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La Sagouine. Pièce pour une femme seule...
Maillet Antonine
GRASSET
17,85 €
Épuisé
EAN :9782246002970
A soixante-douze ans, elle se souvient : avoir eu faim, avoir eu froid ; avoir faim, avoir froid. Elle a été jeune et fraîche, et belle quelques mois comme le sont les filles du peuple, et miséreuse déjà. La mer qui lui apportait chichement de quoi tromper la faim, lui amène, au temps de cette jeunesse, de quoi la satisfaire : des matelots. De quoi vivent les humbles, les gens d'en-bas, sur ce rude bord de l'Atlantique canadien ? De la mer, et mal : des coques, des éperlans, des herbes marines dans les quelques semaines de printemps, des copeaux d'épaves pour se chauffer. Et les bons de ravitaillement de l'aide aux miséreux - pardon : du ministère du mieux-être - quand le poisson se fait trop rare. Et des ménages. Les plus rebutants, ceux que font les sagouines de partout, à genoux entre le siau et la moppe. Combien de femmes se reconnaîtront ici dans cette esclave qui, sa vie durant, a fourbi pour les autres, décrassé pour autrui, lavé pour l'étranger, et qui est pour tous la souillon, la sagouine. Un maître livre à coup s-r, malin, pointu, pénétrant, humain et plus qu'humain. Et, comme le disait Melville lui-même de son " Moby Dick " : a wicked book, un livre qui perce l'âme. Jacques Cellard
Il y a, dans {l'Oursiade}, des humains et des ours. Les humains, au nombre de trois, pour l'essentiel : Ozite, cent ans, délinquante et drôle, domine tous ceux qui l'entourent et s'inquiètent d'elle. Elle est celle qui sait. Puis Titoume, douze ans : Ozite est sa mère adoptive. Enfin le Métis, amoureux inconsolable de la mère de Titoume, morte prématurément. Il enseigne à l'adolescent les choses pratiques de l'existence. Ce petit monde marginal et délicieux vit tranquille quand, un jour, surgissent des ours, à cause d'un feu qui a dévasté la forêt. Trois, parmi d'autres : l'Oursagénaire, aussi vieille (en années d'ours) qu'Ozite, dont elle deviendra l'amie ; Nounours, qui sera le compagnon de Titoume ; enfin Revenant-Noir, chef du clan des ours, qui fera amitié avec le Métis... Et tout ce monde insolite va devoir vivre ensemble. Pas facile. {L'Oursiade} relève du roman épique et s'offre comme une parabole. L'ours, c'est vous, c'est moi, c'est l'Autre et c'est assez dire que, dans cette Acadie où l'isolement et l'enracinement dans la terre originelle permettent le voisinage de l'homme et de l'animal, {l'Oursiade} contre une aventure dont les enjeux sont assez riches et profonds pour englober l'essentiel de la condition humaine : la naissance, l'amour, la mort et, sait-on jamais, ce qui vient après.
C'est un récit historique sur le peuple des Acadiens et leur remontée à partir de 1770 et ce, pendant 10 ans, du fond de la Géorgie, du Maryland et d'ailleurs, vers la terre d'Arcadie.Prix Goncourt 1979.
Antonine Maillet est née à Bouctouche dans le Nouveau-Brunswick, c'est-à-dire, de l'ancienne Acadie, la province maritime du Canada où la minorité française est en nombre. Cette minorité forme 40 % de la population totale et parle français (un certain français...) quand les autres, la majorité, s'expriment en anglais. Antonine Maillet est presque le premier écrivain acadien. "Presque" parce que l'Acadie, au cours de sa difficile histoire, a connu quelques conteurs (plutôt qu'écrivains) et que ceux qui s'intéressent à elle n'ignorent pas les noms de contemporains d'Antonine Maillet: Léonard Forest, Raymond Leblanc... Reste qu'elle est le plus grand. Celle dont l'oeuvre rompt l'isolement intellectuel de l'Acadie - et ruine un peu notre ignorance. En Acadie elle passe enfance, adolescence. Aujourd'hui professeur aux universités de Montréal et de Laval, elle ne manque pas de souvent revenir au pays. Son oeuvre est importante: quelque 10 livres, dont une thèse de doctorat sur Rabelais et les traditions populaires en Acadie et une pièce de théâtre qui est un monologue: La Sagouine.
Mariaagélas est l'histoire d'une jeune fille qui, à l'époque de la prohibition, se fait contrebandière. Antonine Maillet, qui puise exclusivement dans la tradition orale de son pays, révèle là un talent éblouissant de conteuse et si l'on songe à Rabelais, à Faulkner, comment ne point évoquer, ici, le Pergaud de La Guerre des boutons, le Marcel Aymé de La Vouivre et, surtout, l'Emmanuelle de Giono, dont Mariaagélas, sans conteste, est la soeur ? Chronique truculente d'une communauté de pêcheurs dont se détache, géniale, la Marie à Gélas (Mariaagélas), un tel livre révèle aux Français, qui n'en savaient rien, ou si peu, un des grands écrivains de langues françaises.
