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LES CAHIERS DE VORONEJ. Les dernières poésies, 1935-1937, édition français-russe
Mandelstam Ossip
CIRCE
18,80 €
Épuisé
EAN :9782842420505
Ossip Mandelstam, né le 2 janvier 1891, fit des études à Paris, Heidelberg et Saint-Pétersbourg. En 1911/1912 il participa, avec Goumilov et Akhmatova. à la création de l'acméisme qui voulait opposer au verbe désincarné des symbolistes une architecture fondée sur le "mot-objet ". Son premier recueil La Pierre (1913) révélait toutefois la force et l'originalité d'un poète sans réelle ascendance. D'abord lié à la révolution par une sorte de "joute et attrait" où le rythme et le mythe transcendent l'époque dans une "nostalgie de la culture mondiale", avant tout méditerranéenne (Tristia, 1923), Mandelstam allait inverser nombre des éléments de sa poétique, à partir de 1930, afin d'appréhender la réalité nouvelle, marquée par une perversion sans précédent des valeurs et des signes. Quand on vient l'arrêter en mai 1934, il est "prêt à la mort". Mais condamné à trois ans d'exil, il va écrire à Voronej, en quelques mois les plus fertiles de son existence, les poèmes des trois Cahiers qui sont un des sommets de la poésie russe du vingtième siècle. Arrêté une nouvelle fois en mai 1938, le poète est envoyé au Goulag et meurt le 27 décembre près de Vladivostok, au seuil même de la Kolyma.
L'?uvre d'Ossip Mandelstam (1891-1938), marquée par une recherche existentielle où le rapport du poète au monde ne cessa d'évoluer parallèlement à la transformation du matériau poétique, de ses principes d'organisation, se divise nettement en deux périodes, en deux parties à peu près égales en nombre de poèmes : 1908-1925 et 1930-1937. Venant après un long silence de cinq ans, qui consommait la rupture avec la littérature " autorisée ", avec la littérature tout court, les Poèmes de Moscou incarnent un rare moment d'équilibre du " moi " et de la forme intérieure, d'ancrage polyphonique dans la substance même de la cité et de l'époque stalinienne. Paradoxalement, Mandelstam y accède à une liberté et une harmonie sans exemple dans la poésie russe du vingtième siècle. Structuré en plusieurs cycles - Arménie, le Loup, Moscou la bouddhique, les Poésies russe et italienne, Huitains philosophiques, Requiem -, le livre s'achève au début de 1934 sur deux poèmes d'amour qu'illumine la destinée tragique du poète. Peu de temps auparavant, il avait écrit et lu à quelques personnes une féroce épigramme contre Staline, qui provoquera son arrestation en mai 1934. Au lieu de la mort attendue, ce furent trois années d'exil à Voronej. Arrêté une deuxième fois en mai 1938, Mandelstam disparaîtra bientôt dans un camp près de Vladivostok, sur la rive du Pacifique. Publiés pour la première fois en version intégrale et bilingue, tout comme les Cahiers de Voronej déjà parus aux éditions Circé, les Poèmes de Moscou devaient être réunis à ces derniers sous le titre commun et significatif de Poésies Nouvelles.
Nombreux sont ceux qui, tel le prix Nobel de littérature Iossif Brodski, tiennent aujourd'hui Ossip Mandelstam pour " le plus grand poète russe du XXe siècle ". Après les Cahiers de Voronej (1935-1937) et les Poèmes de Moscou (1930-1934), voici le Deuxième Livre qui s'articule en deux grandes sections. Tristia (1916-1920) et 1921-1925, auxquelles s'ajoutent les poésies pour enfants écrites en 1925, au seuil d'un silence de cinq années. Contrairement à La Pierre, le premier livre on dominait l'image de Rome antique et chrétienne, c'est l'âge d'or hellénique, accentué par un long séjour en Crimée-Tauride, qui sous-tend le " classicisme " de Mandelstam, parvenu à son faîte dans Tristia, et lui permet de renouer avec l'expression subjective du poète, médiatisée par les mythes et les thèmes éternels, alors même qu'il devenait impossible d'éluder l'histoire vive ae la révolution et la guerre civile, vis-à-vis desquelles Mandelstam aura longtemps une attitude plus contradictoire et nuancée que la plupart des poètes russes de son temps. " Le mot erre librement autour de la chose, ainsi que l'âme autour du corps qu'elle a quitté sans parvenir à l'oublier " : cette conception du mot-Psyché va évoluer dans les poésies de 1921-1925 pour atteindre à une " musique associative " qui, déployée dans les champs sémantique et phonologique en me sorte de synthèse de l'acméisme et du futurisme, confine parfois à l'hermétisme dans les grands poèmes de 1923. Eu dépit toutefois de la réalité " écrue et sévère ". de la marginalisation grandissante de Mandelstam, le Deuxième Livre est éclairé par la lumière du Midi russe mais aussi et surtout par plusieurs figures féminines exceptionnelles, dont les poétesses Marina Tsvetaïéva et Anna Akhmatova, les comédiennes Olga Arbénina et Olga Vaxel, et la jeune peintre Nadejda Khazina que Mandelstam a épousée au début de 1922.
