Les régimes de type soviétique se caractérisent par un degré particulièrement élevé de bureaucratisation. Formulée par Trotski puis par les théoriciens du totalitarisme, en passant par James Burnham et une foule de travaux d'inspirations et de teneurs très diverses, cette assertion s'est imposée comme une évidence, fondant cependant des interprétations contrastées et parfois contradictoires. Qu'en est-il alors du degré de contrôle effectif des instances dirigeantes des pas du socialisme réel sur les administrations ? Comment les agents de l'Etat et les citoyens dans leur rapport à l'Etat utilisent-ils les marges de jeu qui restent malgré tout ouvertes ? Comment la bureaucratie pénètre-t-elle la vie sociale et le quotidien des citoyens et, inversement, de quelle manière les logiques du social pénètrent-elles "l'appareil bureaucratique" qui s'y trouve encastré ? Telles sont quelques-unes des questions soulevées par les articles réunis dans ce dossier. A partir d'une étude empirique de cas choisis pour les éclairages complémentaires qu'ils apportent (la production statistique et la police en URSS, le logement et l'administration municipale en RDA), ils contribuent ainsi à une meilleure compréhension des pratiques et processus concrets qui spécifient les bureaucraties communistes et fondent l'exercice de la domination politique dans les régimes de type soviétique. Au-delà, l'analyse de ces "cas limites" de la bureaucratie se veut plus largement une contribution à l'intelligibilité du fonctionnement, des usages et des onctions de l'administration dans les sociétés contemporaines.
Résumé : La mobilité volontaire ou forcée de populations d'un pays à un autre ne date certes pas du XXIe siècle. Cependant, le nombre de migrants dans le monde a triplé en 40 ans, atteignant 3 % de la population mondiale. L'ampleur comme la nature des flux migratoires a changé. En réaction à ces flux et en fonction des changements d'attitude des pays d'accueil, les notions de "seuil de tolérance" et de "risque migratoire" ont fait leur apparition. Simplificatrices, les politiques migratoires, sécuritaires et d'asile, tendent à se confondre tandis que demeure le déficit d'institutions juridiques internationales ou transnationales à même d'imposer de réelles régulations collectives et de réelles protections sociales à l'échelle mondiale. De nouvelles questions se posent, qui rendent indispensable de mieux comprendre et mieux penser les migrations : les déboutés du droit d'asile, de plus en plus nombreux, forment-ils désormais une nouvelle catégorie d'apatrides ? Quel type de reproduction sociale engendre un mode de vie à cheval sur deux ou plusieurs pays de plus en plus courant ? Ou encore, les migrations du sud vers le sud vont-elles supplanter celles du sud vers le nord ? En sociologue, Sylvie Mazzella fait le point des recherches menées pour analyser les phénomènes migratoires. Elle met ainsi en relief l'important renouvellement des connaissances permis par les approches transnationales.
Ce livre illustré, publié à l'occasion des 350 ans du Mont de piété, devenu crédit municipal de Marseille, nous invite à nous plonger dans l'histoire du prêt sur gage, pratique plus que jamais d'actualité dans un monde secoué par des crises économiques et financières. Une première partie souligne, à partir d'archives du Crédit Municipal ou de récits d'employés, l'empreinte des gestes des métiers du prêt sur gage au cours du temps : la main de l'appréciateur, la main qui accueille, celle qui compte, la main sur le marteau du commissaire-priseur, la main qui scelle les boîtes... La deuxième partie, croisant différentes sources (archives, articles de presse, récits d'employés depuis les années 1960) s'intéresse aux objets engagés : hardes, bijoux (de Provence ou des Comores...), oeuvres d'art... Enfin la troisième partie, nourrie de récits d'archives et de témoignages d'usagers d'aujourd'hui, montre la diversité d'usage du prêt sur gage pour une clientèle, parfois fidèle depuis plus de 40 ans.
