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LIBRAIRIE DE JEUNESSE ET LITTERATURE INDUSTRIELLE AU XIXE SIECLE.
MARCOIN FRANCIS
CHAMPION
146,00 €
Épuisé
EAN :9782745313010
Cet ouvrage de référence observe comment la librairie de jeunesse se constitue à la fin du XVIIIe siècle dans le sillage des Lumières et autour du conte moral. D'abord éducative, cette librairie accompagnera tout autant l'essor de l'édition moderne que l'avènement d'une enfance contradictoirement assujettie et sublimée. Il s'agit donc de mettre en intrigue les opérations menées par de multiples acteurs, éditeurs, journalistes, abbés, bas-bleus, pédagogues, mais aussi écrivains. Car, entre anonymat et ambition artistique, se dégage la figure de l'auteur. C'est le paradoxe du livre éducatif, parti d'un refus de la Littérature pour conduire à son renouvellement. Un tel constat implique une nouvelle démarche : faire la somme des déterminations économiques et idéologiques n'interdit pas de reconnaître des inventions ou des singularités, c'est-à-dire de consentir une attention qui dépasse le simple relevé de ces contraintes, quelquefois productives. La perspective critique ici adoptée permet sans doute d'imaginer une autre histoire de la littérature où des oeuvres mineures prennent un autre relief.
Hector Malot fut le premier romancier véritablement "naturaliste" avant de se tourner vers une littérature plus facile mais fortement engagée, notamment en faveur de la République et de l'école laïque. C'est cet engagement qui est étudié ici, dans l'oeuvre mais aussi dans la vie familiale. Des documents inédits témoignent notamment de cette instruction à la maison. Ce numéro présente plusieurs inédits, des cahiers de grammaire et d'histoire rédigés par l'auteur à l'intention de sa fille, ainsi que des textes inattendus du poète oulipien Jean Queval, qui avait déjà perçu cette dimension d'un écrivain adepte entre autres de la "leçon de choses".
Ce numéro a l'ambition d'ouvrir un champ d'études sur un sujet peu travaillé. Il adopte une perspective essentiellement historique et informative puisque les grandes émissions pour la jeunesse ont disparu. Il s'intéresse à de grands éducateurs comme Lisa Tetzner ou Janusz Korczak, à des artistes comme Alain Saint-Ogan, à des journalistes comme Jacques Pauliac, qui ont inventé ou nourri un nouveau mode d'expression. L'ensemble de cette livraison considère à la fois les aspects éducatifs et récréatifs de ce medium qui a rassemblé les familles autour de jeux ou de feuilletons devenus des lieux de mémoire. Des contributions portent également sur des émissions plus récentes comme L'As-tu lu mon p'tit loup ou Maman les p'tits bateaux.
Si les éducateurs ont toujours espéré "civiliser" les jeunes gens par la fiction, ces derniers revendiquent une liberté de choix et de jugement. La question des valeurs ne s'en pose pas moins, mais les nouvelles formes de récit se veulent plus ouvertes, en donnant l'occasion de les découvrir par soi-même et de les choisir. D'autre part, la prétention de dire avec certitude où est le Mal a été frappée de plein fouet par l'ère du soupçon. La réaction morale n'en veille pas moins sous différents visages, mais elle apparaît en décalage avec l'usage essentiellement récréatif qui est fait de ces productions. Lecteurs et spectateurs en herbe continuent malgré tout de puiser dans leurs loisirs culturels d'instructives leçons de vie. Les diverses contributions ici rassemblées illustrent les paradoxes liés à ces questions : ces récits forment-ils la jeunesse ou nous informent-ils sur elle ? Et ne nous en disent-ils pas autant sur la société des adultes ?
