Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le jour qu'on a tué le cochon
Marteau Robert
CHAMP VALLON
13,50 €
Épuisé
EAN :9782876731196
On voyait le figuier comme violet, comme si le ciel avait déteint. Les coups de vent venus de la mer avaient emporté le faîtage des paillers par-dessus les frênes. Ç'avait arraché plein de bois dans les futaies. Les tuiles brisées jonchaient les chemins. - C'était encore présent en chacun à cause du vacarme des tôles, des bailles de zinc ou de fer-blanc que la bourrasque emportait. Les vaches s'étaient répandues dans la campagne. Les chevaux s'affolaient, hennissant, tapant de leurs fers contre les parois, s'enfuyant des écuries. Alentour, toute la forêt pliait, souvent éclatait, des fracassements pas croyables : un fayard qui craquait, un chêne qui se partageait de tout son long comme une cosse de petits pois. Les gars voulaient sortir. " Sors pas ", disaient les femmes. " Ce jour-là il y avait aussi une chasse à courre et par des interférences absolument imprévisibles se produisirent des événements que les gens de là-bas ne sont pas près d'oublier.
Les huit peintres réunis dans ce volume sont Hals, Rembrandt, Vermeer, Chardin, Goya, Ingres, Corot et Monet. Ce n'est pas là un recueil dû au hasard ; on peut y lire, en filigrane, tout un itinéraire personnel d'écrivain, toute une vision du monde, merveilleusement accordée à celle de ces peintres (de la même façon, Robert Marteau avait consacré un beau livre aux vitraux de Chagall, Mazo, 1971, traduit aux Etats-Unis la même année). Ces peintres, Robert Marteau ne les regarde pas en technicien, ni en critique d'art, mais dans le contexte où ils lui ont été donné à voir : un voyage à Amsterdam, un autre dans le Valois, plusieurs aux Etats-Unis. C'est donc un écrivain qui parle, qui dit l'émotion perpétuelle que suscitent en lui ces huit peintres (et tant d'autres), les échos qu'il perçoit entre la nature, les peintres et lui-même : échos et émotion qu'il sait dire ici simplement, dans une prose qui semble avoir elle-même les épaisseurs et les transparences de la peinture qu'elle évoque.
Résumé : Tout au long d'une exposition se rendre chaque jour sur les lieux ; se mettre à l'écoute ; attendre que l'une ou l'autre toile fasse signe, devienne parlante. En soi, accueillir la parole suscitée ; la recueillir en écriture. Essayer de rompre à temps pour garder suspendu ce qui est en cours. C'est de cela que s'est constituée la prose intitulée Le message de Paul Cézanne. Née de l'attraction, son développement s'est opéré par interprétation d'un langage, celui de la peinture, qui ne s'accomplit qu'en lui-même selon le jeu des couleurs génératrices des formes.
Résumé : Louange n'exclut pas griefs, mais face aux griefs que nourrit la nature humaine, elle se fait acte de vie, et nécessaire contre la nécessité. Sa voie, elle l'a toujours trouvée dans la musique, par le son donnant voix au sens. Qu'elle intitule de son nom le présent journal tient peut-être à ce que les jours ici pliés dans l'espace du sonnet, et serrés comme linge en l'armoire, souhaitent ne se souvenir que de son parfum.
Autrefois, naguère, il était constant qu'en vue d'un tableau le peintre se livrât à des Etudes. C'est en voyant celles de Le Brun, au pavillon de Flore, aussitôt après l'irruption de François Fédier venu jusqu'à moi proclamer l'hellénité de la muse, que je ressentis l'irrépressible désir de me livrer sans contrainte, mais comme obéissant, à la quête de la disparue. Toute forme d'imagination rejetée, il me fallait aller par les sentes maintenant recouvertes et me frayer là son chemin, ne me fiant qu'à l'instinct et à la mémoire, une fois encore imitant celui, forestier, braconnier, chasseur, qui, enclos dans la selva selvaggla, en elle écarté, par elle tente de retrouver son orient. R.M.
Les débats autour de la désinformation, des fake news et de la post-vérité risquent d'occulter une crise peut-être plus radicale que la crise de la vérité : la destitution de la réalité elle-même. Cette destitution commence avec la volonté prométhéenne de transformer la nature en environnement, et donc de détruire celle-ci. Elle prend bien d'autres formes, hétérogènes et indépendantes les unes des autres en apparence, mais qui en fait conjoignent leurs effets. L'artificialisme, le simulationnisme, le présentisme, le prédictionnisme, le fictionnisme, le négationnisme, le complotisme et le nihilisme sont les huit formes de destitution de la réalité analysées dans cet essai. Comme l'avait vu le psychanalyste Jacques Lacan, c'est la psychose qui guette l'humanité.
