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Le cortège des vivants. Khan al-Khalili
Mahfouz Naguib
ACTES SUD
21,50 €
Épuisé
EAN :9782742710553
Le cortège des vivants" dépeint les vies de héros antagonistes, réunis par leur appartenance au mythique quartier cairote de Khan al-Khalili.Le livre de Naguib Mahfouz publié en français en 1999 sous le titre "Le cortège des vivants", porte fort heureusement en sous-titre son titre original égyptien, retranscrit dans notre langue : Khan al-Khalili. Car c'est ce vieux quartier populaire du Caire, grouillant et fascinant, qui est le véritable héros de ce livre. C'est vers lui que, poussé par les bombardements allemands de la seconde guerre mondiale, le héros du livre, un fonctionnaire petit-bourgeois, et toute sa famille, trouvent refuge loin de leur quartier moderne. Et c'est dans Khan al-Khalili, coeur éternel et populaire de l'Egypte, que sa vie retrouve des couleurs, se remet à frémir, et que le sang bat à nouveau dans son corps fatigué, sous la forme de l'amour, de l'amitié, de la haine, de l'angoisse et de la fraternité.L'histoire est on ne peut plus simple : un fonctionnaire du ministère du Travail doit déménager à Khan al-Khalili parce que ses vieux parents sont affolés par les attaques aériennes allemandes. Cet homme taciturne et renfermé compense une certaine médiocrité sociale par un goût pur et immodéré de la culture, des vieux livres soufis, mystiques et philosophiques de l'Islam. Il y a là une fuite de la vie réelle qui ne trouve pas seulement sa justification dans son caractère, mais dans l'obligation qui lui a été faite, très tôt, de subvenir aux besoins de ses parents, et de financer les études de son jeune frère. Mais le dépaysement de Khan al-Khalili et la confiance naturelle du peuple dans la vie, incarnée par le calligraphe Nounou, ont tôt fait de venir à bout de ses crispations diverses. Son mépris social et culturel disparaît, il renoue avec les conversations de café, et son vieux coeur de cinquante ans se remet à battre d'un amour pur pour une jeune fille de 16 ans, Nawal.Mahfouz n'a abandonné ses études de philosophie pour la littérature qu'à contrecoeur, et chacun de ses romans est chargé d'un sens profond. Celui-ci ne fait pas exception, nous livrant ses secrets par une série de contrastes fortement dépeints. Le calligraphe Nounou, avec ses quatre femmes séquestrées, sa profonde et simple piété musulmane, son ardeur sexuelle sans faille et ses visites nocturnes au fumoir, représente l'éternité confiante du peuple, les deux pieds dans la réalité, en opposition à Ahmed, intellectuel célibataire, qui lit sans but ni raison, que le fumoir étouffe et qui ne vit l'amour que dans un rêve éveillé. Mais Ahmed s'oppose aussi, dans le registre intellectuel autant que par la haine qui les lie dans le roman, à l'avocat Ahmed Rachid, de la jeune génération et qui ne jure que par Marx, Freud et Nietzsche, noms que notre héros a honte de ne pas connaître, lui qui ne peut citer que les grands philosophes musulmans.Deux visions de l'Egypte : la révolution sociale nassérienne et le pacte communautaire bâti sur l'Islam. Une autre opposition de génération se figure à travers le personnage de Rouchdi : la jeunesse égyptienne, avide de jouissance, de plaisirs divers et de vitesse, pleine d'une santé qu'elle épargne si peu qu'elle l'expose au contraire aux maux les plus mortels. La retenue paralysante d'Ahmed se reflète ainsi de manière tragique dans l'insouciance irresponsable de son frère. La deuxième partie du roman, consacrée à l'agonie irréversible de Rouchdi, et à la destruction des liens qui s'ensuit, prend à la gorge.Il y a là un sens musulman de ce que la vie a d'irréparable, d'injuste, de cruel : non pas le malheur de l'âme en proie à une quête de sens, mais la nudité de la maladie, de la dévastation physique, qui incite à la révolte mais est pourtant dépassée dans un apaisement final chez le héros du livre, qui surnage en priant Dieu plusieurs fois, d'une prière simple et neuve. Toute cette deuxième partie, qui annonce l'agonie familiale de la Trilogie de Mahfouz, est un pur chef-d'oeuvre de tragédie, qui produit chez le lecteur un sentiment de purification et de paix rarement atteint dans la lecture occidentale contemporaine. Mahfouz pointe du doigt le grand ennemi de l'homme : la maladie, la dégénérescence de la vie quand elle touche les proches. Elle est aussi la pierre de touche de ce qui fait un homme. -- Philippe Quesne --
C'est à l'heure de la Seconde Guerre mondiale, sur fond d'occupation anglaise, la vie du petit peuple du Caire : la marieuse, le cafetier, le faiseur d'infirmes, le dentiste voleur d'or, le souteneur et sa proie : la belle Hamida.
