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Archives de sciences sociales des religions N° 138, Avril-Juin 2007
Mary André
EHESS
22,00 €
Épuisé
EAN :9782713221439
Née en Amérique latine il y a trente ans, la théologie de la libération s'épuise aujourd'hui mais n'a pas moins marqué les esprits. Sans prétendre en tirer un bilan, la première contribution de ce varia revient sur cet épisode en l'appréhendant comme un champ sociologique à la jonction du politique, du religieux et du culturel. Les ambivalences du salut spirituel par la révolution sociale sont ainsi référées à la double marginalité du mouvement au sein de l'Eglise et des classes populaires. Autre question de place dans l'Eglise, celle des femmes, que la seconde contribution aborde du côté de la Polynésie évangélique. La place des femmes y oscille entre fonction pastorale spécialisée et ministère sacerdotal à part entière. Les vertus théologales des nouvelles promues compensent le bouleversement des rôles au sein des paroisses. La troisième contribution nous replace aux marges de l'Europe, autour de l'église Saint Georges d'Esfahan en Iran, où chrétiens arméniens et chiites iraniens fréquentent le même lieu saint. Une longue histoire de cohabitation entre communautés croyantes. Où fierté, méfiance et discrétion mêlées aident à partager ensemble la grâce d'un lieu. La centaine de recensions d'ouvrages qui suit livre un écho vivant et diversifié de la recherche aujourd'hui dans le monde. Les formes de représentation des croyances occupent ainsi de nombreux travaux, des écritures mystiques du Grand Siècle aux caricatures contemporaines de Dieu. De même, les rites et traditions confrontés à la globalisation, de l'Afrique à l'Asie. La part religieuse des utopies modernes n'est pas non plus absente. On y croise entre autres les figures revisitées de l'Abbé Grégoire, d'Auguste Comte, de Franz Rosenzweig, de Siegfried Kracauer ou de Karl Mannheim...
Ce recueil, qui fait suite à La Chambre des Dames, groupe trois histoires du XIIe siècle, tour à tour pittoresques, dramatiques et pathétiques : L'Enfance d'Eracle, tirée du poème où Gautier d'Arras a exploité les traditions légendaires relatives à l'empereur Héraclius ; Cligès et Fenice, version un peu allégée de la seconde partie de l'oeuvre de Chrétien de Troyes qui eut, au Moyen Age, presque autant de retentissement que le roman de Tristan ; Guillaume d'Angleterre, ouvrage curieux du même auteur, un chef-d'oeuvre de narration qui est en somme une espèce de vie de saint traitée par un poète de cour. L'Ecoufle, le roman de Jean Renart qui termine le volume, est une gracieuse histoire, légèrement libre par endroits, décrivant les milieux aristocratiques que fréquentait l'auteur.
Qui donc est en quête d'une histoire d'amour n'aille pas plus loin, écrit l'auteur de la principale version allemande du roman, au XIII? siècle. Je satisferai son désir en contant l'histoire d'amants bien nés qui firent paraître une noble passion : un amour passionné, une amante passionnée, un homme, une femme, une femme, un homme, Tristan, Iseut, Iseut, Tristan."Ce récit conte le mythe de l'amour plus fort que la vie, que les rapports sociaux, que soi-même : "Amour par force vous démène." Comme l'écrit Gottfried de Strasbourg : "Ce sera le pain de tous les nobles coeurs. Ainsi leur mort à tous deux restera vivante. Nous lirons leur vie, nous lirons leur mort, et aimer sera plus doux que le pain."Notes Biographiques : Denis de Rougemont (1906-1985), fils d'un pasteur suisse, fonde durant les années 30 le personnalisme, rejetant, aux côtés de Mounier et de Daniel-Rops entre autres, individualisme et collectivisme. Dans L Amour et l'Occident, en 1939, il oppose une tradition romantique de l'amour passionné au véritable amour du prochain. Publiant La Part du diable en 1942, Lettres sur la bombe atomique en 1946, il s'engage après guerre dans les mouvements fédéralistes européens et contribue au développement du mouvement écologique.
Génie ou anomie du syncrétisme, dans ses productions culturelles et religieuses, anciennes et modernes ? Entre l'éloge contemporain du génie du bric-à-brac, l'enchantement des métissages ou des cultures baroques et la dénonciation récurrente de la pathologie des mélanges impurs, des formes hybrides qui caractérisent les cultures à l'agonie, le terme " syncrétisme " ne cesse de se charger de valeurs contradictoires et suscite des attitudes ambivalentes. Au regard de l'histoire des religions, et notamment de l'histoire missionnaire africaine, les syncrétismes viennent surtout témoigner du danger de contamination de la vraie religion par les cultes païens. Les anthropologues, après avoir partagé la même horreur du mélange au regard cette fois de l'authenticité des cultures traditionnelles, ont fini par se convertir à l'idée que le syncrétisme est surtout réinterprétation et ruse symbolique. De là à penser que le malin génie des cultures africaines, afrobrésiliennes ou amérindiennes constitue une anticipation ou un miroir de l'hybridité de la culture postmoderne, il n'y a qu'un pas, peut-être un peu vite franchi. Lorsqu'on se penche sur les logiques du travail syncrétique qui opère au sein des cultures dites " syncrétiques ", on s'aperçoit qu'il devient difficile d'amalgamer la plasticité des cultures païennes, les contraintes de la création par bricolage et les collages de la postmodernité. Syncrétisme et hybridité, métissage et bricolage, cet ouvrage propose d'aller au-delà de la séduction des métaphores en présence et de prendre au sérieux, parmi d'autres, les pré-contraintes que suppose l'outil d'analyse que représente le bricolage en l'appliquant aux productions religieuses de l'Afrique contemporaine.
Un varia bien nommé au regard de la variété des mouvances religieuses traversées, des objets cultuels rencontrés et des fenêtres ouvertes sur des mondes éloignés. Un voyage en religion qui part des études . médiévales aux Etats-Unis et va jusqu'aux lieux de culte partagés en Palestine en passant par la politique de la mémoire religieuse de quelques Etats de la vieille Europe : la Tchécoslovaquie, la Grèce. Retour sur la guerre des images pieuses à la Renaissance, arrêt sur les objets que les pèlerins de Compostelle emportent dans leur sac à dos, halte également sur le culte qui entoure la tombe de Victor Noir au cimetière du Père Lachaise. Mais aussi destins retracés de certains mouvements politico-religieux : ascension et déclin du pentecôtisme en politique au Brésil, émergence de l'Art of Living en Inde. Enfin figures vives de l'islam : le système de " guidance du juriste " dans l'Iran actuel, l'accès des oulémas au palais en Arabie Saoudite et ce qui fait l'exemplarité du cheikh au Caire. Où l'on voit sur divers sites s'entremêler les repères du religieux, du politique, du droit ou de la culture en même temps que les logiques d'affiliation.
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.