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Le deuxième livre (1916-1925)
Mandelstam Ossip
CIRCE
23,50 €
Épuisé
EAN :9782842421366
Nombreux sont ceux qui, tel le prix Nobel de littérature Iossif Brodski, tiennent aujourd'hui Ossip Mandelstam pour " le plus grand poète russe du XXe siècle ". Après les Cahiers de Voronej (1935-1937) et les Poèmes de Moscou (1930-1934), voici le Deuxième Livre qui s'articule en deux grandes sections. Tristia (1916-1920) et 1921-1925, auxquelles s'ajoutent les poésies pour enfants écrites en 1925, au seuil d'un silence de cinq années. Contrairement à La Pierre, le premier livre on dominait l'image de Rome antique et chrétienne, c'est l'âge d'or hellénique, accentué par un long séjour en Crimée-Tauride, qui sous-tend le " classicisme " de Mandelstam, parvenu à son faîte dans Tristia, et lui permet de renouer avec l'expression subjective du poète, médiatisée par les mythes et les thèmes éternels, alors même qu'il devenait impossible d'éluder l'histoire vive ae la révolution et la guerre civile, vis-à-vis desquelles Mandelstam aura longtemps une attitude plus contradictoire et nuancée que la plupart des poètes russes de son temps. " Le mot erre librement autour de la chose, ainsi que l'âme autour du corps qu'elle a quitté sans parvenir à l'oublier " : cette conception du mot-Psyché va évoluer dans les poésies de 1921-1925 pour atteindre à une " musique associative " qui, déployée dans les champs sémantique et phonologique en me sorte de synthèse de l'acméisme et du futurisme, confine parfois à l'hermétisme dans les grands poèmes de 1923. Eu dépit toutefois de la réalité " écrue et sévère ". de la marginalisation grandissante de Mandelstam, le Deuxième Livre est éclairé par la lumière du Midi russe mais aussi et surtout par plusieurs figures féminines exceptionnelles, dont les poétesses Marina Tsvetaïéva et Anna Akhmatova, les comédiennes Olga Arbénina et Olga Vaxel, et la jeune peintre Nadejda Khazina que Mandelstam a épousée au début de 1922.
L'?uvre d'Ossip Mandelstam (1891-1938), marquée par une recherche existentielle où le rapport du poète au monde ne cessa d'évoluer parallèlement à la transformation du matériau poétique, de ses principes d'organisation, se divise nettement en deux périodes, en deux parties à peu près égales en nombre de poèmes : 1908-1925 et 1930-1937. Venant après un long silence de cinq ans, qui consommait la rupture avec la littérature " autorisée ", avec la littérature tout court, les Poèmes de Moscou incarnent un rare moment d'équilibre du " moi " et de la forme intérieure, d'ancrage polyphonique dans la substance même de la cité et de l'époque stalinienne. Paradoxalement, Mandelstam y accède à une liberté et une harmonie sans exemple dans la poésie russe du vingtième siècle. Structuré en plusieurs cycles - Arménie, le Loup, Moscou la bouddhique, les Poésies russe et italienne, Huitains philosophiques, Requiem -, le livre s'achève au début de 1934 sur deux poèmes d'amour qu'illumine la destinée tragique du poète. Peu de temps auparavant, il avait écrit et lu à quelques personnes une féroce épigramme contre Staline, qui provoquera son arrestation en mai 1934. Au lieu de la mort attendue, ce furent trois années d'exil à Voronej. Arrêté une deuxième fois en mai 1938, Mandelstam disparaîtra bientôt dans un camp près de Vladivostok, sur la rive du Pacifique. Publiés pour la première fois en version intégrale et bilingue, tout comme les Cahiers de Voronej déjà parus aux éditions Circé, les Poèmes de Moscou devaient être réunis à ces derniers sous le titre commun et significatif de Poésies Nouvelles.
Le présent volume réunit des textes autobiographiques en prose où Mandelstam nous donne à voir la Russie de 1905 à 1926, plus que son monde intérieur, sur lequel il demeure fort discret. Une Russie très spécifique d'ailleurs, celle du "chaos de la judéité". L'auteur, en effet, est né dans un milieu demi-juif encore très proche du ghetto, où voisinent deux raffinements, celui de vétilleuses traditions talmudiques et celui des bonnes manières de la bourgeoisie huppée. Les tableaux-portraits qu'il nous brosse ne sont pas choisis au hasard : il ne s'agit pas seulement de décrire des personnages avec verve, couleur, humour, précision et poésie. Soudain ils sont emportés par le vaste tourbillon de l'épopée qui nous entraîne dans un espace universel et pathétique où chaque homme est lié à l'Histoire, où un étudiant de 1905 devient un "répétiteur de la révolution", où un capitaine de port, en 1921, se remplit les poches en laissant "s'émietter la patrie". Une fois le livre refermé nous nous sentons marqués d'une trace durable : l'exaltation d'un grand poète et la perception plus précise d'un monde condamné par son originalité même ne s'oublient pas.