La Hague? Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu?il arrache les ailes des papillons. C?est sur cette terre âpre, ce bout du monde en pointe du Cotentin, que la narratrice en deuil de son compagnon est venue se réfugier depuis l?automne. Employée par le Centre ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu?elle voit Lambert, c?est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d?un certain Michel. D?autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili, au comptoir de son bar, ou son père, l?ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L?histoire de Lambert intrigue la narratrice et l?homme l?attire. En veut-il à la mer ou à ses semblables? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.
Salomon Thierry ; Jedliczka Marc ; Marignac Yves ;
Depuis toujours l'énergie sous-tend et structure l'histoire des sociétés humaines et celle des individus. Ceci est d'autant plus vrai aujourd'hui, dans nos sociétés mécanisées, industrielles, consommatrices de loisirs et de temps. Se chauffer, s?éclairer, se déplacer, faire fonctionner tous les appareils qui nous entourent: l'énergie est au c?ur de nos vies. Nous vivons encore l?illusion d?un monde aux ressources infinies. Pourtant, la fin prévisible des réserves disponibles, les bouleversements climatiques de jour en jour confirmés et Deep Water Horizon, Tchernobyl ou encore Fukushima, sont autant de signaux d?alerte, qui ne laissent plus la place au doute, quant à la nécessité de changer notre manière d?appréhender l?énergie aujourd?hui. En 2003, vingt-quatre ingénieurs engagés dans la recherche d?un avenir énergétique durable réalisaient le Scénario Négawatt, certainement la proposition la plus aboutie pour repenser la politique énergétique de la France. Ce travail repose sur une méthodologie rigoureuse constituée de trois piliers fondamentaux: la sobriété énergétique, l?efficacité énergétique, et le recours aux énergies renouvelables. Cette grille de lecture simple et efficace permet de repenser intégralement notre rapport à la consommation énergétique et d?envisager un futur positif, constitué d?énergies propres, où la société revoit tout à la fois sa manière de consommer et celle de produire l?énergie dont elle a besoin. A l?horizon 2050 ce scénario, qui a déjà été actualisé une première fois en 2006, prévoit de se passer totalement du nucléaire, de réduire la dépendance aux énergies fossiles, de développer les énergies renouvelables et de réduire considérablement les dépenses. Cet ouvrage présente, dans une approche pédagogique et intelligible par tous, la toute dernière actualisation de ce scénario. Un guide à la fois théorique et pratique destiné à tous ceux qui, par un changement de leur rapport à l?énergie, souhaitent contribuer à la préservation et au partage équitable des ressources naturelles. Ce « manifeste négaWatt » est aussi et surtout un appel à oser résister aux conformismes et aux habitudes, à s?engager, avec volonté et lucidité, vers un autre paysage énergétique.
