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Le Précurseur
Makanine Vladimir
ACTES SUD
20,90 €
Épuisé
EAN :9782868693983
Guérisseur et oracle, marginal inspiré, patriarche d'une famille dispersée, le vieux Yakouchkine déambule sans trève dans la banlieue de Moscou. Son passé porte la marque d'une peine purgée en Sibérie, sa mémoire garde la douceur de bonheurs domestiques révolus. Et tandis que s'affirment les dons de ce Raspoutine contemporain, une horde de gueux et de parasites vient jouir de ses talents, profite de ses découvertes, puis l'abandonne à une errance hallucinée qui s'achèvera tragiquement... On l'aura compris, Le Précurseur est de ces romans que hantent les figures tutélaires de la littérature russe. Entre satire sociale, comédie bouffonne et récit philosophique, c'est une humanité dérisoire qui, comme chez Dostoïevski, gravite autour d'un héros récalcitrant. Mais Vladimir Makanine renouvelle la tradition et, rivalisant de réalisme, nous précipite, à la suite de ces égarés, dans le plus pathétique des univers. Aussi revient-on de cette escapade moscovite avec, de la capitale, de ses actuels bas-fonds - et plus encore de ce qui s'y chuchote -, une vision absolument insoupçonnée.
Pétrovitch est un écrivain "underground" dont aucun livre n'a été édité sous le régime soviétique et qui - comble de l'ironie - n'a plus écrit une ligne depuis l'effondrement dudit régime. Il survit en tant que gardien dans une immense cité d'anciens appartements communaux, effectue ses rondes dans les interminables couloirs de plusieurs immeubles labyrinthiques, s'installe parfois même dans les appartements après en avoir délogé des intrus. Désabusé et dépourvu d'ambition, Pétrovitch reste un marginal qui aurait pu sombrer dans la déchéance, mais son travail lui donne un statut social malgré lui, d'autant qu'il est doté d'un sens de l'honneur très développé. Sa deuxième raison de vivre est son frère Vénia, peintre génial dans sa jeunesse, qui végète dans un asile psychiatrique après avoir été brisé moralement par le régime suite à une dénonciation. Dans ce livre-fleuve, toute la société russe se met à exister à travers les beuveries, les coucheries sans joie, les amours sans lendemain de ce quasi-clochard et écrivain raté qu'est Pétrovitch. Son récit de la vie des habitants de cette cité, tantôt tragi-comique, tantôt absurde, devient emblématique de tout un siècle de l'histoire russe : un tour de force littéraire et une magnifique interrogation de la condition humaine.
Résumé : La nuit n'en finit pas de tomber sur Moscou. La ville, que désertent peu à peu ses habitants, est encore hantée par des foules sporadiques et inquiétantes. Plus rien ne fonctionne : téléphoner, prendre l'autobus se procurer des produits de première nécessité relève de l'exploit. Les intellectuels, eux, vivent dans un monde souterrain auquel on accède par un boyau très étroit débouchant directement dans un restaurant. Attablés là, ils échangent de brillantes et profondes pensées. Mais l'oxygène y est rare et l'éclairage artificiel blesse les yeux. Klioutcharev, l'un des rares intellectuels demeurés à la surface subsiste tant bien que mal avec sa femme et son fils, arriéré mental grâce à des descentes régulières dans ce monde souterrain. Mais la brèche, inexorablement, se rétrécit... Parabole sur l'impasse de la société soviétique, La brèche a également une résonance plus universelle. Le héros de Makanine rampant comme un ver dans son étroit tunnel et retrouvant en lui une sorte d'animalité archaïque, n'est pas sans évoquer Kafka. C'est aussi l'image de l'homme aujourd'hui, en suspens entre divers périls, et cheminant, douloureusement, vers quelque improbable renaissance.
«Faire la paix avec les Tchétchènes, ils ne seraient pas contre non plus. Une très longue paix? Les Tchétchènes sont des gens comme les autres. Les soldats pourraient aller à la pêche. Il paraît qu?il y a beaucoup de poisson dans les rivières de montagne, du bon poisson, pas bien gros, il est vrai. Malgré tout, l?opinion générale penche du côté de la guerre.» Alexandre Jiline est commandant de l?armée russe en Tchétchénie, chargé de l?approvisionnement des troupes en essence. Un poste stratégique, qui lui permet de se livrer à un trafic de barils avec l?ennemi tchétchène. Mais Jiline a aussi bon c?ur, et les villageois l?apprécient pour cela. En signe de respect, ils transforment alors son prénom en Assan : dans le folklore tchétchène, Assan est une idole de la période préislamique du Caucase qui incarne la vengeance. Mais son histoire personnelle prend un tournant décisif quand il décide de prendre sous son aile deux jeunes soldats devenus inaptes au service en les planquant dans un de ses dépôts de carburants... Assan évoque avec brio la sale guerre de la Russie en Tchétchénie, mais ce cadre contemporain, très précis, contient aussi un roman universel qui dépeint avec force les contradictions de tout être humain dans des situations extrêmes.
