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Ca & 25 centimes. Conversations d'Alberto Manguel avec un ami
Manguel Alberto
ESCAMPETTE
20,30 €
Épuisé
EAN :9782356080196
Ce livre est la transcription méticuleuse d'une série d'entretiens que nous avons menés avec Alberto Manguel au cours de plusieurs rencontres. Il ne s'agit pas, ici, d'un texte d'Alberto Manguel, fruit de plusieurs années de recherche, de travail, de mise au point. Il s'agit d'une parole qui va son chemin et qui est une leçon de liberté, d'humour, d'impertinence et d'amitié. Il s'agit d'une improvisation nourrie de l'expérience d'une vie, d'une jam-session dans le cadre d'une fabuleuse bibliothèque. Cette parole, il faut l'écouter, elle est vivifiante; parfois elle s'emporte et parfois s'attendrit; parfois elle est nostalgique et parfois iconoclaste; elle joue sur toutes les gammes... Comme dans toute conversation, des points mériteraient d'être approfondis. Nous avons choisi de tout laisser en l'état, de ne pas quitter la spontanéité pour la construction, persuadés que de nouveaux livres d'Alberto Manguel trouveront leur première graine en ces semailles de plein vent! - Claude Rouquet
Le mythe est, essentiellement, un déplacement, une métaphore, une traduction, une parole qui signifie "emporté d'un lieu à un autre". Les mythes sont transformés, altérés, renouvelés pour correspondre aux besoins d'un temps et d'un lieu. Ils restent néanmoins eux-mêmes, n'étant pas créés en tant que fabrications de l'imagination humaine mais comme des manifestations concrètes de certaines intuitions primordiales. Pour inaugurer la chaire annuelle L'invention de l'Europe par les langues et les cultures du Collège de France, créée en partenariat avec le ministère de la Culture, Alberto Manguel analyse dans l'espace et le temps le mythe d'Europe, dont le contenu pourrait constituer la pierre de touche qui donne aux peuples européens une identité commune intuitive.
Pour Borges, l'essentiel de la réalité se trouvait dans les livres; lire des livres, écrire des livres, parler de livres. De façon viscérale, il était conscient de poursuivre un dialogue commencé il y avait des milliers d'années et qui, croyait-il, n'aurait jamais de fin. Les livres restauraient le passé. "Avec le temps, disait-il, tout poème se transforme en élégie." Il était sans indulgence pour les théories littéraires capricieuses et reprochait en particulier à la littérature française de se concentrer non sur les livres, mais sur les écoles et des coteries.
Résumé : L'écrivain Alberto Manguel montre dans ce recueil de récits de voyages la part essentielle que l'imagination a toujours occupée dans la découverte du monde. Depuis l'origine, les hommes ont éprouvé le besoin de s'inventer des royaumes et des terres lointaines qui n'existent pas encore dans la réalité. L'Iliade et l'Odyssée, avant Robinson Crusoe, en sont de merveilleux exemples. " Beaucoup des premiers voyages sont des quêtes de l'impossible ", souligne-t-il. Tout périple est une quête à la fois magique et spirituelle. Dans sa préface, Manguel restitue au voyage sa dimension d'utopie en évoquant Thomas More et en citant Stevenson : " Mieux vaut voyager avec espoir qu'arriver à destination. " Contrairement à la géographie des encyclopédies et des atlas, la géographie imaginaire n'a pas de frontières. Ses lieux existent dans un espace illimité et occupent un paysage dont l'abondance est infinie - les rives d'Utopies, le pays des Merveilles, l'Eldorado, le pays d'Oz, l'île de Peter Pan, les enfers et le paradis de Dante, l'Odyssée d'Ulysse, les voyages de Gulliver, l'île de Robinson, le château de Kafka... Alberto Manguel a choisi parmi d'innombrables textes six oeuvres originales et méconnues, dont celles d'auteurs canadien, américain et hongrois. L'une d'elle, Herland de Charlotte Perkins Gilman, est ici traduit pour la première fois en français.
Qu'est-ce pour vous que la poésie ? " demandait-on un jour à Antonella Anedda. Et telle fut sa réponse : " C'est ma réalité, enfoncée dans ma vie : c'est une racine, et parfois une lame. " Une racine qui la relie à la totalité de la terre et du cosmos, aux vivants et aux morts, à la parole même de ce qui semble ne pas avoir de voix. Et une lame qui ouvre au monde, annonce une blessure, mais devient aussi l'emblème du tranchant de la poésie. La force d'un livre comme Nuits de paix occidentale (1999) semble tenir à une tension toujours renouvelée entre un souci de réserve pudique, de loyale retenue où le chant révèle sa part d'ombre et de silence, et un élan profond, une ardeur immédiate dans le don de soi, dans l'incandescente offrande de parole.
Il y a aussi dans la palourde et étrangement pour moi plus que dans tout autre bivalve, du petit coffre naturel, extrait de l'ombre, un coffre abritant un secret sur lequel la main, dans une sorte de protection redoublée, se referme entièrement. C'est la raison pour laquelle elle demeure liée si fortement aux anciennes cérémonies du don enfantin quand l'autre, les yeux fermés, devait deviner. L'autre souvent, c'était la petite fille qu'on aimait. Une scène rêveuse et lente, un peu somnambulique, à la Delvaux... Comme si c'était cette part en soi, incommunicable, obscure, mais infiniment précieuse aussi qu'on voulait offrir: un gage secret, le signe d'une reconnaissance ou, à l'instar de la coquille du saint de Compostelle, d'une élection. Brillant exercice de style et savante leçon de choses, cette réhabilitation de la palourde est une introduction digressive et détournée à la meilleure des littératures.
Juste avant que nous repartions, du seuil / de cette maison qui désormais va rester vide je regarde au loin un arbre dans le vent, / comme si des déplacements successifs / aussi brusques que brefs / faisaient soudain scintiller / toutes les écailles d'un banc de poissons sous les grands frissons de l'air. / Mais je ne sais quelle métaphore je cherche. Ce n'est peut-être que la mort en mouvement qui ne sort jamais de la vie. / Dans l'absence de vent elle est tapie. / Dans leur balancement brusque les feuilles ne font que de dérisoires morsures / à la face immatérielle de ce qui nous souffle.
Sylvie Fabre G. interroge son expérience amoureuse, parfois au plus intime du corps ; elle cherche à donner sa vraie place à l'amour dans "le champ grand ouvert de l'existence". Elle trouve des réponses dans le secret de la poésie. Ainsi, tout au long de ce Corps subtil, l'amour et la poésie seront les deux noms d'une même vérité. "Nous sommes dans la séparation, pays premier. C'est ainsi que s'expriment les amants, au détour du poème. Peu importe que 1a voix entendue soit celle de l'homme ou de la femme. L'un et l'autre partagent, dans la douleur de fond, la même certitude, celle qui les a conduits, hors d'eux-mêmes en eux-mêmes, jusqu'au point de rencontre où leurs destins ont fusionné, et celle qui, si essentiellement liés qu'ils soient, par le désir, par l'attente et par la communion, les rappelle à tout moment à cette dure réalité de l'existence qui a valeur d'une loi de nature : Nous sommes dans la séparation, pays premier. Nous y sommes, au termes comme au commencement, et il semble que nous n'y soyons jamais sortis. "