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Riposter à un crime d'État. Le rôle méconnu du PSU dans la mobilisation contre la répression sanglan
Manceron Gilles ; Merle Jean-François ; Ravenel Be
CROQUANT
10,00 €
Épuisé
EAN :9782365123266
Le 17 octobre 1961, alors que les pourparlers qui devaient déboucher sur les Accords d'Evian étaient engagés, la manifestation organisée par la fédération de France du FLN à Paris et en région parisienne, pour desserrer l'étau du " couvre-feu ethnique " qui était imposé aux " Français musulmans algériens ", est violemment réprimée par la police placée sous les ordres du préfet Papon. Des centaines de morts ont endeuillé ce qui a constitué, selon des historiens britanniques, " la répression la plus meurtrière d'une foule désarmée dans toute l'histoire contemporaine de l'Europe occidentale ". Il faudra de longues semaines pour que, le 18 novembre puis le 12 décembre, la gauche se rassemble enfin dans la rue derrière les mêmes mots d'ordre. Après l'indépendance algérienne, un travail de mémoire se fera pour briser l'omerta sur la répression du 17 octobre 1961. Mais paradoxalement, il passera sous silence le rôle du PSU pour riposter à ce crime d'Etat et le dénoncer.
Résumé : En 1884, Jean Jaurès écrivait : "Quand nous prenons possession d?un pays, nous devons amener avec nous la gloire de la France. [?] Nous pouvons dire à ces peuples sans les tromper [?] que là où la France est établie, on l?aime, que là où elle n?a fait que passer, on la regrette ; que partout où sa lumière resplendit, elle est bienfaisante ; que là où elle ne brille plus, elle a laissé derrière elle un long et doux crépuscule où les regards et les coeurs restent attachés." Un an plus tard, le député de Carmaux vote les crédits pour le Tonkin, conquête qui conduira à la création de l?Indochine française. Une décennie plus tard, après avoir voyagé en Algérie, Jaurès commence à douter et parle dans un article publié en 1898 du "meurtre de tout un peuple". Il ne va pas jusqu?à demander la fin de l?entreprise coloniale de la France, mais réclame au Parlement des droits politiques pour les Algériens. Quelques années plus tard, en 1904, au congrès socialiste international d?Amsterdam, il affermit sa position et demande la fin des expéditions outre-mer, refusant de soutenir la conquête du Maroc? Ce recueil d?articles et de discours de Jean Jaurès, présentés et contextualisés par l?historien Gilles Manceron, éclaire de façon passionnante le parcours intellectuel et moral de cette grande figure de la gauche française. On perçoit comment Jaurès a cru sincèrement en un colonialisme humaniste avant d?adopter des positions universalistes. Plus largement, on voit comment cette ligne de fracture sur la question coloniale traverse toute la gauche du XIXe et du XXe siècle, voire perdure aujourd?hui.
Alors qu’on commémore le cinquantenaire des accords d’Évian et de la fin de la guerre d’Algérie, ce livre revient sur l’engagement du syndicalisme étudiant dans la lutte contre la guerre coloniale. C’est en effet dès 1956 que l’UNEF, unique représentante des intérêts corporatifs des étudiants, bascule dans l’opposition à la politique gouvernementale en Afrique du Nord. La nouvelle équipe dirigeante du syndicat entend renouer avec l’esprit et la lettre de la « charte de Grenoble » qui avait refondé le syndicalisme étudiant à la Libération. Entendant se porter à « l’avant-garde de la jeunesse française », soucieuse de maintenir les relations entre étudiants des deux côtés de la Méditerranée, et de « de défendre la liberté contre toute oppression, ce qui, pour l’intellectuel, constitue la mission la plus sacrée », l’UNEF va s’engager de plus en plus sur ce terrain et gagner, voire entraîner, une grande partie du mouvement syndical dans ce sens. Comment cette évolution d’une action strictement corporative vers une implication concrète dans la vie de la cité se manifeste-t-elle dans la presse, les résolutions, le vocabulaire de l’organisation étudiante ? Quelles valeurs et quelles visions de la société et du mouvement étudiant se donnent à voir dans cette production textuelle ? Fondé sur l’analyse des archives et notamment de la presse de l’UNEF et de ses associations générales qu’a étudiées l’auteur pendant plusieurs années, ce livre s’approche au plus près d’une réalité bien plus nuancée qu’on ne le pense dans ce livre richement documenté et illustré.
