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Le coeur au ventre
Maricourt Thierry
AGONE
11,20 €
Épuisé
EAN :9782748900149
Pourquoi souffre-t-elle autant? Physiquement, en ce moment, mais aussi dans sa caboche depuis si longtemps... Rien ne se passe comme elle le voudrait. C'est un échec, un échec sans borne, sa vie. Elle a quel âge? Vingt-cinq ans! Qui le croirait? Sa tronche, c'est un mouchoir sale. Un mouchoir à jeter. Vingt-cinq ans et quel avenir? Les semaines, les mois futurs? Des fagots trop humides pour s'enflammer... Elle est seule? Elle ne sait pas. Des amis? Fréquente-t-elle des collègues? Son boulot, comme elle s'en fiche! Elle se dit tout à coup qu'elle n'y retournera peut-être pas. Mais que faire, alors? Que faire pour se loger, pour bouffer? Pas même un petit ami, un galant régulier qui l'accueillerait trois jours chez lui, qui lui prêterait sa clé, juste des lourdingues de temps à autre, quand la solitude est trop épuisante, quand le corps réclame son lot de caresses. Biographie de l'auteur Morceau d'histoire des oubliés, ce roman suit le parcours d'une jeune alcoolique dans sa tentative d'échapper au naufrage auquel la condamne un ordre social funeste et archaïque. Essayiste et romancier, Thierry Maricourt s'inscrit dans un courant prolétarien, qui a fait de la littérature un outil d'émancipation. Il a notamment publié Adèle au-delà de l'ombre (Ressouvenantes, 1997), Ne me tuez pas (Le Cherche-Midi, 1998) et un Dictionnaire des auteurs prolétariens (Encrage, 1994).
On se souvient de cette sale affaire qui a secoué la France. Des adultes, en nombre, accusés d'inceste et de pédophilie dans une petite cité, quelque part dans une petite ville. On se souvient de la juste indignation qui avait soulevé les médias dans leur ensemble, écho de la réprobation de chacun d'entre nous. On se souvient que le monde judiciaire s'était montré particulièrement sévère. Les faits dénoncés étaient affreux. Mais voilà... Tous les inculpés étaient innocents. La parole des enfants est-elle toujours à prendre au pied de la lettre? Que vaut cette parole lorsque les adultes n'entendent que leur propre peur, que leurs propres fantasmes? Toute ressemblance, dans ce roman, avec une sale affaire bien réelle serait purement fortuite, évidemment. Mais... pourtant!
Le théâtre est une histoire de regard, avant même que n'arrivent les mots. Ici, il s'agit aussi d'un autre regard, celui qui est porté sur ces individus détachés, pourrait-on dire, du monde qui les entoure. La pratique du théâtre ne leur est pas habituelle. "Moi, sur scène ? Jamais !"... Les saynètes rassemblées ici leur donnent la parole. Ils se sont exprimés lors d'ateliers d'écriture. Sur les planches, ils s'approprient à leur façon les textes que l'écrivain a restitués. Pas facile mais... que d'émotions !
Stina, petite fille à l'allure aussi timide qu'espiègle débarque un beau jour dans une classe, au fin fond de notre pays, et le narrateur, d'abord âgé d'une dizaine d'années, ne voit plus le monde que par elle. Contrairement à ce que pensent certains de ses camarades, qu'elle soit noire n'est absolument pas un souci. Elle va l'entraîner dans son sillage, quelque peu malgré elle, et même lorsque tous deux vivront leur vie chacun de leur côté, elle comme illustratrice pour des livres destinés à la jeunesse et lui comme " écoterroriste " les sentiments qu'ils se portent depuis leur première rencontre perdureront. Jusqu'à ce qu'à ce que les policiers s'interrogent et l'interrogent sur sa part de responsabilité dans la tragédie qui va emporter Stina.
Aux Forges de Clabecq, usine sidérurgique située près de Bruxelles, pour Silvio et ses collègues, le quotidien, c'est d'abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne de trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail, pour combattre le racisme et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Son mandat syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre "esprit de Clabecq". Pour mener leurs combats, c'est sur leurs propres forces et sur leur connaissance de leur métier que les ouvriers de Clabecq s'appuient. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il déclare ne plus rien pouvoir pour eux. Par sa confiance jamais démentie dans le potentiel émancipateur de sa classe, Silvio donne une leçon salvatrice d'optimisme militant.
Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais au moins voulait-elle une révolution, sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive.
Stephen Mumford montre que la popularité universelle du football n'a rien d'accidentel et ne s'explique pas uniquement par des facteurs sociaux ou quelque contingence historique : sa popularité tient à la nature même de ce jeu. En répondant avec une rare clarté aux questions que les discussions passionnées sur le football n'ont de cesse de soulever, Football. La philosophie derrière le jeu permet de mieux comprendre le "beau jeu" : quelle place y occupe la chance ? Quelle est la relation des individualités d'une équipe à ce tout dont elles font partie ? Quel est la fonction de l'entraîneur et des schémas tactiques ? En quoi le football a-t-il particulièrement à voir avec l'espace ? En quoi consiste la beauté de ce sport ? Quelle est sa relation avec la victoire et la compétition ?
Fields Barbara J. ; Fields Karen E. ; Crépin Xavie
Les deux brillantes chercheures que sont Barbara et Karen Fields traitent ici de ce qu'elles appellent le «racecraft» et de son importance dans la société états-unienne. Lorsqu'une personne noire est tuée par un policier, les états-uniens s'accordent spontanément pour dire qu'il a été tué «à cause de sa couleur de peau». «Etrange causalité», constantent les deux auteures, qui s’attellent ici à l'âpre tâche de démêler les fils de ce raisonnement confus aux airs d'évidence. Cette causalité illusoire, c'est celle du «racecraft». Ce mot forgé à partir de «race» et de «witchcraft» (sorcellerie) désigne ici la croyance en une forme de performativité de la «race», semblable à la croyance en l'efficacité réelle de la «sorcellerie». Invoquant l’histoire et l’anthropologie, les sœurs Fields analysent avec sérieux l’idée sociale de « race », de sa genèse à sa reproduction, en passant par ses effets. Robin