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La raison des nations. Réflexions sur la démocratie en Europe
Manent Pierre
GALLIMARD
14,50 €
Épuisé
EAN :9782070777341
Où en sommes-nous? Nous voici pris entre notre vieille nation que nous ne voulons pas quitter et l'Europe nouvelle que nous espérons rejoindre sans savoir comment. A un gouvernement représentatif tend à se substituer une "gouvernance démocratique" qui ne nous gouverne ni ne nous représente. Nous voyons sans nous émouvoir notre existence politique se défaire parce que nous sommes en proie à l'illusion d'une humanité unifiée qui pourrait tenir ensemble en se passant de toute forme politique. Et il y a longtemps que nous ne savons plus que faire de la religion. Comment donner sens à cette crise de notre existence commune? Pierre Marient interroge l'histoire, récente et lointaine, de la nation; la manière dont elle a accueilli et nourri la démocratie; et comment son effacement menace aujourd'hui cette démocratie même. Il met en évidence la situation paradoxale de la religion dont on ne cesse d'annoncer la fin imminente alors même que les séparations religieuses organisent de plus en plus notre paysage politique. L'Europe ne peut rester longtemps encore cette zone dépressionnaire où l'on a peur de son ombre. Cet essai voudrait contribuer à ranimer le sentiment et l'intelligence des ressources spirituelles qui donnent à l'Europe sa continuité vivante. Biographie de l'auteur Pierre Marient, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, est l'auteur notamment d'une Histoire intellectuelle du libéralisme: dix leçons (198?), de La Cité de l'homme (1994), et de Cours familier de philosophie politique (2001, rééd. coll. "Tel", 2004).
Comment nous orienter dans le monde? C'est la philosophie politique qui peut le mieux nous y aider, répond Pierre Manent. Son livre propose un tableau raisonné du monde actuel. Il est, par là même, nécessairement aussi une réflexion sur le siècle écoulé, sur les guerres et les totalitarismes qui en ont occupé une si grande part. L'auteur s'efforce de saisir les articulations selon lesquelles notre monde s'ordonne et se meut. Il considère d'abord notre régime - la démocratie; puis notre forme politique - la nation. Il réfléchit sur les rapports que l'une entretient avec l'autre et sur la crise qui les menace: au seuil du nouveau siècle, la démocratie tend à se détacher non seulement du cadre politique national accoutumé, mais même de toute forme politique reconnaissable. Les coeurs sont émus et les esprits obnubilés par la perspective prochaine d'une démocratie pure, délivrée de la vieille politique, et qui régnerait sans partage selon les règles du droit et les maximes de la morale. Telle est la « grande illusion » de notre temps. Cette « grande illusion », selon Pierre Manent, est de voir dans la politique l'obstacle qui nous empêche d'accéder à la vraie vie. C'est au contraire l'ordre politique qui est le véritable ordre humain.
L?un des effets du drame du 11 septembre 2001 est d?avoir redonné de l?espoir aux dirigistes. La guerre conduit à l?intervention de l?État. Enfin les administrations vont pouvoir justifier leur gonflement et les gouvernements leurs déficits. Alors que cette menace se précise, il n?est pas inutile de relire les ? libéraux ?. Pierre Manent reprend dans la très bonne collection Tel, chez Gallimard, son anthologie des ? Libéraux ?. Il rappelle dans son introduction que le socialisme n?existe qu?en contre du libéralisme. Le socialisme depuis ses débuts se condamne à ? réagir ?. L?ouvrage lui-même rassemble des textes fondateurs du libéralisme qui a été la philosophie motrice des sociétés industrielles, y compris par les oppositions qu?elle a provoquées. À placer dans votre bibliothèque pour retrouver les passages souvent prospectifs de Locke, Spinoza, Voltaire, Kant, Montesquieu, Say, Hayek et 10 autres dont vous gardez le souvenir mais qu?il est bon de relire dans le texte. -- Michel Drancourt
Pour Pierre Manent, la cité est la source du développement occidental. Avant cette invention, les hommes vivaient selon l'ordre relativement immobile des familles, encore prégnant dans bien des régions du monde. Avec la cité, l'humanité s'engage dans ce nouvel élément qu'est le politique entendu comme gouvernement de la chose commune. L'histoire de l'Occident devient alors celle de ses quatre grandes formes politiques: la cité, puis l'empire, l'Eglise et la nation. Chaque nouvelle forme résulte de la précédente qui, parvenant au bout de ses possibilités, suscite la nouvelle. Mais la nation à son tour s'est détruite, dans les guerres "hyperboliques" du XXe siècle, et nous sommes aujourd'hui à la recherche d'une nouvelle forme politique et d'une réponse à l'éternelle question: comment nous gouverner nous-mêmes? Cette histoire raisonnée des formes politiques est donc aussi une recherche de philosophie politique.
Il va de soi aujourd'hui que Montaigne est notre ami. Il nous captive, nous émeut, nous persuade. Pourtant, Montaigne nous trompe. Il nous conduit par le bout du nez... Echapper à son charme pour saisir ce qu'il a vraiment voulu dire, pénétrer dans l'atelier pour découvrir ce que son entreprise comporte d'audace et de ruse, de vertu et de vice, de vérité et de mensonge : tel est le but de cet ouvrage. En comprenant le philosophe comme il s'est compris lui-même, nous verrons plus clair dans ce que nous sommes devenus après lui et, pour une part, à cause de lui. Dans cet essai magistral, Pierre Manent ne se contente pas de présenter à nouveaux frais l'oeuvre d'un auteur décisif de notre modernité : ce sont les valeurs de l'homme moderne qu'il interroge à travers lui.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.