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L'écrivain, un objet culturel
Martens David ; Watthée-Delmotte Myriam
EUD
22,00 €
Épuisé
EAN :9782364410343
Qui ne connaît Proust ? mais qui l'a lu ? Les figurations de l'écrivain forment un support important de l'historiographie littéraire et culturelle. Or l'écrivain n'est pas uniquement le père ou le fils de ses oeuvres, mais aussi le produit d'interactions entre plusieurs types de discours tissés par différents médias. Comment donne-t-on à voir les écrivains ? Quels aspects sont-ils convoqués et à quelles fins, dans quels types de discours (politique, philosophique, psychologique, religieux...) ? Comment les arts graphiques, la photographie, le cinéma, les performances... contribuent-ils à l'appréhension des auteurs ? Dans quelle mesure et pourquoi une vision particulière d'un écrivain peut-elle, à un moment, s'imposer, disparaître, s'éloigner du discours auctorial ? Quelles sont les formes d'idolâtrie ou d'iconoclasme que les figurations traduisent et selon quelles axiologies ? C'est à ces interrogations, qui mettent en question ce qu'est la littérature et ce que sont les écrivains, que se consacrent les contributions rassemblées dans le présent ouvrage.
Des poèmes des débuts aux ultimes publications des années cinquante en passant par les romans, les reportages et les livres autobiographiques, l'oeuvre de Blaise Cendrars s'est constamment placée sous le signe d'un imaginaire du crime à multiples facettes. Si ce dernier a largement contribué à façonner l'autoportrait bien connu de l'auteur en tête brûlée, son rôle au sein de l'oeuvre ne s'est nullement limité à alimenter la légende. Le crime a également permis à l'écrivain de rendre compte de sa conception particulière de la création littéraire, de ses enjeux - l'appropriation de l'autre - et de ses pouvoirs - de refaçonnement identitaire -, voire des impasses auxquelles elle a pu se trouver confrontée. A ce titre, l'imaginaire du crime constitue l'un des foyers de cohérence majeur de la production de l'auteur de Panorama de la pègre. Il s'agissait dès lors de rendre compte de cette donne décisive en lui consacrant une approche spécifique, qui permette non seulement de couvrir l'oeuvre de façon globale, mais aussi d'en aborder certains à-côtés encore peu étudiés. Avec des textes de Jean-Carlo FLUCKIGER, Madeleine FREDERIC, Laurence GUYON, David MARTENS, Luisa MONTROSSET, Maria-Teresa RUSSO, Ralph SCHOOLCRAFT et Michèle TOURET.
Lécole Solnychkine Sophie ; Martens David ; Montie
Qu'est-ce qu'un portrait de pays ? Il n'est ni un paysage, ni un récit de voyage, ni une description de guide touristique : le portrait de pays (ou de ville) est la représentation synthétique d'une contrée sans raconter un périple, sans proposer un panorama à vocation pratique. Essentiellement documentaire, le portrait de pays dépeint un territoire déterminé, dans sa conformation géographique, dans son histoire et dans les usages des populations qui y vivent Le portrait de pays prend de nombreuses formes. A la différence du roman, ou encore du paysage pictural et photographique, il se profile comme un genre qui ne s'est pas cantonné à une forme, mais a au contraire investi de nombreuses formes médiatiques : le livre, la photographie, le cinéma, la télévision, mais aussi les arts sonores, les arts graphiques et visuels, ainsi que l'urbanisme et la communication des territoires. C'est à une approche globale du portrait de pays dans ces principales déclinaisons que l'ouvrage se consacre. Fondé sur une collaboration entre différentes disciplines, il offre un panorama qui permet de mesurer l'extraordinaire plasticité de ce genre. Il offre en outre une série d'entretiens avec des artistes tels que Thomas Clerc, Raymond Depardon, Joachim Glaude, Julien Poidevin. Il publie en outre une intervention de Bruno Goose.
