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Rues secrètes
Mac Orlan Pierre
ARLEA
8,50 €
Épuisé
EAN :9782869598744
Pierre Mac Orlan fut aussi un des maîtres du roman d'aventures. Son oeuvre participe de ce qu'on a pu appeler la "découverte poétique du monde". Avec Rues secrètes, c'est à un voyage littéraire que nous sommes conviés. Ce reportage au sens le plus noble du terme nous conduit dans les "quartiers réservés" de plusieurs grandes villes - notamment d'Afrique du Nord - au milieu des années 1930: Tunis, Alger, Casablanca, mais aussi Barcelone, Strasbourg et Berlin. Prostituées mélancoliques, légionnaires tendres ou assassins, petits Blancs furtifs, princes ou voyous en quête de plaisir et d'argent, proxénètes, indics et policiers, mille personnages traversent ce chef-d'oeuvre du pittoresque social, tous ennoblis par la tendresse attentive du regard de Mac Orlan.
Je viens de relire, afin de le nettoyer, cet essai romancé ainsi que le Manuel du Parfait Aventurier. Ce sont, en dépit de leurs mélancolies un peu incertaines mais présentes, deux témoignages optimistes : c'est de la littérature de "rescapés" comme on dit dans le Nord. S'il me fallait écrire, encore une fois, ce petit manuel, il est probable que j'en changerais les termes, sinon l'essence. L'opinion que l'on garde de cette sorte de métaphysique décorative que l'on appelle l'aventure se transforme avec l'âge. Il y a l'aventure de la première dent, celle de la mâchoire neuve, celle de la mâchoire ébréchée, puis en définitive, l'aventure de la dent de sagesse. L'une vaut l'autre. Ce n'est qu'une question de date sur le calendrier de service. La lecture de ce calendrier est suggestive. On parvient, quelquefois, à un âge, qui n'est pas tendre, où l'almanach révèle autant de complexes qu'il existe de saints sur le calendrier des Postes et Télégraphe. Le complexe de Léon vaut celui d'Oedipe ; le complexe de Jacqueline devient aussi prestigieux que celui de Diane. L'histoire des complexes est amusante : elle permet à certaines images de prendre place dans une honorable conversation entre gens sérieux des deux sexes. Ces assemblées de qualité forment la clientèle solide du Café Brebis où les complexes sont peu apparents car ils dominent les spiritueux. Nous sommes là dans un club de bouchons pas très neufs qui peuvent flotter sur tous les liquides. Grâce à ce léger détail, cet essai romancé et romantique n'est pas encore hors d'usage. Le Café Brebis ouvre toujours sa porte à ceux qui se nourrissent de poussières anciennes. Ces poussières, je m'aperçois que j'hésite à les remuer. Elle me paraissent dangereuses et d'elles, sans doute, naissent les virus de ces maladies écoeurantes et mystérieuses qui nous détruisent lâchement", Pierre Mac Orlan (1951).
Résumé : Ces dix-huit textes inédits jalonnent la carrière de Mac Orlan, de 1921 à 1968. Leurs personnages constituent, selon le mot de l'auteur, "un congrès de compagnons de la mauvaise chance venus sur les chemins du hasard". On y retrouve des visages familiers. Bob le meurtrier, Nelly de Tampico, Ann de Saint-Jean, Jean François de la Providence de Dieu, tante Sarah ressemblent comme des frères (et des soeurs) d'infortune à la petite aveugle Tess et Stephen le pickpocket entrevus dans Sous la lumière froide, à Nelly et Jean Rabe qui croisèrent leurs destins, sans les réunir, dans l'étrange estaminet du Quai des brumes. Manon, alias la Souricière, est à la fois une descendante de la Catherine de Vauselles que Mac Orlan rend responsable de l'escamotage de François Villon (Une fin comme une autre). C'est aussi une réplique plus sanguinaire de la Manon amante du pirate de L'Ancre de Miséricorde. Et c'est encore une projection de la mythique espionne allemande de la guerre de 1914-1918 : Mademoiselle Docteur ou Fräulein Doktor... On reconnaîtra peut-être aussi, dans Images dans les docks, l'ombre de ce personnage qui hantera toute l'oeuvre de Mac Orlan avant de s'incarner définitivement dans le Père Barbançon. Autant de visages familiers pour ceux qui cèdent aux charmes secrets d'un auteur dont les héros sont voués aux destinées brutales.
