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Pour qu'ils soient face au soleil levant
McGahern John ; Cartano Françoise
SABINE WESPIESE
24,99 €
Épuisé
EAN :9782848055053
Pour qu'ils soient face au soleil levant. Le titre de ce magnifique roman de John McGahern fait référence à une croyance païenne prescrivant que les morts soient enterrés en regardant l'est, That they may face the rising sun. Tout se passe dans un village du comté de Leitrim apparemment figé dans le temps, même si la violence politique et des années de soumission à l'Eglise ne l'ont pas épargné. Joe et Kate Ruttledge, athées l'un et l'autre, sont revenus au pays, d'où Joe est originaire. Après des années à Londres, ils font figure d'étrangers parmi les habitants qui, pour la plupart, n'ont jamais quitté l'Irlande, ni même le village. Les travaux d'aménagement de leur maison leur font connaître le voisinage : Jamesie, le bavard impénitent dont le fils a réussi à Dublin ; Bill Evans qui, après son enfance maltraitée à l'orphelinat, a bien du mal tous les soirs à remonter les deux seaux d'eau qu'il va puiser dans le lac ; le flamboyant John Quinn, coureur de dots et de jupons. Et tant d'autres. Des personnages formidablement attachants, qui donnent au maître de la prose irlandaise l'occasion d'inoubliables portraits. Ici, la vie passe, avec ses drames et ses joies, ses veillées et ses retrouvailles, rythmée par le passage des saisons, dans une nature vibrante et habitée, dont l'évocation n'est pas le moindre charme de ce très grand livre. Pour qu'ils soient face au soleil levant est une saga tranquille et puissante, où l'écriture donne aux faits ordinaires la dimension du mythe. McGahern n'a pas en vain été comparé à Giono, dont il pourrait être le frère irlandais.
Résumé : " McGahern nous conte la destinée d'un poète raté qui écrit des récits pornographiques pour gagner de quoi vivre. Résumé ainsi, le roman de McGahern peut sembler très sombre, ce qu'il est d'ailleurs à certains moments d'une intensité remarquable ; mais il faut évoquer aussi la verve et l'humour de l'auteur qui, sous les dehors d'une écriture simple, nous livre l'insolent portrait d'un faux poète et d'un faux pornocrate. C'est une histoire comme seuls les Irlandais peuvent encore en raconter. " Le Monde " Une petite merveille d'humour quotidien, de gravité masquée, d'émotion maquillée en farce, de grimace camouflée en sourire, de déchirement affleurant sous l'ironie. " Télérama
Résumé : Il est des écritures magiques, qui transportent le lecteur parfois très loin sans que rien se passe vraiment : quelques amis et voisins réunis au fin fond de la campagne irlandaise, des mariages, des dîners après la moisson, des soirées au pub, des envies de quitter cette Irlande figée dans le temps mais que n'épargne pas la violence politique... C'est la manière de faire parler ses personnages qui rend John McGahern unique : ce langage savoureux de la campagne, gouailleur et tendre, qui donne aux petites histoires l'allure de mythes lorsqu'au soir on se retrouve pour boire du rhum au jus d'airelles. La magie de l'écriture, aussi, qui nous imprègne de l'atmosphère à la fois paisible et inquiète de ce Giono irlandais. D'une pudeur extrême, John McGahern nous envoûte, nous fascine. C'est hors d'âge, comme un très bon whisky.
