Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Ma fibre syndicale. France Télécom: aux origines de la crise
Martin Benoît
SYLLEPSE
8,00 €
Épuisé
EAN :9791039901345
Si, en 1987, les syndicats triomphent du projet de privatisation, grâce à une grève forte et unitaire, il en ira autrement lorsque le management aura imposé les règles du jeu qui instaurent la mise en concurrence des agents, l'embauche de contractuels, puis des restructurations incessantes qui déstabilisent les collectifs. Les syndicats ne pourront contrarier la transformation de l'entreprise en société anonyme en 1997, la mise en vente de parts de l'Etat avant que n'explose la bulle Internet, qui fera perdre à France Télécom plus de 90 % de leur valorisation boursière. Entre-temps, l'auteur souligne l'éclatement syndical amplifié par la mutation du salariat. Benoît Martin n'hésite pas à reconnaître que les syndicats ont perdu la bataille du service public et de la propriété publique. Le néolibéralisme et sa violence managériale se sont imposés dans les têtes et dans les corps. Il confie son expérience, les analyses qu'il en tire sur le rôle de la grève, sur les effets d'un certain sectarisme syndical contre les autres vus comme des concurrents, sur la descente aux enfers de France Télécom quant aux réductions d'emplois et aux conditions de travail. Il revisite ses propres déclarations et écrits, ses moments de solitude, les quelques victoires malgré tout arrachées grâce à une éphémère unité intersyndicale. Il se confronte à la question de la souffrance, " longtemps taboue à la CGT ", mais qui infuse si fortement dans l'entreprise, à travers les mobilités imposées, la pression hiérarchique, il se confronte à celle des suicides qui révèlent un management brutal dénoncé par de multiples alertes internes syndicales. Benoît Martin confie aussi ses sentiments de militant, d'homme engagé, d'homme de conviction dans le cadre d'une période bien particulière, au sein d'une entreprise qui jouera le rôle de laboratoire d'un management modernisateur, visant à déverser au sein d'une entreprise publique une rationalité économique libérale qui se révélera particulièrement prédatrice. Le titre que Benoît Martin a choisi, Ma fibre syndicale, reflète bien ce qu'est cet essai original : une réflexion analytique solide, argumentée et honnête d'un responsable syndical qui ne cherche pas à cacher ce que ressent l'homme de conviction derrière le militant.
Aucun criminel n'envoie sa comptabilité à l'administration publique. Comment dès lors quantifier le crime si l'on entend lutter contre lui de manière efficace ? Cet exemple illustre à l'envi la complexité du travail de production de statistiques, a fortiori lorsqu'il est réalisé à l'échelle internationale. Benoît Martin mène l'enquête au coeur de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) pour comprendre comment ses experts chiffrent les phénomènes de trafic de drogue, de traite des personnes, d'homicides, de trafic d'espèces sauvages, etc. Plus largement, l'auteur dévoile les rouages de la fabrication des données publiées par l'ONU dans ses rapports mondiaux ainsi que les multiples facteurs qui les influencent : défis technologiques, compromis politiques, sensibilités diplomatiques, logiques administratives, ambitions individuelles. Alors que les statistiques ont pris une importance considérable dans les décisions, ce travail minutieux mêlant entretiens, observations de terrain et analyses de documents internes montre qu'elles sont des objets éminemment politiques et qu'elles doivent être considérées avec une distance critique.
Benoit Martin est un contrôleur général honoraire de la police nationale, de parents martiniquais. Il est né durant la guerre 1939/45. Dernier d'une famille de quinze enfants, il est arraché à sa famille dans sa petite enfance. Orphelin, confronté à la vie métropolitaine, il s'interroge sur sa différence, ses origines. En 1983 il entreprend des recherches généalogiques. Il obtient des réponses, mais beaucoup de questions restent dans l'ombre. Qui est-il vraiment ? Quels sont ses ancêtres, blancs, noirs et autres ? Ces recherches lui ouvrent les yeux sur ce qu'il ignorait ou voulait ignorer : il est le descendant de colons et d'esclaves. Il jette alors un pont au-dessus du temps entre son propre vécu et l'Histoire. Depuis les colons venus de métropole sous Richelieu, en passant par un charpentier du XVIIIe siècle, métis libre de Basse-Pointe, sachant lire et écrire mais ayant des petits-enfants esclaves et illettrés ; depuis ces femmes "sans nom", au matricule impersonnel ; depuis ces amérindiennes importées clandestinement du Canada en Martinique, jusqu'à lui que l'on qualifie dans sa jeunesse de "ces gens-là", il écrit la vie des opprimés et des oppresseurs telle qu'il imagine qu'ils l'ont vécue, ainsi que les conséquences que peut encore avoir sur leurs descendants actuels une destinée forgée au XVIIIe siècle.
Entre la Martinique, les quartiers chauds de Paris et la Saône-et-loire, suivez les premiers pas d'un détective pas comme les autres. Une aventure dont vous ne ressortirez pas indemne.
