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L'oursiade
Maillet Antonine
GRASSET
20,10 €
Épuisé
EAN :9782246445517
Il y a, dans {l'Oursiade}, des humains et des ours. Les humains, au nombre de trois, pour l'essentiel : Ozite, cent ans, délinquante et drôle, domine tous ceux qui l'entourent et s'inquiètent d'elle. Elle est celle qui sait. Puis Titoume, douze ans : Ozite est sa mère adoptive. Enfin le Métis, amoureux inconsolable de la mère de Titoume, morte prématurément. Il enseigne à l'adolescent les choses pratiques de l'existence. Ce petit monde marginal et délicieux vit tranquille quand, un jour, surgissent des ours, à cause d'un feu qui a dévasté la forêt. Trois, parmi d'autres : l'Oursagénaire, aussi vieille (en années d'ours) qu'Ozite, dont elle deviendra l'amie ; Nounours, qui sera le compagnon de Titoume ; enfin Revenant-Noir, chef du clan des ours, qui fera amitié avec le Métis... Et tout ce monde insolite va devoir vivre ensemble. Pas facile. {L'Oursiade} relève du roman épique et s'offre comme une parabole. L'ours, c'est vous, c'est moi, c'est l'Autre et c'est assez dire que, dans cette Acadie où l'isolement et l'enracinement dans la terre originelle permettent le voisinage de l'homme et de l'animal, {l'Oursiade} contre une aventure dont les enjeux sont assez riches et profonds pour englober l'essentiel de la condition humaine : la naissance, l'amour, la mort et, sait-on jamais, ce qui vient après.
Résumé : Dans la chronique populaire du comté de Kent en Acadie, la dramatique histoire d'amour entre Carlagne et Yophie est devenue une épopée : ces personnages plus grands que nature appartiennent aujourd'hui à l'histoire, au mythe et à la légende que construisent les traditions orales du pays acadien. Et quand la plus grande conteuse de ce pays se met en frais de recueillir les échos de ce roman d'amour qui a passionné et enflammé tout le comté entre les années 1908 et 1924, cela devient la chanson de geste d'un amour impossible où le naturel et le surnaturel se rejoignent dans les arcanes du rêve et de l'imaginaire, à la manière des éternels amants Tristan et Iseult. Antonine Maillet reconstitue ici la vie de Carlagne et de Yophie, qui restera " un des chapitres les plus obscurs et pourtant les plus ensoleillés de la chronique du comté de Kent ".
Résumé : Une tribu de femmes libres et même un peu folles, les Mercenaire, perturbe joyeusement la vie d'un petit port acadien dans les années trente, entretenant une guerre ouverte avec MacFarlane, marchand de bois, et Ma-Tante-la-Veuve, bigote régnant sur une triste clique. Le curé, lui, compte les points. Afin de prendre un avantage décisif, les Mercenaire frappent un grand coup en accueillant gratis les miséreux de la contrée aux moins offrants. Et le charivari tourne alors au scandale... D'une hilarante virtuosité, Antonine Maillet danse avec cette langue d'Acadie qui tortille " les mots comme la mer le goémon ". Sur ce rocambolesque Clochemerle des côtes canadiennes, finit par tomber une neige d'amour et de grâce.
Refaire le monde... corriger la création divine et même, pourquoi pas, inventer un univers de toutes pièces : telle est l'orgueilleuse tentation de l'artiste. L'écrivain n'y échappe pas plus que les autres. Et Antonine Maillet, qui n'a pas sa langue dans sa poche, n'hésite pas à le dire : oui, Dieu a bâclé sa tâche. Le jour de repos qu'il s'est octroyé, au bout de la semaine, n'était pas bien gagné. Il restait du pain sur la planche. Heureusement, elle est là pour reprendre les choses en main : le huitième jour commencent les travaux de Tonine. Nous revoilà à l'aube des temps. Adam s'appelle Maître Bonhomme et Eve, Bonne-Femme tout court. Ils ont eu, sur le tard, des jumeaux, un nain nommé Gros comme le Poing et un géant nommé Jean de l'Ours, l'un pétri dans la pâte et l'autre sculpté dans le bois. Vous aimeriez bien savoir la suite, n'est-ce pas ? Alors, emboîtez le pas de la "raconteuse" acadienne au mieux de sa forme. Quelques heures avec Tonine, c'est un avant-goût du paradis. Le nom de Rabelais a souvent été prononcé à propos de la romancière des Cordes-de-Bois, de la Sagouine et de Pélagie-la-Charrette (prix Goncourt 1979). Comme le curé de Meudon, la madone du Québec n'a peur, en effet, ni des mots forts ni des situations "énaurmes". C'est probablement cela, le talent.