Résumé : Avec Les Créatures de la terre, recueil inédit, John McGahern élève la " short story " au sommet d'un art, qui exige de ne " pas parler trop, d'aller à l'essentiel ". Qu'il s'agisse de funérailles à la campagne, de l'évocation de la maladie, du poids de la tradition religieuse et morale, de démêlés familiaux ou de la mort des êtres chers, McGahern se montre en effet maître de la litote, du maniement subtil d'une apparente simplicité qui exprime le sel ou l'amertume de la vie et laisse un sentiment de perte insondable, tout au bord de l'indicible. " S'il faut lire John McGahern, ce n'est pas pour le plaisir acide de concocter un bon petit cafard, mais parce qu'il est tout simplement un des plus grands romanciers d'aujourd'hui, que son pessimisme est un chef-d'?uvre de style et de sobriété, son humeur d'encre, infatigable. Parce qu'il peint l'Irlande - et au-delà, nous tous - comme personne depuis Joyce. " Michel Braudeau
La route des Balkans. Dans une forêt hongroise, après des mois d'errance, Asma, une jeune Syrienne, attend, avec d'autres réfugiés, un véhicule pour l'Allemagne. Son père, pharmacien à Damas, a été exécuté, son frère a rejoint la rébellion. Pour sa sécurité, sa famille l'a alors envoyée en Europe. Lorsqu'arrive enfin un camion frigorifique, elle éprouve presque du soulagement à s'y entasser. Même si, dans la bousculade, elle perd son sac... et son cahier rouge ? le journal intime qu'elle tient depuis l'arrestation de son père en 2006. Tamim parvient à le récupérer. Il le conservera précieusement. Sur les routes depuis trois ans, contraint à chaque étape de travailler pour payer la suivante, il a quitté l'Afghanistan à quatorze ans, après l'assassinat de son père et de ses frères par les talibans. Lui aura plus de chance qu'Asma ? abandonnée à bord du fourgon avec ses compagnons d'infortune sur une aire d'autoroute, et dont la fin tragique agira comme un électrochoc sur la politique et l'opinion. A Munich, en cet été 2015, Helga entend avec effarement la nouvelle. Elle se souvient d'avoir été une réfugiée elle aussi, fuyant l'Armée rouge qui marchait sur Königsberg en 1945. Et, quand la chancelière Angela Merkel prononce son désormais célèbre "Wir schaffen das, nous y arriverons", Helga, comme tant de ses concitoyens, va tout naturellement proposer son aide aux demandeurs d'asile affluant sur le territoire allemand. Revenant sur cet élan de générosité et sur l'espoir suscité, Christine de Mazières, dans ce roman polyphonique qui retrace le parcours des victimes, mais aussi des acteurs de ce drame, nous interroge avec force sur le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui.
Pendant la nuit du 24 au 25 mars 2015, Félix de Récondo a cheminé vers la mort. Trois ans plus tard, sa fille Léonor transforme le huis clos de la chambre d'hôpital en un vibrant manifeste, " manifesto ", témoignant de la liberté et de la force de création que ce père artiste garda inlassablement intactes. Deux narrations s'entrelacent, qui signent le portrait d'un homme dont la jeunesse fut marquée par la guerre civile espagnole et l'exil : celle de Léonor, envahie par les souvenirs et les émotions de la longue veille aux côtés de sa mère, Cécile ; et celle de Félix, dont l'esprit s'est échappé vers les contrées du passé. Il y a rejoint l'ombre d'Ernesto (Hemingway), qu'il n'a jamais revu depuis les déjeuners du dimanche à Pamplona, alors que lui était encore un petit garçon, dans les années trente. L'écrivain, déjà auréolé de sa gloire, y suivait les courses de toros. Aujourd'hui, toute différence d'âge abolie, Félix se remémore ceux qu'ils ont connus, sa petite enfance à Gernika, les mystérieuses activités politiques de ses oncles dans la maison d'exil des Landes. Il en vient bientôt à évoquer la mort tragique de ses enfants nés avant sa rencontre avec Cécile, et confie à son vieux complice combien sa nouvelle famille l'a aidé à continuer à vivre, dessiner et sculpter. Ernesto, à son tour, lui raconte son besoin d'écrire, Martha et les femmes qu'il ne pouvait s'empêcher de séduire, sa propre fascination pour la mort, son suicide. Mais leur ultime conversation ne s'achèvera pas avant que Félix ait pu montrer à Ernesto le violon que, de ses mains, il fabriqua pour Léonor. A son chevet, sa fille lui fait écouter une ultime fois leur sonata da Chiesa de Corelli... La musique a tant accompagné leur bonheur, leur pas de deux artistique, depuis que, élève précoce, Léonor apprenait à maîtriser son instrument. Cette même musique ponctue d'une déchirante douceur leur dernière nuit, dont le récit, magnifique tombeau poétique, donne à jamais vie au créateur et au père merveilleux que fut Félix.