4e de couverture : «Tristia dont le titre est emprunté à Ovide est un retour à la culture et à la terre où Mandelstam situe les sources de la poésie : Homère, Ovide, Catulle, et la Crimée, les contrées de la mer Noire qui s'étendent jusqu'aux monts du Caucase, et qui, pour le poète, sont inséparables du paysage historique, culturel et géographique de la Méditerranée. Ici convergent la pensée juive, grecque et chrétienne. C'est aussi, avec les îles Fortunées, le pays fabuleux de l'Âge d'or. Le poète vient y chercher le mot vivant dans sa pureté originelle. Cette quête du mot retrouvé, du mot neuf, est le motif central de plusieurs poèmes de Tristia où il apparaît associé à d'autres thèmes, dans un poème d'amour comme Tristia, ou dans l'admirable poème La scène fantomatique luit à peine, où le chant de l'Orphée de Gluck devient l'accord final de strophes sur le Pétersbourg des années de la guerre civile. Et quand Mandelstam, après une paraphrase de la troisième élégie des Tristes d'Ovide, s'écrie : Et seul m'est doux l'instant de la reconnaissance, il songe moins aux retrouvailles avec un être aimé qu'à la rencontre du poète avec la parole redécouverte.» François Kérel.Notes Biographiques : Né le 2 janvier 1891 à Varsovie, Ossip Mandelstam collabore au mouvement acméiste qui rompt avec le symbolisme. Après la révolution d'octobre et la guerre civile auxquelles il ne participe pas, il s'installe à Moscou, vivant de façon précaire de traductions et d'articles critiques. Assigné à résidence durant trois ans par les autorités staliniennes, il est de nouveau arrêté en 1938 et disparaît la même année dans un camp de triage en Sibérie.
C'est à peine si nous sommes les collaborateurs de notre amour , et c'est par cela même qu'il restera au-dessus des dangers banaux. Tâchons de connaître ses lois, ses saisons, son rythme et la marche des constellations à travers son vaste ciel étoilé". (Rilke à Merline, le 28 septembre 1920). Rainer Maria Rilke dessine à travers sa poésie amoureuse une géographie universelle de l'amour, des premiers regards échangés à la douleur de l'absence. Au-delà de l'expérience intime, à côté des grands poèmes métaphysiques où s'inscrit une métaphysique de l'amour, le poète s'adresse dans les poèmes réunis dans ce volume à la Bien-Aimée : femme multiple et unique, pensée (mais non rêvée), extrêmement proche et extrêmement lointaine en même temps, dans la figure de laquelle s'opère la transmutation du discours amoureux en discours poétique.
Parmi les caractéristiques étranges des habitants de ce continent - l'Amérique du Nord -, il en est une qui veut que chacun se choisisse des étoiles déterminées et vive en fonction d'elles. Ces étoiles ne sont pas célestes, mais cinématographiques, ce qui ne change rien à l'affaire. En revanche, cela permet d'augmenter sensiblement le fonds de roulement du ministère des P. et T. grâce au flot continu de lettres adressées aux dites étoiles bien-aimées. Raillant quelque peu cette bizarrerie et cette passion, le New-yorker fit paraître un jour une caricature: une très vieille lady de la plus haute société, - avec diadème en diamants dans ses cheveux blancs et laquais obséquieusement courbé à l'écart, - se livre à la même occupation qu'une quelconque jeune modiste ou n'importe quel office-boy: elle écrit à la star de son coeur. Mais le noeud de l'affaire n'est pas dans l'acte même d'écrire. Il est dans le destinataire. La lettre commence par:" Dear Mickey Mouse... "Là est l'essentiel..."
A la Sorbonne comme au bistrot, la vérité vraie, objective, pure, triomphe rarement : l'assistance lui préfère la parade la plus cinglante. Voilà qui chagrinait au siècle dernier le ténébreux philosophe Schopenhauer... Il en eut à la longue un sursaut rageur : élaborer le mode d'emploi de la controverse. Un traité qui permette de défaire n'importe quel opposant, malgré son habileté et sa mauvaise foi. Puisque si souvent la forme l'emporte sur le fond. Les brillants raisonnements des alchimistes ont interdit l'essor de la chimie pendant des siècles. Même s'ils professaient des âneries. Dans L'Art d'avoir toujours raison, Schopenhauer ne s'embarrasse pas de morale... Résultat : un mémoire ramassé et teigneux, pas plus épais qu'un agenda : trente-huit stratagèmes pour ne jamais perdre la face."