Des actes éducatifs ou de soin. Au risque de la relation. Dans une configuration contemporaine où le cadre Institutionnel semble s'estomper, se déliter ou, a contrario, se resserrer jusqu'à la compression. Les pratiques professionnelles dans le secteur socio-éducatif, médico-social et sanitaire ont été durement éprouvées par les logiques gestionnaires et comptables de ces récentes décennies. Mutations dans les organisations, mise en oeuvre de nouveaux protocoles, bouleversement des repères de travail sont venus complexifier des prises en charge souvent sensibles, fragilisant un peu plus les équipes et les individus. Un espace-temps bien repéré et Institué, dédié une réflexion sur l'exercice quotidien et l'analyse de ces pratiques, apparais donc bienvenu pour les professionnelles, sinon nécessaire, favorisant l'élaboration groupale des processus psychiques engagés. Les modalités peuvent en être diverses, chaque contexte Institutionnel se révélant au demeurant singulier. Le présent recueil d'articles met en lumière des recherches originales, des travaux théorico-clinigues, des dispositifs techniques, qui valorisent la place du sujet et patiemment accompagnent le frémissement du sens." Dominique Mahyeux
Addictions à l'adolescence et parfois même l'enfance : nos enfants régleraient-ils désormais dans l'entre-soi des souffrances que nous devrions pouvoir accueillir ? L'augmentation de 400 % de la consommation de cannabis chez les jeunes, des années 1970 à nos jours, inquiète. Les messages de prévention ciblent-ils vraiment les réalités individuelles ? L'autorité, la loi ne sont-elles qu'illusion ? En même temps, l'adolescent peine à sécuriser son monde interne ; peu importe, le voici qui invente de nouvelles addictions, à l'aune des réseaux sociaux : "Binge drinking", Neknomination par exemple. La forte médiatisation de ces phénomènes anthropologiques, éphémères ou non, leur confère-t-elle une place particulièrement "symptomatique" de l'expression adolescente là où on l'attend ? Que penser de cette mise en exergue dont l'envers serait la banalisation des usages de produits, dont les psychotropes ? Encore une fois, l'adolescent nous incite à évaluer, réinventer nos pratiques. Les témoignages, nombreuses situations cliniques, retours d'expériences, réflexions à propos de notions fondamentales - telle la dépendance primordiale primaire - proposent au lecteur des outils pour mieux accompagner, du moins nous l'espérons, ces passagers du bateau ivre.
Janvier 2020. Un virus respiratoire inédit à la trajectoire fulgurante. Des effets redoutables. Les populations sous le choc sur tous les continents. La vie ordinaire qui se fige. Des mots ressurgissent, supposés révolus, issus d'un registre sémantique d'un autre age : "confinement" ou encore "couvre feu". Le 17 mars, arrêt sur image. Les Français sont confinés, comme beaucoup d'autres, tout autour du monde. Vies personnelle et professionnelle se trouvent brutalement confondues, inconciliables, bien souvent dans des espaces restreints. En famille, pour le meilleur et parfois le pire, on tente de conjuguer des réalités souvent contradictoires. Les enfants et les adolescents sont privés d'affiliation, l'isolement des étudiants ou des séniors s'accroit, les pratiques professionnelles bouleversées oscillent d'une recommandation à l'autre, tentant de s'adapter au contexte hors normes. Les conditions d'accès aux soins déjà très dégradées deviennent aléatoires. La vulnérabilité et la précarité tant physique que psychique affleurent puis explosent. La clinique doit se venter. Le digital alors, telle une planche de salut) propose une reconfiguration des liens sociaux mis à mal. S'esquissent en toute hâte les contours de cet espace de figuration, indispensable pour attraper ru vol des fragments psychiques en errance. Face aux repères qui vacillent, bon nombre de professionnels de l'accompagnement éducatif et du soin affrontent l'épreuve, tentent d'innover et renouvellent les pratiques. Toutefois, de cette métamorphose, saurons-nous à long terme tirer enseignement ? Dominique Mahyeux.
