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Gradhiva N° 7/2008 : Le possédé spectaculaire. Possession, théâtre et globalisation
Martin Stéphane ; Dianteill Erwan ; Hell Bertrand
QUAI BRANLY
18,25 €
Épuisé
EAN :9782915133868
Le possédé est-il un comédien ou un fou ? Telle est l'alternative qu'ont tenté de dépasser en leur temps Roger Bastide, Michel Leiris et Alfred Métraux. Ces trois anthropologues rejettent en effet l'approche psychiatrique de la possession où la transe est conçue comme un état psychopathologique ou une libération incontrôlée de pulsions ; ils acceptent en revanche à différents degrés l'aspect joué de la possession. Dès 1938, Leiris anticipe les développements sur le " vestiaire de personnalités " qui aboutissent à la publication de La possession et ses aspects théâtraux chez les Éthiopiens de Gondar. Bastide plaide plutôt pour la vérité de la possession - qui peut être authentique sans être pathologique - dans son ouvrage sur Le Candomblé de Bahia. Le jeu d'acteur est pour lui plutôt un signe de dégénérescence que de vitalité religieuse. Quant à Métraux, auteur d'un grand ouvrage sur Le Vaudou haïtien, il tangue entre l'empathie qui porte à ajouter crédit à la réalité de la possession et l'ironie voltairienne qui n'y voit qu'une supercherie. On peut aujourd'hui reprendre ce débat en des termes nouveaux pour au moins deux raisons. La première est d'ordre épistémologique, les sciences sociales d'aujourd'hui n'étant plus celles des années 1950: les données ethnographiques sont plus abondantes, les théories se sont renouvelées et de nouveaux courants sont apparus et se sont développés récemment, en particulier les approches cognitives, pragmatiques, les gender studies, les performance studies ainsi que la théorie littéraire. La deuxième raison est liée aux transformations du monde contemporain auxquelles n'échappent pas les cultes de possession. La mise en spectacle, la marchandisation de la culture, l'accélération et la généralisation de la communication électronique sont des processus qui caractérisent la surmodernité et qui ont des effets notables sur l'endorcisme rituel. On se propose ainsi de revisiter l'anthropologie de la possession en différents lieux : à Mayotte, au Brésil, au Maroc et en Argentine. On verra que la possession y devient parfois un spectacle global.
Une des conséquences les plus manifestes de la conquête des Gaules fut sans conteste le passage de la monnaie gauloise à la monnaie romaine. Jusqu'à présent, aucune étude détaillée n'y avait pourtant été consacrée. En confrontant les données numismatiques aux sources archéologiques, littéraires et épigraphiques, et en s'appuyant sur plus d'une centaine de cartes et de graphiques produits spécialement pour cette recherche, cet ouvrage propose une analyse croisée de la monétarisation et de la romanisation dans la Gaule du Nord et de l'Est. Replacée dans son contexte économique, politique et social, la monnaie éclaire l'ensemble des processus qui ont mené à l'intégration des Trois Gaules dans le monde romain, depuis l'apparition d'une économie monétaire avec les premières monnaies gauloises du Ille s. a. C. et les traités d'alliance entre Rome et peuples gaulois au IIe s. a. C. , jusqu'à la conquête césarienne et la municipalisation augustéenne qui signe l'arrêt des frappes indigènes et leur disparition complète dès le milieu du Ier s p.C.
