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Epistolaire de l'autre Europe
Matvejevitch Predrag
FAYARD
33,66 €
Épuisé
EAN :9782213030937
Quel sera le nouvel Etat russe : " populiste " et traditionnel comme auparavant ou démocratique et moderne, orthodoxe et schismatique à la fois, plus blanc que rouge, moins slavophile qu'occidentaliste, aussi asiatique qu'européen, davantage " une Russie que la raison ne saurait embrasser " et " en laquelle on peut seulement croire " (Tiouttchev), ou bien cette autre Russie " robuste et au gros cul " (tolstozadnaïa) qu'a chantée Alexandre Blok, " avec le Christ " ou " sans croix "? Quelle qu'elle soit, elle devra compter avec tout ce que lui laisse l'Union soviétique, tout ce, aussi, dont celle-ci l'a privée, peut-être à jamais. " (Extrait d'une lettre à Mikhaïl Gorbatchev) " Il serait souhaitable que l'Europe à venir fût moins eurocentriste que celle du passé, plus ouverte au reste du monde que l'Europe colonialiste, moins égoïste que l'Europe des nations, plus consciente aussi de son " esprit européen " et moins portée à l'américanisation. Il serait utopique de s'attendre à ce qu'elle devienne, dans un temps prévisible, plus culturelle que commerciale, moins communautaire que cosmopolite, plus compréhensive qu'arrogante, moins orgueilleuse qu'accueillante, plus encline à l'action qu'à la rhétorique et en fin de compte, pourquoi pas, un peu plus socialiste à visage humain ou moins capitaliste sans visage. " (Lettre sur " Le mal d'identité ", à Czeslaw Milosz et à François Fejtö) Né en Yougoslavie, d'un père russe d'Odessa et d'une mère croate, Predrag Matvejevitch est l'un des plus éminents spécialistes des questions de dissidence dans les cultures et littératures d'Europe orientale. Professeur de littérature française à l'université de Zagreb, professeur invité à la Sorbonne nouvelle à Paris, où il enseigne les littératures slaves, il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages, dont Pour une poétique de l'événement (10/18), et Bréviaire méditerranéen, publié chez Fayard en 1992 (Prix européen de l'essai, Suisse, 1992 ; Prix du meilleur livre étranger, Paris, 1993).
Rien ne révèle mieux le destin de la Méditerranée que ses îles. [...] Ici, conciliées, elles se lient entre elles en archipels : là, désunies, elles s'éloignent l'une de l'autre où s'affrontent : Cyclades et Sporades. Iles, enfin. [...] Si limitées qu'elles puissent être, les îles ne sont pas privées de drames de portée universelle. L'histoire s'y accomplit et y trouve parfois son dénouement. [...] Elles différent 1'une de l'autre à plus d'un titre : selon leur éloignement de la côte, la nature du chenal qui les en sépare, la possibilité d'y parvenir à la rame ou même à la nage. C'est là que l'on perçoit le mieux à quel point la mer rapproche ou divise. [...] Il existe aussi des îles-continents : Chypre, la Crète, la Sicile. [...]" Ces réflexions de l'écrivain croate Predrag Matvejevitch sont à l'origine de cet ouvrage qui confronte la démarche poétique et historique de l'auteur du Bréviaire méditerranéen avec les photographies étonnamment sensuelles et originales de Mimmo Jodice. Mimmo Jodice, en effet, ne cherche pas à décrire ni à raconter. Loin de tout réalisme, ces photographies s'intéressent plus aux formes offertes par la géographie et la "matière" des îles. Déformation, dramatisation, contraste, plan décalé, image troublée : cette nouvelle expression du baroque guide notre imagination plus qu'elle ne définit le réel. Tout en constituant une documentation poétique personnelle, ces "nouveaux" paysages de Mimmo Jodice sont une métaphore du monde de l'insularité.
Loin des clichés sur la "belle endormie", l'auteur du Bréviaire méditerranéen se fait tour à tour géographe, historien, anthropologue, mythographe, cartographe, philologue pour évoquer des aspects de Venise jusque-là délaissés par les écrivains et les peintres: les herbes folles, les puits des petites places, les bittes d'amarrage des bateaux, les sculptures murales, les ponts, les plantes, les cartes anonymes ou imaginaires, les rivières, les crépuscules, la rouille et la patine, les auberges, etc. L'écriture sobre et poétique de Predrag Matvejevitch s'attarde sur la face cachée de Venise et montre que, au-delà de ses fastes, l'invisible et le silence constituent sa substance secrète.