Le destin d'une rue se joue et se rejoue au fil du temps, à chaque renouvellement ou rénovation de son bâti, à chaque réaménagement des voies qui modifie les modes de circulation et les accès aux quartiers environnants. Si le pluriel s'impose s'agissant des destins de la rue de la République à Marseille, c'est d'abord en songeant aux deux grandes transformations urbaines qui bornent l'histoire de la rue: son percement initial sous le Second Empire à travers la ville médiévale pour relier ancien et nouveau ports, et son inscription aujourd'hui dans le périmètre de l'opération d'aménagement Euroméditerranée qui accompagne la mutation de l'activité économique, au coeur des nouvelles ambitions de la métropole méridionale.Cette longue rue haussmanienne aux façades rectilignes intrigue également par son peuplement manifestement populaire, décalé par rapport àun bâti monumental d'allure bourgeoise, par ses 2000 logements homogènes avec un bailleur unique sur plus d'un siècle, qui en font une sorte degrand ensemble en centre-ville. Dès lors, parler au pluriel des destins de cette rue s'impose aussi pour rendre compte des trajectoires des individus qui se succèdent, que ce soit au titre de résidents, de travailleurs ou de chalands. Ce sont ces deux types de destins - celui de l'espace urbain de la rue de la République et celui de ses occupants - que les auteurs de cette recherche collective, sociologues, politistes et anthropologues, ont voulu explorer pour rendre compte des ressorts souvent inaperçus de la dynamique sociale dans la ville, en choisissant des entrées diverses qu'unissent une attention au temps long et une orientation ethnographique du regard. Biographie de l'auteur ? Pierre Fournier est maître de conférences en sociologie à l'Université de Provence. Ses recherches, menées dans le cadre du Laboratoire méditerranéende sociologie, portent sur les modalités du classement social, combinant la question de la résidence à celle du travail.? Sylvie Mazzella est chargée de recherche (CNRS) au Laboratoire méditerranéen de sociologie. Ses travaux en sociologie urbaine croisent l'histoire sociale de la morphologie des villes et le statut de l'étranger.
En quarante ans, le nombre de migrants dans le monde a triplé. L'ampleur comme la nature des flux migratoires a changé. Des notions comme celles de "migrations pendulaires" ou de "risque migratoire" ont fait leur apparition. De nouvelles questions se posent, qui rendent indispensable de porter un regard neuf sur les migrations : les déboutés du droit d'asile, de plus en plus nombreux, forment-ils désormais une nouvelle catégorie d'apatrides ? Quel type de lien social engendre un mode de vie à cheval sur plusieurs pays ? Quelles conséquences a l'externalisation de la gestion des migrants aux frontières de l'Europe ? Les migrations du Sud vers le Sud vont-elles supplanter celles du Sud vers le Nord ? En sociologue, Sylvie Mazzella fait le point des recherches sur les phénomènes migratoires. Elle met ainsi en relief les apports nécessaires de la sociologie de l'immigration et l'important renouvellement des connaissances que les approches transnationales ont permis.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Boutin Perrine ; Lefur Paul ; Lang Jack ; Tasca Ca
Cet ouvrage propose quinze témoignages d'anciens élèves ou de chercheurs associés du master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle. Devenus professionnels, ils décrivent leur propre réalité, avec leurs mots, pour montrer toute l'étendue d'actions que proposent les didactiques des images. Le master Didactique de l'image de l'université Sorbonne-nouvelle a été créé en 2006, sous l'impulsion d'Alain Bergala, pour s'intéresser aux liens entre éducation et images et ainsi préparer au mieux les médiateurs culturels de demain face aux problématiques de la transmission. Depuis, les générations de diplômés continuent de s'implanter dans les actions d'éducation artistique, en France ou à l'étranger. Un livre sur la trajectoire des anciens d'une formation universitaire, aussi plaisant à lire qu'instructif !
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Le 1er août 1909, François Faber remporte la septième édition du Tour de France cycliste. Le " Géant de Colombes ", ancien docker sur le port de Courbevoie, entre dans la légende, mais bien plus qu'un parcours sportif exemplaire son itinéraire est un condensé de la France de la Belle époque. L'histoire d'un gamin de banlieue au physique hors du commun et à l'appétit féroce, grandi entre maraîchages et usines, puis saisi par le démon d'une petite reine qui fera sa fortune. Un enfant de son siècle, qui croise aussi en chemin la terrible crue de la Seine en janvier 1910, le grand Jaurès quelques jours avant son assassinat, puis fauché en pleine gloire en mai 1915, lors de l'une des plus formidables offensives de la Grande Guerre... En s'appuyant sur la presse d'époque et sur de nombreux documents inédits, ce livre retrace le destin romanesque de ce champion attachant, l'un des plus populaires de son temps, né et grandi en France, devenu luxembourgeois à sa majorité sans jamais quitter sa ville de Colombes, puis engagé volontaire dans la Légion étrangère pour défendre sa patrie d'adoption.