Résumé : Créée en 2007 par le musée du quai Branly, la biennale Photoquai présente au public international des artistes dont l'oeuvre est inédite en France. Les quatre premières éditions ont fait découvrir plus de deux cents photographes venus chaque année d'une trentaine de pays différents. Photoquai présente des expositions accessibles gratuitement sur les quais de la Seine, en face du musée, ainsi que dans les jardins attenants. La manifestation propose par ailleurs un dispositif mettant en réseau à la fois des institutions parisiennes partenaires - au premier rang desquelles les galeries d'art contemporain dédiées à la photographie contemporaine -, des espaces de débat avec des professionnels de l'image (écoles d'art, agences et collectifs photographiques, éditeurs internationaux...), des projections, des lectures, etc. Saluée dès sa première édition pour sa pertinence et son originalité, Photoquai poursuit sa mission fondamentale : mettre en valeur et faire connaître des photographes dont l'oeuvre reste inédite ou peu connue en France ; susciter des échanges, des croisements de regards sur le monde. Si les éditions précédentes de Photoquai présentaient des photographes contemporains non occidentaux, en 2015, Frank Kalero propose d'ouvrir le champ géographique et d'élargir la sélection au monde entier, considérant que "les enjeux sociaux, politiques et culturels qui ont inspiré la création de Photoquai sont des sujets globaux, tous interconnectés". Il choisit ainsi d'inscrire le dialogue des cultures dans des "croisements géographiques, mais aussi mentaux et sociaux". Les quarante photographes et leurs oeuvres sont sélectionnés et présentés par Azu Nwagbogu (Afrique), Michket Krifa (Moyen-Orient), Kevin Wy Lee (Asie), Lisa Faktor (Fédération de Russie), Claudi Carreras (Amérique latine), Louise Clements (Monde et nouvelles interactions).
Le thème des villes africaines et de leurs patrimoines débouche sur de multiples questions : Pourquoi protéger le patrimoine des villes africaines ? Quel patrimoine faut-il protéger ? Que gagne-t-on en les protégeant ? Après " Les Patrimoines oubliés de l'Afrique " en 2010 (publié par les éditions Riveneuve), un nouveau séminaire s'est tenu en octobre 2011 au musée du Quai Branly sur " Le Patrimoine des villes africaines ".
Ce cahier d'activités propose de découvrir les oeuvres exposées au musée du quai Branly - Jacques Chirac en construisant ses propres poupées vaudous, en apprenant la broderie à la mode du peuple Miao... Un moyen ludique d'explorer sans s'y perdre l'immensité des collections, de profiter de la richesse culturelle du musée.
Le système des castes et ses implications. Après la dernière guerre, l'anthropologie sociale, caractérisée par "l'observation participante" du chercheur "sur le terrain", a commencé à s'appliquer, au-delà des petites sociétés de face-à-face, à de grands ensembles sociaux. Ainsi Louis Dumont s'est consacré pendant une vingtaine d'années à une découverte sociologique de l'Inde, qui aboutit au présent livre. Depuis lors, il met en oeuvre le contraste entre la société des castes et la nôtre pour obtenir une vue comparative des idées et valeurs modernes (notamment dans ses Essais sur l'individualisme, 1983).
Résumé : Marqué par l'expérience de l'exil, ce volume témoigne d'un moment à la fois biographique et historique au cours duquel, comme nombre d'artistes et savants juifs européens, Claude Lévi-Strauss est réfugié à New York. Ecrits entre 1941 et 1947, alors qu'il n'a pas encore délaissé ses réflexions politiques, les dix-sept chapitres de ce livre restituent une préhistoire de l'anthropologie structurale. Ces années américaines sont aussi celles de la prise de conscience de catastrophes historiques irrémédiables : l'extermination des Indiens d'Amérique, le génocide des Juifs d'Europe. A partir des années 1950, l'anthropologie de Lévi-Strauss semble sourdement travaillée par le souvenir et la possibilité de la Shoah, qui n'est jamais nommée. L'idée de "signifiant zéro" est au fondement même du structuralisme. Parler d'Anthropologie structurale zéro, c'est donc revenir à la source d'une pensée qui a bouleversé notre conception de l'humain. Mais cette préhistoire des Anthropologies structurales un et deux souligne aussi le sentiment de tabula rasa qui animait leur auteur au sortir de la guerre et le projet ? partagé avec d'autres ? d'un recommencement civilisationnel sur des bases nouvelles.
