Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Les déséquilibres de l'amour. La genèse du concept de perversion sexuelle, de la Révolution français
Mazaleigue-Labaste Julie
ITHAQUE
22,00 €
Épuisé
EAN :9782916120539
Depuis Foucault, l'histoire de la perversion sexuelle est hantée par deux grands mythes : les théories psychiatriques qui l'ont façonnée seraient le cache-misère pseudo-savant d'une morale répressive ; et, en pratique, l'homosexualité aurait été sa cible essentielle, voire son paradigme. Ces mythes, Julie Mazaleigue-Labaste les déconstruit ici radicalement. Elle s'appuie à cette fin sur une série d'archives inédites, complétées d'analyses épistémologiques pointues. Elle réhabilite l'aliénisme français de la première moitié du 19e siècle. Car le concept de perversion n'est pas, comme on l'a dit, le fruit tardif de la psychiatrie et de la sexologie allemande d'avant Freud. Et elle conteste vigoureusement le privilège de l'homosexualité, recentrant le débat sur le sadisme. On découvrira ainsi comment, loin de résulter uniquement d'une farouche volonté de normalisation des amours déviantes, la notion de "perversion sexuelle" est devenue logiquement nécessaire au sein de la rationalité médico-psychologique, mais aussi bien en droit. Car son histoire s'enracine dans un problème qui nous reste à charge : celui du rapport du sujet à ses actes (les contrôle-t-il ? Et si non, en est-il alors encore l'auteur, ou la victime ?), problème dont psychiatres, psychologues, criminologues, sexologues et magistrats ont tenté de démêler l'écheveau à même la chair et les corps. Coupeurs de nattes et violateurs de tombes, atroces dépeceurs de petits bergers et pauvres collectionneurs de mouchoirs furent alors emportés, tous ensemble, dans un tourbillon de théories de plus en plus sinistres. Julie Mazaleigue-Labaste apporte ainsi une contribution majeure à l'anthropologie de nos sociétés. Comment le Mal y a-t-il été naturalisé ? Comment la sexualité y est-elle devenue un problème de psychologie ? Comment, enfin, notre pensée s'est-elle enrichie de la dimension du fantasme ?
D?où vient que l?on ait du plaisir à souffrir? Comment s?y prend-on? Pourquoi certaines personnes ont-elles des fantasmes masochistes, et d?autres non? Quel sens donner au masochisme? Ces questions sont au centre des trois textes publiés ici qui, tous, cherchent à percer ce qui relève d?une énigme philosophique: « Les aberrations sexuelles » (1905), premier des Trois essais sur la théorie sexuelle; « Un enfant est battu » (1919); et « Le problème économique du masochisme » (1924). Freud y prend ses distances avec la puissante psychiatrie et la sexologie alors en plein essor, distingue quatre formes de masochisme (érogène, féminin, moral, secondaire), et étudie ses liens étroits avec le sadisme, l?amour et la pulsion de mort (voir Au-delà du principe de plaisir, 1920), démontrant finalement que le masochisme, en dépit des apparences, marque le triomphe de la vie.
Depuis le mouvement #MeToo, le terme de consentement est sur toutes les lèvres. Ce livre propose une analyse pluridisciplinaire précise de ce concept et des débats qui l'entourent dans le droit contemporain. A première vue, le consentement semble être une notion à la signification et à l'utilité évidentes, aussi bien pour la philosophie politique que pour le droit ou pour la pensée féministe. Cet ouvrage montre au contraire, avec une approche pluridisciplinaire, les difficultés que pose le consentement au droit contemporain, en particulier dans les domaines de la sexualité, de la famille et du corps.
Catto Marie-Xavière ; Mazaleigue-Labaste Julie ; B
Comment l'évidence de la différence des sexes est-elle construite et continuellement produite par le droit ? Cette question constitue le fil directeur du présent ouvrage. Le fait d'être juridiquement assigné à la naissance à un des deux sexes civils ne clôt pas le moment où cette assignation revêt un intérêt pour le droit. En théorie, la règle juridique porte en France la prétention à être "aveugle au sexe" . Mais l'histoire longue et les analyses contemporaines de la confrontation des ambiguïtés sexuées avec le droit mettent en évidence qu'en pratique, le sexe est un puissant opérateur normatif. C'est toujours en fonction de l'assignation initiale à un sexe, qui s'articule aux stéréotypes sociaux véhiculés par l'exigence de la bicatégorisation sexuée, que les corps et les conduites sont normés. Cette structuration sociale et juridique du sexe et des identités produites par les dispositifs d'assignation engage aussi bien celles et ceux qui souhaitent en changer ou qui en revendiquent une troisième, que celles et ceux pour lesquels il s'agit d'une évidence dont la remise en question ne serait nullement censée les concerner. L'apparence (vêtement, esthétique) est en effet susceptible d'une interprétation juridique variable et différenciée selon qu'il s'agit d'une femme ou d'un homme. En retour, l'exigence d'apparaître aux yeux du droit comme une femme ou comme un homme implique des pratiques de normalisation des corps et des trajectoires sociales : l'imposition d'interventions médicochirurgicales lourdes à des nouveaux-nés au motif de leur ambiguïté sexuée, même s'ils sont en parfaite santé ; le refus d'admettre sur le plan civil le caractère intersexué des personnes qui ont pu échapper à ces interventions ; les contraintes concrètes que les critères juridiques restrictifs du changement de sexe à l'état civil font peser sur la vie des personnes. Ce sont ces dispositifs, qui ont connu des évolutions récentes, que l'ouvrage se propose d'analyser.