Avec cette saga familiale qui se déploie sur près d'un siècle, Diane Meur confirme son formidable talent de romancière.En Galicie, terre rattachée à l'empire habsbourgeois depuis le partage de la Pologne, l'obscure famille Zemka reconquiert le domaine fondé par un ancêtre noble et s'engage fiévreusement dans la lutte d'indépendance polonaise. Pour retracer son ascension puis sa décadence, l'auteur convoque une singulière narratrice : la maison elle-même qui, derrière sa façade blanche et son fronton néo-classique, épie ses habitants.Indiscrète et manipulatrice, elle attise les passions, entremêle les destins, guette l'écho des événements qui, des révolutions de 1848 aux tensions annonciatrices du désastre de 1914, font l'histoire de l'Europe. Elle est partout, entend tout, garde en elle toutes les ombres d'un passé qu'elle connaît mieux que les vivants. Mais les vivants ont sur elle un avantage qu'elle leur envie : leurs drames, leurs désirs et leur mobilité.Les femmes surtout la fascinent. Condamnées comme elle à la réclusion dans la sphère domestique, elles sont réduites, de mère en fille et de tante en nièce, à attendre l'amour en scrutant l'horizon.Mais l'horizon, c'est toujours la plaine, les champs, le clocher de la petite église uniate. Les arbres poussent, les vies se nouent et on dirait que rien ne change? Rien ne change, vraiment ? Pourtant, voilà qu'on se trouve au seuil du XXe siècle avec l'impression d'en avoir déjà entrevu les exodes, les cassures et les embrasements.Une jeune femme, enfin, réussira à s'en aller?DIANE MEUR, traductrice et romancière, est née à Bruxelles en 1970 et vit à Paris depuis vingt ans. Dans ce livre, où la maîtrise narrative le dispute à une fantaisie hantée, elle renoue avec la veine historique de son premier roman, La Vie de Mardochée de Löwenfels, écrite par lui-même (Sabine Wespieser éditeur, 2002) qui lui valut un accueil critique et public très favorable.
L'armoire des ombres. Beyrouth au moment des manifestations de 2005. Une comédienne se présente à un casting. L'accueil est étrange: dès son arrivée, l'ouvreuse lui demande de laisser son ombre au vestiaire. Le metteur en scène veut que l'actrice soit dépouillée de tout pour mieux s'emparer du rôle. Comme elle a un farouche besoin de gagner sa vie - le loyer que lui réclame sa propriétaire et l'éducation de son fils - elle accepte le bout d'essai. Quand elle revient au théâtre après avoir décroché le rôle, le metteur en scène s'est envolé, et il n'y a pas de scénario. Pour tout décor une armoire, dans laquelle elle découvre... des ombres soigneusement pliées. Devant un public de plus en plus nombreux, elle déploie les ombres, improvisant à partir de chacune d'elles: elle est Greta la prostituée, Mona la réprouvée... tout en se révoltant contre sa mère, une femme désespérément conventionnelle. Alors qu'elle finit par se fondre jusqu'au vertige dans ses multiples identités, la comédienne dresse le tableau saisissant d'une société libanaise où les individus n'ont pas de place, et moins encore les femmes. Personne ne parvient à exercer son libre-arbitre, si fortes sont les pressions: même les manifestants exigent des passants une adhésion aveugle à leur cause... Poète, Hyam Yared écrit un premier roman singulier qui capte à merveille le surréel et l'étrangeté du quotidien tout en livrant une vision du monde subversive et violente. Car son livre interroge avec clairvoyance une société cadenassée par le poids de l'histoire et des traditions, où toute tentative d'émancipation se paie au prix fort. Biographie de l'auteur Hyam Yared est née en 1975 à Beyrouth. Poète et nouvelliste, elle a publié au Liban deux recueils de poésie. L'Armoire des ombres est son premier roman.