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Le gaffeur
Malaquais Jean ; Cortés Sebastian
ECHAPPEE
20,00 €
Épuisé
EAN :9782373090093
De retour chez lui, un employé sans histoire trouve son appartement occupé, sa femme évaporée et finalement son existence complètement niée par une administration toute puissante. S'ensuit le récit insolite et angoissant d'une descente aux enfers, celle d'un réfractaire sur qui l'étau d'une gigantesque bureaucratie va se refermer. D'une rare noirceur, ce roman à la dimension étonnamment prophétique ne pouvait être écrit que par un franc-tireur de la littérature, doublé d'un authentique révolutionnaire. Il constitue un réquisitoire implacable contre le conformisme, la dissolution de l'identité, les réseaux de communication, la mutilation de la conscience... Quelque part entre Le Procès de Kafka, 1984 d'Orwell, et le film Brazil de Terry Gilliam, Le Gaffeur est l'une des grandes oeuvres qui décrivent un monde imaginaire pour nous aider à ne pas accepter le nôtre.
Connu surtout comme romancier, Jean Malaquais (1908-1998) ne nous aura laissé au total que trois romans : Les Javanais (prix Renaudot 1939, réédité en 1995 seulement et salué, alors par la critique pour sa stupéfiante " modernité ") ; Planète sans visa (1947 - remis au jour en 1999) ; et ce Gaffeur, largement oublié depuis sa sortie en 1953, dont Norman Mailer (préfacier de la présente édition) a fini par admettre, après s'y être piqué les doigts, qu'il était sans doute l'un des romans les plus violemment prophétiques de ce siècle. Avouons que peu de gens, chez nous, s'en étaient aperçus. C'est que le livre en question est un livre malin, qui cache bien son jeu - et, qui à l'heure où il fut pour la première fois publié se payait le luxe le plus rare : celui d'avoir un demi-siècle d'avance sur son époque. Roman insolite dans notre littérature, Le Gaffeur raconte les aventures d'une forte tête égarée dans un drôle de monde à la Orwell. Lequel monde bizarrement ressemble comme un frère au nôtre : circuits de surveillance déguisés en réseaux de communication, réalité virtuelle, conformisme à tous les étages... On songe à Kafka bien sûr. Un Kafka mal élevé qui aurait fait ses classes dans la même rue que François Villon.
Provocateur, iconoclaste, talentueux, Norman Mailer a été l'un des enfants terribles de la littérature américaine tout comme l'observateur subversif d'un pays dont il n'a cessé de condamner les dérives. Lorsqu'il publie Les Nus et les Morts en 1948, il n'a que vingt-cinq ans mais a déjà vécu l'expérience de la guerre. Traduit en 25 langues, ce récit fulgurant de réalisme et de révolte, qui met en scène des hommes envoyés en mission derrière les lignes japonaises pour conquérir une petite île du Pacifique Sud, connaît un retentissement immédiat. Couronné par le prix Pulitzer, il marque l'entrée en littérature mais aussi dans la légende d'un des plus grands romanciers américains. Biographie de l'auteur Depuis Les Nus et les Morts, Norman Mailer (1923-2007) n'a cessé d'occuper le devant de la scène littéraire internationale. Ravageur, survolté, vigilant, il fut, avec Un rêve américain, Les Armées de la nuit ou Le Chant du bourreau, l'écrivain à la "démesure" de l'Amérique de la seconde moitié du XXe siècle.
Les lecteurs et la presse viennent de redécouvrir l'oeuvre de Jean Malaquais (né, Jan Malacki, juif et polonais, en 1908 - toujours bien vivant à ce jour). Les Javanais (prix Renaudot 1939), roman cabochard d'une inventivité de langue parfaitement sidérante, souleva l'enthousiasme de Trotski et de Gide et fit comparer son auteur à Villon, Rabelais, Céline... alors qu'il n'écrivait le français que depuis dix ans à peine. Chronique d'un coin de Provence avant la guerre. Non point la Provence de Pagnol, mais celle des mines de l'arrière-pays où bosse au noir un fameux contingent de métèques... Drôle d'époque, dont les contradictions rejoignent bizarrement les nôtres. Et drôle de bouquin, sur lequel le temps semble ne pas avoir de prise.
Heath Joseph ; Potter Andrew ; Saint-Germain Miche
Malgré tous ses efforts pour paraître subversive, la contre-culture n'a pas seulement été inefficace dans sa lutte contre le capitalisme, elle lui a fait faire ses plus grands bonds en avant : création de nouveaux segments de marché, triomphe de l'individualisme, dissolution des structures collectives, exaltation de toutes les formes de consumérisme, fabrication d'un conformisme rebelle... Les auteurs ébranlent de manière argumentée et précise, parfois provocatrice, nombre de certitudes sur la nature du capitalisme et le sens du combat contre celui-ci. Une lecture résolument à contre-courant.
En s'appuyant sur de très nombreuses recherches et études scientifiques internationales, le grand psychiatre et spécialiste du cerveau Manfred Spitzer montre à quel point notre dépendance aux technologies numériques menace notre santé, tant mentale que physique. Elles provoquent chez les enfants et adolescents comme chez les adultes de nouvelles maladies et en rendent d'autres plus fréquentes : baisse des performances cognitives, troubles du sommeil, dégradation des capacités d'attention et de concentration, tendance à l'isolement et au repli sur soi, dépression, disparition du sentiment d'empathie, etc. Et même, chez les plus jeunes, baisse de la motricité et des capacités de perception. Ce vaste tableau des connaissances scientifiques sur les effets des écrans, enfin traduit en français, a rencontré un immense écho en Allemagne et dans le monde entier où il a provoqué nombre de débats et de prises de conscience. Cette synthèse majeure s'articule à une réflexion critique profonde qui ne se contente pas de lancer l'alerte sur les cyberpathologies. Elle nous apprend aussi à nous en protéger et à agir à titre préventif. Une contribution absolument cruciale pour tenter d'éviter un désastre psychologique et social.
Pourquoi les sociétés modernes ont-elles décidé de sacrifier les paysans ? Qui est responsable de ce processus qui semble irréversible ? Pour tenter de répondre à ces questions fondamentales, ce livre montre comment, depuis des décennies, en France comme ailleurs, le productivisme s'est étendu à l'ensemble des activités humaines. Avec pour conséquences : déracinement et marchandisation, exploitation du travail et des ressources naturelles, artificialisation et numérisation de la vie. L'époque est aujourd'hui aux fermes-usines et aux usines que l'on ferme ou délocalise, tandis que dominent, partout, finance et technoscience. Le sacrifice des paysans est l'un des éléments du processus global de transformation sociale dont il faut, au préalable, comprendre les causes. Ainsi, les auteurs analysent le mouvement historique au sein duquel s'est déployé le projet productiviste au cours des 70 dernières années, des "Trente Glorieuses aux Quarante Honteuses". Puis ils expliquent comment le long travail d'"ensauvagement des paysans" a mené à la destruction des sociétés paysannes et des cultures rurales. De ce véritable ethnocide, qui a empêché l'alternative au capitalisme dont une partie des paysans était porteuse, nous n'avons pas fini, tous, de payer le prix.