En janvier 1589, alors que la France subit sa huitième guerre de Religion entre catholiques et protestants, Jacques de La Guesle, procureur général au parlement de Paris, dénonce les effets désastreux de la division religieuse aux représentants des trois états réunis au château de Blois. Elle n'a apporté que désordres, confusions, démolitions d'églises. Pour le haut magistrat, la dissension religieuse est un glaive à deux tranchants qui pénètre jusque dans la moelle des os. Les années de la fin du règne de Henri II voient s'accélérer la rupture reli- gieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. Ils offrent la possibilité de suivre presque au jour le jour les violences et les affrontements toujours plus intenses entre catholiques et réformés. L'enquête débute en 1555, pour s'achever sur la paix d'Amboise en mars 1563, soit les huit années qui précèdent la première guerre de Religion et qui l'englobent aussi. Se distinguent trois phases différentes : une politique de répression menée par Henri II jusqu'à sa mort accidentelle en 1559, la recherche de conciliation menée en 1560 et 1561, puis l'éclatement de la guerre en mars 1562 et ses effets. L'activité criminelle de la plus haute cour de justice du royaume montre qu'en matière de religion la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu'elle finit par se heurter à l'opposition des sujets, laquelle entraîne l'inapplication des lois et le développement de la violence. Quant à la justice du roi, son légalisme pétri de modération tente de conjurer une réalité qui ne veut pas s'encombrer de scrupules juridiques. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé la France ainsi que la monarchie. Elle aide à nous convaincre de l'importance du danger que constitue la résurgence de la violence au nom de la religion.
Dans quel régime vivons-nous depuis le printemps 2017 ? La question est légitime tant l'interprétation que fait le nouveau président des institutions de la Ve République vise à renforcer le pouvoir exécutif et le système de l'état d'urgence quasi permanent. En se plaçant au-dessus des partis, Emmanuel Macron abuse d'une formule éprouvée depuis 1790 puis 1793, et lors de chaque crise politique française grave, en 1795, 1799, 1815, 1851, 1940, 1958 et finalement en 2017-2019. Le pouvoir exécutif, en la personne d'un sauveur, tente de supplanter le pouvoir législatif que l'on décrédibilise en exagérant son inefficacité ou son éloignement du peuple, au risque de fragiliser la démocratie représentative. En adoptant la modération, celle du juste milieu, qui est censée réparer les excès des députés, un centre politique, semblable et différent selon les générations, s'invente lors de chaque crise. La saison des tourne-veste répète les mêmes recettes depuis deux cent trente ans, de 1789 à 2019. La vie politique française, malgré ce qu'en dit toute une tradition historiographique, n'est pas bloquée par une lutte handicapante entre droite et gauche, mais par un poison : celui d'un extrême centre, flexible, prétendu modéré mais implacable qui vide de sa substance démocratique la République en la faisant irrémédiablement basculer vers la république autoritaire. Le macronisme n'est pas une Révolution : c'est une vieille histoire.
Volontiers qualifiées de "favorites", de "presque reines" et même parfois de "sultanes", les maîtresses des rois de France sont parmi les femmes les plus célèbres de l'Ancien Régime. Si, depuis le début du XIXe siècle, nombre de biographies et de romans historiques leur furent consacrés, elles rencontrent un accueil plus mitigé auprès des chercheurs. Flavie Leroux vise dans cet ouvrage à dépasser l'anecdote et la "petite histoire", pour proposer une perspective plus large rendre compte du rôle central que les maîtresses ont pu tenir dans la construction de leur propre parcours, dans le devenir de certaines familles et dans le fonctionnement institutionnel de la monarchie. L'enjeu est d'étudier le phénomène de la faveur au féminin en général à l'aide de sources largement inédites. A cet effet, est considérée une période charnière dans l'histoire de France : les règnes de Henri IV (1589-1610) et de Louis XIV (1643-1715), qui marquent l'avènement et l'expansion de la monarchie dite absolue. On retrouvera des figures fameuses, telles Gabrielle d'Estrées, Mme de Montespan ou Mme de Maintenon, mais aussi des maîtresses moins connues, comme Jacqueline de Bueil, Charlotte des Essarts ou encore Marie-Angélique de Fontanges. L'étude ne s'arrête cependant pas aux femmes qui entretiennent une liaison avec le roi. Leurs enfants, leurs parents, les individus et les communautés qu'elles protègent sont également au coeur de la réflexion. Au-delà du portrait factuel, politique, tapageur ou moral, la maîtresse et les siens sont considérés dans leur réalité sociale. Filles, soeurs, tantes, mères, parfois épouses ou veuves, mais aussi dames nobles, femmes d'affaires et protectrices : autant de visages qui montrent la capacité d'action de ces femmes et leur influence dans le devenir de leurs proches, tout en éclairant le fonctionnement du pouvoir royal.