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Un monde et son double. Regards sur l'entreprise visuelle des Archives de la planète (1919-1931)
Marinone Isabelle ; Cadé Michel ; Dupont Jocelyn ;
PU PERPIGNAN
22,00 €
Épuisé
EAN :9782354123291
Au début du XXe siècle, le banquier Albert Kahn place toute sa fortune dans la constitution d'une collection unique de films et de photographies couleur (autochromes) : les Archives de la Planète. Au cours des missions et des années, Kahn envoie de parle monde des opérateurs recueillir les marques de l'activité humaine partout sur le globe. Caprice de grand bourgeois ? Les actions de cet ami d'Henri Bergson suggèrent bien d'autres buts, bien d'autres intentions. Albert Kahn est profondément travaillé par un idéal de fraternité et d'accord entre les hommes qui attire l'attention de ses contemporains. Films et photographies aident à la construction de cette utopie cultivée : pour Albert Kahn, il s'agit de remonter à contre-courant les forces qui défont le monde, et de lutter contre ceux pour qui la paix est synonyme de faiblesse. La guerre ayant pour fonction la "destruction illimitée" du vivant, elle ne peut rester une "possibilité digne de l'Homme". Afin de la supprimer, il faut déployer la connaissance des nations et des peuples et pourvoir a leurs échanges. Albert Kahn invite un public sélectionné (scientifique, artiste, politique) dans sa propriété de Boulogne pour assister à ses projections afin de voir et de comprendre "l'état du monde" et ainsi lui permettre de réfléchir et d'engager les solutions nécessaires aux divers maux de la Planète. Les productions visuelles d'Albert Kahn visent alors la modification des représentations, des idées, des comportements, dans le but de renforcer les solidarités.
Jean Vigo, mort à 29 ans de tuberculose, cinéaste essentiel régulièrement redécouvert, auteur de quatre films, dont seul le dernier, L'Atalante, est un long métrage, était le fils de l'anarchiste Miguel Almereyda " suicidé " en prison en 1917. Hanté par la figure du père, Vigo n'aura de cesse de le réhabiliter et quand la tâche s'avéra impossible, d'être fidèle à sa mémoire et à ses idéaux. Il fut un cinéaste engagé et impertinent, doué d'une conception de la vie, de la liberté, du partage et de la solidarité qui se moquait du pouvoir politique, religieux ou militaire. Son oeuvre, régulièrement censurée, fut défigurée par l'Etat et les producteurs, de sorte qu'il n'est pas faux de dire qu'A propos de Nice, son premier film, est le seul où il put s'exprimer en dehors de tout contrôle, dans une liberté parfaite... Le travail idéal. C'est un voyage à travers ce film unique, brûlot dénonçant, sous couvert du carnaval, les inégalités sociales, métaphore de la révolte qui balaiera les puissants — film dont Isabelle Marinone, spécialiste du cinéma libertaire, dit qu'il est " une bombe en celluloïd " — que Thierry Guilabert nous convie. Parce qu'il est temps de redonner à Vigo, trop souvent confisqué par de sages spécialistes, réduit à un cinéaste de l'enfance ou, pire, à un parangon du communisme, sa dimension libertaire.
Lethem Roland ; Garcia Bardón Xavier ; Marinone Is
Résumé : La première partie de l'ouvrage reproduit le texte de Bande de cons ! (1970), long-métrage de Roland Lethem qui constitue, ainsi que l'écrit l'historien Xavier Garcia Bardón, "le pamphlet ultime contre le Spectacle" . La seconde reproduit une nouvelle rédigée par Roland Lethem en 1974, LaGueule cassée, qui n'avait jusqu'alors été publiée qu'à quelques exemplaires à compte d'auteur afin de récolter des fonds pour un film. Elle décrit l'expérience sensible d'un manifestant qui se fait tabasser par la police. Ensemble, ces deux documents constituent un sommet de la réflexion critique sur l'oppression, que celle-ci soit assurée en douceur par l'idéologie (en l'occurrence, le cinéma) ou en force par son bras armé (la police). Les deux textes sont complétés par une introduction inédite de Roland Lethem ; et une étude de Xavier Garcia Bardón.