Benoît Martin est un ancien " grand flic " de la Préfecture de Police de Paris. Après avoir remporté un concours de poésie, pour son poème " la dictée ", il s'est tourné vers l'écriture en publiant " Le Voyage de Wen-Sen-Athon " aux éditions Mille Poètes. Se découvrant des talents humoristiques, qu'il soupçonnait depuis longtemps, il se lança en écrivant des pensées drolatiques, bien vite remarquées par Jacques Mailhot, le célèbre patron des " Deux ânes " qui tint à préfacer son ouvrage. Ces pensées humoristiques, d'abord éditées à la Société des Ecrivains et bien vite épuisées, ont été reprises par les Editions Doyen. C'est d'ailleurs par ces dernières qu'il entend publier une nouvelle série de phrases toujours plus désopilantes les unes que les autres. Gageons que cet auteur nous réservera encore de nombreuses bonnes surprises, ne serait-ce que par la publication prochaine de livres savoureux. Mais n'en disons pas plus... Benoit Martin est membre de l'Association des Amis d'Alphonse Allais.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
Le capitalisme triomphant des années 1990 a perdu de sa superbe. Après avoir promis monts et merveilles, il s'est mué en une machine infernale produisant de la régression sociale et des inégalités, incapable de faire face au changement climatique, et sécrétant une montée générale de l'autoritarisme en lieu et place de la démocratie promise. Face à cela, les programmes de la gauche institutionnelle estiment qu'il faut repartager les richesses et orienter le capitalisme dans le sens de l'intérêt général. Si les profits des entreprises n'ont jamais été aussi imposants, ne pourrait-on pas les réduire pour faire place à plus de social et d'écologie, se demandent-ils ?? Mais ce n'est guère possible car la valeur de l'entreprise est spéculative et déterminée par les anticipations des dividendes. Si les profits sont moindres, les valorisations baisseront et les actionnaires cesseront d'investir même si l'entreprise gagne de l'argent. Une politique sociale et écologique sérieuse doit donc exproprier les actionnaires pour laisser place à des entreprises autogérées par leurs salariés, les usagers et les citoyens. Une nouvelle définition de la démocratie se dessine : une rencontre permanente entre des travailleurs et des usagers ou citoyens pour décider et réaliser ensemble. Le livre se conclut sur l'amorce d'un programme de transformation qui conjugue des mesures sociales et écologiques avec une stratégie d'éviction des actionnaires. Afin de faciliter la compréhension des mécanismes économiques ou de compléter ses connaissances, le livre renvoie à des "tutoriels" en ligne (economie.org) où l'auteur décrypte le fonctionnement de la finance, de l'argent ou encore de la macro-économie. Outil pédagogique, le livre est articulé avec les apports aujourd'hui indispensables de l'apprentissage et de l'acquisition des connaissances en ligne. L'ouvrage engage une réflexion sur le dépassement de la notion même de propriété des moyens de production et trace une voie de transition pour en sortir.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
L'année 2015 marquera l'histoire de la Grèce, de l'Europe et de la gauche. Ce livre constitue un guide pour les lecteurs et les lectrices qui ne se contentent pas de la narration dominante présentée par les grands médias et les créanciers, qui ne se satisfont pas non plus de la version donnée par Yanis Varoufakis, l'ex-ministre des finances du premier gouvernement Syriza, dans son livre Conversations entre adultes et adapté au cinéma par Costa-Gavras. Il est essentiel de prendre le temps d'analyser la politique mise en oeuvre par Yanis Varoufakis et le gouvernement d'Alexis Tsipras car, pour la première fois au 21e siècle, un parti de gauche radicale a été élu en Europe pour former un gouvernement. Comprendre les échecs et tirer les leçons de la manière dont ce gouvernement a affronté les problèmes qu'il a rencontrés sont de la plus haute importance si on veut éviter un nouveau fiasco. Eric Toussaint, qui a coordonné les travaux de la Commission d'audit de la dette mise en place par la présidente du Parlement grec en 2015, a vécu de près les évènements qui ont secoué l'Europe cette année-là, il en maîtrise les tenants et les aboutissants. Comme l'écrit l'historien britannique Adam Tooze, auteur de Crashed : " Que l'on sympathise ou non avec l'orientation qui y est défendue, le livre de Toussaint permet à tout un chacun d'approfondir la compréhension de la scène politique grecque dans laquelle Varoufakis et Tsipras ont opéré. " Un objectif majeur du livre est de montrer qu'à chaque étape cruciale du chemin de croix qui va de février à juillet 2015, il y avait la possibilité d'opter pour une alternative. Les mesures qu'il aurait fallu mettre en pratique et les initiatives qu'il était possible de prendre sont bien identifiées et clairement argumentées. Elles dépassent le cadre national et alimentent la réflexion stratégique sur les batailles politiques pour l'émancipation sociale. L'auteur démontre de manière convaincante qu'une victoire était possible et que ce qui s'est passé n'était pas inéluctable.