Besnaci-Lancou Fatima ; Manceron Gilles ; Assas Am
Fatima Basnaci-Lancou, avec pudeur et tendresse, tire la photographie de treize vies blessées de harkis. Ces chibanis, " vieux " sages, nous laissent un page d'une histoire commune où souvent la douloureuse constatation de l'abandon nous renvoie à la responsabilité de nos gouvernants mais aussi à notre responsabilité individuelle. Ils furent reçus avec leurs familles par la France avec un mépris et une indifférence qui blessent encore la mémoire de tout homme juste. L'auteur explique : " En arrivant en France, la majorité de ces rescapés et leurs familles séjournèrent dans le camp militaire de Rivesaltes dans les Pyrénées-Orientales. Ce camp de " mépris " ressemblait tellement à une prison qu'il allait cristalliser un immense sentiment d'abandon. " Nous avons maintenant, grâce à ce livre, une mémoire où treize hommes nous narrent leur destin déchiré de " harki ", entre honneur et mépris. Nul individu ne peut être sûr de son rôle et de sa place dans la société, à plus forte raison si son avenir n'a pas des racines de vérité sur son passé. Le devenir de ces hommes et de ces femmes rejetés trop souvent par ignorance est une imposture à notre vision de notre république. Ce livre est une libération de la parole trop longtemps brimée ou tue, une empreinte dans les pages de l'Histoire de France. Ces chibanis pourront dorénavant se construire dans une réalité d'hommes libres et fiers. Ces pages sont leur identité, l'expression de leur vécu, la patrie de leur mémoire, une terre de vérité où leurs enfants pourront grandir et s'épanouir. Il appartient à notre patrimoine. Merci à l'auteur de nous démuseler ces treize vies et libérer cette histoire pour notre patrie.
A cinq mois de la fin de la guerre d'Algérie, le 17 octobre 1961, Paris a connu le plus grand massacre de gens du peuple depuis la Semaine sanglante de 1871. Des dizaines de milliers d'Algériens manifestant sans armes ont été violemment réprimés par des policiers aux ordres du préfet Maurice Papon, faisant peut-être deux cents morts. Et, pendant une trentaine d'années, ce drame a été "oublié". Pourtant, dès l'époque, des femmes et hommes courageux ont tenté de le faire connaître. En témoigne le texte inédit que Marcel et Paulette Péju devaient faire paraître à l'été 1962 et publié ici pour la première fois. Nourri de nombreux témoignages d'Algériens recueillis à chaud, sa lecture ne laisse pas indemne. Ce document est complété par La Triple Occultation d'un massacre de Gilles Manceron, qui jette une lumière neuve sur cet événement. Papon était appuyé dans le gouvernement par ceux qui désapprouvaient les choix du général de Gaulle dans les négociations en cours pour l'indépendance de l'Algérie. II a préparé et orchestré la violence de la répression en donnant aux policiers une sorte de permis de tuer. Gilles Manceron éclaire également les raisons de la longue occultation du massacre: sa dissimulation par ses organisateurs au sein de l'Etat français; l'effacement de sa mémoire au profit de celle de Charonne en février 1962; et le silence des premiers gouvernants de l'Algérie indépendante, car les organisateurs de la manifestation étaient devenus leurs opposants. Ce livre explique la logique implacable d'un événement qui correspond aux derniers feux de la folie coloniale, paroxysme d'une période où la France s'est écartée des principes hérités des plus grands moments de son histoire.
La catastrophe climatique a commencé. Ce désastre annoncé s'accompagne aujourd'hui d'un véritable effondrement politique de notre monde. Tout concourt à la course à l'abîme de l'Humanité : la folie aveugle des pouvoirs et de la finance, l'institutionnalisation de la corruption, l'explosion des inégalités et l'extrême brutalité des relations sociales, la désagrégation des Etats dans l'extension de la guerre et la destruction de la planète. La logique prédatrice d'un capitalisme financier et numérisé emporte les Etats eux-mêmes. Les espoirs révolutionnaires du siècle dernier ont fait naufrage. La démocratie représentative est à la dérive. Grande est alors la tentation du sauve-qui-peut généralisé, qu'il soit individuel ou collectif, du populisme et de l'apartheid climatique. Chacun sait qu'il y a urgence. Nous n'avons plus le temps. d'attendre des décisions qu'aucun gouvernement ne prendra, plus le temps de construire patiemment des stratégies électorales sur des échéances pluriannuelles. L'enjeu d'aujourd'hui n'est pas de sauver coûte que coûte la démocratie représentative mais de faire face ensemble, en commun, à l'apocalypse qui vient. Cette urgence vitale est le moteur des soulèvements contemporains : en 2019 en France avec les Gilets Jaunes, au Chili, en Irak, au Liban, à Hong Kong, en Algérie, en Iran, en Equateur, au Pérou.... Une autre fin du Monde est peut-être possible, celle d'une intervention directe des peuples dans les affaires du Monde et d'une démocratie radicale à la hauteur des défis de l'époque que nous vivons.