Lévi-Strauss Claude ; Debaene Vincent ; Keck Frédé
Alliant le classicisme du style et la modernité de la méthode, l'?uvre de Claude Lévi-Strauss est à la fois pensée du monde, expérience de soi, et expérience sur soi. «Pourquoi et comment devient-on ethnologue ?» «Qu'est-ce qu'un style ?» «Que peut-il y avoir de commun entre un oiseau - l'Engoulevent -, l'art de la poterie, et la jalousie conjugale ?» En quoi la mythologie indienne a-t-elle favorisé la conquête de l'Amérique par l'homme blanc ?... Questions surprenantes, mais qui sont pourtant à la source des enquêtes menées par Lévi-Strauss. Le ton est donné. Son ?uvre relève à la fois de la science et de la littérature, dirait-on, si de telles catégories pouvaient rendre compte de la singularité de son propos. Mais chez Lévi-Strauss, le cloisonnement n'est pas de mise, et le penseur fait «flèche de tout bois». Ainsi le souvenir d'un tableau de la Renaissance sert-il de point de départ à une théorie de la structuration du sensible. Ainsi peut-on retrouver Totem et tabou dans un mythe jivaro. Ainsi la métaphysique bororo éclaire-t-elle d'un jour nouveau la figure de notre Père Noël. Lévi-Strauss est à la recherche des correspondances, au sens baudelairien du terme, entre l'esprit et sa manifestation matérielle. Il met en scène les affinités qu'il perçoit entre les différents objets, le fil caché qui les relie. L'objet de l'analyse se dérobe ; il ne contient aucun message qui soit immédiatement communicable. Car un objet, mythe ou autre, n'existe pas en soi mais dans le rapport, les correspondances, qu'il entretient avec les autres objets. Passerelles, rapprochements inattendus, résurgences, tels sont les jeux d'esprit auxquels invite la lecture de ces ?uvres, qui ébranlent notre vision du monde. La présente édition réunit sept ouvrages choisis par l'auteur : Tristes tropiques, remémoration des expériences de terrain de la fin des années 1930 qui resurgiront dans toute l'?uvre à venir ; Le Totémisme aujourd'hui et La Pensée sauvage, charnières entre la réflexion sur la parenté et l'étude des mythes ; La Voie des masques, La Potière jalouse et Histoire de Lynx, les trois «Petites mythologiques» qui, sur le ton de l'énigme, proposent une version accessible de l'analyse structurale ; Regarder écouter lire, enfin, poursuite de la réflexion anthropologique sur le terrain esthétique. Des textes inédits sont proposés en appendice. Au-delà de leur fonction figurative et documentaire, les illustrations, environ deux cents, en noir et blanc et en couleurs, donnent une forme visuelle à la pensée.
Seul l'Occident moderne s'est attaché à classer les êtres selon qu'ils relèvent des lois de la matière ou des aléas des conventions. L'anthropologie n'a pas encore pris la mesure de ce constat : dans la définition même de son objet - la diversité culturelle sur fond d'universalité naturelle -, elle perpétue une opposition dont les peuples qu'elle étudie ont fait l'économie. Peut-on penser le monde sans distinguer la culture de la nature ? Philippe Descola propose ici une approche nouvelle des manières de répartir continuités et discontinuités entre l'homme et son environnement. Son enquête met en évidence quatre façons d'identifier les "existants" et de les regrouper à partir de traits communs qui se répondent d'un continent à l'autre : le totémisme, qui souligne la continuité matérielle et morale entre humains et non-humains , l'analogisme, qui postule entre les éléments du monde un réseau de discontinuités structuré par des relations de correspondances ; l'animisme, qui prête aux non-humains l'intériorité des humains, mais les en différencie par le corps ; le naturalisme qui nous rattache au contraire aux non-humains par les continuités matérielles et nous en sépare par l'aptitude culturelle. La cosmologie moderne est devenue une formule parmi d'autres. Car chaque mode d'identification autorise des configurations singulières qui redistribuent les existants dans des collectifs aux frontières bien différentes de celles que les sciences humaines nous ont rendues familières. C'est à une recomposition radicale de ces sciences et à un réaménagement de leur domaine que ce livre invite, afin d'y inclure bien plus que l'homme, tous ces "corps associés" trop longtemps relégués dans une fonction d'entourage.