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Faire corps
Massé Odile
ATELIER CONT
20,00 €
Épuisé
EAN :9782850352027
Que reste-t-il lorsque le corps s'échappe ?? Ce monologue intérieur inclassable, éminemment poétique, est une tentative de composer avec l'absence essentielle, de restituer un lien devenu incongru, pour se comprendre et exister tout de même. Par le dialogue fantasmatique d'un soi déchiré, amputé de son support - d'une voix délestée, désamarrée, libre ou perdue, inquiète ou affirmée - qui fait penser aux lointains intérieurs de Michaux, à l'absurde éclairant de Kafka, l'ouvrage se manifeste comme un acte et une recherche, un désarroi qui interroge intimement ce que l'on est, ce que l'on doit au corps et ce que veut dire "? être ? ". Cette tentative de faire corps que traverse le "je" , de proses en proses qui sont autant de poèmes, font une langue originale qui cherche son interlocuteur, son entité incarnée, prenant tantôt la position d'une lutte, tantôt celle d'une poursuite acharnée - mais, au bout du compte, ne serait-ce pas la vie du monde qui, rencontrant la voix, y pénètre chaque cellule pour l'habiter, et enfin "? faire corps ? "? ? Dans un style que Claude louis-Combet a qualifié de "? fantastique fantasmatique ? ", l'autrice offre une expérience d'écriture, interrogeant la nature de ce lien qui nous habite autant que nous l'habitons. Dans une forme originale qui puise dans le conte, le "? flux de conscience ? " et la prose poétique, elle dévoile un monologue intérieur aux accents oniriques, où absurde et angoisse se répondent, où désespoir et jubilatoire se confondent, constituant une oeuvre singulière et profonde.
Massé Alice ; Lavalade Marie-France ; Herbet Odile
Alexis-Joseph Mazerolle (1826-1889) a été l'un des artistes des plus courus de sa génération. De son vivant, ses oeuvres s'exportaient jusqu'à Naples, New York et Sydney. Princes, hommes politiques et grands industriels lui confièrent les décors de leurs hôtels particuliers, tandis que l'Etat et diverses municipalités lui commandaient plafonds et rideaux de scène pour des salles de spectacle. Le théâtre de Baden-Baden, l'Opéra Garnier, le Grand Théâtre d'Angers, le Conservatoire d'art dramatique et la Bourse de commerce de Paris possèdent encore de grandes compositions du peintre. Tombé dans l'oubli par suite de la disparition d'une partie de ses oeuvres et en raison de son appartenance à l'académisme, fort décrié au XXe siècle mais redécouvert au XXIe, Mazerolle mérite qu'on lui rende justice. Le présent ouvrage, accompagnant une exposition rétrospective au musée de Roubaix, réunit, pour la première fois, un large échantillonnage de sa production. Dessins inédits issus du fonds d'atelier, études préparatoires pour des tableaux d'histoire ou de grands décors et cartons de tapisserie permettent de décrypter les méthodes de travail d'un artiste en conformité avec le goût de son époque, tout en mettant en lumière son originalité.
Odile Massé a déjà publié au Mercure de France Tribu (Grand Prix de l'humour noir 1998). Elle poursuit son chemin de création et va encore plus loin dans la recherche d'une prose dépouillée, souvent très poétique et lancinante.
