Septième Art ont parfois la dent dure. Exception faite de vibrants (je n'ose écrire pertinents) hommages relatifs à ma clairvoyance et à mon objectivité en matière de pellicule, je me fais quotidiennement traiter de "rebutant crétin", "démolisseur obtus", "analphabète prétentieux", tandis que les épithètes "vendu" et "refoulé" (sic), sont monnaie courante. Certain correspondant (signant illisible et demeurant rue des Pyramides, Paris 2e) devrait toutefois se renseigner quant à ma date de naissance avant de me traiter péremptoirement de "vieux c..." comme il l'a fait dans une récente missive. Je ne discute pas l'épithète, mais je conteste l'adjectif." Michel Audiard, L'Etoile du Soir, "Courrier-spécial", 17-18 août 1946. 1946, le jeune Michel Audiard, âgé de vingt-six ans, reprend son métier de journaliste. Dans L'Etoile du Soir, privé de carte de presse pour avoir écrit dans des journaux collaborationnistes, il multiplie les reportages qu'il signe de divers pseudonymes. Sous celui de Jacques Potier, il tient la rubrique cinématographique où il bénéficie d'une totale liberté de ton pour fustiger la prolifération des films sur la Résistance ou le rôle de Jean Gabin dans L'Imposteur, pour encenser Citizen Kane et les nouveaux films de Billy Wilder, John Ford, Robert Siodmak, Leo McCarey ou Walt Disney, pour railler le jeu de Pierre Blanchar, acteur, metteur en scène et épurateur zélé, lui préférant Pierre Fresnay, Michel Simon, Paul Meurisse ou Michèle Morgan "dont l'Amérique n'est pas parvenue à sophistiquer les yeux de petite fille triste". Celui qui deviendra l'un des plus célèbres dialoguistes français est alors l'une des plumes les plus acérées de la critique cinématographique française qui poursuit à Cinévie sa défense d'un cinéma exigeant contre les choix des spectateurs dont le "mauvais goût est élevé à la hauteur d'un sacerdoce".