Pavel Alekseevitch travaille sur les chantiers sibériens. Il avance avec la frontière, à la conquête de nouveaux espaces. L'immensité soviétique a des airs de Far West et notre ingénieur des ponts et chaussées un rôle de pionnier. A chacune de ses haltes il fonde, pour aussitôt l'abandonner, un foyer. Alekseevitch fuit ce cortège de femmes et d'enfants délaissés, Erinyes porteuses de remords. D'où ce thème de l'échappée cher à Makanine. Paris-Texas, version soviétique, ode au nomadisme moderne, ces tribulations d'un anti-héros soviétique, enlisé dans la médiocrité, dénonce le malaise d'une société usée, en débâcle.
Après avoir perdu un procès en diffamation, Mikael Blomkvist, brillant journaliste d'investigation, démissionne de la revue Millénium et ressasse son dépit. Il est contacté par un magnat de l'industrie qui lui confie une enquête vieille de quarante ans: sur l'île abritant l'imposante propriété familiale, sa nièce, Harriet Vanger, a naguère disparu, et il reste persuadé qu'elle a été assassinée. Si ce n'est pas exactement le hasard qui réunit Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander, réchappée des services sociaux et génie de l'informatique, c'est une vraie chance, car la jeune femme va bien vite s'imposer comme le meilleur atour du journaliste pour élucider l'affaire. L'intolérance, l'hypocrisie, la violence et le cynisme de notre monde contemporain - aux niveaux politique, économique, social, familial - sont les ressorts de ce polar addictif, au suspense insoutenable, qui a enthousiasmé des millions de lecteurs.
Biographie de l'auteur Née en 1962, Yoko Ogawa a obtenu en 1988 le prix Kaien pour son premier roman, puis le prestigieux prix Akutagawa en 1991. Son oeuvre, traduite dans le monde entier, est publiée en France par Actes Sud.
Salomon Thierry ; Jedliczka Marc ; Marignac Yves ;
Depuis toujours l'énergie sous-tend et structure l'histoire des sociétés humaines et celle des individus. Ceci est d'autant plus vrai aujourd'hui, dans nos sociétés mécanisées, industrielles, consommatrices de loisirs et de temps. Se chauffer, s?éclairer, se déplacer, faire fonctionner tous les appareils qui nous entourent: l'énergie est au c?ur de nos vies. Nous vivons encore l?illusion d?un monde aux ressources infinies. Pourtant, la fin prévisible des réserves disponibles, les bouleversements climatiques de jour en jour confirmés et Deep Water Horizon, Tchernobyl ou encore Fukushima, sont autant de signaux d?alerte, qui ne laissent plus la place au doute, quant à la nécessité de changer notre manière d?appréhender l?énergie aujourd?hui. En 2003, vingt-quatre ingénieurs engagés dans la recherche d?un avenir énergétique durable réalisaient le Scénario Négawatt, certainement la proposition la plus aboutie pour repenser la politique énergétique de la France. Ce travail repose sur une méthodologie rigoureuse constituée de trois piliers fondamentaux: la sobriété énergétique, l?efficacité énergétique, et le recours aux énergies renouvelables. Cette grille de lecture simple et efficace permet de repenser intégralement notre rapport à la consommation énergétique et d?envisager un futur positif, constitué d?énergies propres, où la société revoit tout à la fois sa manière de consommer et celle de produire l?énergie dont elle a besoin. A l?horizon 2050 ce scénario, qui a déjà été actualisé une première fois en 2006, prévoit de se passer totalement du nucléaire, de réduire la dépendance aux énergies fossiles, de développer les énergies renouvelables et de réduire considérablement les dépenses. Cet ouvrage présente, dans une approche pédagogique et intelligible par tous, la toute dernière actualisation de ce scénario. Un guide à la fois théorique et pratique destiné à tous ceux qui, par un changement de leur rapport à l?énergie, souhaitent contribuer à la préservation et au partage équitable des ressources naturelles. Ce « manifeste négaWatt » est aussi et surtout un appel à oser résister aux conformismes et aux habitudes, à s?engager, avec volonté et lucidité, vers un autre paysage énergétique.
La Hague? Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu?il arrache les ailes des papillons. C?est sur cette terre âpre, ce bout du monde en pointe du Cotentin, que la narratrice en deuil de son compagnon est venue se réfugier depuis l?automne. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu?elle voit Lambert, c?est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d?un certain Michel. D?autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l?ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L?histoire de Lambert intrigue la narratrice et l?homme l?attire. En veut-il à la mer ou à ses semblables? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.