Qui parle ici ? Des parleurs, ou la parole elle-même ?? Forêt des mots fait alterner deux écritures. Dans l'une, narrative, poétique, et de loin de la plus brève, un "? je ? " anonyme décrit l'errance d'un "? nous ? ", communauté, tribu dont il se fait le porte-parole au coeur d'une forêt sans issue. L'autre, dialoguée, théâtrale, espace uniquement verbal campé par les voix qui l'animent, met en présence un nombre indéfini de "? je ? " eux aussi dépourvus de nom, eux aussi égarés parmi les arbres, les brumes, la nuit, et qui palabrent en essayant de se doter d'une cause et d'un destin communs. Ces deux espaces communiquent-ils ?? Au lecteur d'en décider : si certains éléments l'indiquent, toutefois le ton de l'un pourrait être celui d'une sombre épopée, tandis que l'autre relève presque de la farce. Le titre annonce l'allégorie sur laquelle se développe le livre, mais Odile Massé se garde bien d'en donner la clef. Ce qui est clair, c'est que la forêt en question, qui ressemble à celle des contes, est la scène d'ambiguïtés insolubles dont la présence à la fois patente et diffuse, comme celle d'une futaie noyée dans le brouillard, donne lieu à des espoirs sans nom comme aux plus vives inquiétudes. Les voix turbulentes et grotesques, puériles et touchantes de la partie dialoguée déploient des efforts ubuesques pour réduire le risque de devoir penser par elles-mêmes, se poser des questions et laisser place à l'"? autre ? ", à l'équivoque des mots avec lesquels pourtant elles jouent - au point de projeter un autodafé ou l'édification d'un mur chargé de les couper du monde. Toute ressemblance avec des faits réels... Drame, comédie, conte, épopée du langage ou satire de l'humanité à travers son langage, Forêt des mots est inclassable mais il n'est certes pas dénué d'échos avec les faits les plus contemporains, les plus universels, dès lors qu'ils impliquent les us et abus de la langue. Comme les voix qui le peuplent, le livre porte catégories, lieux communs et bavardages, belles promesses et nobles mots à la lumière, avant qu'ils s'y dissolvent et retombent dans le magma de la parole.
Tout le jour un homme qui ne veut plus se souvenir marche et n'en finit plus de compter obstinément ses pas : il arpente la ville pour en mesurer la longueur, pour chasser la douleur qui rôde en lui, il additionne, multiplie, il observe le sol semé de dangers, surveille son corps qui le porte. Livré au vertige d'une avancée qu'il scande à haute voix, il fuit et nous entraîne. Récit d'une obsession qui bouleverse temps et espaces, La traversée des villes plante dans nos pieds de citadins pressés la pointe aiguë de sa beauté tourmentée.
A l'appel d'une voix chère, une femme se réveille dans une chambre d'hôpital. Elle se met en chemin. Dehors, le monde sort d'un cataclysme ; la vie reprend ses droits, parcimonieuse, précaire. Guidée par son intuition et le désir de retrouver une présence qu'elle n'a peut-être que rêvée, cette femme amnésique gagne la campagne, fait de brèves rencontres, s'endort dans une forêt. Son voyage, de station en station, prend une allure initiatique. Le mystère qui traverse le premier roman de Livane Pinet n'est pas de ceux qui se résolvent au bout d'un récit à suspense ou qui s'éclairent d'une lecture par clefs. Ce mystère, poétique, est celui d'un face-à-face avec une présence qu'on ne sait déchiffrer et dans laquelle on devine cependant comme une traduction de l'essence même des choses. L'innocence de son héroïne ouverte à tous les signes, livrée à toutes les atteintes d'un monde au bord de la catastrophe, et s'avançant pourtant sans crainte à sa rencontre, ressemble à une page blanche sur laquelle s'inscrit la difficile leçon d'un univers dont se révèle surtout l'opacité.
