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La statue de Condillac. Les cinq sens en quête de moi
Markovits Francine
HERMANN
28,05 €
Épuisé
EAN :9782705697433
En 1754. dans le Traité des sensations, Condillac s'efforce de démontrer que "toutes nos connaissances et toutes nos facultés viennent des sens, ou plutôt des sensations". Pour cela. Condillac développe une Fiction, celle d'une statue dont il éveillerait progressivement les sens. Il demande au lecteur de se penser à la place de la statue, de s'imaginer n'avoir qu'un sens lorsque celle-ci n'en a qu'un seul d'éveillé, d'examiner successivement les cinq sens, isolément puis en les associant l'un à l'autre. L'attention, l'imagination, la mémoire, l'entendement ne seraient pas les facultés d'un ego mais seraient distribués sur chaque sens. Au lieu de déterminer des facultés comme les pouvoirs d'un moi substantiel dans une métaphysique créationniste, Condillac construit le paradigme d'un moi pluriel, effet des opérations qu'il effectue. Le présent livre réévalue ainsi ce qu'une tradition philosophique, des idéologues aux positivistes, a décrit comme le sensualisme. Pour interroger cette interprétation, la fiction condlllacienne de la statue peut être confrontée aux hypothèses qui lui sont contemporaines La Mettrie et son homme-machine, Diderot et l'idée d'anatomie métaphysique, Boureau-Deslandes et son Pygmalion, l'histoire naturelle de Charles Bonnet et l'homo duplex de Buffon, à des titres différents, retravaillent l'anthropologie. Cette pensée du sensible qui déplace l'homme dans la nature et dans l'histoire inquiète théologiens et moralistes et convoque les lecteurs d'aujourd'hui dans leur critique du subjectivisme.
Résumé : Chaque année, pointant le faible écho rencontré par les productions françaises à l'étranger, la presse anglophone annonce la "mort de la culture française". Face à ces interrogations lancinantes, le XVIIIe siècle apparaît à certains comme un âge d'or, le temps béni du "rayonnement" européen, voire universel, d'une culture française contagieuse et irrésistible. De ce phénomène, quelle manifestation plus emblématique en apparence que les troupes de comédiens qui sillonnaient l'Europe, jouant Molière en langue originale aux quatre coins du continent, de Cadix à Saint-Pétersbourg et de Stockholm à Palerme ? Contre une lecture nostalgique et mystificatrice, Civiliser l'Europe révèle et décrit les mécanismes à l'oeuvre dans la dissémination européenne du théâtre français. En s'appuyant sur les méthodes nouvelles de l'histoire transnationale, Rahul Markovits met en lumière la diversité des situations. Princes et ministres en quête de prestige politique, diplomates et chefs militaires promouvant le soft power français, chefs de troupe et comédiens à la recherche d'opportunités économiques, administrateurs napoléoniens convaincus de l'influence civilisatrice des chefs-d'oeuvre de la scène française : c'est de l'action de l'ensemble de ces protagonistes qu'est constituée la matière de ce livre. Le théâtre français n'était pas perçu dans les cours princières comme un simple divertissement ni comme le signe d'une grandeur littéraire incontestée. Représentant aux yeux des élites françaises la quintessence de la civilisation qu'elles prétendaient incarner, il devint sous leur égide, parfois pacifique, parfois brutale, l'instrument d'une tentative d'unification culturelle de l'Europe. L' "Europe française" du Siècle des lumières ne nous tend pas le miroir de notre grandeur culturelle déchue. Elle nous montre que les dominations culturelles ne sont pas massives et univoques, mais souvent relatives et toujours localisées.
Résumé : " Prenez, c'est gratuit ! " On vous offre un journal, une boisson, un compte e-mail illimité, un préservatif, un parfum, un livre... Que répondre ? " Merci " ? ou " Non merci " ? Gratuit, gracieux, gratis, sans prix, libre... Quoi de plus beau en somme ? Mais qui est dupe ? Quelles sont les équivoques de la gratuité et quelle en est la paradoxale économie ? De l'Internet aux coutumes des Indiens Kwakiutl, de la grâce divine à Marx, en passant par le barbier qui rase gratis, Francine Markovits décortique des situations de gratuité et se demande si cette gratuité a jamais échappé à une règle fort simple : on n'a rien pour rien.
Faut-il penser l'unité de "la" philosophie des Lumières comme s'il s'agissait d'un phénomène européen homogène? Lumières, Aufklärung, Enlightment, Illuminismo: ces termes ne sont pas la traduction l'un de l'autre. Unifier ces pensées en leur attribuant un commun recours à l'universel a un caractère profondément problématique et peut avoir un sens idéologique et politique. Le présent ouvrage, en marquant la persistance de l'argumentaire sceptique, propose, selon la formule de La Mothe Le Vayer, un Décalogue sceptique qui ne se réduit pas au doute généralisé: il prescrit et programme une systématicité dans l'étude de la variation des normes. Au temps des Lumières, en effet, l'universel de toutes les normes, théoriques ou pratiques, fait réellement débat et met en question une philosophie de la lumière naturelle et une métaphysique du moi supposé être un point fixe. Cette critique de l'universel s'exprime dans une philosophie du sensible: Diderot étudie la figure paradoxale de l'Aveugle, Condillac érige sa statue, l'abbé de l'Epée restitue les sourds muets à la dimension de la discursivité, La Mettrie invente "Monsieur Machine" tout en invoquant une métaphysique de la tendresse, Rousseau justifie un épicurisme de la raison et un art de jouir, Hume naturalise la religion en l'articulant à des passions fondamentales, Montesquieu, attentif à la logique des histoires singulières, démonte et compare les machines juridiques. Le pluriel des Lumières a été méconnu: il permet pourtant de comprendre le caractère équivoque de leur héritage aujourd'hui, entre la reprise morale d'un universalisme des normes et sa contestation dans un travail juridique et anthropologique.
