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Treize chibanis harkis
Besnaci-Lancou Fatima ; Manceron Gilles ; Assas Am
TIRESIAS
10,00 €
Épuisé
EAN :9782915293395
Fatima Basnaci-Lancou, avec pudeur et tendresse, tire la photographie de treize vies blessées de harkis. Ces chibanis, " vieux " sages, nous laissent un page d'une histoire commune où souvent la douloureuse constatation de l'abandon nous renvoie à la responsabilité de nos gouvernants mais aussi à notre responsabilité individuelle. Ils furent reçus avec leurs familles par la France avec un mépris et une indifférence qui blessent encore la mémoire de tout homme juste. L'auteur explique : " En arrivant en France, la majorité de ces rescapés et leurs familles séjournèrent dans le camp militaire de Rivesaltes dans les Pyrénées-Orientales. Ce camp de " mépris " ressemblait tellement à une prison qu'il allait cristalliser un immense sentiment d'abandon. " Nous avons maintenant, grâce à ce livre, une mémoire où treize hommes nous narrent leur destin déchiré de " harki ", entre honneur et mépris. Nul individu ne peut être sûr de son rôle et de sa place dans la société, à plus forte raison si son avenir n'a pas des racines de vérité sur son passé. Le devenir de ces hommes et de ces femmes rejetés trop souvent par ignorance est une imposture à notre vision de notre république. Ce livre est une libération de la parole trop longtemps brimée ou tue, une empreinte dans les pages de l'Histoire de France. Ces chibanis pourront dorénavant se construire dans une réalité d'hommes libres et fiers. Ces pages sont leur identité, l'expression de leur vécu, la patrie de leur mémoire, une terre de vérité où leurs enfants pourront grandir et s'épanouir. Il appartient à notre patrimoine. Merci à l'auteur de nous démuseler ces treize vies et libérer cette histoire pour notre patrie.
La guerre emporte aussi les enfants... Mais cette guerre-là, dans l'Algérie de l'été 1962, a été très peu écrite. Fatima Besnaci a huit ans lorsque sa famille échappe de peu aux massacres dont sont victimes plus de 100 000 Algériens à qui le nouveau pouvoir reproche d'avoir été du côté de la France. Elle embarque, un soir de novembre 1962, avec ses parents et ses quatre petites s?urs dans une cale de bateau pour un voyage sans retour de l'autre côté de la Méditerranée. A l'arrivée, un camp militaire entouré de barbelés, Rivesaltes, attend les réfugiés. Fatima passe toute son adolescence et une partie de sa jeunesse dans des camps réservés aux familles de harkis, à l'écart des villages français du sud de la France. L'Algérie leur a refusé une place à l'Indépendance, la France ne les a pas accueillis avec dignité. Ce témoignage, d'une grande sobriété, est rare car, comme la majorité des enfants de harkis, l'auteur a longtemps recouvert ce passé douloureux d'une chape de silence. Pour la première fois, une femme raconte la violence que fut la guerre d'Algérie pour les femmes et les enfants de harkis. La douceur qui imprègne ce témoignage en fait la force.
Dès les premiers jours de l'insurrection algérienne, en novembre 1954, des arrestations visent toute personne soupçonnée d'actes portant atteinte à la sûreté de l'Etat. Des hommes et des femmes remplissent rapidement les prisons. Des suspects s'entassent dans des camps. En quelques mois, ces détenus se comptent par milliers. Conformément à ses statuts, le CICR envisage rapidement de contrôler leurs conditions de détention. Parallèlement, l'institution tente de vérifier celles des soldats français qui seraient aux mains du FLN. A partir du début de l'année 1961, ces contrôles s'élargissent au bénéfice des Européens pro-Algérie française arrêtés. Pour la première fois, un ouvrage se penche principalement sur l'application du droit humanitaire dans cette guerre qui ne dit pas son nom, ce qui permettait de passer outre à la Convention de Genève relative aux prisonniers de guerre. Comment les délégués du CICR ont-ils procédé pour mener à bien leurs missions alors que le sort des prisonniers figure rapidement au coeur des stratégies du mouvement de libération nationale que les gouvernements français successifs tentent de contrecarrer ? Le CICR, à son corps défendant, a dû mener son action dans le cadre de cet affrontement. En 10 missions, près de 500 visites de contrôle sont effectuées par ses délégués. Leurs observations consignées dans des rapports nous donnent une idée assez précise du quotidien vécu par les différentes catégories de prisonniers : surpopulation dans les prisons et les camps, des internés mangeant dans des boîtes de conserve, traces de tortures... mais également, des régimes de détention plus acceptables grâce à l'attitude humaine de certains responsables de camps. Cet ouvrage développe également les diverses actions du CICR au bénéfice des populations réfugiées au Maroc ou en Tunisie et des personnes reléguées par l'armée française dans des camps de regroupement en Algérie.
Fatima Besnaci-Lancou est éditrice, auteure de plusieurs ouvrages sur l'histoire et la mémoire des familles de harkis. Prix Séligmann 2005 contre le racisme. Abderahmen Moumen est historien, chercheur associé à l'Université de Perpignan, spécialisé sur la question des rapatriés d'Algérie et des harkis.
Les violences de guerre et les opérations de l'armée française visant à empêcher la "propagation" de la révolution algérienne ont déraciné des centaines de milliers, sinon des millions d'Algériens. Dès le déclenchement du conflit en 1954, alors que des indépendantiste réels ou supposés sont arrêtés en grand nombre par la police française, les membres du Conseil du Comité international de la croix Rouge (CICR) débattent de l'opportunité d'intervenir pour contrôler les conditions de leur détention. En 1955, Pierre Mendès France autorise la première mission sur le territoire algérien où les violences de la guerre s'intensifient. Suivront dix autres missions jusqu'à l'indépendance et 464 visites de lieu de détention. Parallèlement, à partir de 1957, des délégués conduisent des opérations de secours matériels aux populations déplacées par des militaires français dans des camps de regroupement et à celles parties se réfugier au Maroc ou en Tunisie. Plus de 600 photographies, prises à la fin de chaque mission par les délégués du CICR, dans ces camps de détention, camps de regroupement et camps de réfugiés, sont rassemblées aux archives de l'institution à Genève L'ouvrage vise à les sortir de l'oubli, les mettre dans leur contexte historique. Un tiers de la population algérienne s'est vue déplacée pendant le conflit, (civils, indépendantistes, harkis, etc.), soit 2 millions de personnes). Une dizaine de témoignages accompagnent ce travail de mémoire photographique et historique.