Nietzsche parlait des rapports de l'homme avec la Méditerranée comme d'une "foi dans le Sud". Avec le livre de Predrag Matvejevitch, cette foi s'est dotée d'un bréviaire. Chant d'amour, cet essai mêle les genres, l'érudition et l'imagination, le savoir et le souvenir, la rigueur scientifique et le souffle épique. Comme pour un concerto, l'auteur mène en trois temps. Le Bréviaire proprement dit énonce les thèmes dans une fluidité musicale : villes, ports, îles, vagues, vents, courants, terroirs, moeurs, langages, peuples... Les Cartes sont plus discursives et analytiques. Le Glossaire, lui, reprend les thèmes pour les commenter et citer les références. Tour à tour archiviste et pèlerin passionné, Predrag Matvejevitch redevient alors poète pour nous rappeler que cette mer qu'il chante, c'est aussi la sienne, et la nôtre.
Andric Ivo ; Matvejevitch Predrag ; Ckakic-Begic S
Qu'il évoque la révélation mystique d'un vizir déchu, la tragédie d'un menteur invétéré, les frasques d'un aventurier français en pays ottoman, la fin d'un prince aux yeux tristes, qu'il s'attache aux humbles et tragiques destinées d'un directeur de cirque malheureux en amour, d'une prostituée au grand c?ur, d'un géomètre jaloux ou d'une esclave qui préfère la mort au déshonneur, c'est avant tout l'homme qui passionne et bouleverse Ivo Andrié - dans son infinie grandeur et ses innombrables petitesses, du cher Sarajevo de l'auteur au sud de la France, des époques légendaires jusqu'à nos jours.
Résumé : Il s'appelle Sainte-Marie-du-Mont, village posé au bord de la Manche, à la base de la presqu'île du Cotentin. C'est le personnage de ce livre. La plage est commode. En l'an 900, le Viking Vieul Aux Epaules y jeta ses drakkars. Dix siècles plus tard, l'Américain Eisenhower lança sur elle ses barges ; depuis, on la nomme Utah Beach. Juché sur la colline, le bourg essuie depuis toujours les tempêtes magistrales : guerre de Cent Ans, guerres de religion, révolutions, occupations... Il n'est pratiquement pas d'événement majeur qui n'ait laissé sa trace sur ce coin de bocage enclavé dans ses haies, de sorte que la chronique communale ne cesse de renvoyer à l'histoire de France. Mais aujourd'hui comme hier, les gens d'ici vivent à leur pas, car l'Histoire est peu de chose, au bout du compte, auprès des histoires qui tissent la trame des jours ordinaires.
Le nouveau monde de l'oncle Henry La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d'histoire et de diplomatie d'Henry Kissinger détruit cette illusion: l'Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d'action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu'illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d'équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en "délicatesse". Cette révision déchirante concerne d'abord le rêve américain de sécurité collective: incarné pendant près d'un siècle par Woodrow Wilson, l'architecte de la paix de Versailles, il se nourrit de grands principes (l'autodétermination), de volonté de coopération, de partage des valeurs (américaines) et du respect du droit international. Cette doctrine prenait le contre-pied d'une conception européenne qui avait dominé les affaires internationales pendant près de trois siècles avant de s'effondrer. Richelieu, Metternich et Bismarck avaient inventé les concepts d'Etat-nation et de souveraineté, dans un équilibre où chacun, toujours prêt au conflit, se déterminait selon son intérêt national et sa marge de manoeuvre. Or la doctrine wilsonienne n'est plus pertinente, et le nouvel ordre "ressemblera davantage aux systèmes étatiques des xviiie et xixe siècles qu'aux schémas rigides de la guerre froide". Il comprendra cinq ou six grandes puissances - les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe (si elle est unie) et peut-être l'Inde -, entre lesquelles s'établira un jeu mouvant. Et l'ancien conseiller des princes conclut sa grande fresque en suggérant à Bill Clinton de s'intéresser "au style de Bismarck". Les solutions les plus inventives, affirme-t-il, consisteront à "construire des structures mixtes, en chevauchement", fondées sur des principes, des préoccupations de sécurité, ou des intérêts économiques communs. Mais le rodage de ce système, dit-il, "prendra sans doute plusieurs décennies"... --Vincent Giret--
