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L'eau, la terre, les hommes. Passé et présent des Oasis Occidentales (Algérie, avec 1 DVD
Marouf Nadir
L'HARMATTAN
33,00 €
Épuisé
EAN :9782296131118
Les ruptures majeures qu'ont connues les Oasis Occidentales tiennent à deux faits successifs. Le premier concerne la désaffection de la hiérarchie nobiliaire. Cette désaffection porte sur les statuts sociaux, puisque les anciens serfs, appelés harratin, ou du moins une partie d'entre eux, se libèrent du travail servile dans un contexte de ruine des propriétaires soumis désormais à l'exaction fiscale coloniale. La seconde rupture, consécutive à la première, tient au caractère dynamique des oasiens harratin au lendemain de l'indépendance. Cependant la résistance d'en haut et le relent de conservatisme de la vieille notabilité foncière ne manquent pas de freiner la dynamique d'ascension sociale. Les deux ruptures qui précèdent sont en réalité consubstantielles du même paradoxe de la " dissolution-conservation ". Ce paradoxe va prendre d'autres formes avec les réformes agraires successives que connaîtra la région oasienne, notamment la procédure de revivification des foggara sur fonds publics et, une décennie plus tard, la révolution agraire qui l'une comme l'autre, n'auront aucun effet palpable. Les Oasis Occidentales connaîtront en revanche, à partir des années 80, des transformations, voire des malaxages qui, pour le meilleur ou pour le pire, modifieront drastiquement le paysage. Le coût écologique du projet sera rédhibitoire. L'autre coût, plus lourd de conséquences, est d'ordre social. Nous assistons en effet à la coexistence d'une culture d'oasis et d'une culture capitaliste donnant lieu à l'abandon à terme de la première, et à une professionnalisation progressive de paysans devenus " ouvriers agricoles ", ce qui rappelle curieusement le processus de colonisation en Algérie au milieu du 19e siècle. La postface de ce livre est un DVD. Elle constitue la synthèse de la problématique posée ici du destin des Oasis et de leurs habitants.
Dans un entretien avec Nadir Marouf, professeur émérite de l'université de Picardie-Jules Verne, ayant occupé divers postes d'enseignant-chercheur dans les universités françaises et algériennes, ont été abordées les grandes thématiques qu'il avait développées au cours de sa carrière de sociologue et d'anthropologue, l'auteur explique, entre autres, les raisons de son invisibilité auprès des jeunes générations de chercheurs de son pays natal et les raisons pour lesquelles il est publié dans d'autres pays, notamment en France. Auteur de véritables trésors en sciences humaines et sociales, il dresse un bilan sur l'histoire de la sociologie en Algérie et relate sa vision quant à l'avenir de l'anthropologie au Maghreb. Une interview de plusieurs heures à permis de mettre en relief les grandes étapes de sa vie personnelle, intellectuelle et professionnelle, de sa démarche sociologique, en sus de ses diverses enquêtes empiriques qui lui ont permis de conceptualiser sa propre vision des choses en donnant vie à des paradigmes propres à notre société. Le présent ouvrage se compose de deux parties : une première partie porte sur un entretien sollicité par deux collègues de l'université de Tlemcen, à savoir madame Lynda Abdellaoui et monsieur Mohammed Bachir. Cette partie est intitulée : "Regards sur la sociologie en Algérie : entretien avec Nadir Marouf, l'homme, le sociologue et l'anthropologue". La deuxième partie réunit quelques articles de presse publiés dans les quotidiens nationaux depuis les six dernières années et qui portent aussi bien sur des points de doctrine académique que sur des questions d'actualité.
Depuis Le Maghreb entre deux guerres de Jacques Berque, publié au début des années soixante, aucune synthèse significative de l'histoire sociale du " Maghreb après-guerre ", c'est-à-dire de la deuxième moitié du XX° siècle, n'a été faite. En effet on peut se rendre compte que l'œuvre berquienne a laissé derrière elle un vide immense à combler, comme on peut imaginer, mutatis mutandis, la tache titanesque d'un homme, dont le secret de la méthode résidait autant dans l'acuité intuitive et quasi phénoménologique de l'observation, que dans la fréquentation des hommes et des lieux. Le secret de la méthode résidait dans plus d'un demi-siècle d'enquêtes sur les données d'archives, sur le vécu des communautés dans ses multiples dénivellations, comme sur les grandes figures - dont certaines étaient par ailleurs méconnues du public - qui ont façonné l'histoire contemporaine du Maghreb et qui, pour la plupart, ont été côtoyées par l'auteur. Le secret de la méthode résidait enfin autant dans la puissance visionnaire de l'analyse que dans le périple sacerdotal d'une vie tout entière. Il s'agit d'un " kaléidoscope " qui balayait lieux-dits, bourgs et douars, séparés par les frontières et dont est mise en forme une convergence structurelle des rapports au sol, au droit, à la vie. Il va sans dire que cette méthode n'est pas transmissible aux générations suivantes à la manière d'un mode d'emploi. En revanche, il n'est pas impossible de s'inscrire dans une œuvre de synthèse dans le cadre d'un travail d'équipe. La présente contribution constitue une pierre à cet édifice. Bâtir les fondements d'une anthropologie du Maghreb contemporain pose cependant d'énormes problèmes théoriques et pratiques qu'il convient d'abord de recenser, et si possible de résoudre. C'est pour répondre à ces exigences que l'auteur de ce livre - ancien disciple de Jacques Berque pour l'avoir côtoyé trente années durant - pose les jalons préalables de cette entreprise en esquissant, à partir de son propre itinéraire à la fois de chercheur et de " témoin " de son temps, " les fondements anthropologiques de la norme maghrébine ".
La pression foncière péri-urbaine et ses formes de gouvernance s'exercent de différentes manières selon le pays, voire la région considérée. En Algérie, l'urbanisation à marche forcée (même si le taux d'occupation en milieu rural semble se stabiliser) bouscule la gouvernance foncière, notamment sur le plan juridique. Les plus-values potentielles sur les zones péri-urbaines, jadis terres agricoles, suscitent des convoitises et, mutatis mutandis, des procédures de contournement de la loi, pour des raisons qui tiennent plus de l'imbroglio juridique ambiant résultant du précédent législatif colonial et/ou de la méconnaissance du terrain qu'à des intentions coupables : état du cadastre et du service des domaines, état de la conservation des hypothèques, compétence des experts fonciers en matière de litiges judiciaires, maîtrise de la situation de la part de l'acteur judiciaire lui-même, sans oublier les contournements volontairement frauduleux en matière de transaction immobilière (pratiques notariales, pratiques des promoteurs immobiliers, pratiques des spéculateurs rachetant illégalement des droits à des tiers en situation litigeuse se faisant fort de les régler à leur manière, etc.), enfin, les ruptures de mentalité de ce qu'il convient d'appeler la "culture du foncier". En effet, les actes notariés indiquaient jadis que l'acquéreur connaissait la chose vendue, ce qui dispensait le notaire d'investiguer sur l'origine de la propriété. Aujourd'hui, en revanche, les ayants droit n'ont plus la mémoire du toponyme, et restent tributaires de la "raison graphique", qui n'est cependant pas toujours disponible au niveau de l'administration domaniale...
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.