Dvorák a cinquante et un ans lorsqu'il débarque sur le sol américain. Il est ébloui par le port de New York, sa rumeur, le brouhaha et les émanations musicales qui s'en élèvent çà et là. Nommé en 1892 à la tête du Conservatoire de la ville, il se passionne pour la musique du continent, ses mélodies et ses rythmes, puis se lance, l'année suivante, dans la composition d'une symphonie intégrant partiellement ces éléments. Aussi son oeuvre se colore-t-elle de thèmes inspirés de la musique noire ou indienne, mais également du folklore porté par les immigrants venant des quatre coins de l'Europe, le tout mêlé aux réminiscences de sa vieille Bohème. Certes, Dvorák n'est pas véritablement le pionnier de la musique américaine mais, par sa symphonie aux accents pluriculturels, il en cristalise l'esprit, lequel fera école chez Gershwin, Copland, Cage ou Bernstein... La Symphonie n°9 s'imposera vite comme le chef-d'oeuvre de son auteur et deviendra l'un des monuments de la littérature pour orchestre. Sous la baguette de Paul Daniel, l'ONBA offre une lecture lyrique d'un luxuriant "Nouveau Monde". Composée en 1878 dans un registre plus intimiste, la trop rare Sérénade en ré mineur complète l'enregistrement.
L'agriculture biologique comme mode de production agricolereste peu ou mal connue des citoyens et fait toujours l'objet denombreuses approximations, tantôt positives, tantôt négatives.Chacun interprète le sujet à travers ses présupposés, sonenthousiasme ou ses réticences. C'est ainsi que se succèdentles affirmations encourageantes sur les bénéficesenvironnementaux ou sanitaires de la bio et les inquiétudes surses rendements plus faibles ou ses difficultés techniques.Passéistes pour les uns, pionniers pour les autres, lesagriculteurs biologiques sont sujets du débat, mais rarementconvoqués à la barre. L'ouvrage de Jacques Caplat combleainsi une lacune. A partir d'une connaissance intime de laréalité de l'agriculture biologique en tant que fils d'agriculteur,ancien conseiller agricole de terrain puis chargé de sondéveloppement à l'échelle nationale et européenne, JacquesCaplat explique les fondements et les pratiques concrètes del'agriculture biologique telle qu'elle a été définie et telle qu'elleest mise en oeuvre dans les champs. Il relate l'expérienced'hommes et de femmes, notamment dans les pays du Sud,pour qui la bio est une innovation stimulante et un espoir àlong terme. Clair et pédagogique, l'ouvrage s'adresse à toutconsommateur, curieux des enjeux réels autour du contenu deson assiette, comme à tout citoyen, soucieux de pouvoir sepositionner sur des débats de fond comme celui des OGM, del'adaptation de l'agriculture biologique aux réalités desterritoires en France et dans le monde, ou encore desproblématiques sanitaires associées à l'alimentation... Il donneainsi une vision transversale et globale de l'agriculturebiologique en reliant des sujets souvent considérés jusqu'àprésent de manière isolée et partielle.
Résumé : Hot Maroc est l'histoire d'un antihéros, Rahhal, personnage insignifiant, lâche et timoré qui, par le biais des réseaux sociaux, règle ses comptes avec ses "ennemis intimes", c'est-à-dire toute personne ayant mieux réussi que lui. Son immense aptitude à nuire par clavier interposé est découverte et appréciée à sa juste valeur par les services de sécurité. Et le voilà soudain contraint d'utiliser ses talents de blogueur pour répandre sur la puissante revue électronique Hot Maroc les rumeurs assassines et les fake news que lui dictent les taupes du gouvernement. Véritable radioscopie de la nouvelle société marocaine née des bouleversements socioéconomiques que connaît le pays depuis les années 1980, ce premier roman de Yassin Adnan dénonce avec verve tous ceux qui, à l'ombre du pouvoir, bloquent la marche du Maroc vers la démocratie. Qu'il s'agisse de bourgeois affairistes, de prédicateurs démagogues, d'universitaires prétentieux ou d'anciens militants apprivoisés, tous se retrouvent impliqués à leur insu dans la féroce "comédie animale" imaginée par le diabolique Rahhal, et brillamment restituée par l'auteur.