Il y a dans les photographies de Jean-Jacques Gonzales une double postulation qui les rend très belles, qui intrigue cependant et qui au premier abord peut sembler contradictoire, mais qu'on sent qui leur donne une intensité si intérieure qu'elle appelle leur spectateur à vouloir en élucider les raisons. D'une part, voici le monde, sa prodigieuse apparition, sa substantialité parfaite : des terres, des buissonnements d'arbres, de grands ciels, il semble que le photographe n'aime d'emblée rien tant que ce qui est, qui semble absolu tant il est puissant . Mais d'autre part, c'est étrange, tout ici ou presque est comme voilé, lointain, comme suspendu dans une incertitude analogue à celle qui vient des rêves, et de surcroît des événements perturbants s'annoncent, qui ne se produisent pas mais qui inquiètent. Une tension est à l'oeuvre dans ces images, et Jean-Jacques Gonzales est un témoin divisé : s'il adhère à ce monde, s'il en approuve immédiatement la vie, les essences et la force, cependant un voile, ou une distance ou une tache noire dans l'esprit l'en sépare aussi. Or cette tension se marque dans l'art particulier, double lui aussi, qui est ici conduit. D'abord le photographe accueille ce qui est, fait droit spontanément aux phénomènes : c'est avec fraîcheur, et à l'improviste, qu'il s'est arrêté, requis. Mais ensuite, à cet art premier de l'étonnement, de la perception naïve et disponible, s'en ajoute un autre tout contraire, qui vient après la prise de vue et qui s'exerce non plus sur le motif mais au laboratoire, un autre art alors second, très appliqué celui-ci, conscient de ses moyens autant que patient, qui est l'art de travailler le tirage pour en transformer le rendu et conduire celui-ci à son image finale. Les deux postulations affectives de Jean-Jacques Gonzales s'expriment chacune en l'un des deux moments de son double ouvrage photographique : l'adhésion au monde coïncide avec l'instant premier de la prise de vue, le retrait ou le voilement du monde correspond au second temps du travail des retouches.
Sans qu'on y prête attention la notion de chef-d'oeuvre est sortie du vocabulaire de l'art contemporain. On ne parle plus de chef-d'oeuvre que pour l'art du passé, et encore. Pris séparément, les mots qui composent l'expression sont eux-mêmes démodés. A l'heure du management libéral, "Chef" et "oeuvre" sonnent trop "vieux monde" , on ne trouve plus de chefs que dans quelques niches : les gares, les cuisines, les orchestres symphoniques... ! Les artistes pensent davantage leur production comme un continuum au sein duquel les pièces découlent les unes des autres et pour lequel c'est la cohérence de l'ensemble qui fait sens. A l'heure des réseaux sociaux et de l'interactivité sans fin, il y a dans "chef" et dans "oeuvre" quelque chose de bourgeois et de vaniteux qui date. Les historiens eux-mêmes n'utilisent plus guère le mot, même pour les oeuvres anciennes préférant laisser cette forme superlative à la littérature touristique et à l'emphase des marchands. On peut donc se demander de quoi cette disparition est-elle le symptôme, par quoi elle a été comblée et ce qu'est devenu ce mot maintenant qu'il ne joue plus son rôle de référence absolue, s'il a rejoint les poubelles de l'Histoire ou s'il se tient tapi dans des limbes d'où l'on peut s'attendre de le voir surgir à un moment ou à un autre. Le livre se propose de voir ce qu'il en est du chef-d'oeuvre aujourd'hui et si sa disparition est un symptôme permettant de comprendre notre contemporanéité. Deux textes pour deux approches différentes, celle d'un artiste et celle d'un critique. Deux approches qui se reflètent, se complètent, se contredisent... pour que chacun puisse faire le procès critique de cette notion.
Résumé : C'est ainsi que j'érige les idoles polymères, chimie sophistiquée de l'être au monde. Elles me parlent comme je leur parle, une harangue de sourds-muets dans le silence peuplé du rien à dire. Que font-elles ? Elles gesticulent. Elles gesticulent pourquoi dire, pourquoi faire, je ne le sais pas, pour rien. Et pourtant ce rien dit quelque chose. Il a pris corps pour tout dire du rien à dire après tout très loquace. OEuvre atypique que celle Jean Claus - non seulement du fait de l'ancrage régional de l'artiste, qui tient résolument son Journal d'un Vosges-trotter, mais aussi et surtout de l'inspiration baroque de sa peinture et de sa statuaire. Tableaux de couples nus s'égayant dans des cieux pastel, sculptures de corps androgynes en suspension acrobatique, monuments copulatifs, oratoires, reliquaires, autels domestiques, vaisseliers... : autant dire que la visite de son atelier - ou de son "garde-meubles", selon le mot de l'artiste - vaut pour une exploration de l'inclassable. Et que, face à l'irrésistible légèreté de cet art, qui balance entre l'anachronisme riant de ses sujets et l'ironique modernité de ses matériaux, c'est le spectateur, pour finir, qui ne sait plus sur quel pied danser.