Colloque de Cerisy sur la psychanalyste Nathalie zaltzman, avec les contributions de J. Altounian, G. Barbieri, G. Brisac, J. -F. Chiantaretto, A. Cohen de Lara, E. Corin, B. De Rosa, N. Durr, C. Ferrié, G. Gaillard, J. -M. Hirt, M. -F. Laval Hygonenq, I. Lasvergnas, A. Lecoq, G. Levy, C. Matha, R. Minjard, J. -P. Pinel, E. Tysebaert, M. Vacquin, F. Villa.
Robert B. Brandom est l'un des plus grands philosophes américains contemporains. Auteur d'une pensée originale qui se réclame à la fois de Kant, de Hegel et de la philosophie analytique du langage et de la logique, il poursuit dans le même temps une réflexion sur l'héritage de la philosophie pragmatiste américaine. Le présent volume constitue l'introduction la plus accessible à cette philosophie hors-norme. La plupart des thèmes et des ressources exposés dans ses grands livres y sont convoqués, mais sous une forme plus directe et plus familière. Qu'il s'agisse du pragmatisme analytique et de la rationalité expressiviste (développées dans son oeuvre majeure, RxRendre explicite, 2 vol. , 1993), de sa réhabilitation de Hegel, du holisme et d'une conception de la raison comme formation historique et sociale (présentées dans A Spirit of Trust, 2019), les essais traduits ici constituent une excellente entrée en matière aux éléments clés de la pensée de Brandom. On y découvrira un philosophe analytique original, patient défenseur d'une conception normative de la raison irréductible aux naturalismes et aux cognitivismes si influents aujourd'hui dans la discipline.
Qu'appelle-t-on "symptôme" en psychiatrie ? Et de quel talent d'observateur faut-il créditer le clinicien qui essaie de regrouper les symptômes en syndromes, voire en maladies mentales ? Steeves Demazeux, après son enquête sur les classifications contemporaines (Qu'est-ce que le DSM ? , Ithaque, 2013), continue ici sa remontée dans le temps, en examinant l'émergence de la clinique psychiatrique, de ses origines chez Pinel à la crise qui la secoue au tournant des années 1950. A cette fin, il fouille le sol de la relation clinique, en amont du diagnostic, quand, au plus proche du patient, le psychiatre se met en quête des "signes" de la maladie. Les aliénistes ont longtemps cherché à constituer une "sémiologie" de la folie aussi respectable que celle des autres branches de la médecine. Très vite, cependant, ils ont hésité. Fallait-il voir dans ces signes et ces symptômes les éléments formels d'un tableau, les indices d'un trouble sous-jacent qui en serait la cause, ou les lettres d'un texte dont le sens nous échappe ? Une sémiologie psychiatrique n'est-elle pas au fond une chimère ? La psychanalyse n'a-t-elle pas hérité de ses impasses ? Et si c'était à des auteurs méconnus, voire méprisés, "numéristes" et modestes statisticiens d'asile, qu'il fallait enfin accorder la palme de l'objectivité ? L'histoire et la philosophie des sciences croisent ici des personnages inattendus, et pourtant tous nécessaires : Edgar Poe et Jacques Lacan, Carlo Ginzburg et Michel Foucault, les habitants de Manhattan, un photographe victorien spécialisé dans les gouttelettes, et plusieurs neurologues le marteau à la main. Au terme de ce parcours, Steeves Demazeux propose une refondation vigoureuse de notre épistémologie de la psychiatrie, qui doit changer et d'objet et de but
En reprenant des thèmes qui lui sont chers - notamment la théorie du champ et la théorie de la narrativité, les fonctions de la rêverie et de l'onirisme, la place et les enjeux de l'interprétation, la transformation des émotions -, Ferro revient sur le coeur de sa pratique pour en dégager des perspectives cliniques nouvelles. Il soutient que les productions en séance sont des co-constructions entre le patient et l'analyste, mettant en évidence la pertinence de la rêverie qui permet de transformer les contenus bruts, non traités par la psyché, en représentations symbolisables sous la forme de récits de vie. Les facteurs de guérison sont ainsi décrits comme le déploiement d'une capacité nouvelle à contenir une sensorialité qui peu à peu, au fil des séances, peut se transformer en image puis en récit. Ferro aborde également des thèmes souvent négligés par les textes analytiques traditionnels, tels que les enjeux concernant des ruptures du cadre par l'analyste, le vieillissement des psychanalystes, la place des supervisions dans la formation analytique.