Au XIXee siècle, étudier à l'université revient surtout à "faire son droit", du moins si l'on en croit les romanciers qui montrent des étudiants peu motivés et dont l'existence est cependant lourdement déterminée par ces années de "formation". Hector Malot fut lui-même un de ces étudiants et, s'il abandonna très vite la carrière juridique, il ne délaissa jamais la question du droit, qu'il pose de multiples manières, et sut défendre au mieux ses intérêts, dès lors que son bon droit était assuré. Tout d'abord, ses héros témoignent d'une probité sans faille et d'une honnêteté qui frise quelquefois la déraison : plutôt mourir que dérober une miette de pain, tel est le principe moral de Rémi, dans Sans famille. Ensuite, et surtout, le romancier ne cesse de développer des situations où la justice entre en scène, pour le meilleur comme pour le pire. Ce volume s'attache à décrire la façon dont l'auteur campe le monde de la justice, pose des problèmes de société, mais tente de repérer comment il fait jouer ensemble droit et littérature, comment fiction et procès peuvent parfois se confondre. On y prend donc au sérieux le caractère d'utilité qu'Hector Malot a voulu donner à la littérature, loin d'un art qui ne s'intéresserait qu'à lui-même. C'est ainsi l'occasion de réfléchir à ce modèle de roman, devenu presque impossible, voire exotique. Cette publication est portée par l'Association des Amis d'Hector Malot.
Darwin Charles ; Tort Patrick ; Bernard Christiane
Patrick Tortavec la collaboration deClaude RouquetteUN VOILIER NOMMÉ DÉSIRUn coeur à marée hauteAu cours de la première quinzaine du mois d'août 1831, tandis que le jeune Charles Darwin, âgé d'un peu plus de 22 ans, fraîchement diplômé de Cambridge et converti à la géologie par son cher et respecté maître et ami John Stevens Henslow (1796-1861), se livrait à des études de terrain dans le nord du pays de Galles en compagnie d'un autre professeur de la même université, Adam Sedgwick (1785-1873) - ou bien l'avait déjà quitté pour rejoindre des camarades à Barmouth -, une lettre, écrite par un certain George Peacock (1791-1858), proche de ce dernier et mathématicien influent, parvint à Henslow. L'offre qu'elle contenait devait jouer dans la vie et la carrière de Darwin un rôle absolument décisif:George Peacock à J.S. Henslow [samedi 6 ou samedi 13 août 1831]Mon cher HenslowLe Capitaine Fitz Roy est sur le point de partir pour effectuer les relevés de la côte méridionale de la Terre de Feu, visiter ensuite de nombreuses îles de la Mer du Sud & revenir par l'Archipel indien: le vaisseau est équipé expressément à des fins scientifiques, combinées avec le relevé [,]: il fournira donc une occasion rare pour un naturaliste et ce serait un grand malheur si elle devait être perdue:On m'a proposé de recommander une personne appropriée pour partir à titre de naturaliste avec cette expédition; elle sera traitée avec tous les égards; le Capitaine est un jeune homme aux manières très avenantes (un neveu du duc de Grafton), d'un grand zèle dans sa profession et dont on parle avec une très haute estime; si Léonard Jenyns pouvait partir, quels trésors il pourrait rapporter avec lui à son retour, étant donné que le navire serait mis à sa disposition chaque fois que ses recherches le rendrait nécessaire ou souhaitable; faute d'un naturaliste aussi accompli, est-il une personne que vous pourriez recommander fortement: une personne d'une qualité telle qu'elle ferait honneur à notre recommandationRéfléchissez-y: ce serait une perte grave pour la cause de la science naturelle si cette belle occasion était perdue Le navire appareille vers la fin de septembre].Pauvre Ramsay! Quelle perte pour nous tous et particulièrement pour vousÉcrivez-moi immédiatement et dites-moi ce que l'on peut faire Croyez-moi | Mon cher Henslow | Très sincèrement vôtre | George Peacock.7, Suffolk Street | Pall Mall East[P.S.]Mon cher HenslowJ'ai écrit cette lettre samedi, mais c'était trop tard pour la Poste: Quelle magnifique occasion ce serait de former des collections pour nos musées: écrivez-moi immédiatement et veillez à ce que cette occasion ne soit pas perdueCroyez-moi | Mon cher Henslow | Très sincèrement vôtre |Geo Peacock 7, Suffolk St. |Lundi