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RITOLOGIQUES. Tome 1, Le dessein sur la peau
Maertens Jean-Thierry
AUBIER
10,20 €
Épuisé
EAN :9782700700879
S'appuyant sur l'ethnologie et sur la psychanalyse, Jean-Thierry Maertens a voulu, dans les Ritologiques, montrer comment fonctionnent les divers signifiants rituels. La peau apparaissant comme la surface où s'inscrivent simultanément les signes du discours social et un certain affleurement du pulsionnel, le présent volume portera sur les scarifications, les tatouages, les peintures corporelles dans les sociétés primitives ; puis sur le marquage des esclaves ; sur le baptême dans la culture chrétienne, les stigmates dont sont marqués certains mystiques, les marques qu'on impose aux sorciers ; enfin sur le maquillage féminin, le tatouage aujourd'hui, le grimage des clowns. Derrière ces variables, on voit se profiler l'étroite connexion entre la ritualité de l'inscription et la sexualité - l'une et l'autre étant filles du discours phallique qui s'empare des sociétés dès les plus sauvages -, et l'impact de moteurs comme l'écriture, le pouvoir et l'argent. Les rites inscrits sur le corps sont solidaires du type d'économie prégnante et des techniques de production : ils marquent le corps de manière telle qu'ils fonctionnent aux mieux des avantages de l'économie et du pouvoir qui la gère. Mais la relation entre les rites d'inscription tégumentaire et la circulation des mots dans la société est tout aussi essentielle, et l'inconscient y a également sa part, selon que s'y laisse capter la pulsion de vie ou de mort.
Après son "Histoire du bouddhisme tibétain", Elisabeth Martens s'associe à Jean-Paul Desimpelaere pour cet essai qui propose une déconstruction des stéréotypes que nous nous faisons du bouddhisme tibétain, à savoir "une philosophie de vie et pas une religion ou une religion athée, sans dogme et non confessionnelle, prêchant le pacifisme, la tolérance et la compassion, non politisée et sans ambitions économiques". L'instrumentalisation à des fins politiques de cette philosophie religieuse est un des points central du livre. Des thèmes comme "Grand Tibet", "Tibet historique" ou "Tibet culturel" y sont décortiqués avec beaucoup d'attention. Pour autant, l'étude porte principalement sur les XXe et XXIe siècles. Il y est aussi question de l'attitude versatile du dalaï-lama et de l'avenir incertain du Tibet. L'ouvrage s'ouvre par un chapitre sociologique destiné à faire découvrir un Tibet réellement peu connu du public occidental et souvent ignoré par les médias.
Le Troisième Reich intéresse encore et toujours les Français, mais les travaux des historiens allemands, rarement traduits, sont très peu connus. Leur production, nuancée et majoritairement sans complaisance, apporte pourtant beaucoup à la connaissance des dictatures - et, a contrario, aux menaces que les extrêmes font peser sur la démocratie. Les "lieux de pouvoir" dont se préoccupe le présent ouvrage ne portent pas sur les rivalités entre les figures de proue du nazisme, déjà bien connues, mais entre institutions. Apparaissent ainsi des escalades de zèle - notamment entre ministères et instances du NSDAP - c'est à qui servira le mieux le Führer. Mais, si ces rivalités servaient assez largement les intérêts d'Hitler, il arrivait qu'elles fussent grandement contre-productives, comme le montre celle qui mit en concurrence la marine, l'aviation et l'armée de terre au moment de la campagne de Russie. Les dysfonctionnements qui sont ici révélés entament sérieusement l'image d'un Reich monolithique et remarquablement organisé.
Van Orman Quine Willard ; Largeault Jean ; Laugier
Au centre de ce volume se trouve " L'épistémologie naturalisée ", sans doute le texte le plus influent de Quine : référence de la philosophie analytique dans sa version naturaliste, il a été utilisé non seulement comme manifeste philosophique des sciences cognitives, mais aussi comme signal d'un renoncement à l'antipsychologisme des pères fondateurs de la philosophie analytique. Quine y affirme que l'épistémologie devient " un chapitre de psychologie ", puisqu'elle étudie " un phénomène naturel, à savoir un sujet humain physique " et sa production de théorie (output) à partir de données sensorielles (input). Il reverse la question épistémologique à la psychologie, la renvoyant au schème conceptuel de la science dans son ensemble. L'inverse vaut aussi : la science naturelle, par un effet de " mise en abyme ", est finalement contenue dans l'épistémologie. On comprend pourquoi il est important que l'épistémologie soit naturalisée, et non, comme on l'imagine parfois, l'esprit, l'intentionnalité ou le langage. Naturaliser signifie renoncer à toute fondation extérieure à la nature, et certainement pas retrouver de nouvelles certitudes dans la science. Un naturalisme second ne serait plus fondé sur le modèle des sciences de la nature, mais sur notre nature, qui est sociale. Cet ouvrage a ainsi lancé le débat crucial sur les variétés du naturalisme : Sellars, Strawson, Putnam puis McDowell ont travaillé à élaborer ce naturalisme de la seconde nature. Le naturalisme devient alors simplement une position immanente, refusant toute argumentation transcendantale et toute position d'arrogance de la philosophie comme de la science. La réflexion sur le naturalisme, sur ses limites et sa nature, est certainement un élément essentiel de l'héritage philosophique de Quine aujourd'hui, et l'acquis le plus durable de la Relativité de l'ontologie.