La culture et la clinique adolescente actuelles posent d'emblée une question : qu'est-ce qu'être vivant aujourd'hui ? Consécutif aux échanges lors d'un colloque du Collège International de l'Adolescent, ce numéro donne la part belle à la culture populaire comme objet de soin dans la cure de l'adolescent. Plus précisément, la pop culture permet une réécriture de la mythologie en transformant sans cesse ses contenus comme sa mise en forme. Cette contenance rappelle ce que Freud nommait l'invention d'un détournement tout en trouvant des points de contact avec l'adolescence, notamment du côté des fantasmes les plus archaïques. Cette richesse culturelle s'augmente par ailleurs aujourd'hui largement du numérique. Davantage qu'hier, les interrogations narcissico-identitaires sont portées par les adolescents, ouvrant parfois la voie à la tentation du repli et de l'isolement ; les objets culturels qu'ils investissent massivement ne sont pas seulement annonciateurs de la culture populaire de demain, ils représentent alors autant de mises en récit créant une enveloppe de narration arrimée au travail de subjectivation. Reste alors aux adultes de les entendre et de soutenir ce dernier.
Dans ce numéro, le corps de l'enfant, de l'adolescent se voit exploré sous toutes ses facettes. Il ne se mue pas pour autant en objet de la science ! Bien au contraire, le voici sujet de narration par des psychiatres, psychologues, ethnopsychologues, enseignants, éducateurs... soit plus d'une vingtaine d'auteurs, avec pour maître d'oeuvre le docteur Nicolas Girardon. Les nombreuses situations cliniques racontent un corps qui fait souffrir, persécute, déstabilise un adolescent déjà fort empêtré quand tout va à peu près bien... La confrontation à la modernité des soins, du social, du sexuel, provoque l'émergence de questions souvent embarrassantes, mais ouvrant à des réflexions éthiques passionnantes et dérangeantes. Ces textes constitueront le corps, si l'on ose écrire, du numéro. Les "Varia" visiteront le paysage institutionnel dans sa diversité toujours renouvelée, le "cabinet de lecture" fera place au descriptif d'un jeu vidéo récemment conçu, s'intéressant lui aussi à l'inquiétante (bien sûr) étrangeté de la vie.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
La maladie d'Ehlers-Danlos est une maladie héréditaire qui touche, de façon diffuse mais très variable, l'ensemble du tissu conjonctif, c'est-à-dire la quasi-totalité des tissus du corps humain, à l'exclusion du système nerveux. Le diagnostic est possible, avec certitude, sur un regroupement significatif de signes cliniques et la présence d'autres cas familiaux. La transmission est systématique à tous les enfants de parents dont un, au moins, est atteint. C'est un argument pour éviter l'accusation erronée de violences sur un nourrisson qui présente des ecchymoses ou des fractures spontanées. Toutes les personnes avec un Ehlers-Danlos peuvent avoir des anévrysmes qui sont à rechercher systématiquement. Ce n'est pas une maladie rare mais au contraire très fréquente (2 % de la population française). Ce n'est pas une maladie orpheline puisque des traitements efficaces ont pu être mis en place pour atténuer les conséquences fonctionnelles, principalement des orthèses dont des vêtements compressifs spéciaux et l'oxygénothérapie intermittente. Ce livre vient apporter les réponses que des centaines de milliers de patients attendent pour expliquer leurs souffrances et les multiples situations de handicap qu'ils rencontrent au quotidien, le plus souvent dans l'incompréhension parfois hostile de leur entourage et de leurs médecins.
Immobile face à sa femme, il attend les premières séries de l'après-midi. Six mois qu'elle est partie. Elle n'a jamais donné de nouvelles et lui, comme un con, il garde sa photo sur la télé. II s'entend lui chuchoter "ils m'ont viré, tu te rends compte, ces salauds", et il est sûr d'apercevoir aux commissures de ses lèvres l'ébauche désolée d'un sourire. Ici, on voudrait s'aimer et on ne sait pas bien comment ; on parle sans toujours trouver les mots ; on s'accroche au quotidien comme on peut. Au fil des quinze histoires qui composent ce recueil, on croise des individus qui donnent parfois l'impression de marcher à côté de leur propre existence. Le propos est grave, souvent drôle, toujours tendre.