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Pélerinages d'Egypte. Histoire de la piété copte et musulmane XVe-XXe siècles
Mayeur-Jaouen Catherine
EHESS
30,00 €
Épuisé
EAN :9782713220203
Au travers des pèlerinages et des lieux saints d'Egypte, s'écrit l'histoire de la piété de tout un peuple. Depuis le XVe siècle jusqu'à maintenant, les mouleds sont des fêtes patronales annuelles célébrées au tombeau des saints coptes comme musulmans, où cohabitent expressions de piété et récréations populaires. Les pèlerinages musulmans s'organisent sur le principe des Lieux saints de La Mecque et Médine et sont fortement imprégnés de soufisme, tandis que les coptes restent fidèles aux modèles du moine - au désert - et du martyr. La culture folklorique, qui façonne encore ces pèlerinages, longtemps la seule distraction des Egyptiens, était commune aux deux confessions. Les nombreuses photographies qui illustrent l'ouvrage en témoignent. Mais, depuis la fin du XIX, siècle, le réformisme musulman puis le Renouveau copte ont élaboré une nouvelle définition restrictive du sacré. La réforme éloigne de plus en plus pèlerinages coptes et pèlerinages musulmans et censure les foires et les fêtes foraines qui les accompagnaient.
Quelles furent les conséquences de l'intégration des provinces arabes dans l'Empire ottoman sur le soufisme ? Le nouvel espace impérial permet le renouveau des voyages, depuis le Maghreb, l'Inde ou l'Asie du Sud-Est jusqu'aux Lieux saints. La Mecque et Médine, Le Caire, Damas, Zabîd, Istanbul, font figure de carrefours intellectuels. Solidement campé dans ses assises d'époque mamelouke, le soufisme égyptien entre en dialogue avec le soufisme turco-persan, s'installe dans les Villes saintes, essaime jusque dans l'océan Indien. Une littérature soufie florissante fait partie intégrante de la culture générale (adab) de " l'honnête homme " ottoman. Ce livre explore différents auteurs et genres de littérature soufie et dévotionnelle de l'époque ottomane. A travers ces textes, apparaît le soufisme vécu et transmis de l'investiture (khirqa) à la voie (tarîga): le rattachement au cheikh, les chaînes et certificats de transmission (isnâds, ijâzas), les rituels du dhikr, du concert spirituel (samâ'), de la retraite (khalwa) et des visites pieuses (ziyârât). Les confréries soufies deviennent un phénomène de masse. Dans les âpres débats doctrinaux du soufisme ottoman domine l'influence sans précédent des idées d'Ibn'Arabi. La crise du me siècle, animée par les Qadizadeli, montre l'existence de contestations anti-soufies: elle montre aussi, a contrario, la domination quasiment sans partage du soufisme sur l'islam ottoman. Seize contributions, une introduction historiographique, un index et une bibliographie générale font de ce livre une référence et un outil de travail.
Résumé : L?expression Moyen-Orient est récente, son acception changeante. Le présent recueil couvre les actuels Turquie, Iran, États arabes orientaux (Égypte, États de la péninsule Arabique, Syrie, Liban, Jordanie, Irak), Israël et territoires palestiniens. Les textes réunis en racontent l?histoire sur plus de deux siècles, en tenant compte des événements les plus récents. Ils témoignent non seulement des bouleversements politiques, mais aussi des transformations économiques, sociales, religieuses et culturelles et des réalités vécues. Ce sont les intéressés eux-mêmes, Arabes, Turcs, Iraniens et d?autres, qui prennent la parole, donnant à voir de l?intérieur une région souvent analysée au seul prisme des relations internationales. Collectés depuis plus de vingt ans par les auteurs du recueil, ces textes ont fait l?objet d?un enseignement dans différents cursus de licence d?histoire et d?arabe. Tous précédés d?une introduction, ils sont destinés aux étudiants, aux professeurs désireux de disposer d?un support pédagogique sur des sujets difficiles et passionnants, et à tout lecteur soucieux d?en apprendre davantage et autrement sur le Moyen-Orient. Anne-Laure DUPONT est maître de conférences en histoire contemporaine à l?université de Paris-Sorbonne (Paris IV). Catherine MAYEUR-JAOUEN, ancienne élève de l?École Normale Supérieure et agrégée d?histoire, est professeur d?histoire de l?islam moderne et contemporain à l?Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) et chercheur au Centre de recherches Moyen-Orient et Méditerranée (CERMOM). Chantal VERDEIL, diplômée de l?Institut d?Études Politiques de Paris et agrégée d?histoire, est maître de conférences en histoire du monde arabe contemporain à l?INALCO et chercheur au CERMOM.
Résumé : Souvent considéré comme marginal, le culte des saints musulmans est aujourd'hui un sujet brûlant, au coeur de l'histoire de l'islam, de sa culture et de son imaginaire. Raconter ce "creux le plus douloureux", des sociétés musulmanes revient à écrire l'histoire religieuse de l'islam sous un nouvel angle. Né dans le riche terreau de l'Antiquité tardive, lié au culte des morts et au processus d'islamisation, le culte des saints musulmans puise dans la mémoire des prophètes antéislamiques, du djihad et de la vénération du Prophète et de ses descendants. Tout un ensemble de croyances et de pratiques adressées aux saints et à des lieux sacrés apparaît en pleine lumière au IXe siècle. Il unit les dévots aux saints toujours présents dans une mystérieuse absence, à travers l'espace et le temps. Visites pieuses, pèlerinages aux sanctuaires et fêtes patronales réclament une intercession ici-bas et dans l'au-delà, aux hommes de Dieu et à de rares femmes. Du Maroc à l'Indonésie, le culte des saints s'ancre aussi dans celui des ancêtres et dans la fréquentation de lieux sacrés anonymes. En rattachant un paysage à l'islam, il affirme une identité désormais musulmane et participe à la compétition entre chiisme et sunnisme. Le phénomène, légitimé par des écrits hagiographiques et encouragé par les dynasties successives, devient massif aux XIIe et XIIIe siècles, avec l'essor des confréries soufies, le culte du Prophète, et de nouvelles vagues d'islamisation. Le culte des saints domine le paysage dévotionnel musulman jusqu'aux attaques du wahhabisme au XVIIIe siècle, puis jusqu'à celles du réformisme et enfin du salafisme actuel. Au XXe siècle, les Etats indépendants privent confréries et descendants des saints de leur pouvoir, et tentent de déplacer le culte vers celui des héros et des martyrs. D'impressionnants renouveaux s'affirment pourtant à la fin du XXe siècle, avant de nouvelles ruptures au XXIe siècle, imposées par l'urbanisation et les migrations, par Internet et le règne de l'image, par la mondialisation et la sécularisation.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.