Deux soeurs se retrouvent à Ville-d'Avray, un dimanche alors que fléchit la lumière. L'une révèle à l'autre son errance avec un inconnu : une brève histoire, inquiète et trouble comme les eaux des étangs tout proches, mystérieuse et violente comme notre insatiable besoin de romanesque.
Résumé : On l'appelait della Francesca du nom de sa mère. Son père était un cordonnier dont Vasari nous dit qu'il mourut lorsque sa femme était encore enceinte ce qui est faux. On dit que l'enfant fut très tôt doué pour les mathématiques, et que très tôt il sut qu'il serait peintre. Son désir était de représenter ce que ses yeux voyaient, sans restriction, et sans idéalisation : uniquement le visible, mais tout le visible.
Ce livre est tout entier consacré à la nourriture et surtout au rapport que l'on entretient avec elle. En une série de portraits, allègrement croqués, Hélène Lanscotte fait le tour de ces mangeurs qui peuplent sa vie, proches, tout proches ou inconnus, observés à la volée, dans des restaurants, des rencontres de hasard, dîners improvisés ou patiemment préparés. A 5 ans, Hélène Lanscotte reçoit le premier prix de gourmandise. La récompense détrône le péché. Sa vie sera gourmande, exigeante en goûts, curieuse de toutes les saveurs et de tous les mets. Manger a toujours été un acte simple, naturel et vital pourtant jamais une telle évidence n'aura été disséquée, analysée et cataloguée. Regarde comment tu manges et tu sauras qui tu es. Ce pourrait être l'exergue de ce livre, tout entier consacré à la nourriture et surtout au rapport que l'on entretient avec elle. En une série de portraits, allègrement croqués, Hélène Lanscotte fait le tour de ces mangeurs qui peuplent sa vie, proches, tout proches ou inconnus, observés à la volée, dans des restaurants, des rencontres de hasard, dîners improvisés ou patiemment préparés. De la pinailleuse qui cache son jeu au glouton qui semble jouer sa vie à chaque repas, des habitudes de cuisine aux recettes transmises de génération en génération, elle dresse un panorama sensible et gourmand de ces comportements alimentaires, et ce faisant, parle de la vie tout court. Elle oscille sans cesse entre le coup de fourchette et le coup d'oeil, débusquant celle qui n'aime pas, celui qui déguste, ou encore celui qui fait de chaque repas une cérémonie immuable. De quelques miettes, elle fait son essentiel, comme si manger était bien plus que se nourrir, mais aussi se dire et se dévoiler.
Deux siècles après leur composition (1819-1823), dans un monde confronté à de nouveaux enjeux de taille, Stéphane Lambert se penche sur l'extraordinaire cycle des peintures noires de Goya pour sonder leur inépuisable actualité. Par cette plongée dans l'imaginaire de ses hantises les plus entêtantes, le peintre espagnol avait transfiguré tous les genres picturaux de l'époque et bouleversé durablement la vision de notre humanité. Goya (1746-1828) a tout traversé, les humiliations et les honneurs, les assauts de la maladie, la guerre et les remous de l'Histoire, avec le fabuleux don de transformer les ravages en occasions de révolutionner son art. Revenant sur le riche et long parcours d'un artiste de génie, le livre prend la forme d'un voyage à travers une oeuvre professant la vitalité inébranlable de la création face à la menace du chaos.