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La fabrique du genre. (Dé)constructions du féminin et du masculin dans les arts et la littérature an
Marret Sophie ; Le Fustec Claude
PU RENNES
21,00 €
Épuisé
EAN :9782753507661
Pourquoi un ouvrage sur le genre ? Pourquoi un de plus ? Comme le fait remarquer Philippe Lejeune dans l'interview figurant dans ce volume, les études sur le genre occupent une place importante dans la recherche anglo-saxonne, qui les conçoit comme un enjeu politique majeur. Il en va autrement en France. Les chercheurs dans le domaine des études anglophones, ne peuvent ignorer cette question, ils lisent leurs consoeurs et confrères outre-atlantique, s'en inspirent, mais ils font montre d'une attitude plus réservée. Sans doute est-ce un fait de culture, mais c'est aussi le produit d'un déplacement : alors que les études de genre sont issues des travaux des féministes de la génération des années soixante-dix, notamment Hélène Cixous, Julia Kristeva et Luce Irigaray, qui se positionnèrent en regard de la psychanalyste freudienne, les développement contemporains sont plus spécifiquement américains, bien que puisant leurs sources dans le post-structuralisme français , en particulier Foucault, Derrida, Lacan, l'on pense notamment à Judith Butler, Leo Bersani ou Eve Sedgwick. C'est de ce hiatus qu'est partie la recherche qui a donné lieu à cet ouvrage, avec pour perspective, à la fois de rendre compte de l'inspiration que la critique européenne puise dans la pensée anglo-saxonne, mais aussi de mettre en lumière la manière spécifique dont elle se l'approprie, voire dont elle s'en distingue. Pour charpenter ce travail, les articles qui constituent ce volume ont été placés en regard d'interviews de ceux qui inspirent leurs démarches critiques. Notre choix fut subjectif, partiel. Les personnes sollicitées n'ont pas toutes souhaité ou pu répondre à nos questions.
Ce livre propose d'examiner l'incidence du dernier enseignement de Lacan sur la forclusion du Nom-du-Père. Avec ce concept, Lacan signale en 1958 " le défaut qui donne à la psychose sa condition essentielle, avec la structure qui la sépare de la névrose ". Or, à cette période, pour Lacan le Nom-du-Père désignait l'Autre de la loi, il était l'Autre de l'Autre. Dans le dernier enseignement le statut de l'Autre change, il devient barré et avec lui le Nom-du-Père, comme support de la loi, est mis en question. Il se pluralise, il devient substituable dans sa fonction qui n'est autre que celle de nommer à. On passe ainsi à l'au-delà de l'OEdipe et le Nom-du-Père est réduit à une fonction de nomination du réel. Il n'est qu'un sinthome qui lie le réel, le symbolique et l'imaginaire. Par conséquent, la notion de forclusion se déplace aussi. D'un côté, la forclusion généralisée -forclusion structuraledésigne le trou auquel tout un chacun est confronté, de l'autre la forclusion restreinte -forclusion psychotiquedésigne soit le dénouage du noeud borroméen, soit un nouage qui n'est pas borroméen. Le fait que le Nom-du-Père peut être substitué dans sa fonction a eu des conséquences cliniques. Les versions non standard du Nom-du-Père amènent plusieurs sujets psychotiques à se soutenir dans le monde sans l'appui classique du Nom-du-Père et sans présenter de troubles manifestes. La psychose ordinaire -l'entité clinique qui ne présente pas de phénomènes psychotiques indubitables mais qui n'a rien de névrotique non plus- en constitue la conséquence clinique majeure.