En 2014, la victoire électorale des nationalistes hindous, remportée en grande part grâce au populisme de leur leader, Narendra Modi, a fait basculer l'Inde dans la démocratie ethnique. Les tenants du sécularisme, des militants politiques aux universitaires en passant par les organisations non gouvernementales, ont été mis au pas. Cibles traditionnelles des nationalistes hindous, les membres des minorités religieuses - les chrétiens et les musulmans en particulier - ont été relégués au rang de citoyens de seconde zone. Non seulement leur mise à l'écart au sein des institutions indiennes - y compris les assemblées élues - est sans précédent, mais ils sont victimes de violences et d'une police culturelle visant tant leurs pratiques religieuses que leurs activités économiques. Cette transformation de la scène politique indienne s'explique par le pouvoir que le mouvement nationaliste hindou, fondé dans les années 1920, a acquis au fil du temps - au plan électoral comme sur le terrain, à travers l'infiltration systématique de l'appareil d'Etat et un dense réseau de militants actifs sur les réseaux sociaux. En retraçant la montée en puissance de Narendra Modi dans son Etat du Gujarat dès les années 2000, puis à l'échelle du pays, Christophe Jaffrelot livre une analyse saisissante de l'essor du national-populisme au sein de la plus grande démocratie du monde.
La Revue Blanche, dont l'aventure n'a guère duré plus de dix ans, a joué en France un rôle-charnière essentiel. La plupart des écrivains, peintres, musiciens, hommes politiques, intellectuels les plus marquants de la fin du XIXe et du début du XXe siècle y ont collaboré ou l'ont côtoyée. Créée, financée et dirigée par les trois frères Natanson, jeunes Juifs polonais, avec la complicité enthousiaste de leurs condisciples du Lycée Condorcet, la Revue Blanche devient vite un lieu de débat sur tous les sujets qui agitent la France. Elle mène des combats politiques sous l'impulsion d'anarchistes comme Fénéon, Mirbeau ; de socialistes, tels Blum, G. Moch, Péguy ; de dreyfusards et de fondateurs de la Ligue des droits de l'homme, comme Reinach et Pressensé. En témoignent ses campagnes dénonçant le génocide arménien, les dérives coloniales, la barbarie des interventions, européenne en Chine, anglaise en Afrique du Sud, et la diffusion des pamphlets de Tolstoï, Thoreau, Nietzsche, Stirner... Elle promeut les peintres Nabis, les Néo-impressionnistes et l'Art nouveau, anticipe le fauvisme, le futurisme et les arts premiers. Toulouse-Lautrec, Bonnard, Vuillard, Vallotton, Hermann-Paul, Cappiello illustrent les articles de la revue et les ouvrages publiés par ses Editions. Après avoir soutenu fidèlement Mallarmé, la Revue Blanche accueille Proust, Gide, Claudel, Jary, Apollinaire qui y débutent, tandis qu'elle édite une nouvelle traduction des Mille et une nuits et Quo Vadis, le premier best-seller du siècle. Elle salue l'innovation dramatique avec Antoine et Lugné-Poe, Ibsen, Strindberg et Tchékhov, sans oublier le triomphe de l'école française de musique avec Debussy. Humour et esprit de fête, liberté, engagement et créativité, pacifisme, laïcité, mondialisation sont les valeurs promues par cette génération emportée dans le sillage de la Revue Blanche. Cet ouvrage illustré et nourri de nombreuses citations décrypte l'histoire de cette avant-garde, nous familiarise avec ses membres, ses réseaux, ses utopies et ses réalisations. Il donne la mesure de l'étape majeure alors franchie par la société française vers le modèle culturel et politique qui est le sien aujourd'hui. . . Paul-Henri Bourrelier ; ingénieur général au corps des mines a dirigé plusieurs établissements publics. Chargé d'inspections aux ministères de l'industrie et de l'Ecologie et de missions de coopération internationales, il anime actuellement l'Association Française pour la prévention des catastrophes naturelles, et un programme d'économie d'énergies en Chine. Il a également fait des communications sur Mirbeau, Lorrain et l'affaire Dreyfus.