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FIGURES DE PHENOMENOLOGIE HUSSERL, HEIDEGGER, LEVINAS, HENRY, DERRIDA
MARION
VRIN
19,00 €
Épuisé
EAN :9782711624225
Dans le triptyque ouvert par Réduction et donation (1989), assuré dans Etant donné (1997) et complété avec De Surcroit (2001), nous avons procédé assez globalement pour qu'on nous permette ici de rassembler après-coup certains des travaux préparatoires. Cette nécessité parut encore plus exigeante lorsqu'il se fut agi de prolonger la phénoménalité de la donation par la description du phénomène érotique (Le phénomène érotique, 2003) ou de l'appliquer herméneutiquement à une oeuvre théologique (Au lieu de soi. L'approche de saint Augustin, 2008). Ainsi reconnaîtra-t-on ici des recherches historiques sur le dépassement de l'horizon de l'objectité du phénomène imposé par la notion, nécessaire mais d'abord incomprise, de donation, où Husserl et Heidegger ont repris et enfin abordé de front ce qui, pour l'Ecole de Marbourg et tous les néokantiens, restait une pierre d'achoppement. Puis on trouvera deux moments d'une discussion avec Emmanuel Levinas, commencée dès L'idole et la distance (1977) et les Prolégomènes à la charité (1986) mais restée en suspens, sur la légitimité de recourir à l'amour comme un concept. Deux autres débat furent aussi essentiels, tant Henry et Derrida ont conduit plus avant dans la compréhension des questions de l'invisibilité phénoménale et de l'impossibilité comme une ouverture. Enfin les trois dernières études, en discussion serrée avec tous, fixent l'accès au soi par autrui, l'émergence du tiers comme second autrui accomplissant l'évasion hors de soi, et à la fin l'irréductible par excellence, celui que toute réduction atteste négativement. Ces essais attestent cependant beaucoup plus que leurs résultats. Ils témoignent à leur manière d'un privilège remarquable de la tradition, désormais séculaire de la phénoménologie: sa capacité de développement cumulatif.
Récit d'une fraternité nouée d'abord dans le berceau des lettres. Kiyoshi Komatsu-André Malraux? : deux destinées qui s'entrecroisent et tissent au fil de leur amitié une oeuvre littéraire en miroir. Malraux rêve du Japon des Samourais, Kiyoshi de la Bohême parisienne. Kiyoshi traduit les oeuvres de Malraux dans les revues japonaises avant-gardistes, Malraux crée le personnage de Kyo dans sa Condition humaine. L'un suivra le Général de Gaulle, l'autre cotoyera le futur Hô Chi Minh. Du 20 février 1931, date de leur première rencontre, dans le bureau de Malraux à la NRF, à la mort de Kiyoshi le 5 juin 1962, ce récit fait la lumière sur celui qui était l'ombre japonaise du "?vieil Enchanteur?".
Biographie de l'auteur Denis Marion (1906-2000), de son vrai nom Marcel Defosse, est d'abord avocat puis à partir de 1945 correspondant à Paris du quotidien Le Soir. Spécialiste du cinéma, il est assistant et coscénariste avec Malraux du film L'Espoir, sierra de Turuel. Traducteur, il est également dramaturge et romancier.
Des religieux voués à la prédication peuvent-ils se reconnaître "une vocation universitaire" ? L'Université, de son côté, est-elle prête à recevoir et intégrer la collaboration de "frères prêcheurs" ? En 1907, quelques jeunes dominicains français, professeurs au "Saulchoir" , en Belgique, où ils étaient alors exilés par les lois anti-congréganistes, créaient la Revue des Sciences philosophiques et théologiques : ils se donnaient ainsi un instrument qui leur permettrait de communiquer au public savant non seulement les fruits de leurs propres travaux, mais aussi les résultats d'autres spécialistes engagés dans les mêmes disciplines et de nourrir par là un dialogue constant au sein de la recherche universitaire. En 2007, célébrant son centenaire par un colloque à l'Institut Catholique de Paris, la revue a voulu évaluer la pertinence des intuitions qui présidèrent à sa fondation et dresser un inventaire critique de ses principales réalisations. L'intérêt des contributions ici rassemblées dépasse celui de l'histoire d'un siècle d'études dans l'Ordre des Prêcheurs : on y trouve des ressources originales pour penser aujourd'hui la question du rapport entre culture universitaire et appartenances religieuses, raison et foi.
Généralement cité pour mémoire, Francis Hutcheson (1694-1746) mérite d'être lu dans le texte. La question de la nature et des rapports du Beau, du Bien, du Vrai et du Juste se pose à lui dans un contexte renouvelé : il s'agit, dans le cadre de la théorie lockienne des idées, et contre la rationalité pratique d'un Hobbes ou d'un Mandeville, d'aller plus loin que Shaftesbury pour sauver la morale du relativisme. Identifier, au coeur de la vertu, la spécificité du sens et du sensible face aux calculs de la raison, telle est la tâche que Hutcheson s'est assignée. Sa postérité, de Hume et Kant, qui lui doivent beaucoup, s'étend jusqu'à la philosophie analytique, qui voit en lui l'initiateur original de questions actuelles.
Nombreuse, infiniment ondoyante et diverse, cette pensée n'est qu'une charité toujours active dont le mouvement incessant tend vers des objets qui nous échappent ou vers les aspects inconnus de ceux que nous percevions déjà. Comment suivre une telle pensée sans être cette pensée même (...)? ". Le présent ouvrage tente une réponse en même temps qu'il pose la question. Considérant que les écrits de Bonaventure dessinent moins une progression linéaire qu'ils ne suivent un " ordre du coeur ", Etienne Gilson propose ici, après un chapitre introductif de nature biographique qui cherche l'homme derrière l'oeuvre, un parcours circulaire autour du centre de la synthèse bonaventurienne, le Verbe, incarné en la personne du Christ. C'est ainsi que se trouvent abordés les thèmes fondamentaux que sont la critique de la philosophie naturelle, l'évidence de l'existence de Dieu et le problème de la science et de la volonté divines, mais aussi la création, les corps inanimés, les animaux, l'âme humaine, les anges, ou encore l'illumination, la grâce et la béatitude. Ces études convergent et culminent tout à la fois dans un dernier chapitre qui s'attache à saisir l'esprit de ce penseur. A l'encontre de l'argument qui consiste à qualifier Bonaventure de mystique pour le reléguer hors de l'histoire de la philosophie, Etienne Gilson se propose de recourir précisément à cet argument pour l'y réintégrer : le sentiment mystique, pénétrant en effet toutes les couches de l'édifice, est ce qui lui confère sa systématicité, et une systématicité telle que cette mystique spéculative bonaventurienne partage seule avec la doctrine thomiste le titre de synthèse de la pensée scolastique tout entière. Tendant toujours vers une métaphysique de la mystique chrétienne comme vers son terme ultime, cette pensée témoigne simultanément de la nécessité de la science et de sa subordination aux " ravissements mystiques ", et se situe à la rencontre des influences de saint François, de saint Augustin et des exigences systématiques des Sommes de Thomas d'Aquin. L'oeuvre de Bonaventure marque ainsi un moment capital dans le long progrès par lequel la théologie scolastique parvint à l'unité d'un système.