Résumé : Produis ! Consomme ! Profite ! Sois heureux ! - ainsi tonnent les sommations contemporaines alors que s'achève le déclin du patriarcat. Contrairement aux espoirs du XXe siècle, l'allégement de la morale traditionnelle n'a pas libéré l'humanité du poids des injonctions, aussi intransigeantes et insensées soient-elles. C'est ce champ-là - celui des exigences, du jugement moral, de la culpabilité - que la psychanalyse aborde avec le concept freudien de surmoi. Mais, qu'est-ce le surmoi ? Où s'enracine-t-il ? Situé au joint de la pulsion et des impératifs de la civilisation, ce concept dévoile un fait de structure à la fois incontournable, civilisateur et féroce. Suivant de près les apports de Sigmund Freud et de Jacques Lacan, cet ouvrage s'attaque à son élucidation sans faire fi de sa complexité et de ses paradoxes. Etant indissociable de son époque, le surmoi constitue une clé majeure pour interpréter celle-ci. Depuis sa création par Freud en 1923, on constate son incontestable puissance explicative. Sans son appui, il n'existe aucune chance d'éclairer des phénomènes apparemment incompréhensibles voire irrationnels, tels la dépression généralisée et le triomphe du fait religieux - que Lacan anticipait. A sa lumière, les trois grands monothéismes se révèlent sous un angle inédit comme autant de machines à cerner le vécu de la faute et à le traiter. Le terrorisme djihadiste, l'une des formes les plus aberrantes de la croyance aux temps des incroyants, se trouve aussi clarifié... "Oublié" ou édulcoré par certains courants de la psychanalyse, ignoré pour mieux l'incarner par les thérapies psycho-éducatives, le surmoi est un concept incommode, subversif, dérangeant. Cet ouvrage constitue ainsi une pièce à conviction éveillant le lecteur à l'action de la voix du surmoi véhiculée par les berceuses et les chants de sirène de la civilisation. Le risque de le méconnaitre serait celui de relayer à notre insu son pousse-au-pire.
Marret-Maleval Sophie ; Boileau Nicolas ; Zebrowsk
En 1964, Marguerite Duras publie Le Ravissement de Lol V. Stein. Le roman fait événement. Pour l'auteure d'abord, qui dira en 1993, dans Ecrire, qu'il a été de ces livres "encore inconnus de moi et jamais encore décidés par moi et jamais décidés par personne". En 1965, le psychanalyste Jacques Lacan rend hommage à une écriture qui, selon lui, parvient à cerner un savoir insu et converge avec l'usage de l'inconscient. L'artiste précède le psychanalyste, lequel a à s'enseigner de lui. Avec son Hommage, Lacan inaugure un nouveau champ d'étude autour de l'oeuvre de Marguerite Duras. Duras avec Lacan marche ainsi dans ses pas, prolongeant/poursuivant l'exploration des contrées ouvertes par le psychanalyste et la romancière, aux confins de l'indicible, là où la lettre touche au réel. L'ouvrage rassemble des textes majeurs qui poursuivent l'enseignement de Lacan et éclairent d'un jour nouveau la lecture du Ravissement de Marguerite Duras. Il s'agit de deux leçons du cours inédit "Les Us du laps" que Jacques-Alain Miller a donné en 1999-2000 ainsi que l'intervention que le psychanalyste Eric Laurent y avait faite. Ces textes, tels des boussoles, offrent des enseignements décisifs sur la logique du regard et de l'angoisse, du corps, de l'amour et du ravissement. Cet ouvrage recueille également, d'une part des textes de psychanalystes, de philosophes et de spécialistes de littérature qui ont fait date dans les études sur Duras, et d'autre part des contributions inédites s'inscrivant dans la perspective ouverte par Lacan et l'orientation donnée par Jacques-Alain Miller dans son enseignement il y a vingt ans. L'écriture, l'objet, l'amour, la féminité, le savoir insu sont autant d'axes par lesquels les auteurs abordent l'oeuvre d'une écrivaine qui, comme le dit Lacan, célèbre "les noces taciturne de la vie vide avec l'objet indescriptible" . C'est à ce vivifiant travail de lecture, initié par Jacques Lacan et prolongé par Jacques-Alain Miller, que Sophie Marret-Maleval, Claire Zebrowski, Nicolas Boileau et Dominique Corpelet ont souhaité à leur tour rendre hommage. Cet ouvrage se veut une invitation à lire et relire Duras, avec Lacan.