Lorsqu'en septembre 2015, Donald Trump, promoteur immobilier américain haut en couleur, présenta sa candidature à la primaire de l'élection présidentielle de novembre 2016 du côté républicain, très peu furent ceux qui prirent la chose au sérieux. Oui sans doute, Trump était une vedette de la télé-réalité, où ses interventions tonitruantes faisaient pouffer, mais président des Etats-Unis ? Allons donc ! Le Parti républicain se gaussait. Mais il dut très vite déchanter : le bouffon caracolait en tête. Pour Trump, tous les coups étaient permis. Suggérer que le père d'un rival avait trempé dans l'assassinat de Kennedy ? Pourquoi pas ? Il s'agissait de l'emporter et le reste comptait pour peu : les pires habitudes des milieux d'affaires furent ainsi importées dans la sphère du politique. Trump ne l'emporta pas au suffrage universel, mais bien dans le système à deux niveaux d'une élection présidentielle américaine, avec le bénéfice certainement du petit coup de pouce que lui apportèrent diverses officines liées à l'extrême-droite américaine ou dont le siège se trouvait à Saint-Pétersbourg. La victoire de Trump plongea le monde dans la stupeur. La période couverte dans ce premier tome, qui va de la candidature de Trump à la veille de l'inculpation de Michael Cohen, son avocat personnel, est celle de cette stupeur initiale. Les tomes 2 et 3 couvriront la suite : les épisodes d'une chute devenant de jour en jour plus prévisible.
Dans l'espace politique français, l'Union européenne est partout. Elle planifie la libéralisation des services publics. Elle organise le libre-échange qui pousse aux délocalisations et interdit de taxer significativement les détenteurs de capitaux. Elle impose l'austérité budgétaire et monétaire tout en laissant libre cours à la concurrence fiscale. Incapable de répondre aux enjeux du siècle, et notamment de conduire la transition écologique, elle obéit aux lobbies et dépossède les peuples de leur souveraineté démocratique. Pourtant, dans le débat politique, elle est reléguée au second plan, quand son rôle n'est pas tout simplement effacé. La question européenne est pourtant essentielle. Elle hante la gauche partout en Europe. Certains défendent la réécriture à plusieurs du droit communautaire, le changement de l'intérieur. D'autres, à l'inverse, défendent la sortie de l'Union européenne, tout au moins de l'euro, et la présentent parfois comme la solution à elle seule à tous nos maux. Ce livre, dont l'orientation eurocritique est pleinement assumée, entend parler sérieusement de l'Union européenne. Il montre que le statu quo est impossible. Il examine, dans une perspective de gauche, les différentes stratégies envisageables (sortie, réforme, rupture partielle, crise permanente) sans en défendre une en particulier, mais en décrivant pour chacune d'elles les conditions nécessaires à sa réalisation, les difficultés - le cas échéant les impossibilités - et les perspectives qu'elle ouvre. A l'heure du Brexit, d'une crise politique européenne qui n'en finit pas, et à l'approche des élections européennes de 2019, ce livre constitue un outil indispensable.
Les mouvements sociaux portés par la jeunesse qui ont émergé ces dix dernières années ont remis au goût du Jour une notion considérée comme dépassée : l'honneur. L'honneur évoque, selon les époques, un principe chevaleresque, une passion patriotique ou un terme propre aux populations du bassin méditerranéen. Il tend à s'imposer aujourd'hui comme un concept "brandi" par les individus pour dénoncer les conditions sociales qui les asservissent. Le sentiment d'indignation est d'autant plus fort qu'il répond au désenchantement des individus face au monde qui les entoure : marasme politique, mondialisation, monde de plus en plus rationalisé et tourné vers le profit, absence de perspectives d'avenir... Pour résister à la déchéance sociale et morale qui les guette, les individus vont alors mobiliser "la seule chose qui leur reste", à savoir leur honneur, pour dire "non" aux injonctions de la société marchande et mu corruptions afin de reprendre le contrôle de leur existence. L'honneur semble ainsi acquérir une nouvelle dimension : il cristallise les indignations et insuffle un élan libérateur. Ce sentiment de révolte face à un monde d'injustices gagne de nombreux pays. Dans cet ouvrage issu de sa thèse de sociologie, c'est à la lumière d'interviews avec des jeunes français et turcs que l'auteure s'efforce de cerner l'évolution sociale de la référence à l'honneur, face à des situations qui portent atteinte à la dignité humaine et dont ils souhaitent s'émanciper. Si l'honneur était jusqu'ici empreint de la culture dans laquelle il était invoqué, il semble s'universaliser pour devenir une notion qui fait écho aux souffrances des populations du monde entier.