Les personnages de Mustafa Taj Aldeen Almosa sont des Syriens ordinaires qui se meuvent dans des lieux familiers, nullement exotiques, mais où soudain surgit le surnaturel sous les traits d'un fantôme ou d'un génie ou encore d'un animal doué de raison. Cette anthologie, tirée des six recueils de l'auteur publiés entre 2012 et 2019, témoigne à la fois d'une vision pénétrante de la réalité syrienne, hantée par la violence et la mort, et d'une approche originale et maîtrisée du genre difficile de la nouvelle.Notes Biographiques : Né en 1981 dans la province d'Idlib (Syrie), Mustafa Taj-Aldeen Almusa est l'auteur de six recueils de nouvelles et de deux pièces de théâtre qui lui ont valu de prestigieux prix littéraires en Syrie et dans le monde arabe. Contraint de s'expatrier pour échapper à la répression, il réside en Turquie. Plusieurs de ses nouvelles ont été traduites dans une dizaine de langues européennes, mais aussi en turc, en persan et en kurde.
Nous sommes au milieu des années 1990 à Mombasa, au Kenya. Myriam, Libanaise druze d?unequarantaine d?années est « une femme sans habitudes, en résidence provisoire ». Elle décide d?aller à Beyrouth, un court séjour, précise-t-elle, et non un retour définitif. Il y a longtemps que la guerrecivile a cessé ? mais est-ce jamais vraiment fini? ? et cela fait près de quinze ans qu?elle a quitté son pays natal. Il lui faut désormais solder les comptes du passé, s?occuper de la maison dont elle est l?unique légataire et revisiter l?histoire familiale: Salameh, son père devenu à moitié fou, Nadia, sa mère cloîtrée dans un mutisme complet, son frère Baha mort sous les bombardements, ainsi que le destin de ses grands-parents et de l?oncle Yussef. D?autres épreuves attendent Myriam: retrouverson amie Olga ? éphémère amour de l?adolescence ? qui est atteinte d?une grave maladie, faire ledeuil de la passion de sa vie, Georges, l?homme qui devait la rejoindre à Adélaïde, peu après sondépart pour l?Australie en 1980, et qui fait partie des milliers de disparus durant le conflit fratricide.Très vite, la narratrice se pose la question: combien de vies a-t-elle vécues, de Beyrouth à Adélaïdepuis à Mombasa? De l?idylle inachevée avec Georges au mariage de raison avec Chris ? unmédecin-chercheur anglais qu?elle a suivi au Kenya?, avant la rencontre décisive à l?aéroport deDubaï avec Nour, un journaliste quinquagénaire américain qui se rend à Beyrouth à la recherche deses racines? et avec lequel tout semble pouvoir recommencer.Dans une langue délibérément moderne et sobrement poétique, l?auteur porte un regard documentaire sur Beyrouth, raconte les changements de l?ancienne ville martyre, ses quartiers, lescafés de Hamra qui disparaissent et les enseignes de prêt-à-porter qui les remplacent. Son héroïneretranscrit les débats animés de ses anciens amis sur la « gestion » de la guerre et l?amnésie, sur lalégitimité de ceux qui partent et de ceux qui restent.D?autres vies est un roman d?exil, de mémoire, de culpabilité. Un roman sur la difficulté d?aimer,d?enfanter, d?oublier, de faire le deuil tant que la guerre imprime encore sa marque. Sur ce que l?onperd en s?expatriant, mais aussi sur ce que l?on croit recouvrer à l?heure du retour.
Résumé : Tout commence par la mort d'une jeune femme, Salma, condamnée par ses proches à périr lentement, cruellement, dans le secret d'une cave obscure, accusée d'avoir souillé "l'honneur de la famille". L'événement a lieu dans un petit village à la terre basaltique et aride, dans le Sud de la Syrie, où la vie de tous les jours est réglée par de rigides traditions ancestrales. Une orpheline en manque d'amour et d'affection a été mariée encore adolescente à un homme fruste qui est aussitôt parti chercher fortune en Amérique latine, la livrant aux exactions d'une belle-mère dépravée et jalouse. Salma est alors séduite par un maître d'école, sincèrement amoureux, qui l'incite à fuir avec lui, mais elle finit par tomber dans les griffes de ses oncles, dévorés par le désir d'ascension sociale et qui mènent une vie dissolue sous des dehors rassurants.