Hourmant François ; Lalancette Mireille ; Leroux P
Au Canada, les selfies du premier ministre Justin Trudeau sont devenus un marqueur de son identité politique et une ressource stratégique. En France, Nicolas Sarkozy, et plus récemment Emmanuel Macron, ont multiplié les couvertures de Paris Match, accédant avant même d'être élus au statut de célébrités politiques, n'hésitant pas à jouer sur les ressorts de la peopolisation pour asseoir leur visibilité et leur légitimité. Entre scandalisation et médiatisation promotionnelle, une nouvelle économie politique de la célébrité s'est imposée aux leaders politiques, désormais soumis à ces "tyrannies de l'intimité" dont parlait déjà Richard Senett à la fin des années 1970, comme au panoptisme des réseaux sociaux. En croisant les analyses et les regards transatlantiques, en confrontant les trajectoires - celles de Louise Michel et de Rachida Dati, de Marine Le Pen et de sa nièce Marion Maréchal Le Pen, d'Emmanuel Macron et de Justin Trudeau - il s'agit alors de tenter comprendre ce que la culture de la célébrité fait à la politique. Dévoiement de la politique pour les uns, appauvrissement du débat, disqualification du discours au profit des logiques émotionnelles, danger de démagogie par l'hypertrophie des affects, propension à l'exhibitionnisme des prétendants et au voyeurisme des électeurs, l'irruption de la "topique de la célébrité" peut aussi être considérée comme un outil de revitalisation de la politique à l'heure du désenchantement démocratique et de la crise de la représentation.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Entre le XVIe et le XVIIIe siècle, la liberté de conscience a été conçue, en latin et dans une poignée de langues européennes, comme une possibilité de croire, de changer de croyance ou de ne pas en avoir. Elle a ainsi reçu une acception distincte de celle de la liberté religieuse ou de la liberté de religion. Lors de son inscription dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, adoptée sans vote négatif par l'assemblée générale des Nations Unies en décembre 1948, ce droit individuel a néanmoins suscité des réserves ou oppositions qui ont empêché sa déclinaison constitutionnelle par des Etats membres. Une génération plus tard, la contestation de la liberté de conscience s'est trouvée renforcée au nom de la reconnaissance de sensibilités culturelles différenciées, au nom d'une lutte contre l'apostasie - parfois associée au blasphème ou à l'insulte contre des religions - ou au nom de la défense de l'unité d'un corps. Cette enquête historique s'inscrit dans le temps long des sociétés humaines. Etablie sur des sources linguistiques diverses, elle vise à saisir l'émergence d'une notion au sein de communautés spécifiques, du Bassin méditerranéen à la Chine et à l'Amérique, à comprendre les motifs d'adhésion et de rejet formulés par plusieurs centaines d'auteurs, à déterminer les modalités d'expansion de cette liberté, de sa traduction dans des langues qui n'en avaient pas dessiné les contours, ainsi qu'à appréhender les ressorts des remises en question contemporaines. Explorant, entre autres, les registres de la philosophie, de la théologie et du droit, cette recherche met en exergue la force et la fragilité d'une des libertés fondatrices de la modernité, historiquement située, louée ou décriée. Préface de Yadh Ben Achour
A Rome, religion et pouvoir sont étroitement imbriqués, comme le montre le relief en couverture du volume : autour de l'autel, le dieu (Mars en l'occurrence) et le magistrat veillent de concert à la clôture des opérations du census qui, tous les cinq ans, définissaient la place de chacun dans la communauté civique. Cet ouvrage permet de mieux appréhender les rapports entre religion et pouvoir dans le cadre des collectivités romaines, de la deuxième guerre punique à la fin des Sévères. Avec les pratiques rituelles pour fil conducteur, il privilégie trois problématiques : les institutions, les acteurs dans leurs espaces et pratiques, et les changements face à l'évolution des situations historiques. L'enquête est nourrie des renouvellements historiographiques opérés depuis deux générations dans l'histoire des religions comme dans l'histoire politique et sociale du monde romain.