Résumé : Un présupposé méthodologique fondamental traverse l'ensemble des sciences contemporaines : la connaissance scientifique doit être neutre sur le plan métaphysique, c'est-à-dire s'abstenir de recourir à des entités invérifiables et transcendantes. Mais comment en faire l'économie à propos de questions comme celles de la création, de l'origine, des premiers commencements, qu'il s'agisse du monde ou des espèces ? De la transcendance de l'origine à l'immanence des commencements, cet ouvrage expose la façon dont cette idée d'" abstinence métaphysique " est apparue en histoire naturelle au milieu du XVIIIe siècle. Aujourd'hui la résistance des arguments créationnistes nous montre combien il est utile de faire l'histoire de cette idée. Si les sciences ne se débarrassent jamais de la question de l'idéologie, elles n'ont pas pour autant à se mêler aux théologies. Comment l'abstinence métaphysique fonde-t-elle l'indépendance des sciences, alors même qu'elle autorise ou bien un Dieu détaché de la nature, ou bien son inexistence ? C'est à cette réflexion que nous invite Pascal Charbonnat.
Dans son livre L'âme désarmée, essai sur le déclin de la culture générale, le philosophe Allan Bloom écrivait : "La question qui se pose à tout jeune être humain : "Qui suis-je ? " et le besoin puissant de se conformer à l'impératif de l'oracle de Delphes : "Connais-toi toi-même" qui est congénital en chacun de nous, signifient en premier lieu : "Qu'est-ce que l'homme ? "... La culture générale donne accès à ces réponses, dont plusieurs vont à l'encontre de notre nature et de notre époque. L'homme pourvu de culture générale est capable de ne pas s'en tenir aux réponses faciles... Il est certes ridicule de croire que ce qu'on apprend dans les livres représente l'alpha et l'oméga de l'éducation, mais la lecture est toujours nécessaire, en particulier à une époque où les exemples vivants de valeurs élevées sont rares". Inscrits dans la foulée de cette réflexion, Thomas De Koninck, Joseph Facal, Mathieu Bock-Côté et Louis-André Richard, professeurs engagés au service de l'éducation libérale, tentent de comprendre les chemins menant à une culture générale signifiante. Nous proposons, en songeant à la course effrénée des penseurs de l'école pour adapter celle-ci aux besoins immédiats du monde du travail ou aux tendances sociétales du moment, d'interroger les modalités de l'éducation supérieure : Remplit-elle son mandat ? Favorise-t-elle un milieu privilégié d'éducation libérale ? Qu'en est-il aujourd'hui de l'idée d'université ?
Les principes directeurs du présent livre sont la libre pensée et la libre expression, ouvertes, mobiles et affranchies des idéologies conservatrices ou progressistes". La guerre des sexes n'est pas morte : sous la pression de mouvements dénonciateurs ou en raison de clivages politiques grandissants, hommes et femmes semblent poussés à l'affrontement. Aussi nombreuses que soient les voix s'élevant pour arbitrer la rixe, celle de Camille Paglia connaît peu d'égales. Ce recueil convie à un riche programme : l'histoire du féminisme, les rapports entre l'inné et l'acquis, l'avortement, la chirurgie plastique, les femmes en politique, le sadomasochisme ou encore l'esthétique (qu'il s'agisse de la représentation évolutive des corps féminins dans l'histoire de l'art ou de l'étude de figures inspirantes, du buste de Néfertiti à la belle du Sud, en passant par Madonna et Germaine Greer). Pareille diversité atteste un apport précieux et original aux débats féministes et culturels contemporains.
La dépression est-elle une vraie maladie, que seuls les psys et les docteurs savent diagnostiquer ? Peut-elle être traitée avec des médicaments efficaces ? Ou bien est-ce une sorte de "maladie imaginaire" dont ceux qui en souffrent sont des tire-au-flanc qui s'écoutent trop ? Les médicaments antidépresseurs marchent-ils, ou bien sont-ils une sorte de drogue légale qui rapporte beaucoup d'argent ? En somme, qu'est-ce réellement que la dépression, ce phénomène si répandu et pourtant si mal connu ? Dans ce petit livre ingénieux, Maël Lemoine nous aide à distinguer, à rebours des idées reçues, ce qu'est, et n'est pas, la dépression, quels sont les faits scientifiquement établis, loin du discours des philosophies feel good qui vendent un bonheur kitsch et irréaliste. Cette Petite philosophie de la dépression, qui prend au sérieux la réalité des phénomènes dépressifs, propose ainsi en creux une réflexion sur le véritable bonheur.
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.