Cet ouvrage présente, pour la première fois, une théorisation du texte du lecteur, notion fondamentale au coeur de la réflexion contemporaine sur l'activité créative des lecteurs. Les analyses des expériences de lecture, dans la diversité des contextes, des cultures et des imaginaires, redessinent le champ de la lecture littéraire et renouvellent l'approche critique des oeuvres. Des spécialistes de la lecture littéraire explorent ici, dans une perspective interdisciplinaire, les modalités d'élaboration des textes de lecteurs et les enjeux individuels et sociaux de leur diffusion. Leurs contributions répondent aussi aux questions liées à la configuration et à la forme du texte du lecteur : quelle est la texture de ce qui se textualise dans l'entre-deux mobile et incertain qui tout à la fois sépare et relie lecteur et oeuvre ? De quels matériaux et matières se nourrissent ses différents aspects : formations verbales, rythmes, musiques et sons, couleurs, formes et images, lambeaux fantasmatiques et oniriques ? Comme le souligne Pierre Bayard dans la préface de l'ouvrage, la notion de texte du lecteur " est une manière de rendre hommage au fait que la mobilité des grandes oeuvres les rend aptes à s'adapter à des contextes multiples et à parler à des sujets différents une langue qu'ils puissent comprendre. "
Dans la suite du Texte du lecteur, les contributions des spécialistes de la lecture littéraire réunies ici inventorient et explorent, dans leurs dimensions théoriques et pratiques, les perspectives didactiques ouvertes par la notion de texte du lecteur. Elles se consacrent à des lecteurs empiriques singuliers et à la genèse de leurs lectures, de la maternelle à l'université. On trouvera, rassemblées dans le présent volume, des contributions qui toutes se donnent pour objet la lecture en situation scolaire, qu'il s'agisse de celle des élèves, petits et grands (des élèves du premier degré aux étudiants et aux jeunes professeurs en formation), ou de leurs enseignants. Pour ces derniers, il s'avère plus que jamais nécessaire d'admettre que les sujets lecteurs qu'ils sont investissent des parts notables de cette subjectivité dans leur pratique enseignante, apportant et fabriquant, dans l'espace intersubjectif de la classe et à travers les interactions vivantes qui s'y jouent, des textes de lecteurs dont il convient d'explorer la texture. Le tissage de l'intime avec le partage de lecture impliqué par la situation scolaire est abordé à travers la confrontation des lecteurs avec la poésie, la littérature de jeunesse, ou encore les écrits (commentaires, journaux et carnets de lecture, etc.) des lecteurs en formation.
Plus de 150 activités - 20 dialogues à lire et à écouter avec Nathan Live - 10 tests pour s'évaluer - TOUS les outils pour apprendre : grammaire, conjugaison, orthographe - Des apports culturels.
A la pointe la plus occidentale de l'Afrique se tiennent des cités où l'on s'est pris fort tôt à rêver l'autre. Dans les ruelles de l'île de Gorée, inscrites au patrimoine mondial de l'humanité, persiste, à côté d'un singulier art de vivre, le souvenir douloureux de la traite négrière. A Saint-Louis, on croisera peut-être, au hasard des carrefours, les fantômes des signares, ceux d'un chevalier des Lumières ou d'un officier de la Royale. Et parmi les artères bruissantes de la capitale sénégalaise, Dakar, on prendra quelques leçons de métissage. Partout au Sénégal, on goûtera la teranga, faite de civilité, de raffinement et surtout d'hospitalité. Pour apprendre le goût des cités du Sénégal, itinéraires mémoriels et urbains en compagnie de Pierre Loti, Blaise Cendrars, Stanislas de Boufflers, Léopold Sédar Senghor, André Malraux, Aminata Sow Fall et quelques autres...
Le guide pédagogique oriente le professeur dans l'apprentissage du français par ses élèves. Ce livre du professeur vous guidera tout au long des 9 unités de la méthode On y va ! 2 et permet de créer une certaine interactivité via des activités complémentaires.
Le nationalisme européen a souvent été interprété comme la principale source de l'avènement des dictatures et en particulier des fascismes. Le retour actuel sur la scène politique d'un certain attachement à la nation, allant jusqu'à l'expression même de mouvements radicaux à caractère xénophobe ou raciste, est-il le signe annonciateur du retour des dictatures au coeur de l'Europe ? C'est dans le but de répondre à cette question que les auteurs de cette recherche collective ont entrepris de revisiter le nationalisme européen des années 1900 jusqu'aux lendemains de la Première Guerre mondiale en l'interrogeant non plus par rapport à la naissance des futurs régimes, mais en le considérant dans sa singularité, à un moment critique de l'histoire de l'Europe, le passage à la société de masse. Que signifie concrètement être nationaliste, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Belgique, en Suisse ou encore en Pologne durant cette période critique ? Pour tenter de répondre à cette question, un des objectifs majeurs de ce livre est de privilégier l'étude des éléments constitutifs de "l'être nationaliste" : le registre du rapport au monde (sensibilité, culte du moi, dimension occupée par l'esthétique), mais aussi, les échanges entre diverses nations, la diversité des itinéraires, sans omettre la part dévolue à l'action politique au moment même où la guerre apparaît pour tous comme la grande épreuve de vérité.
Cet ouvrage part du postulat que le degré d'effervescence mémorielle est proportionnel au degré de violence subie dans le passé ou de silence imposé et perçu comme une injustice non réparée. Les mobilisations mémorielles autour d'un devoir de mémoire prennent souvent la forme violente de "guerres de mémoire" . Leur violence symbolique (ou autre) est en corrélation avec la violence des conflits passés : violence résultant de la conquête de territoires, violence politique des régimes dictatoriaux, violence des vainqueurs envers les vaincus, violence des empires à l'égard de leurs sujets, violence de guerres civiles et de luttes de libération nationale... Querelleuses, les mémoires de conflits alimentent des tensions politiques, susceptibles de déclencher de nouveaux conflits. Comment ces revendications à caractère purement mémoriel deviennent-elles un enjeu de lutte sociale et politique ? Quelle est l'attitude de l'Etat face aux visions alternatives, non officielles du passé ? Ces dernières parviennent-elles toujours à modifier le paradigme du grand récit national ? A quelles conditions peut-on arriver à un apaisement mémoriel durable ? Quelles sont les stratégies pour le rapprochement entre deux nations, autrefois belligérantes, ou pour la recherche d'une cohésion au sein d'une société divisée ? Un devoir de mémoire ne devrait-il pas s'accompagner d'un devoir de vérité pour toutes les parties impliquées dans le conflit ? C'est à ces questions, d'ordre d'abord éthique, que tentent de répondre les auteurs de cet ouvrage.