Résumé : Certains auteurs attendent la fin de leurs jours pour revenir sur leurs premiers pas dans l'existence et en littérature. Oscar Coop-Phane n'aura attendu que ses trente ans pour raconter ce qu'est la vie d'un écrivain aujourd'hui. Ce que cet étrange travail représente pour lui de joies comme de sacrifices. Son récit n'est pas linéaire ou chronologique mais éclaté ; Oscar s'y livre par fragments (définition : morceaux cassés d'une chose), dans de courts chapitres aux titres éloquents (P. I : L'encre, La feuille, L'auteur, La fuite, Le titre... P. II : Parler, S'asseoir, Parader, Boire. .). Il mêle ainsi des souvenirs d'âges différents - de son enfance, son adolescence, sa vie d'homme. Le propos peut d'abord sembler trivial ; les bêtises en classe, les copains, sa découverte des filles, de la littérature ; les petits boulots, pion, barman ou dealer, pour vivre et écrire ; les premiers manuscrits, les refus ; puis le succès, soudain, ses livres en librairie ; et les galères encore, le métier d'écrivain, les interviews, les salons, la peur de la précarité. Mais son récit fourmille de détails qui sont autant de clés : une montre Swatch offerte par sa mère qu'elle prétend être un cadeau de son père, alors qu'il vient de quitter leur foyer ; le geste d'un patron de restaurant près de son lycée qui, chaque fois qu'Oscar s'y rend pour déjeuner, lui rend discrètement le billet avec lequel il vient de payer ; le visage d'une jeune fille, un soir, qui comme lui, semble cacher une cicatrice ; le mépris d'un éditeur ou le regard surpris d'un lecteur qui le voit servir derrière un bar alors que son visage est dans le journal. Car les détails révèlent les événements ; une enfance heurtée par les disputes puis le divorce de ses parents ; une vie de débrouilles pour se loger, manger, dès 16 ans ; le souvenir du corps d'un autre en soi, gamin ; la crainte de ne jamais être publié puis de ne pas pouvoir en vivre. Et aussi, la beauté, tant de joies : la liberté, à Paris, Berlin ou Rome ; les vrais amis et la compagnie des auteurs, Bove, Calaferte ou Dabit ; son premier prix, la fierté ; les rencontres de certains lecteurs ; une femme, l'amour, puis une enfant, sa fille. Et l'écriture toujours. C'est une existence courte, mais intense. Une leçon de courage et de style tant l'écriture ciselée d'Oscar Coop-Phane émerveille. D'une grâce et d'une justesse bouleversantes, ce livre aurait pu s'appeler Morceaux cassés d'une vie autant que Lettre à un jeune écrivain. Ou, s'il avait été écrit par un autre, Et tu seras auteur, mon fils.
Résumé : " Peins ma fille, peins... Le jour commençait à baisser quand elle s'était enfin arrachée d'une ancienne fièvre. Une grande toile en était sortie, comme elle n'en peindrait jamais plus, avait-elle aussitôt compris. Une simple bâtisse dans l'herbe rase d'un vert cru, une bergerie, peut-être, tombée du ciel comme un météore... " Ainsi peint Aimée Castain, bergère de Haute-Provence. La montagne est dans le paysage. La mer nappe l'horizon, invisible, brumeuse, à soixante kilomètres. Et partout, la tendre sauvagerie des collines, les oliviers, les bories, la tentation de la couleur. Saisir sur la toile la beauté du monde. Son mari Paul ne comprend pas bien cette passion nouvelle, mais Aimée s'y donne, entièrement, tout en surveillant son troupeau. Peu à peu, son talent franchit la vallée, les amateurs achètent ses toiles, les journalistes écrivent sur le prodige. Une candeur de touche, un talent singulier, comme offert, par l'insaisissable : l'école du ciel, peut-être... La narratrice et son compagnon, Daniel, avocat, cherchent comment fuir Paris et Marseille, la vie épuisante, éclatée. Dans un village de Haute-Provence, une maison leur apparaît, comme offerte elle aussi, par l'invisible. Elle sera leur point d'ancrage. Chaque matin est une promesse nouvelle. Puis Daniel s'enflamme pour l'oeuvre d'une artiste oubliée, une fille de métayers, née pendant la Grande Guerre, une simple bergère. La maison qu'ils viennent d'acheter fut la sienne. Un talent magnifique et méconnu aurait-il vécu entre ces murs ? Elisabeth Barillé nous entraîne à la rencontre d'Aimée Castain et nous livre le roman de la liberté, avec grâce et un sens unique des images : échapper à son histoire, traverser l'enfance, accomplir son destin.
Soudainement devenus riches, les Kampf donnent un bal pour se lancer dans le monde. Antoinette, quatorze ans, rêve d'y participer mais se heurte à l'interdiction de sa mère. Plus que le récit d'une vengeance, {le Bal }(1930) compte parmi les chefs-d'oeuvre consacrés à l'enfance.
Résumé : Maurice Sachs brûlait. sa vie comme un acteur brûle les planches. Il avait de la présence, du magnétisme. Luxe plus rare, il avait du regard et de la mémoire. Rescapé chaque soir du jeu d'enfer de sa vie, une vie de jeton de casino, il prenait le temps, avant l'angoisse du matin prochain, de jouer encore à se souvenir... Et il se souvient, ici, du temps du B?uf sur le toit, paradis des Années folles, hanté par Cocteau et tant d'autres qui surent, de la vie, faire un interminable bal tragique...