En 1947, la vie littéraire reprend, après une longue guerre, des périodes de dictature et de turbulences politiques qui ont eu un impact considérable sur la production, la diffusion, la réception de la littérature. Mais cette nouvelle vie n'est pas une simple reprise ou continuation, même si les transformations en cours ne sont pas toujours immédiatement visibles. De l'essentiel qui s'impose tout de suite à l'attention (Gide, Malraux, Mann, Orwell, Sartre ...), de futurs chefs-d'oeuvre qui passent inaperçus (Robert Antelme, Primo Levi), des oeuvres tombées dans l'oubli, des revues et des prix littéraires prestigieux à des curiosa ici redécouvertes, des événements individuels (emprisonnements, retours d'exil, polémiques ...) aux grands enjeux sociaux de l'époque (mémoire de la Shoah, péril atomique, début de la guerre froide...), l'objectif de ce livre est de faire revivre dans toute sa diversité une année littéraire dont le présent était très différent de ce qu'en a retenu la postérité. L'ouvrage se présente comme un panorama de l'actualité littéraire et culturelle d'une année déterminante dans l'histoire de la littérature européenne. Cet almanach abondamment illustré plonge le lecteur, à travers 47 articles, au sein d'une année littéraire européenne, comme si, lecteur à cette époque, il découvrait, au jour le jour, la littérature en train de se faire.
Photographe née en 1896, immigrée juive hongroise dans le Paris des années 1920, Ergy Landau ouvre son studio et trouve sa place dans un milieu masculin et très compétitif en travaillant pour la publicité et la presse. Excellente technicienne, d'abord séduite par les expérimentations formelles de la Nouvelle Vision, elle affirme bientôt un style plus personnel. Mais contrairement à ses compatriotes (Moholy-Nagy, Kertész, Brassaï...), son nom reste peu présent dans l'histoire de la photographie. Ce livre entend rétablir Ergy Landau à sa juste place à travers une approche à la fois biographique et thématique de son oeuvre. Surtout il retrace le chemin de vie singulier d'une des premières femmes photographes du XXe siècle que sa disparition sans héritier, en 1967, avait effacé du paysage.
Quand il présente Fenêtre sur cour en 1954, Alfred Hitchcock jouit d'une popularité croissante, bien que la critique peine encore à le prendre au sérieux. Le film est tourné en un lieu unique, un défi séduisant pour le réalisateur qui confirme son inventivité en matière de mise en scène, de montage et d'utilisation de la musique. L'intrigue, quant à elle, offre une dimension subversive évidente : le spectateur se trouve dans la position du héros-voyeur, et tous deux sont déçus quand ils pensent qu'il n'y a pas eu meurtre ; en finissant par assouvir leurs désirs macabres, Hitchcock joue ainsi avec leurs sentiments. Il contourne également la censure, l'épilogue n'étant qu'une façade, au même titre que les murs en briques des immeubles du décor. Comme la caméra qui dépasse le cadre strict de la fenêtre de l'appartement de Jeff dès la scène d'ouverture, cet essai se propose d'étudier ce classique à la lumière des autres réalisations du cinéaste, afin de montrer combien Fenêtre sur cour peut être envisagé comme une synthèse de son oeuvre, périodes anglaise et américaine confondues.
La psychomécanique du langage, fondée par G Guillaume (1883-1960), a longtemps suscité des études consacrées à l'histoire des langues (en particulier du français), et a parfois été tenue pour une linguistique fondamentalement diachronique. Cependant, aucune synthèse n'avait encore été consacrée à l'exposition des conceptions guillaumiennes de la diachronie et du changement linguistique. La linguistique diachronique suscitant un regain d'intérêt sans cesse croissant, c'est cette lacune que le présent ouvrage vise à combler, en réunissant l'ensemble des propositions théoriques de Guillaume relatives à la diachronie. S'il présente la diachronie telle qu'elle est développée dans le cadre conceptuel de la psychomécanique du langage, l'ouvrage vise également à confronter cette théorie aux propositions du paradigme du changement linguistique, et à mesurer ainsi les points d'accord et les singularités de chacune de ces deux approches de l'histoire de la langue.