En forme de chronique poétique aux accents kafkaïens, un récit étonnant de liberté et de modernité, parsemé de figures de doubles, de réminiscences littéraires et de souvenirs familiaux qui architecturent le labyrinthe onirique du grand poète russe.
Résumé : La grande figure de la poésie russe, Ossip Mandelstam, né à Varsovie en 1891 de parents juifs, connaîtra un tragique destin après ce voyage dans le Caucase qu'il aime tant. En 1930 il écrit un cycle de 12 poèmes, Armenia, publié en revue, avant d'imaginer l'Epigramme à Staline qui lui vaudra un exil en Sibérie où il meurt en 1938. Giuseppe Caccavale a réalisé 5 albums (30 x 43 cm), reprenant les typographies des poèmes en russe à la mine de plomb, doubles pages qui sont autant d'interprétations artistiques de l'oeuvre littéraire. Le livre consiste en une suite de reproductions à l'identique des carnets ouverts dans un format homothétique. Viennent en addenda la reprise des textes russes et les traductions en français, italien, anglais et allemand, dans une typographie contemporaine.
Chaque vers est enfant de l'amour" écrivait Marina Tsvétaïéva. Mais si l'exacerbation amoureuse, l'intensité de la passion, est effectivement une des caractéristiques de son oeuvre, ce qui frappe avant tout, au-delà de la liste infinie des "muses" masculines ou féminines, c'est qu'elle n'est que très peu assimilable à la poésie amoureuse, classique ou moderne. Il s'agit non pas tant de chanter, célébrer, sanctifier l'objet de sa passion, son propre sentiment, de mettre en scène l'épiphanie de l'amour ou la souffrance de la séparation, que de fonder sa poésie, donc son être même, sur un "absolu de l'amour" antérieur au monde et qui trouve sa plus parfaite expression dans le langage fondateur. La poétique de la rupture, propre à Tsvétaïéva, déterminait elle-même dans une grande mesure son comportement amoureux. Le traducteur s'est par conséquent efforcé de restituer les articulations sémantico-prosodiques de cette "étreinte de poésie" qui, lorsqu'elle aura reflué, ne pourra déboucher que sur la mort. "Puisque j'aurai pu cesser d'écrire des poèmes, je pourrai aussi un beau jour cesser d'aimer. Alors, je mourrai. Et ce sera bien sûr un suicide, car mon désir d'amour est tout entier désir de mort", avait-elle consigné dès mars 1919 avec une précision cliniquement prémonitoire. Marina Tsvétaïéva, un des plus grands poètes russes, avait choisi l'exil en 1922 puis était rentrée en Union Soviétique dix-sept ans plus tard, avant de se pendre à une vieille poutre le dernier dimanche du mois d'août 1941.
Résumé : " Aimer quelqu'un ou quelque chose signifie ou consiste dans le fait, entre autres choses, de prendre ses intérêts comme des raisons d'agir pour servir ces intérêts. L'amour est lui-même, pour celui qui aime, une source de raisons. Il crée les raisons par lesquelles ses actes d'intérêt et d'attachement amoureux sont inspirés... "
A la Sorbonne comme au bistrot, la vérité vraie, objective, pure, triomphe rarement : l'assistance lui préfère la parade la plus cinglante. Voilà qui chagrinait au siècle dernier le ténébreux philosophe Schopenhauer... Il en eut à la longue un sursaut rageur : élaborer le mode d'emploi de la controverse. Un traité qui permette de défaire n'importe quel opposant, malgré son habileté et sa mauvaise foi. Puisque si souvent la forme l'emporte sur le fond. Les brillants raisonnements des alchimistes ont interdit l'essor de la chimie pendant des siècles. Même s'ils professaient des âneries. Dans L'Art d'avoir toujours raison, Schopenhauer ne s'embarrasse pas de morale... Résultat : un mémoire ramassé et teigneux, pas plus épais qu'un agenda : trente-huit stratagèmes pour ne jamais perdre la face."
Parmi les caractéristiques étranges des habitants de ce continent - l'Amérique du Nord -, il en est une qui veut que chacun se choisisse des étoiles déterminées et vive en fonction d'elles. Ces étoiles ne sont pas célestes, mais cinématographiques, ce qui ne change rien à l'affaire. En revanche, cela permet d'augmenter sensiblement le fonds de roulement du ministère des P. et T. grâce au flot continu de lettres adressées aux dites étoiles bien-aimées. Raillant quelque peu cette bizarrerie et cette passion, le New-yorker fit paraître un jour une caricature: une très vieille lady de la plus haute société, - avec diadème en diamants dans ses cheveux blancs et laquais obséquieusement courbé à l'écart, - se livre à la même occupation qu'une quelconque jeune modiste ou n'importe quel office-boy: elle écrit à la star de son coeur. Mais le noeud de l'affaire n'est pas dans l'acte même d'écrire. Il est dans le destinataire. La lettre commence par:" Dear Mickey Mouse... "Là est l'essentiel..."