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Liturgie
Marteau Robert
CHAMP VALLON
15,00 €
Épuisé
EAN :9782876731530
LITURGIE, c'est ce que chacun peut entendre et voir chaque jour à chaque heure, en chaque instant aussi soudain soit-il. C'est l'?uvre à tous offerte en l'intimité des événements infiniment produits depuis le commencement et depuis l'origine, et qui donnent au temps ce que l'on nomme sa couleur, à l'éternité sa musique, au livre sa mutité. Si les oiseaux jouent ici un grand rôle, c'est parce qu'ils chantent, et que par leur jargon nous revient l'espoir d'accéder au lieu d'où nous venons. Si les arbres tiennent ici une grande place, c'est parce qu'ils escaladent, de branche en branche, la lumière, afin de parler plus haut à ce qui reste en nous de sylvestre ou sauvage. Pourquoi la langue, en constituant le présent écrit, s'est-elle pliée ou versée, ou renversée dans l'espace du sonnet ? L'auteur pourrait répondre que c'est par obéissance, exigence, superstition, religion ; encore, pour que les comptes ne soient pas négligés.
Au jour le jour, chemin faisant, des écritures furent suscitées à l'improviste par une personne, un animal, une chose ; par une ville, un papillon, un jardin, une église, un arbre, un village, une peinture, un vol d'étourneaux, un merle, une troupe de goélands, un troupeau de bovidés, enfin par toutes sortes de manières et de formes que la vie prend pour se manifester en tel lieu et tel autre. Ces mêmes écritures, une fois amassées, reçurent pour titre : Fragments de la France, non pas que le pays fut brisé, mais parce qu'il n'est là que fragmentairement dit.
On voyait le figuier comme violet, comme si le ciel avait déteint. Les coups de vent venus de la mer avaient emporté le faîtage des paillers par-dessus les frênes. Ç'avait arraché plein de bois dans les futaies. Les tuiles brisées jonchaient les chemins. - C'était encore présent en chacun à cause du vacarme des tôles, des bailles de zinc ou de fer-blanc que la bourrasque emportait. Les vaches s'étaient répandues dans la campagne. Les chevaux s'affolaient, hennissant, tapant de leurs fers contre les parois, s'enfuyant des écuries. Alentour, toute la forêt pliait, souvent éclatait, des fracassements pas croyables : un fayard qui craquait, un chêne qui se partageait de tout son long comme une cosse de petits pois. Les gars voulaient sortir. " Sors pas ", disaient les femmes. " Ce jour-là il y avait aussi une chasse à courre et par des interférences absolument imprévisibles se produisirent des événements que les gens de là-bas ne sont pas près d'oublier.
Résumé : Tout au long d'une exposition se rendre chaque jour sur les lieux ; se mettre à l'écoute ; attendre que l'une ou l'autre toile fasse signe, devienne parlante. En soi, accueillir la parole suscitée ; la recueillir en écriture. Essayer de rompre à temps pour garder suspendu ce qui est en cours. C'est de cela que s'est constituée la prose intitulée Le message de Paul Cézanne. Née de l'attraction, son développement s'est opéré par interprétation d'un langage, celui de la peinture, qui ne s'accomplit qu'en lui-même selon le jeu des couleurs génératrices des formes.
Reprenant une expression célèbre de Térence, l'empereur Tibère aurait comparé l'exercice du pouvoir au fait de tenir un loup par les oreilles : sous la menace permanente du complot ou de l'usurpation, celui qui avait su parvenir au pouvoir devait savoir, pour s'y maintenir, déployer en permanence les qualités et les techniques les plus diverses sous peine de succomber. En cas de contestation, il n'y avait pas d'autre alternative que la victoire ou la mort, que ce soit pour l'empereur en titre ou pour celui qui entreprenait de prendre sa place. C'est cette histoire que ce livre se propose de raconter et d'analyser afin d'en mettre en valeur les ressorts secrets ? les fameux arcana imperii ? mais aussi le langage officiel fait de gestes, de pratiques et de mots d'ordre destinés à assurer la paix et la longévité d'un règne, ou à justifier la révolte. Depuis Auguste jusqu'aux Sévères, durant les trois siècles étudiés ici, complots et éliminations jalonnent l'histoire impériale. Une analyse précise permet de mettre en lumière les logiques qui les sous-tendent. Au gré des variations du consensus dont bénéficie l'empereur, des styles de gouvernement se dégagent, mais aussi des profils de concurrents, hommes et femmes ? car ces dernières jouent un rôle clé et payent un lourd tribut à la stabilité du pouvoir. Dans un régime sans constitution, qui prétend, au début, poursuivre inchangée sa forme républicaine, un langage du pouvoir et de sa contestation se crée et s'installe dans les pratiques. Il constitue, règne après règne, comme une nouvelle tradition. Sources littéraires variées en grec ou en latin, inscriptions ou graffitis, programmes monumentaux ou frappes monétaires, c'est avec une richesse inouïe que l'Antiquité nous a légué son témoignage sur les pratiques impériales, nous permettant d'en lire l'histoire avec une précision qui ne laisse de nous surprendre et de nous parler aussi de notre monde contemporain.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.