En 2016, Alain Mabanckou a occupé la Chaire de création artistique du Collège de France. C?était la première fois qu?un écrivain africain était amené à y enseigner la littérature et la culture si souvent dédaignées du « continent noir ».Alain Mabanckou est l?héritier de l?histoire littéraire et intellectuelle de l?Afrique, qu?il retrace dans ces Huit leçons sur l?Afrique données au Collège de France. Croisant la stylistique et la vision politique, envisageant la littérature mais aussi le cinéma et la peinture, les Leçons d?Alain Mabanckou sont une nouvelle façon de visiter la francophonie, matière moins conventionnelle que son nom ne pourrait l?évoquer. La France n?est pas le seul centre de gravité de ce monde-langue. De « Y?a bon » à Aimé Césaire, la lutte a été longue pour passer « des ténèbres à la lumière », et c?est une vision apaisée des rapports de la culture africaine au monde que ces Huit leçons proposent.Loin d?être en concurrence avec la culture française, la culture noire, d?Afrique, de Haïti ou d?Amérique, l?enrichit. « La négritude n?est pas essentiellement une affaire de Noirs entre les Noirs, mais une façon de reconsidérer notre humanisme. »Le livre est enrichi d?un avant-propos inédit et de deux interventions d?Alain Mabanckou sur l?Afrique, dont sa fameuse lettre ouverte au président de la République sur la francophonie.Notes Biographiques : Finaliste du Man Booker International Prize, prix Renaudot 2006 pour Mémoires de porc-épic (Le Seuil), Alain Mabanckou est l'auteur de plusieurs romans à succès traduits dans le monde entier, dont Verre Cassé (Le Seuil, 2005), et d?essais comme Le monde est mon langage (Grasset, 2016). Depuis une quinzaine d?années il réside à Los Angeles où il est professeur titulaire de littérature d'expression française à l'Université de Californie -Los Angeles (UCLA).
L'idée générale de ce livre est qu'on apprend des choses sans s'ennuyer, j'espère. Sur des écrivains, des oeuvres, des personnages, des notions, sur la littérature, en un mot, et même à côté : que la France doit la laitue et le platane à Rabelais, par exemple ; tous les écrivains n'en ont pas fait autant. Et leurs "morts inhabituelles" ! J'ai essayé de varier les façons de raconter : plutôt que d'exposer ce qu'est A la recherche du temps perdu, j'ai cherché ce que ce roman n'est pas. Un article est progressif afin de montrer comment on entre dans un écrivain ("Green"), un autre sert à dire pourquoi on ne lit pas certains chefs-d'oeuvre ("Les Misérables"). Il y a des pour et des contre ("Céline", "La Princesse de Clèves"), certains articles servent à parler d'autre chose que de l'auteur même ("Bourges"), on y rencontre "un des romans célèbres les plus mal écrits de la littérature française". La grande majorité des auteurs est du XXème siècle ; le plus ancien est Villon, le plus récent, Françoise Sagan.
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.
Résumé : "J'ai longtemps cru qu'il suffisait d'être deux pour faire un enfant. Eve, Adam ; un instant d'éternité. La vie s'est chargée de me détromper : à 27 ans, comme de plus en plus de femmes, j'ai dû demander l'aide de la médecine pour tenter d'être mère. A l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul, j'ai rencontré une gynécologue obstétricienne, Sylvie Epelboin. Elle a suivi ce long chemin avec moi. Un chemin qui a duré des années, qui a eu la peau de mon mariage, mais qui a créé un lien unique entre le docteur Epelboin et moi, entre la soignante et la patiente". "Et moi, Elise, je me souviens de ce premier jour, de votre entrée avec Simon, dans mon cabinet. Vos regards, votre jeunesse, cette envie, et devant vous, la médecine, le temps... ". Vingt-cinq ans plus tard, Elise propose à Sylvie de croiser leurs regards sur cette aventure, de mêler l'intime à la médecine. D'un côté, Elise, jeune adulte, jeune mariée, confrontée à une épreuve à laquelle elle n'était pas du tout préparée, hantée par les réminiscences d'épisodes très douloureux de son histoire. De l'autre côté, Sylvie, passionnée, engagée, féministe et mère, à l'origine d'un des premiers centres de fécondation in vitro en France, aussi attentive aux progrès de la Science qu'aux questions éthiques qui les traversent. "Nous avons écrit toutes les deux, soucieuses de raconter au plus juste cette histoire d'intimité médicalement assistée. Peuvent s'y reconnaître les femmes à qui l'enfant se refuse, celles qui ont enfin mené à terme ces grossesses rêvées, et, bien sûr, les médecins, chercheurs, biologistes, qui, d'une manière ou d'une autre, ont leur place dans cette épopée inouïe qu'est l'Assistance Médicale à la Procréation".