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OEUVRES COMPLETES. T3. LE TRIOMPHE DE L'AGNEAU.
MARGUERITE DE NAVARR
CHAMPION
27,00 €
Épuisé
EAN :9782745305763
A la différence des méditations et des confidences personnelles qui caractérisent souvent la poésie religieuse de Marguerite de Navarre, le Triomphe de l'Agneau relève d'une autre démarche. Ainsi que le suggère le titre, c'est dans l'Apocalypse qu'il convient de chercher la source majeure d'une inspiration que nourrissent par ailleurs d'autres relais scripturaires. Il ne s'agit pas d'une paraphrase, soucieuse d'exploiter et d'interpréter toutes les composantes de la vision johannique. L'oeuvre se présente comme une "proposition de lecture" : Marguerite retient les images et les symboles qui interpellent le plus vivement sa sensibilité poétique et spirituelle, pour les réorganiser dans une perspective singulière. Cette poétesse que l'on a dite indifférente à la composition développe une interrogation sur les rapports du temps et de l'éternité à la faveur, précisément, de la structure de son texte. C'est en effet par le biais de la dispositio qu'elle réussit à capter la signification essentielle de l'Apocalypse, cette énigme du "déjà" et du "pas encore" qui inscrit son paradoxe au coeur de l'espérance chrétienne. Non seulement Marguerite parvient, au terme de cheminements obliques, à élucider l'un des livres les plus complexes de la tradition scripturaire, mais elle le fait en recourant à des procédés strictement littéraires. C'est pourquoi, plutôt que de parler de "poésie religieuse", on serait tenté de considérer le Triomphe de l'Agneau comme un bel exemple de "théologie poétique".
Marguerite de Navarre (1492 - 1549), soeur de François Ier et reine de Navarre par son second mariage, est la grand-mère d'Henri IV. Marot a dit d'elle : "Corps féminin, coeur d'homme et tête d'ange." Ce recueil est un des textes fondamentaux de la Renaissance et, entre Rabelais à Montaigne, l'un des trois plus importants. Il est constitué de nouvelles à l'italienne, au genre et au ton variés, racontées par des orateurs différents, enfermés par le mauvais temps dans une abbaye. Certaines histoires font rire, d'autres pleurer, de la farce à la comédie psychologique, de la violence extérieure à la violence des passions. Elles se veulent toutes actuelles et "véritables", miroirs de l'homme, dans ses misères, dans "la fragilité des coeurs". Entre chaque récit, les auditeurs confrontent leurs réactions et leurs interprétations. Le thème principal est l'amour, selon la morale, la société, la sexualité, la métaphysique : il s'achève alors en Dieu. Marguerite de Navarre est au XVIème siècle ce que Maupassant est au XIXème.
Résumé : Ces trois textes fort contrastés illustrent le don qu?avait la reine de varier formes et genres et d?entremêler registres profane et religieux. Ici, un conte mythologique situé dans un locus amoenus, vite devenu locus horribilis pour les protagonistes : une " métamorphose " à la manière d?Ovide. Là, un débat, dans une nature aussi agréable sous la forme d?une narration faite à la reine par trois dames tourmentées qui prétendent chacune à la reconnaissance de la plus grande souffrance. Entre les deux, huit épîtres d?amoureuses trahies ou d?amoureux rebutés qui exhalent leur déchirement. La méditation sur ce qu?il faut bien appeler la gravité de l?amour unit ces trois oeuvres.